emporter

(Mot repris de emportât)

emporter

v.t.
1. Prendre avec soi en quittant un lieu : Elle a emporté mes clés laisser
2. Enlever de façon violente et rapide ; arracher : Le vent a emporté mon chapeau.
3. Faire mourir : Le froid les a emportés.
4. Entraîner dans son mouvement : Le courant emporte le canoë vers le large.
5. Entraîner à un comportement excessif : Il s'est laissé emporter par la colère.
L'emporter ou l'emporter sur,
avoir la supériorité sur ; être victorieux de : Ce candidat l'a emporté. L'amitié l'a emporté sur la jalousie. a primé sur

s'emporter

v.pr.
Se laisser aller à la colère : Ne t'emporte pas pour ça. Elle s'est emportée contre lui.

emporter


Participe passé: emporté
Gérondif: emportant

Indicatif présent
j'emporte
tu emportes
il/elle emporte
nous emportons
vous emportez
ils/elles emportent
Passé simple
j'emportai
tu emportas
il/elle emporta
nous emportâmes
vous emportâtes
ils/elles emportèrent
Imparfait
j'emportais
tu emportais
il/elle emportait
nous emportions
vous emportiez
ils/elles emportaient
Futur
j'emporterai
tu emporteras
il/elle emportera
nous emporterons
vous emporterez
ils/elles emporteront
Conditionnel présent
j'emporterais
tu emporterais
il/elle emporterait
nous emporterions
vous emporteriez
ils/elles emporteraient
Subjonctif imparfait
j'emportasse
tu emportasses
il/elle emportât
nous emportassions
vous emportassiez
ils/elles emportassent
Subjonctif présent
j'emporte
tu emportes
il/elle emporte
nous emportions
vous emportiez
ils/elles emportent
Impératif
emporte (tu)
emportons (nous)
emportez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais emporté
tu avais emporté
il/elle avait emporté
nous avions emporté
vous aviez emporté
ils/elles avaient emporté
Futur antérieur
j'aurai emporté
tu auras emporté
il/elle aura emporté
nous aurons emporté
vous aurez emporté
ils/elles auront emporté
Passé composé
j'ai emporté
tu as emporté
il/elle a emporté
nous avons emporté
vous avez emporté
ils/elles ont emporté
Conditionnel passé
j'aurais emporté
tu aurais emporté
il/elle aurait emporté
nous aurions emporté
vous auriez emporté
ils/elles auraient emporté
Passé antérieur
j'eus emporté
tu eus emporté
il/elle eut emporté
nous eûmes emporté
vous eûtes emporté
ils/elles eurent emporté
Subjonctif passé
j'aie emporté
tu aies emporté
il/elle ait emporté
nous ayons emporté
vous ayez emporté
ils/elles aient emporté
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse emporté
tu eusses emporté
il/elle eût emporté
nous eussions emporté
vous eussiez emporté
ils/elles eussent emporté

