distrait, aite

DISTRAIT, AITE

(di-strè, strè-t') part. passé de distraire
Démembré, séparé. Une province distraite de l'empire. Une somme d'argent distraite.
Un accusé distrait de ses juges naturels.
Détourné, déconseillé. Distrait par ses amis d'une entreprise hasardeuse.
Qui est détourné de l'application, de l'attention.
Nos esprits étaient donc également distraits [CORN., Sertor. IV, 3]
Je me fuis, je m'oublie, et mes esprits distraits Se plaisent à les suivre [les Muses], et retrouvent la paix [A. CHÉN., Élég. 4]
Je ne m'étonne plus qu'interdit et distrait Votre père ait paru nous revoir à regret [RAC., Iphig. II, 4]
Qui a des distractions, des absences d'esprit. Il est singulièrement distrait.
Il vous dit non pour oui, oui pour non ; il appelle Une femme monsieur, et moi mademoiselle ; Prend souvent l'un pour l'autre et va sans savoir où ; On dit qu'il est distrait ; moi je le prends pour fou [REGNARD, Distrait, II, 1]
Souvent pensif, plus souvent distrait, mais le plus charmant des convives, lorsque, sans distraction, il se livrait à nous [MARMONT., Mém. VI]
Substantivement. La Bruyère a peint le distrait.
.... Vous, monsieur le distrait, Vous êtes là debout planté comme un piquet [REGNARD, le Distrait, V, 9]
En parlant des choses. Air distrait. Regarder d'un œil distrait, regarder sans apporter une grande attention.
.... Je fuis des yeux distraits Qui, me voyant toujours, ne me voyaient jamais [RAC., Bérén. I, 4]

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    DISTRAIT. Ajoutez :
    En termes de fabrication de glaces, glace distraite du mercure, glace où le mercure a disparu, s'étant bien amalgamé.
    Pour qu'une glace soit bien étamée, il faut qu'elle soit tout à fait distraite du mercure [, Enquête, Traité de comm. avec l'Anglet. t. II, p. 359]