elle

elle, elles

pron. pers. [ lat. illa, celle-là ]
1. Désigne la 3e pers. du fém. dans les fonctions de sujet ou de complément : Elle est partie. Nous parlions d'elles.
2. Apposition au pron. sujet ou compl. dans des formules d'insistance : Elle, elle est vraiment gentille. Elles, je ne les apprécie pas.

ELLE

(è-l') pron.
de la 3e pers. féminin. Il s'emploie comme sujet. Elle a dit. Elles font. Qui a tenu ce langage ? elle. Elle qui.... au féminin, tandis que, au masculin, on dit lui qui.... Elle qui se prétend si sage a pourtant fait une sottise. Elle ne sert pas de régime direct à un verbe actif ; on le remplace par la devant ce verbe : je la chéris, pour je chéris elle. Quand le pronom la est le régime direct d'un verbe, et qu'après ce verbe il y a un nom qui concourt avec le pronom à former ce régime direct, on joint elle à ce nom : le lion la dévora, elle et ses enfants. On dit de même au sujet : elle mourut, elle et ses enfants. Elle ne sert pas ordinairement de régime indirect à un verbe quand ce régime est marqué par à ; on y substitue lui : parlez-lui, et non parlez à elle. Cependant, en quelques cas exceptionnels, où l'on veut exprimer plus fortement le régime indirect, on peut se servir de elle.
Il croyait même parler à elle [FÉN., Tél. VII]
Quand on ajoute même à elle, on peut dire à elle : parlez à elle-même (voy. MÊME). D'elle-même spontanément.
Mais enfin d'elle-même on ne l'entend jamais.... [TH. CORN., Ariane, II, 1]
La flamme du bûcher d'elle-même s'allume [RAC., Iphig. V, 6]
Elle se construit aussi avec une préposition comme complément d'un adjectif ou d'un verbe. Je ne suis pas content d'elle. Je pense à elle. Bien des préventions se sont élevées contre elle. Il faut s'adresser à elle.
Je trouvai du plaisir à me perdre pour elle [RAC., Androm. II, 5]
Elle se construit moins bien de la sorte, quand il s'agit de choses et non de personnes ; vous avez une plume bien taillée ; c'est avec elle que j'ai écrit ; il vaut mieux dire : c'est avec cette plume. Cette muraille menace ruine, ne vous approchez pas d'elle ; dites : ne vous en approchez pas. Aussi on désapprouve ces deux vers de Voltaire : Fers, tombez de ses mains, le sceptre est fait pour elles, Oreste, V, 7 ; Mais qui peut altérer vos bontés paternelles ? Vous seule, vous, ma fille, en abusant trop d'elles, Tancr. I, 4. Cependant rien, dans la grammaire, n'empêchant cet emploi, qui seulement est languissant et prosaïque, on ne le blâmera pas absolument ; et l'on acceptera ce vers de V. Hugo, cité par Legoarant : Moi, la douleur m'éprouve, et mes chants viennent d'elle. On acceptera également cette phrase-ci : Cette comédie ayant plu à ceux pour qui elle est faite, je trouve que c'est assez pour elle.