EMPORTER

(an-por-té) v. a.
Enlever d'un lieu pour porter dans un autre. Il a emporté tous ses livres.
Il commanda qu'on fit emporter le corps [VAUGEL., Q. C. VIII, 9, dans RICHELET]
Qu'on m'emporte d'ici, je me meurs [CORN., Rodog. V, 4]
Josabeth dans son sein l'emporta tout sanglant [RAC., Ath. IV, 3]
La terre est emportée avec une rapidité inconcevable autour du soleil [LA BRUY., XVI]
Fig. Vous ne l'emporterez pas en paradis, se dit par menace et pour signifier qu'on se vengera tôt ou tard. Familièrement. Que le diable vous emporte, se dit pour exprimer le dépit, l'impatience contre quelqu'un. Que le diable m'emporte si...., je veux que le diable m'emporte...., locution familière et hors du ton de la société, pour appuyer sur une chose, pour la nier ou l'affirmer, suivant qu'on ajoute ne ou qu'on ne l'ajoute pas. Que le diable m'emporte, si je fais cette visite.
Aussi, loin de contester ses vertus, je veux que le diable m'emporte.... - Plaît-il, monsieur ? [PICARD, Les deux Philibert, II, 14]
On retranche aussi le que. Le diable vous emporte, m'emporte.
Enlever et porter avec soi. Il a emporté tout ce qu'il avait. Emportez ce livre, vous le lirez en route. Fig.
Les Maures en fuyant ont emporté son crime [CORN., Cid, IV, 5]
La joie en est publique, et les princes tous deux Des Syriens ravis emportent tous les vœux [ID., Rodog. II, 1]
N'est-il aucune voie Par où je puisse à Rome emporter quelque joie ? [ID., Sertor. III, 2]
Je n'emporterai donc qu'une inutile rage ? [RAC., Andr. III, 1]
Pallas n'emporte pas tout l'appui d'Agrippine [ID., Brit. III, 3]
Toi-même tu l'as vu courir dans les combats Emportant après lui tous les cœurs des soldats [ID., Bajaz. I, 1]
Le roi qui m'attendait au sein de ses États, Vit emporter ailleurs ses desseins et ses pas [ID., Mithr. I, 3]
Ma mort n'emporte pas tout le fruit de vos feux [ID., Iphig. V, 3]
J'emporte de ce château et du philosophe qui l'habitait, un souvenir heureux qui ne s'effacera jamais de ma mémoire et de mon cœur [Me DE GENLIS, Veillées du château t. II, p. 435, dans POUGENS]
L'aîné emporte les deux tiers du bien, les deux tiers du bien sont dévolus à l'aîné.
Il se dit aussi des choses qui entraînent, emmènent avec soi. L'inondation a emporté les ponts. La terre nous emporte dans son mouvement diurne et annuel.
Il écrit, et les vents emportent sa pensée, Qui va dans tous les lieux vivre et s'entretenir [LAMART., Harm. II, 10]
Autant en emporte le vent, se dit de paroles, de menaces, de promesses qui ne se réalisent pas.
Il en est à mines discrètes Et d'un entretien décevant ; Mais fiez-vous à leurs fleurettes ; Autant en emporte le vent [Me DE LA VIGNE, dans RICHELET]
Je disais, et les vents emportaient ma prière [LAMART., dans le Dict. de POITEVIN]
Terme de chasse. Le vent emporte la voie, se dit quand le vent empêche les chiens de sentir la voie. Un chien emporte la voie lorsqu'il suit ou chasse sans difficulté.
Prendre, ravir. Les voleurs ont tout emporté.
Par force ou par amour il croit vous emporter [CORN., Perthar, V. 1]
Ces drapeaux glorieux Que de ce bras vainqueur j'emportai sous vos yeux [DUCIS, Roméo, I, 3]
Terme de guerre. Emporter une place, s'en rendre maître de vive force.
On eût emporté la ville, si toute l'armée eût donné [D'ABLANCOURT, Arrien, liv. I, dans RICHELET]
Emporter une place, un retranchement à la pointe de l'épée, l'emporter d'assaut ; et fig. emporter quelque chose à la pointe de l'épée, l'emporter avec de grands efforts.
