draper

(Mot repris de draperions)

draper

v.t.
1. Couvrir, habiller d'une draperie : Draper une statue.
2. Disposer harmonieusement les plis d'un vêtement : Draper sa cape sur ses épaules.

se draper

v.pr. (dans)
1. S'envelopper dans un vêtement ample : Elle s'est drapée dans un châle.
2. Fig., sout. Se prévaloir fièrement de qqch : Se draper dans sa générosité.

draper

(dʀape)
verbe transitif
disposer les plis d'un tissu draper une nappe autour d'une table

draper


Participe passé: drapé
Gérondif: drapant

Indicatif présent
je drape
tu drapes
il/elle drape
nous drapons
vous drapez
ils/elles drapent
Passé simple
je drapai
tu drapas
il/elle drapa
nous drapâmes
vous drapâtes
ils/elles drapèrent
Imparfait
je drapais
tu drapais
il/elle drapait
nous drapions
vous drapiez
ils/elles drapaient
Futur
je draperai
tu draperas
il/elle drapera
nous draperons
vous draperez
ils/elles draperont
Conditionnel présent
je draperais
tu draperais
il/elle draperait
nous draperions
vous draperiez
ils/elles draperaient
Subjonctif imparfait
je drapasse
tu drapasses
il/elle drapât
nous drapassions
vous drapassiez
ils/elles drapassent
Subjonctif présent
je drape
tu drapes
il/elle drape
nous drapions
vous drapiez
ils/elles drapent
Impératif
drape (tu)
drapons (nous)
drapez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais drapé
tu avais drapé
il/elle avait drapé
nous avions drapé
vous aviez drapé
ils/elles avaient drapé
Futur antérieur
j'aurai drapé
tu auras drapé
il/elle aura drapé
nous aurons drapé
vous aurez drapé
ils/elles auront drapé
Passé composé
j'ai drapé
tu as drapé
il/elle a drapé
nous avons drapé
vous avez drapé
ils/elles ont drapé
Conditionnel passé
j'aurais drapé
tu aurais drapé
il/elle aurait drapé
nous aurions drapé
vous auriez drapé
ils/elles auraient drapé
Passé antérieur
j'eus drapé
tu eus drapé
il/elle eut drapé
nous eûmes drapé
vous eûtes drapé
ils/elles eurent drapé
Subjonctif passé
j'aie drapé
tu aies drapé
il/elle ait drapé
nous ayons drapé
vous ayez drapé
ils/elles aient drapé
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse drapé
tu eusses drapé
il/elle eût drapé
nous eussions drapé
vous eussiez drapé
ils/elles eussent drapé

DRAPER

(dra-pé) v. a.
Recouvrir de drap noir en signe de deuil. Draper un tambour. Les carrosses furent drapés. Absolument. Le souverain drape de violet.
En Espagne, la reine mère mourut ; elle était sœur de l'empereur et seconde femme de Philippe IV, qui de sa première femme avait eu notre reine Marie-Thérèse, en sorte que le roi en drapa pour un an sans regret [SAINT-SIMON, 35, 154]
Le roi déclara à la mort du roi d'Espagne, qu'il draperait [ID., 82, 65]
Mettre de petits morceaux de drap aux sautereaux d'un clavecin, d'une épinette.
Garnir de draperies. Draper un lit, une fenêtre.
Terme de peinture. Habiller une figure de vêtements amples, ou la représenter habillée de vêtements amples. Draper une figure. Absolument. Le talent de bien draper.
C'est un sac d'où sortent une tête et deux bras ; il faut draper large, sans doute ; mais ce n'est pas ainsi [DIDEROT, Salon de 1765, Œuvres, t. XIII, p. 21]
Fig. et familièrement, dire beaucoup de mal de quelqu'un.
Que nous puissions draper comme ils font nos écrits [RÉGNIER, Sat. IX]
On dit qu'on l'a drapé dans certaine satire [BOILEAU, Sat. III]
Quand Despréaux fut sifflé sur son ode, Ses partisans criaient par tout Paris : Pardon, messieurs, le pauvret s'est mépris ; Plus ne louera, ce n'est pas sa méthode ; Il va draper le sexe féminin [FONTEN., Madrigal.]
Une épître au colonel où je le drapai de mon mieux [J. J. ROUSS., Conf. IV]
Terme de relieur. Frotter avec le drap fin. On dit aussi serger.
Se draper, v. réfl. En parlant des acteurs, disposer son costume à l'antique. Fig. Se draper, prendre une attitude théâtrale, se faire remarquer par sa pose.
Ironiquement. Se draper dans sa vertu, dans sa probité, vanter sa vertu, sa probité, comme si l'on s'en faisait un manteau. Cela se dit surtout d'une vertu, d'une probité affectée plutôt que réelle.
Ils se sont joliment drapés, ils ont dit beaucoup de mal l'un de l'autre.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Nus ne puet [peut] mettre aignelins avec laine pour draper, et se il le fet, il est de chascune drapée en dix sous d'amende [, Liv. des mét. 121]
  • XVIe s.
    Lessez les fleurs, o deesses napées, Et appellez les fontalles nayades, Et aux forests de verdure drapées Allez querir satires et dryades [JEAN D'AUTON, Annales de Louis XII, ms. f° 131, dans LACURNE]
    Oudart se chausse de son guantelet : et de daulber Chicquanous, et de drapper Chicquanous [RAB., Pant. IV, 14]
    Tant plus avant nous entrons en ce propos, et plus ces bons seigneurs ici draperont sur la tissure, et tous, à nos depens [MARG., Nouv. X]
    ... Comme la grande quantité de fines laines, se drappans dedans le royaume, et transportèes es païs voisins, pour estre ouvrées, en rendent bon tesmoignage [O. DE SERRES, 316]