HISTORIQUE

  • Xe s.
    Elle n'out eskolté les mals conseliers [, Eulalie]
  • XIe s.
    Quant el [la dame] le voit, ne peut muer ne rie [s'empêcher de rire] [, Ch. de Rol. LXXV]
  • XIIe s.
    Ele ot chemise de soie d'Aumarie [, Ronc. p. 160]
    Nule chançon ne m'agrée, S'el ne vient de fine amor [, Couci, I]
    La roïne ne fit pas que courtoise, Qui me reprist, ele et ses fiex li rois [son fils le roi] [QUESNES, Romancero, p. 83]
    Au departir de li [elle] [il] l'a doucement baisie, Et ele lui aussi [, Sax. VII]
  • XIIIe s.
    N'ert [n'étoit] fame qui à ele de grant biauté s'afiere [, Berte, XI]
    Onc puisqu'ele [elles] leur dame voudrent [voulurent] faire mourir [, ib. LXIII]
    Ge fusse arivés à bon port. Se d'els [elles] troi ne fusse aguetiés [, la Rose, 2879]
  • XIVe s.
    Les queles choses, s'il [elles] sont bien considerées [H. DE MONDEVILLE, f° 31, verso.]
    Les vaines [veines] sont devisées en moult de parties, tant qu'il soient capillaires [ID., f° 22, verso.]
    Nous manifesterons et declarerons quantes il [les vertus] sont [ORESME, Eth. 78]
  • XVIe s.
    Ell' n'en prendroit jamais, te di-je ; Car c'est une femme d'honneur [MAROT, I, 207]
    Et que veux-tu ? el' m'ayme bien, Je n'ai que faire de m'en plaindre [ID., I, 210]
    Elles sçavent trouver mille feintes excuses, Après qu'ell' ont failly [RONS., 125]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, ile, èle, elle, elles Berry, alle, ielle ; provenç. e-la, elha, ella ; espagn. et ital. ella ; du latin illa (voy. IL). L'ancienne langue a dit aussi il pour elle ; ce qui n'a rien d'extraordinaire, le latin disant illa.

elle

ELLE. Pronom personnel féminin de la troisième personne.

Il s'emploie comme sujet. Elle est venue. Elles sont parties.

Quand il est employé comme complément, il est le plus souvent précédé d'une préposition. J'ai fait cela pour elle. Se diriger vers elle.

Il se répète ou il répète un autre pronom de la 3e pers. sing. quand on veut insister sur la personne ou la chose en question. Elle, elle aurait osé dire cela! Je le lui dirai à elle. Je veux la voir, elle.

elle

Elle, Illa, Ipsa.

elle


ELLE. Dans les mots ainsi terminés, la pénult. est brève. Immortelle, rebelle, éternelle, etc. Cela n'empêche pas que dans le chant et la déclamation soutenûe, on n'alonge quelquefois cette syllabe, sur tout quand elle termine la phrâse. — Un jour on suprimera une des l, et l'on écrira immortèle, rebèle, éternèle, etc.