Fig. Entraîner moralement.
Je goûte le plaisir sans en être emporté [RÉGNIER, Épît. II]
Il faut se laisser emporter à la foule [BALZ., liv. IV, lett. 30]
Quoi ! l'amour qu'en ton cœur j'ai fait naître aujourd'hui T'emporte-t-il déjà jusqu'à mourir pour lui ? [CORN., Cinna, V, 2]
Les sentiments de douleur qu'il en peut légitimement concevoir devraient du moins l'emporter à faire quelques reproches à celle dont il se croit trahi, et lui donner par là l'occasion de le désabuser [ID., Examen de Mélite.]
Le souvenir des siens, l'orgueil de sa naissance L'emporte à tous moments à braver ma puissance [ID., Héracl. I, 1]
Et vous devez dompter l'ardeur qui vous emporte [ID., Nicom. II, 3]
Ce que demande Horace au poëte qu'il instruit, quand il veut qu'il possède tellement ses sujets qu'il en demeure le maître et les asservisse à soi-même, sans se laisser emporter par eux [ID., Clit. Préface]
C'est un homme qui emporte le cœur [SÉV., 155]
Je me suis laissé emporter au plaisir de.... [ID., 561]
Ne vous fiez pas à votre puissance, et qu'elle ne vous emporte pas à des moqueries insolentes [BOSSUET, Polit. III, 3, 15]
[Antiochus] exerce des cruautés inouïes : son orgueil l'emporte aux derniers excès [ID., Hist. II, 5]
Depuis ce temps, l'esprit de séduction règne tellement parmi eux qu'ils sont prêts encore à chaque moment à s'y laisser emporter [ID., ib. II, 9]
La fureur m'emportait, et je venais peut-être Menacer à la fois l'ingrate et son amant [RAC., Andr. III, 1]
À quel excès de rage La vengeance d'Hélène emporta mon courage ! [ID., ib. IV, 5]
À ce plaisir se laissant emporter, Il pourrait bien, moins discret et moins sage, De l'avenir entr'ouvrir le nuage [MALFIL., Narc. ch. II]
Il se dit aussi des animaux.
La frayeur les emporte [les chevaux] [RAC., Phèd. V, 6]
Faire aller au delà de ce que l'on voudrait.
Monsieur, cette dernière [abomination] m'emporte, et je ne puis m'empêcher de parler [MOL., Don Juan, V, 2]
Oh ! ciel, je me serai trahi moi-même, la chaleur m'aura emporté [ID., l'Av. I, 5]
Causer la mort. Autrefois les famines emportaient des générations entières. Cette maladie l'emportera.
Cette raison du moins en mon mal me conforte, Que, s'il n'est supportable, il faudra qu'il m'emporte [ROTR., Antig. III, 4]
La fatigue et la blessure lui causèrent une fièvre avec un transport au cerveau qui pensa l'emporter [LESAGE, Diable boit. ch. 9]
Détruire, faire cesser, faire disparaître. Le jus de citron emporte les taches d'encre. Une douleur que le temps emporte. Ce remède emporte la fièvre.
Les faveurs du tyran emportent tes promesses ; Tes feux et tes serments cèdent à ses caresses [CORN., Cinna, III, 4]
Le gouvernement ne retire que 5 481 250 livres ; l'achat des matières, les frais de fabrication, les bénéfices du fermier emportent le reste [RAYNAL, Hist. phil. IX, 19]
Couper, retrancher. Le boulet lui emporta un bras.
On en donne ici pour trois écus [de jeunes lions] qui sont les plus jolis du monde ; en se jouant, ils emportent un bras ou une main à une personne [VOIT., Lett. 40]
Par exagération. Le chat lui a emporté la main, lui a fait de très fortes égratignures. Fig. Emporter la pièce, railler d'une manière très mordante.
Il avait l'esprit enjoué, un peu railleur ; mais il raillait agréablement, sans emporter la pièce [LESAGE, Estev. Gonzal. ch. 36]
