dragée

(Mot repris de dragées)

dragée

n.f. [ du gr. tragêmata, friandises ]
1. Confiserie faite d'une amande recouverte de sucre durci : Les mariés offrent des dragées à leurs invités.
2. Médicament présenté sous la forme d'un comprimé enrobé de sucre.
Tenir la dragée haute à qqn,
Fam. lui faire attendre longtemps qqch ou lui faire payer cher ce qu'il désire ; lui faire sentir tout le pouvoir que l'on a sur lui.

DRAGÉE

(dra-jée) s. f.
Amandes diverses recouvertes de sucre très fin et durci. Un cornet de dragées.
Bourré de sucre et brûlé de liqueurs, Vert-Vert, tombant sur un tas de dragées, En noir cyprès vit ses roses changées [GRESSET, Vert-Vert, IV]
Dragées de baptême, boîtes de dragées que le parrain est dans l'usage de donner à sa commère et à l'accouchée. Fig. et par plaisanterie.
Oui d'un baptême de cour Voyez en nous [jésuites] les dragées [BÉRANG., Rév. pères.]
Dragées d'attrape, dragées fort amères. Fig. et familièrement. Avaler la dragée, avoir quelque déboire. La dragée est amère, cela est difficile à supporter. Terme de pharmacie. Dragées vermifuges, dragées préparées en substituant aux amandes le semen-contra. Dragées purgatives, dragées faites avec le jalap. Dragées de Saint-Roch, baies de genièvre recouvertes de sucre et qui sont diurétiques.
Menu plomb de chasse. Petite. grosse dragée. Ce fusil écarte la dragée, les grains de plomb qu'il lance s'écartent trop les uns des autres. Fig. et populairement. Écarter la dragée, laisser échapper de petites parties de salive en parlant.
Terme d'agriculture. Mélange de grains qu'on laisse croître en herbe pour les chevaux. Dragée de cheval, blé sarrasin. Fig. Tenir la dragée haute à quelqu'un, lui faire bien payer ce qu'il désire, ou le lui faire beaucoup attendre ; locution tirée de cette dragée qu'on met plus ou moins haut pour les bêtes.
Terme de minéralogie. Dragées de Tivoli, petites concrétions calcaires qu'on trouve dans un ruisseau sortant du lac de Tivoli (Italie).
Cocon renfermant un ver à soie qui n'a pu se transformer en nymphe.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Nus cervoisiers ne puet [peut] ne ne deit faire cervoise fors de yaue et de grain, c'est à savoir d'orge de mestuel et de dragie [, Liv. des mét. 30]
  • XIVe s.
    [Philippe le Bel et le pape Clément] .... De ceste male dragée [les juifs] Ont chrestienté desrengée, [, Hist. de France à la suite du roman de Fauvel, ms. dans LACURNE]
    Dragée, sucre rosat, noisettes confites [, Ménagier, II, 4]
  • XVe s.
    Il n'y a jà point bonne dragée. S'elle ne sent sa confiture [MARTIAL, Vigiles de Charles VII, t. II, p. 41, dans LACURNE]
    Six livres de dragées pour servir en un drageoir [DE LABORDE, Émaux, p. 255]
  • XVIe s.
    Une boite de dragées.... Le chevalier presenta sa dragée en une boete d'argent [YVER, p. 614]
    Monsieur se pourmenant avec son frere et le roi de Navarre faillit à estre tué dans le fossé d'uno meschante piece chargée de dragée [D'AUB., Hist. II, 52]
    Le duc fait boire un salve de 400 coups à l'escadron du roi, qui, aiant avalé cette dragée, donne dans cette forest de lances [ID., ib. III, 231]
    Dragées estranges et de toutes coulleurs, les unes estans en façon de beste, les autres en façon d'hommes, femmes et oyseaulx [P. CHOQUE, dans LEROUX DE LINCY, Bibl. des Ch. 5e série, t. II, p. 168]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourguig. draigée ; provenç. dragea ; catal. drageya ; espagn. gragea ; portug. grangea ; ital. treggea ; bas-latin, dragata, tragemata, dessert, fruit, du pluriel grec, friandises, ou manger (voy. TRUITE).

dragée

DRAGÉE. n. f. Amande, pistache, aveline, ou autre petit fruit couvert de sucre très dur et de couleurs différentes. Un cornet de dragées. Une boîte de dragées. Dragées de baptême.

Fig. et fam., La dragée est amère, Cela est dur à supporter. Avaler la dragée, Se résigner à quelque chose de fâcheux.

Fig. et fam., Tenir la dragée haute à quelqu'un, Lui faire attendre longtemps ce qu'il désire, ce qu'on lui a promis ou Lui faire acheter cher quelque avantage, quelque plaisir.

Il se dit figurément du Menu plomb dont on se sert pour tirer aux oiseaux. Grosse dragée. Petite dragée. Menue dragée.

En termes d'Agriculture, il se dit d'un Mélange de divers grains, tels que pois, vesces, fèves, lentilles, qu'on laisse croître en herbe pour les donner aux chevaux.

dragée

Dragée, Quasi Tragée, Il vient de Tragema. Sunt autem Tragemata, secundae mensae.

Dragée aux chevaux, Farrago, Ocymum.

dragée


DRAGÉE, s. f. DRAGEOIR, s. m. *DRAGIER, s. m. [Drajé-e, joar, gié; 2e é fer. au 1er et au der.] 1°. Petite confitûre de sucre durci, où l'on enferme quelque petite graine, comme anis, amandes, pistaches, etc. Trév. Le Rich. Port. ajoute, ou quelque morceau de canelle, de citron, d'orange, etc. "Amande, pistache, aveline, et petits fruits couverts de sucre durci. Acad. = 2°. Le menu plomb, dont on se sert pour tirer aux oiseaux. Grosse, petite, menue dragée. = On dit d'un fusil, qui ne porte pas son plomb bien serré et bien ensemble, qu'il écarte la dragée. — On le dit figurément (st. fam.) de celui qui laisse échaper de petites parties de salive en parlant. "Il ne fait pas bon être près de la Chaire, quand cet Abé prêche: il écarte furieûsement la dragée.
   DRAGEOIR, boîte à dragée. Trév. Petite boîte où les Dames mettent les dragées. L'Acad. ne le dit que d'une boîte, ordinairement d'argent, dans laquelle on servait autrefois des dragées sur la fin du repâs. — * On a dit autrefois dragier, d'une boîte à bonbons. "À~ la fin du 16e siècle, les dragées vinrent tellement à la mode, que chacun avoit son dragier. Le Gendre. Plusieurs aujourd'hui, disent bonbonière. Mais, boîte à bonbons vaut mieux. On ne dit plus drageoir ni dragier.

Traductions

dragée

sugarconfetto (dʀaʒe)
nom féminin
amande recouverte d'une couche de sucre

dragée

[dʀaʒe] nf (= friandise) → sugared almond (MÉDECINE)pill, sugar-coated pill