elle


ELLE, pron. pers. fém. de la 3e persone. [Èle: 1re è moy., 2e e muet.] Elle, d'elle; à elle, ou lui; la, ou elle; d'elle. Pluriel, elles; d' elles, à elles, ou leur; les, ou elles; d'elles. Voy. IL et LUI.
   Rem. 1°. Les anciens Poètes, quand une syllabe de plus les embarrassait, disaient el'avec l'apostrophe. Ménage dit, sur ces vers de Malherbe:
   Que ce qu'elle est à cette heure,
   Elle soit jusqu'à la mort.
Il faut, elle le soit. Nos Anciens auraient dit, el'le soit.
   2°. ELLE, au nominatif, ne convient pas moins à la chôse qu'à la persone; et l'on dit également bien, d'une femme et d'une maison, elle est agréable; mais aux câs obliques, elle, ne convient pas à la chôse come à la persone; et l'on ne dirait pas, par exemple, d'un homme à qui la philosophie plait extrêmement, il s'atache fort à elle, il est charmé d'elle. Il faut dire, pour bien parler, il s'y atache fort, il en est charmé. Gresset a manqué à cette règle. Valère dit à Ariste, en parlant de Cléon:
   Il faut l'entendre; après une Pièce nouvelle,
   Il règne, on l'environne; il prononce sur elle.
       Le Méchant.
On doit excuser, ou plaindre les Poètes, mais les Prosateurs sont inexcusables. "Les frontières de la Flandre Espagnole étoient presque sans fortifications et sans garnisons. Louis n'eut qu'à se présenter devant elle. Volt. — L'usage seul peut bien aprendre quand on peut se servir du pronom elle, dans les câs obliques, en parlant des chôses inanimées. = Avec les noms féminins, on peut mettre elle au lieu de lui. "La terre renferme dans elle (ou dans soi) toutes les semences.
   3°. Le datif d'elle c'est lui, pour les verbes actifs, et à elle, pour les verbes neutres et réciproques. "On dit, donnez- les lui, et non pas, donnez-les à elle. "Il faut s'adresser à elle, revenir à elle. — Le verbe parler, prend, tantôt lui, tantôt à elle. "Il vouloit lui parler. "Il croyoit même parler à elle, ne sachant plus où il étoit. Télém. — Quand on y ajoute même, on peut dire à elle avec les verbes actifs, en faisant précéder lui. "Donnez-les lui, à elle-même.
   4°. À~ l'acusatif, on ne doit employer elle, qui marche toujours après les verbes, qu'aprés avoir fait précéder le pronom la, ou les, suivant le nombre singulier, ou pluriel. C'est aujourd'hui une règle indispensable: on s'en dispensait aûtrefois. "Le dragon vouloit dévorer elle et son fruit. Bossuet. Dites, la dévorer elle, etc. — M. Linguet a dit plus récemment: "Il est affreux d' accuser l'Eglise d'un genre d'excès qu'elle a toujours désavoué... C'est calomnier elle, et l'époque à laquelle on lui fait cette injure. Dites, la calomnier, elle, et l'époque, etc. Peut-être la a été omis par l'Imprimeur. = C'est un pléonasme reçu, et qui est même élégant, que de se servir d'elle, ou, de la, quoiqu'il y ait déjà un nom au nominatif, ou à l'acusatif, qui sert de sujet, ou de régime.
   - - - Qu'elle a d'autorité, l'Histoire, qu'en silence
   Sont contraints d'écouter, des témoins qu'elle offense.
       L. Rac.
"Cette histoire, si édifiante, vous la connaissez depuis long temps. Voy. des exemples semblables au mot IL.
   Rem. Il est contre la clarté du discours, qui est sa première et sa plus importante qualité, de mettre, dans la même phrâse, deux elle, qui ne se raportent pas au même nom. "Grande Reine, il vous faut combatre contre la mort; mais contre une mort lente, qui vous attaquera avec toute sa rage. Elle l'ataque, Messieurs, mais elle en triomphe avec une constance qui doit ravir tous les esprits. Mascar. Or. Fun. d'Anne d'Autriche. Le premier elle se raporte à la mort, le second à la Reine: c'est une irrégularité. — M. de St. Ange dit de Minerve, qui va trouver l'Envie.
   Elle frémit, s'arrête, et la pique à la main,
   Elle frape à la porte: elle s'ouvre, et soudain, etc.
   Les deux premiers elle se raportent à Minerve, le 3e à la porte: cela fait une construction louche.

Traductions

elle

sie, die, es, ihm, ihr, ihrer, oshe, her, it, haar, d'r, ze, het, 'r, 'tהיא, הִיאтяellaonaαυτή, αυτήνŝiella, laاوhänőhúnlei, ella, essa, 彼女, 彼女は, 彼女を그녀, 그 여자viņaona, jejelaeaона, ееhon, henneвонаzeضَمِيرُ الغَائِبَةِ الـمتصل, هِيَhende, hunnjoj, onahenne, hunเธอo, onu, onacô ấy (ɛl)
pronom
1. remplace un sujet féminin Elles vont au cinéma.
2. remplace un complément féminin Ces chaussures sont à elle. Je ne vois qu'elle.

elle

[ɛl] pron
(sujet) (= personne) → she
Elle est institutrice → She's a primary school teacher.
(sujet) (= chose) → it
Prends cette chaise: elle est plus confortable → Take this chair: it's more comfortable.
(complément) (= personne) → her
Vous pouvez avoir confiance en elle → You can trust her.
(complément, chose) → it
Brûler la chaise? Elle est trop belle → Burn that chair? But it's too nice!
(emphatique) c'est elle qui ... → SHE ..., she's the one who ...
C'est elle qui me l'a dit → SHE told me., She's the one who told me.
Elle, elle est toujours en retard! → Oh, SHE's always late!
(pluriel) elles (sujet) → they; (complément) → them