10° Obtenir, avec une idée d'effort, de force, de violence.
Quand le monstre infâme d'Envie.... Jette les yeux dessus ta vie, Et te voit emporter le prix Des grands cœurs et des beaux esprits [MALH., IV, 5]
Ce que je méritais, vous l'avez emporté [CORN., Cid, I, 7]
Il suit toujours son but jusqu'à ce qu'il l'emporte [ID., Nicom. V, 4]
En vérité, monsieur, quelque approbation qu'ait emportée votre nouvelle Jocaste [ID., Lettre à l'abbé de Pure, 12 mars 1659]
Ces grands rois qu'en tous lieux a suivis la victoire, Lui voyant emporter sur eux le premier rang [ID., Andromède, Prologue.]
J'apprends plus contre vous par mes désavantages Que les plus beaux succès qu'ailleurs j'aie emportés Ne m'ont encore appris par mes prospérités [ID., Sert. III, 2]
Vous seule d'un coup d'œil emportâtes la gloire D'en faire évanouir.... [ID., Othon, II, 2]
Oui, le destin de Rome emporte l'avantage [MAIR., M. d'Asdrub. III, 1]
Celui-ci sur son concurrent Voulait emporter l'avantage [LA FONT., Fabl. VIII, 19]
Et si de t'agréer je n'emporte le prix, J'aurai du moins l'honneur de l'avoir entrepris [ID., Fabl. Au dauphin.]
Il n'est pas possible que de telles extravagances où l'impiété et l'absurdité combattent ensemble à qui emportera le dessus.... [BOSSUET, Var. XIII, 21]
Il faut que la force, la magnanimité, la prudence et cent autres vertus soient le principe de ces victoires qu'on veut emporter sur les hommes [MASCARON, Anne d'Autriche, II]
Fidèles qui jouissez dans le ciel d'un royaume que vous n'avez emporté que par la violence [MASS., Car. Élus.]
D'anciens tribuns du peuple et les principaux plébéiens se flattant d'emporter ces dignités parurent dans la place [VERTOT, Révol. t. VI, p. 111]
Ne soyez pas surprise si, bien que votre âme soit la plus sensible, la mienne sait le mieux aimer, et si, vous cédant en tant de choses, j'emporte au moins le prix de l'amour [J. J. ROUSS., Hél. I, 2]
Absolument. Obtenir à force d'instances, faire prévaloir une opinion dans un conseil.
Le célèbre Vauban emporta que la ville [de Namur] serait attaquée séparément du château, contre le baron de Bressé qui voulait qu'on fît le siége de tous les deux à la fois [SAINT-SIMON, 1, 25]
Emporter un choix, le décider.
Et l'offre pour Othon de lui donner ma voix Soudain en ma faveur emportera son choix [CORN., Othon, II, 4]
Que votre seul mérite emporte ce grand choix, Sans que votre présence ait mendié des voix [ID., Pulch. I, 5]
Emporter la balance, déterminer la préférence.
Ta beauté sans doute emportait la balance [CORN., Cid, III, 4]
Enfin votre rigueur emporta la balance [RAC., Bérén. I, 4]
Emporter quelque chose de haute lutte, l'obtenir, s'en emparer rapidement et malgré toute opposition. L'emporter, être plus pesant. À volume égal, l'or l'emporte de beaucoup sur l'argent. Fig. L'emporter, prévaloir.
Je ne craignais pas que la cruauté des ennemis l'emportât sur votre clémence [VAUGEL., Q. C. VI, 10, dans RICHELET]
Enfin vous l'emportez, et la faveur du roi Vous élève en un rang qui n'était dû qu'à moi [CORN., Cid, I, 3]
Vous le direz [le mot de prochain], ou vous serez hérétique, et M. Arnauld aussi, car nous sommes le plus grand nombre ; et, s'il est besoin, nous ferons venir tant de cordeliers que nous l'emporterons [PASC., Prov. I]
Sur l'intérêt des Grecs vous l'aviez emporté [RAC., Iphig. IV, 4]
Votre frère l'emporte et Phèdre a le dessus [ID., Phèdre, II, 6]
