embabouiner

(Mot repris de embabouinant)

EMBABOUINER

(an-ba-bou-i-né) v. a.
Terme populaire. Amener quelqu'un par des cajoleries à faire ce qu'on souhaite de lui.
La femme morte, il [M. de Soubise] brusqua un superbe enterrement, embabouina le curé, tellement que Mme de Soubise fut portée droit de chez elle à la Mercy [SAINT-SIMON, 218, 188]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Cuer qui ce fait n'iert [ne sera] ja si embaboïnés D'amours ne d'autre vice, tant soit enracinés, Qu'en assés petit d'eure ne soit enluminés [J. DE MEUNG, Test. 2041]
  • XVIe s.
    Decevoir et embabouiner le vulgaire populace [populace est ici un adjectif] [PARÉ, XIX, 30]
    Dont a dict l'Apostre, que ceux qui se laissent embabouiner à cette passion et cupidité, fontnaufrage et s'esgarent de la foy, et s'embarrassent en diverses peines [CHARRON, Sagesse, I, 21]

ÉTYMOLOGIE

  • En 1, et babouin. Babuinare signifiait, au XIVe siècle, orner de miniatures.

embabouiner

EMBABOUINER. v. tr. Engager quelqu'un par des caresses, par des paroles flatteuses, à faire ce qu'on souhaite de lui. Cette femme l'a embabouiné. Il s'est laissé embabouiner. Il vieillit.

embabouiner

Embabouiner, Lactare.

embabouiner


EMBABOUINER, v. act. [Anba-boui-né; 1re lon. dern. é fer.] Amuser, repaître quelqu'un de belles espérances, se rendre maître de son esprit. Trév. L'engager par des paroles flateuses à faire ce qu'on souhaite. Acad. — Il n'est que du style fam. "Cette femme l'a embabouiné, il s'est laissé embabouiner. = Ce mot vient de babouin. C'est comme qui dirait, traiter quelqu'un en sot, en enfant, en Babouin. Trév.