dissipé, ée

DISSIPÉ, ÉE

(di-si-pé, pée) part. passé.
Qu'on a fait évanouir. Les vapeurs dissipées par le soleil. Un orage dissipé avant qu'il éclatât.
La vanité des choses humaines, tant de fois étalée dans cette chaire, ne se montre que trop d'ellemême, sans le secours de ma voix, dans ce sceptre sitôt tombé d'une royale main et dans une si haute majesté si promptement dissipée [BOSSUET, Marie-Thér.]
Dispersé. Les groupes séditieux dissipés par la force armée.
Les forces de l'Égypte et de l'Orient qu'Antoine menait avec lui sont dissipées [ID., Hist. I, 9]
[Il] Rassemble les débris d'un parti dissipé [VOLT., Sémiram. V, 1]
Perdu en vaines dépenses.
Cet archiduc, qui était venu conquérir le royaume d'Espagne, n'avait pas de quoi payer son chocolat ; tout ce que la reine Anne lui avait donné était dissipé [VOLT., Jenni, 4]
C'est son bien dissipé [du vieillard], c'est son fils, c'est sa femme, Ou les douleurs du corps si pesantes à l'âme [A. CHÉNIER, Élég. 33]
Qui se laisse partager, distraire par les soins, les occupations, les amusements.
Cet esprit simple, uni, stable, pur, pacifique, En mille soins divers n'est jamais dissipé [CORN., Imitation, I, 3]
Vous m'offririez le laurier d'Euripide, Si, comme lui, dans quelque roche aride, Pour recueillir mon esprit dissipé, J'allais chercher un sépulcre escarpé [J. B. ROUSS., Ép. I, 1]
Être dissipé, manquer d'attention, être très léger. Vie dissipée, vie livrée aux distractions et aux amusements.
Je ne confonds point cette gaieté dissipée avec le plaisir sensible et passionné que doit causer la vue de ce qu'on aime [DUFRESNY, Double veuvage, I, 1]
L'homme dissipé est également incapable d'affections profondes et durables [RAYNAL, Hist. phil. XV, 4]
S. m. et f. Un jeune dissipé. Une jeune dissipée.