D'Esther, d'Aman, qui le doit emporter ? [ID., Esth. II, 9]
Le cruel Dieu des Juifs l'emporte aussi sur toi [ID., Athal. II, 5]
Dieu des Juifs, tu l'emportes [ID., ib. V, 6]
L'emporter, se dit aussi des choses.
Il est juste que nous soyons affligés et consolés comme chrétiens, et que la consolation de la grâce l'emporte par-dessus les sentiments de la nature [PASC., Lett. à Mme Périer, 17 oct. 1651]
Sa table l'emporte sur celle d'un ministre pour la délicatesse et l'abondance [LESAGE, Diable boit. ch. 18]
Et l'intérêt commun l'emporta dans mon cœur [VOLT., Tancr. I, 1]
11° Avoir pour conséquence. Ce crime emporte la peine capitale.
La ruine de Rennes emporte celle de la province [SÉV., 227]
Un oui affirmatif qui emporte l'acquiescement [BOSSUET, II, Annonc. 2]
Cette foi n'emporte-t-elle pas nécessairement une adoration ? [ID., II, Var. 6]
Le mariage avec Perci emportait la nullité de celui.... [ID., II, ib. 7]
Notre succession de pasteurs est fondée sur une notoriété universelle qui emporte l'aveu même de nos adversaires [FÉN., t. II, p. 9]
Avoir du plaisir ou de la douleur n'emporte point en soi la capacité de rechercher l'un et de fuir l'autre [BONNET, Ess. analyt. âme, ch. 19]
Le droit de la défense naturelle n'emporte point avec lui la nécessité de l'attaque [MONTESQ., Esp. X, 2]
L'une et l'autre [l'erreur et la vérité], poussées au dernier degré, emportent conviction [CHATEAUBR., Gén. III, I, 3]
Terme de procédure. La forme emporte le fond, elle prévaut sur le fond, et un simple défaut de forme peut faire perdre la meilleure cause. Dans le sens contraire, le fond emporte la forme, il prévaut sur la forme. Comporter.
Ils sentent bien qu'en disant que ces mots emportent la propre substance du corps et du sang, c'est faire clairement paraître que le dessein de Notre-Seigneur a été d'exprimer le corps et le sang [BOSSUET, Var. XII, § 4]
Les piliers de ces arches [d'un aqueduc près de Carthage] emportent seize pieds sur chaque face [CHATEAUBR., Itin. III, 188]
12° S'emporter, v. réfl. Être emporté, ôté. Ces meubles s'emportent aisément.
13° Se lancer.
Un limier le fait partir, Il tâche à se garantir, Dans les forêts il s'emporte [LA FONT., Fabl. VI, 9]
Ne plus obéir, en parlant d'un cheval, d'un chien de chasse. Terme de jardinier. On dit qu'un arbre s'emporte quand il pousse en hauteur sans se garnir du bas, ou qu'une de ses branches se développe plus que les autres.
14° Se laisser aller à des mouvements, à des paroles, à des actes violents, passionnés.
Il est difficile à un misérable de parler avec modération et de ne se pas emporter [VAUGEL., Q. C. VI, 10, dans RICHELET]
Il s'emportait parfois d'une noble insolence [TRISTAN, M. de Chrispe, I, 3]
Mon père, retenez des femmes qui s'emportent [CORN., Hor. II, 8]
Je veux, je ne veux pas, je m'emporte et je n'ose [ID., Cinna, I, 2]
Ah ! c'en est trop, et vous vous emportez [ID., ib. III, 3]
.... Je m'emporte, et mes sens interdits Impriment leur désordre en tout ce que je dis [ID., Tite et Bér. II, 5]
Trop chaud ami qu'il est, il s'emporte à tous coups Pour un fourbe insolent qui se moque de nous [ID., la Veuve, V, 6]
Faute de me connaître, il s'emporte, il s'égare [ID., Nicom. I, 3]
[Il] s'emportera sans doute et bravera son père [ID., ib. I, 5]
Mais, seigneur, je m'emporte, et l'excès d'un tel heur Me fait vous en parler avec trop de chaleur [ID., Sert. I, 3]
