doucement

doucement

adv.
1. Avec douceur ; sans bruit ; lentement : Il dort doucement calmement, paisiblement à voix basse ; 1. bas, faiblement ; bruyamment, fort graduellement ; brusquement, brutalement, violemment vite
2. D'une façon peu satisfaisante : Les affaires vont doucement médiocrement ; parfaitement
3. Fam. En cachette, intérieurement : Son déguisement me fait doucement rigoler.
interj.
Invite à la modération : Doucement ! Pas de conclusion hâtive du calme !

DOUCEMENT

(dou-se-man) adv.
D'une manière douce, délicate, légère. Frotter doucement. Frapper, toucher doucement. Marcher doucement.
La fortune passa, l'éveilla doucement, Et lui dit : mon mignon, je vous sauve la vie [LA FONT., Fabl. V, 11]
Elle voyait facilement sa sœur qu'un rayon de lumière éclairait doucement [STAËL, Corinne, XVII, 9]
Lentement.
Pour délasser le soldat que cette expédition avait fatigué, il revint doucement à Babylone [VAUGEL., Q. C. 594]
Mon avis c'est d'y aller tout doucement à pied [SÉV., 193]
Si l'on travaille tous les jours aussi doucement qu'aujourd'hui, le procès durera encore un temps infini [ID., Lett. 24 nov. 1664]
À voix basse, sans bruit. Parler doucement.
Je me suis doucement esquivé sans rien dire [MOL., Fâch. I, 1]
Doucement, tout doucement, c'est-à-dire peu à peu, graduellement.
Allez doucement pour les austérités [BOSSUET, Lett. Corn. 124]
Si elles [vos opinions] paraissaient tout à coup dans leur dernier excès, elles causeraient de l'horreur ; mais le progrès lent et insensible y accoutume doucement les hommes et en ôte le scandale [PASC., Prov. 13]
J'approche tout doucement du moment où les philosophes et les imbéciles ont la même destinée [VOLT., Lett. d'Argence, 3 sept. 1770]
D'une manière calme, modérée, sans éclat.
Je reçois doucement toutes les réprimandes que vous me faites sur ce sujet [VOIT., Lett. 25]
Il l'a, grâces aux dieux, doucement amené [le prince] [CORN., Nicom. I, 5]
Et la haine à mon gré les fait plus doucement [les divorces] Que quand.... [ID., Héracl. III, 1]
Mais proposer de front ou vouloir doucement Contre ce qu'il résout tourner son sentiment, C'est ce que nous n'osons ni moi ni pas un autre [ID., Attila, IV, 1]
L'amour de Perpenna le fera révolter ; Souffrez qu'un peu de temps doucement le ménage [ID., Sertor. IV, 2]
Je veux.... Le chasser avec gloire, et mêler doucement Le prix de son mérite à mon ressentiment [ID., Nicom. II, 1]
Je prends tout doucement les hommes comme ils sont [MOL., Mis. I, 1]
On ne peut pas mieux dire ; en effet il est bon D'aller tout doucement.... [ID., Sganar. 13]
Vous voulez doucement m'annoncer mon arrêt [COLLIN D'HARLEV., Optimiste, III, 11]
Aller doucement en besogne a aussi le sens d'agir mollement.
Avec bonté, sans sévérité. Reprendre quelqu'un doucement.
Aussi furent-ils [les Juifs] toujours doucement traités [BOSSUET, Hist. IIe, 5]
Commodément, agréablement, avec douceur. Passer le temps doucement avec ses amis.
C'est mourir doucement, mais enfin c'est mourir [CORN., Théod. V, 6]
On se perd doucement quand on perd ce qu'on hait ; Et qui tue en mourant doit mourir satisfait [ROTR., Hercule mour. II, 2]
Dans une certaine aisance. On peut vivre doucement à la campagne sans grande dépense.
Médiocrement bien. Comment va le malade ? - Tout doucement, bien doucement.
Doucement s'emploie elliptiquement pour avertir quelqu'un de trop prompt, de trop vif.
Doucement, monsieur, vous ne songez pas que vous êtes malade [MOL., Mal. imag. I, 5]
Doucement ! diras-tu, que sert de s'emporter ? [BOILEAU, Sat. VIII]

