durandal

DURANDAL

(du-ran-dal) s. f.
Nom de l'épée de Roland, et, par extension, toute épée de chevalier.
Le chevalier jurait par sa durandal et son aquilain, sa fidèle épée et son coursier rapide [CHATEAUB., Génie, IV, V, 4]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Je ferrai [frapperai] tant de durandart m'espée [, Garin, dans DU CANGE, durissimus]
    [Il] Tint Durandars, dont li brans fu lettrés [, Roman de Roncevaux, ib.]
  • XIIIe s.
    Si tenoit encores Durendal l'espée, si vaut autant à dire comme donne grand cop ou fier durement Sarrazins [DU CANGE, ib.]
    Durandal ot [eut] à non li brans [épée], C'est à dire durs cos [coups] donans [PH. MOUSKES, Chron. V. 8002, t. I, p. 317]
  • XVIe s.
    Vien, Attropos, et me couppe la teste De Durandal ou Joyeuse ou Clarence, Ou de Courtain ou Flamberge qu'est preste ; Ainsi auray de mes maulx alegeance [, Chasse et depart d'amour, p. 242, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Origine inconnue ; tout au plus peut-on conjecturer que ce mot renferme le radical dur, durer, et signifie l'épée solide, résistante, durable. En tout cas ce mot est très ancien ; car on lit durindarda au portail de la cathédrale de Vérone, laquelle est du IXe ou Xe siècle ; ce qui exclut une oririgine arabe, bien qu'on lise dans les Quatre fils Aymon, V. 851, éd. de Bekker, Durendal comme nom d'un émir. L'étymologie de Ph. Mouskes vient directement de la Chronique du faux Turpin, de vita Caroli magni et Rolandi, ch. XXIII, p. 66, de l'édition Ciampi, Florence, 1822 : Duranda interpretantur durum ictum cum ea dans ; quae frangi nullo modo poterat ; prius deficiat brachium quam spata.