Tel contre vous et moi s'osera révolter, Qui contre un si grand corps craindrait de s'emporter [ID., Pulchér. III, 3]
Le prince a dû recevoir une puissance indépendante de toute autre puissance qui soit sur la terre ; mais il ne faut pas pour cela qu'il s'oublie, ni qu'il s'emporte, puisque moins il a de compte à rendre aux hommes, plus il a de compte à rendre à Dieu [BOSSUET, Polit. IV, II, 4]
Rien ne peut m'ébranler ; Jugez-en, puisqu'ainsi je vous ose parler, Et m'emporte au delà de cette modestie, Dont, jusqu'à ce moment, je n'étais point sortie [RAC., Mithr. IV, 4]
Et d'un trône si saint la moitié n'est fondée Que sur la foi promise et rarement gardée ; Je m'emporte, seigneur [ID., Baj. II, 3]
S'emporter à, jusqu'à.
Permettez que je me laisse emporter au ravissement que me donne cette pensée [CORN., Poly. à la reine régente]
Mais tous deux s'emportant à plus d'irrévérence [ID., Poly. III, 2]
Les gens de guerre connaissent qu'ils sont maîtres de donner l'empire ; ils s'emportent jusqu'à le vendre publiquement au plus offrant [BOSSUET, Hist. III, 7]
Il n'y a certes qu'une extrême préoccupation qui puisse s'emporter à un tel reproche [ID., Fragm. sur div. mat. de controverse, III]
S'étant emporté mal à propos à quelques discours [HAMILT., Gramm. 9]
Télémaque s'emporta jusqu'à menacer Phalante [FÉN., Tél. XVI]
S'emporter dans, en.
J'ai suivi tes conseils ; mais plus je l'ai flattée, Et plus dans l'insolence elle s'est emportée ; Si bien qu'enfin outré de tant d'indignités, Je m'allais emporter dans les extrémités [CORN., Pomp. II, 4]
Hélas ! que je m'emporte en regrets superflus ! [VOLT., Brut. IV, 2]
Je ne m'emporte plus en d'inutiles plaintes [ID., Olympe, V, 3]
S'emporter de colère, de chaleur, se laisser emporter par la colère, par la chaleur.
S'il est bien amoureux, il peut s'emporter de colère et tuer dans un premier mouvement [CORN., Deuxième disc.]
M. de la Rochefoucauld, qui avait plus de cœur que d'expérience, s'emporta de chaleur ; il n'en demeura pas à son ordre, il sortit de son poste et chargea les ennemis [RETZ, Mém. II]
Ellipse de se, avec le verbe laisser.
Laissant emporter son esprit, qui manque naturellement un peu d'assiette, aux impressions précipitées de la surprise [VAUVENARGUES, Caract. XVIII]
Se fâcher violemment, s'abandonner à la colère. Il s'emporte pour rien. Il s'est emporté contre ses enfants.
Ah ! vous êtes dévot, et vous vous emportez ! [MOL., Tart. II, 2]
Mon Dieu ! tout doux ; vous allez d'abord aux invectives ; est-ce que nous ne pouvons pas raisonner ensemble sans nous emporter ? [ID., Mal. im. I, 5]
Doucement, diras-tu, que sert de s'emporter ? [BOILEAU, Sat. VIII]
Ah ! sans vous emporter, Souffrez que mes efforts tâchent de l'arrêter [RAC., Alex. I, 3]
Elle, aussi fière que celles qui ont le plus d'innocence, et aussi prompte que celles qui en ont le moins, s'emporta sur un soupçon qui lui donnait plus de chagrin que de confusion [HAMILT., Gramm. 9]
Dans le style très familier. S'emporter comme une soupe au lait, se livrer subitement à un mouvement de colère qui ne dure pas longtemps. Cette comparaison est fondée sur ce que, quand le lait bout, il vient un moment où les bouillons s'élèvent tout à coup au-dessus de la casserole et se répandent si l'on ne la retire aussitôt. Cette locution offre l'exemple curieux et assez commun chez nous d'une affection morale assimilée à un fait purement physique.