ÉTYMOLOGIE

  • Drap. Draper, dans le sens de critiquer, est le terme de peinture détourné pour signifier couvrir d'une draperie ridicule, railler, se moquer.

draper

DRAPER. v. tr. Couvrir de drap. Il se dit généralement des Draperies tendues en signe de deuil. Draper les piliers, les chaises d'une église.

En termes de Peinture et de Sculpture, il signifie, par extension, Habiller une figure, ou en représenter les vêtements; mais il ne se dit qu'en parlant de Vêtements amples et formant des plis. Draper une figure. Par analogie, il signifie aussi Garnir d'une étoffe de manière qu'elle forme des plis harmonieux. Draper une fenêtre.

Il signifie aussi Disposer une tenture. Draper une portière.

Fig. et fam., Draper quelqu'un, En faire un portrait satirique. J'ai lu ce que vous avez dit de votre adversaire : le voilà bien drapé.

SE DRAPER se dit, par analogie, de la Manière dont un acteur arrange ses vêtements, surtout lorsqu'il est habillé à la grecque ou à la romaine. Cet acteur se drape bien. Il sait bien se draper. Acteur drapé à l'antique.

Fig. et fam., Se draper dans sa vertu, dans sa probité, En faire parade.

draper

Draper, actiu. acut. Est faire de toutes façons un drap, comme, si vous disiez Pannare, pannos conficere. Selon ce on dit, Il drappe bien, Optimus pannifex est. Draper aussi par metaphore se prend pour harper et prendre l'autruy sous pretexte de bien, parce que ceux qui drapent tirent et enlevent la laine des draps qu'ils parent faisants leur art. Draper aussi se prend par autre metaphore pour se gausser et railler de quelqu'un, que nous disons en autre terme, le tenir ou mettre sur les rangs, comme, quand és compagnies on passe le temps à babiller aux despens et prejudice de la reputation d'aucun.

draper


DRAPER, v. a. DRAPERIE, s. f. DRAPIER, s. m. [Drapé, peri-e, pié; 2e é fer. au 1er et dern. e muet au 2d, dont la 3e est longue.] 1°. Draper, au propre, c'est couvrir de drap noir, les carrosses, les litières, les chaises à porteurs, dans le temps du deuil. "Draper un carrosse, une chaise. — V. n. "Les Princes, les Ducs drapent. "Le Roi drape de violet. = 2°. En Peintûre, draper une figûre, en représenter les habillemens. 3°. Figurément, railler fortement. "On l'a bien drapé. — Il n'est que du style familier.
   DRAPERIE est, 1°. Manufactûre de drap, diverses sortes de draps. "Travailler en draperie. "Comerce de draperie. = 2°. En Sculptûre et en Peintûre, représentation des habillemens. "Il faut que les draperies indiquent le nu aux principaux atachemens. On ne le dit guère au singulier dans ce 2d sens, ni au pluriel, dans le 1er.
   DRAPIER ne se dit que d'un Fabricant, ou d'un Marchand de drap.

Traductions

draper

drape

draper

[dʀape] vt → to drape; [+ robe, jupe] → to arrange