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Et vers Franceis humbles est dulcement [, Ch. de Rol. LXXXIX]
  • XIIe s.
    Si doucement ne fu trahis nus [nul] hom [, Couci, VI]
    Là couronna sa fame Guiteclins li poissanz ; Doucement la baisa et estraint par les flans [, Sax. v]
  • XIIIe s.
    Si vos pri [je vous prie] mout doucement que vos m'i laissiés aler [VILLEH., CXVI]
    Au palefroy la montent sa gent mout doucement [, Berte, IX]
    Quant li rois Pepins l'ot [ouït] si doucement parler [, ib. CXII]
  • XVe s.
    Ce ban fait, on en fit un autre de par la ville de Bruges, que chacun et chacune reçut bellement et doucement en ses hostels les bonnes gens de Gand [FROISS., II, II, 56]
    Et lors le roy benignement et doulcement luy pardonna et faisoit ce qu'on vouloit [JUVÉNAL, Charles VI, 1407]
  • XVIe s.
    Ce lion s'approcha tout doulcement de moy [MONT., II, 193]
    À celle fin que, s'il advient qu'on les perde, qu'on en supporte la peine plus doulcement [AMYOT, De la tranquillité, 16]

ÉTYMOLOGIE

  • Douce, et le suffixe ment ; provenç. dolzament, doussament ; espagn. dulcement ; portug. docemente ; ital. dolcemente.

doucement

DOUCEMENT. adv. D'une manière douce. Cet adverbe a des acceptions très variées, dont voici les principales et les plus usitées :

Avec ménagement, délicatement, sans violence, sans brutalité. Allez-y plus doucement. Poser une chose à terre doucement. Bercer doucement. Cette affaire veut être conduite doucement. Il faut s'y prendre doucement.

Lentement. Vous marchez bien doucement. Allez doucement.

Sans bruit, avec peu de bruit. Il faut marcher doucement dans la chambre d'un malade. Entrez doucement. Je me glissai doucement auprès de lui. Frapper doucement.

À voix basse. Ils parlaient très doucement, de façon à ne pas être entendus.

Sans éprouver d'agitation, avec calme. Sommeiller doucement. Vivre doucement dans la solitude. Mourir doucement au milieu de ses amis.

Avec humanité, avec bonté. Un vainqueur généreux traite doucement les vaincus. Il en use doucement avec son personnel.

Sans sévérité, sans aigreur. Châtier doucement. Reprendre quelqu'un doucement de ses fautes. Je lui fis doucement la guerre sur sa négligence.

Sans emportement. Nous nous expliquâmes doucement, et il fut convenu que...

Agréablement. Passer le temps doucement avec ses amis, avec ses livres.

Médiocrement, faiblement. Comment va le malade? Doucement, très doucement. Cette affaire marche-t-elle? Tout doucement.

Il s'emploie en façon d'interjection, lorsqu'on veut contenir ou réprimer la vivacité, la pétulance, l'impatience, l'emportement, etc., de quelqu'un. Doucement, chauffeur, vous allez trop vite. Doucement, monsieur, vous oubliez les égards qui sont dus à mon âge. Oh! doucement, il me reste encore des objections à vous faire. Doucement, doucement, ne nous échauffons point.

doucement


DOUCEMENT, adv. [Douceman; 2e e muet.] 1°. D'une manière douce. "Marcher doucement. Heurter doucement à la porte. "Allez-y plus doucement. Reprendre quelqu'un doucement. = 2°. Délicatement, sourdement, sans éclat. "Cette afaire veut être traitée doucement. "C'est une chôse qu'il faut faire doucement. "Tout s'est pâssé fort doucement, paisiblement. = 3°. Lentement. "Vous marchez, vous allez trop doucement. = 4°. Médiocrement bien. "Comment se porte ce malade? Tout doucement. = 5°. Il se dit par interjection. "Vous parlez bien haut! Doucement! = 6°. Aler doucement en besogne, (st. famil.) signifie, tantôt sagement et sans rien précipiter; tantôt lâchement, mollement.

Traductions

doucement

softly, easy, gently, meekly, mildly, sweetחרישית (תה״פ), לאט (תה״פ), לְאַטgeleidelijk, heimelijk, kalmpjes aan!, niet te best, voorzichtig, zacht(jes), zo zo, mild, zachtpelanαργά, σιγάadagio, piano, sommessamentesanftлекоjemněforsigtigtvarovasti부드럽게försiktigt (dusmɑ̃)
adverbe
1. sans aller vite marcher doucement
2. bas parler doucement
3. sans violence, sans force frapper doucement

doucement

[dusmɑ̃] adv
[mettre, augmenter, prendre] → gently
Il a frappé doucement à la porte → He knocked gently at the door.
(= à voix basse) → softly
(= lentement) → slowly
Roulez doucement! → Drive slowly!
Je ne comprends pas, parle plus doucement → I don't understand, speak more slowly.