PROVERBE

    Le plus fort l'emporte, c'est-à-dire le plus puissant a toujours l'avantage.

REMARQUE

  • " On emporte une place, dit Voltaire, on remporte un avantage, on a un succès, on n'emporte point un succès ; c'est un barbarisme. " Il n'y a point de barbarisme ; les meilleurs auteurs au XVIe et au XVIIe siècle ont parlé ainsi ; et il n'y a aucune raison pour ne pas parler comme eux.

SYNONYME

  • EMPORTER LE PRIX, REMPORTER LE PRIX. La particule réduplicative re a tellement perdu ici son sens propre, que l'usage seul a établi quelque différence, non dans le sens, mais dans l'emploi. On dit remporter un prix quand il s'agit des distributions de prix, des concours ; en ce cas, emporter ne s'emploie pas. Mais, quand il ne s'agit pas de ces distributions, et surtout dans le style élevé, emporter est de mise. Emporter se prend surtout dans le sens superlatif, c'est-à-dire avec l'article le qui donne à prix le sens général : il emporte le prix. Mais, s'il s'agit de prix particuliers, on dira : il remporte un prix, des prix.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Se truis [si je trouve] Rolant, [il] n'enportera la teste [ne s'en ira avec la tête sur ses épaules] [, Ch. de Rol. LXXIII]
  • XIIe s.
    De Saragoce les cles [clefs] enporterez [, Ronc. p. 31]
    Et je meïsme n'enporterai la vie [ne reviendrai vivant] [, ib. p. 83]
    Si m'emporta en som [au sommet d'] un pui mout grant [, ib. p. 164]
    Il peut sa crois garder et estoier [ficher], Qu'encor l'a-il tele qu'il l'emporta [à la croisade] [HUES D'OISI, Romanc. p. 104]
  • XIIIe s.
    Tant que la vraie histoire [j'] emportai avec mi [, Berte, I]
    Si comenda que ses cuers fust enfouis à Roem, et ses cors fust emportés à Londres et enfouis en la mere eglise [, Chr. de Rains, 80]
    Et aucune fois ele [une société commerciale] se fet en tele maniere que li un emporte part au gaaing s'il y est ; et se perte torne, il n'emporte point de perte [BEAUMANOIR, XXI, 33]
    Combien que il y ait de mariages et filles de cascun [chaque] mariage, et du deerain mariage fust uns hoirs malles [mâle], si emporteroit il l'ainsneece contre se [sa] sereur [ID., XVIII, 24]
    Comment que uns autres enport les fruis d'un fief duquel je sui hoirs, je sui tenus à obeir [ID., XII, 12]
  • XVe s.
    Et laira-t-on les Anglois convenir et les Portingalois aller et venir parmi le pays de Castille ; ils n'emporteront pas le pays, quand ils s'en iront, avecques eux [FROISS., II, III, 61]
    Le quel Charolois rendit responce, en disant que diable peust emporter ceulx qui faisoient tel, et qu'ils faisoient plus que on ne leur commandoit [JEHAN DE TROYES, Chron. 1465]
    S'il en a fait occision, Autant en emporte le vent ; Gens pleins de dissolucion, On les doit corriger souvent [, Recueil de farces, p. 381]
  • XVIe s.
    Amy Gavan, on t'a fait le rapport Depuis un peu que j'estois trespassé : Je prie à Dieu que le deable m'emport S'il en est rien, ne si j'y ai pensé [MAROT, III, 50]
    Les mots de Moyse n'emportent sinon qu'il a imposé nom à l'autel [CALV., Instit. 78]
    L'un et l'aultre de ces deux moyens m'emporteroit aysement [MONT., I, 12]
    Il se laisse emporter à ce dernier accident [ID., I, 6]
    Ainsin emporte les bestes leur rage à s'attaquer à.... [ID., I, 25]
    S'ils emportent la victoire sur eulx [ID., I, 241]
    Si tu ne portes la douleur, elle t'emportera [ID., I, 304]
    Je n'estime point qu'en suffisance et en grace à cheval nulle nation nous emporte [ID., I, 368]
    Capoue feut emportée le lendemain [ID., II, 37]
    Un chien luy emporta le gras de la jambe [ID., III, 302]
    On disait à Socrates que quelqu'un ne s'estoit aulcunement amendé en son voyage : Je crois bien, dict-il ; il s'estoit emporté avecques soy [ID., I, 38]
    Emporter le prix [AMYOT, Thés. 22]
    Le sort la [Hélène] donna à Theseus, qui l'emporta en la ville de Aphidnes [ID., ib. 39]
    Leur risée emportoit tousjours, quand et elle, un doulx admonestement [ID., Lyc. 53]
    Il y eut grande contention et grande contrariété d'opinions, toutefois à la fin la plus doulce l'emporta [ID., Cam. 73]
    La peste, oultre une multitude innumerable de peuple, emporta encore plusieurs magistrats [ID., Cam. 74]
    Demosthenes, l'ayant souspesée, s'esmerveilla du poids qui estoit grand, et demanda combien de poids elle emportoit ; et Harpalus en se riant lui respondit : Elle t'emportera vingt talents ; et sitost que la nuict fut venue, luy envoya la couppe avec les vingt talents [ID., Démosth. 36]
    Ceux à qui un gros boulet aura emporté un membre [PARÉ, IX, 10]
    Philippe, pour la grandeur de ses mérites, emporta, par la voix des doctes, le surnom d'Auguste [PASQUIER, Rech. III, 29]

ÉTYMOLOGIE

  • En 2, et porter ; bourguig. empôtai ; provenç. emportar. Emporter, c'est porter de là : lat. inde portare.

emporter

EMPORTER. v. tr. Porter hors d'un lieu. Il a fait emporter tous ses meubles de la maison. Emporter un malade, un homme blessé. La proie qu'un aigle emporte dans son aire. Emportez ce livre, vous le lirez à loisir. Emporter des provisions, des bagages. Il prit la fuite, en emportant les fonds qui lui avaient été confiés. Fig., Je n'emporterai de ces lieux qu'un souvenir agréable. Le secret qu'il emporte avec lui dans la tombe. En nous quittant il a emporté tous nos voeux, il a emporté tous les coeurs.

Il signifie encore Entraîner, arracher, enlever, emmener avec effort, avec rapidité, avec violence. Son cheval prit le mors aux dents et l'emporta à travers les champs, ou, absolument, l'emporta. Les courants emportèrent le vaisseau. Le vent a emporté mon chapeau. Il eut le bras emporté par un obus. La rivière a emporté les ponts, les chaussées, etc.

Fig. et fam., Emporter la pièce, le morceau, Railler, médire d'une manière cruelle.

Fig., Autant en emporte le vent, se dit en parlant de Promesses auxquelles on n'ajoute pas foi, ou de Menaces dont les effets ne sont point à craindre. Il me promet monts et merveilles, autant en emporte le vent.

Fam., Que le diable vous emporte, se dit pour exprimer son dépit, sa mauvaise humeur, sa colère contre quelqu'un. Pour les autres locutions analogues, voyez DIABLE.

