douaire

douaire

n.m. [ du lat. dos, dotis, dot ]
Anc. Biens dont le mari réservait l'usufruit à sa femme dans le cas où elle lui survivrait.

DOUAIRE

(dou-ê-r' ; on a prononcé et on prononçait encore au commencement de ce siècle dou-a-r') s. m.
Portion de biens qui est donnée à une femme par son mari à l'occasion du mariage, dont elle jouit pour son entretien après la mort de son mari, et qui descend après elle à ses enfants. Assigner un douaire. Stipuler un douaire.
Il y en a d'aucunes qui font du mariage un commerce de pur intérêt, qui ne se marient que pour gagner des douaires, que pour s'enrichir par la mort de ceux qu'elles épousent, et courent sans scrupule de mari en mari pour s'approprier leurs dépouilles [MOL., Mal. imag. II, 7]
L'épreuve la plus rude que cette reine [Henriette-Marie] eut à soutenir fut de solliciter un douaire de veuve auprès de l'homme qui l'avait faite veuve [Cromwell] [CHATEAUB., Stuarts, 181]
Douaire coutumier, se disait autrefois du douaire établi et ordonné par la coutume. Douaire préfix ou conventionnel, celui qui consiste en une certaine somme déterminée par les conventions matrimoniales. Jamais mari ne paya douaire, s'est dit pour exprimer que la mort civile du mari ne donne pas lieu à la demande du douaire. Anciennement, demi-douaire, mi-douaire, pension alimentaire accordée en certains cas (séparation, longue absence, mort civile du mari) à la femme, du vivant du mari.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Devien mes homs, je te ferai doaire, [don] [, Ronc. p. 145]
    [Nostre terre] Que la mere Deu tient à son lige doaire [, Sax. XXX]
  • XIIIe s.
    ....Je li donai sans detri [sans retard], Tot de bon gré, mon fin cuer en doaire [don] [GACES BRULLÉS, Poésies mss. avant 1300, t. I, p. 257, dans LACURNE.]
    Chil qui sont semons sor doaire ne poent contremander [BEAUMANOIR, 51]
    Fors du chastel et de la tor La getent, et de son douaire ; Ne li lessent en nul repaire à qu'ele se puisse acouper, Ne penre repast ne souper [RUTEB., II, 187]
  • XIVe s.
    Sa chiere compaigne et espouse Blanche de Brayban doit avoir la tierce partie de toute sa terre par raison de douaire [DU CANGE, dos.]
  • XVe s.
    Quant ta femme, qui plaint et pleure, Quant tu te gis au lit mortel, En ta maison, en ton hostel, Et se complaint de son douaire [gémit de se voir veuve] [E. DESCH., Poésies mss. f° 501, dans LACURNE]
    Il fut apointé par devant l'official d'Amiens que icellui Michault prendroit à mariage icelle jeune fille, par lui defflorée, ou, se ce ne faisoit, il seroit tenu de lui faire douaire [DU CANGE, dos.]
  • XVIe s.
    Douaire propre aux enfants est une legitime coutumiere prise sur les biens de leur pere, par le moyen et benefice de leur mere [LOYSEL, 158]
    Tant que la femme et les enfants vivent, le douaire est en incertitude, et s'appelle douaire egaré [ID., 172]
    Douaire coutumier saisit [ID., 145]
    Douaire prefix, ou convenancé, ne saisissoit point, et se devoit demander en jugement [ID., 146]
    Au coucher la femme gagne son douaire [LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 128]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, doiâ, doiar ; provenç. dotaire ; du bas-latin dotarium, de dotare (voy. DOTER).

douaire

DOUAIRE. n. m. T. de Droit ancien. Ce que le mari donnait à sa femme en faveur du mariage qu'il contractait et pour qu'elle en jouît en cas de survivance. Assigner le douaire.

douaire

Douaire, quasi Donarium, n. verso in u.

Douaire que le mari baille à la femme pour en jouyr apres la mort de luy, Donatio propter nuptias.

douaire


DOUAIRE, s. m. DOUAIRIER, s. m. DOUAIRIèRE, s. f. [Dou-è-re, dou-érié, dou-érière; 2e è moyen et long au 1er, é fer. aux 2 aûtres: 3e é fermé au 2d. è moy. et long au dern.] Le douaire est ce que le mari done à sa femme en faveur du mariage, qu'il contracte avec elle, pour en jouir en cas qu'elle lui survive. = Douairier se dit d'un enfant qui se tient au douaire de sa mère, en renonçant à la succession de son père. = Douairière, veuve qui jouit du douaire. — L'Acad. avertit qu'on ne le dit que des persones d'un rang distingué. "Reine, Princesse, Duchesse douairière. — On n'est pas si délicat en Province.