EMPORTER signifie aussi figurément Causer la mort rapidement, en parlant d'une Maladie. Le choléra emporte les gens en peu de jours. Cette maladie l'emportera. La fièvre l'a emporté.

Il signifie également Détruire, faire disparaître. Il ne retira de sa créance qu'un millier de francs, les frais emportèrent le reste. Il se dit surtout en parlant de Couleurs, de taches, etc. Le jus de citron emporte les taches d'encre, emporte la couleur des étoffes sur lesquelles il tombe.

Ce remède emporte la fièvre, Il la guérit.

Il se dit encore figurément des Passions et signifie Tirer l'âme de sa situation ordinaire, jeter dans quelque excès. La colère l'emporta bien loin. Se laisser emporter à sa vengeance. La douleur l'a emporté jusqu'à dire, jusqu'à faire... La jeunesse se laisse emporter aux plaisirs.

S'EMPORTER signifie Se livrer à un excès d'orgueil, d'audace, et en général à un sentiment immodéré. Ce conquérant s'emporta jusqu'aux plus folles entreprises.

Il se dit absolument pour signifier Se fâcher violemment, s'abandonner à la colère. S'emporter contre quelqu'un. Il s'emporte pour rien. Il s'emporte pour peu qu'on le contredise.

Il signifie également Ne pouvoir être retenu par celui qui le monte ou qui le conduit, en parlant d'un Cheval. Son cheval s'emporta. Les chevaux s'emportèrent et la voiture versa. On dit quelquefois, dans un sens analogue, qu'Un chien de chasse s'emporte.

EMPORTER signifie figurément Gagner, obtenir. Il emporta l'avantage sur tous ses rivaux. Dans son art il emporte le prix. Il emporta la gloire d'avoir triomphé de l'ennemi. Il s'y joint le plus souvent l'idée d'une sorte de violence. Cet homme a tant de crédit qu'il emporte tout ce qu'il veut. Il emporta cette affaire à force de sollicitations.

Fig., Emporter quelque chose de haute lutte, L'emporter malgré toute opposition.

Emporter une place, S'en rendre maître en peu de temps. Il emporta la place en quinze jours de tranchée ouverte. Emporter une place d'assaut, l'emporter d'emblée. On dit de même Emporter un ouvrage l'épée à la main; emporter un retranchement; etc. Un bastion emporté par les assaillants.

Fig., Emporter quelque chose à la pointe de l'épée, L'emporter avec une violence rapide.

Fig., Emporter la balance, Déterminer la préférence. Cette considération emporta la balance.

Il signifie aussi Entraîner par une suite nécessaire ou Comprendre, impliquer. Dans quelques pays, la condamnation à mort emporte la confiscation des biens. La proposition générale emporta la proposition particulière. Le mot de vertu emporte l'idée d'effort fait sur soi-même.

En termes de Procédure, La forme emporte le fond, se dit pour exprimer que, dans le jugement d'un procès, la forme prévaut sur le fond, c'est-à-dire qu'un simple défaut de forme peut faire échouer dans les prétentions les mieux fondées. On dit, dans le sens contraire, Le fond emporte la forme, Le fond prévaut sur la forme.

L'EMPORTER signifie Avoir la supériorité, le dessus, prévaloir. Ce vin l'emporte sur tous les autres vins. Le diamant l'emporte sur toutes les autres pierreries. Virgile et Horace l'emportent sur tous les poètes latins. Il l'a emporté sur ses concurrents. Cet avis l'emporta. Sa fierté l'emporta sur ses intérêts.

Il signifie aussi Peser davantage. À volume égal, l'or l'emporte de beaucoup sur l'argent.

emporter

Emporter, Auferre, Exportare, Efferre.

Emporter ou Apporter, Deportare.

Ravir et emporter, Circumplecti patrimonium alterius.

Emporter et destourner, Auertere rem aliquam.

Emporter quelque chose en la maison, Auferre aliquid domum, Importare.

Emporter le pois ou la balance, Propendere, Praeponderare.

Il emporte deux escus sol au trebuchet, Binos solatos trahit. B.

Il avoit tout emporté, Vasa collegerat. B. ex Cicer.

Il a emporté à la chandelle, Vicit licitationem. Bud. ex Paulo.

Emporter la premiere fleur, Praeflorare.

Emporter le bruit, Palmam habere.

Emporter le pris sur tous les autres, Primas ferre.

Emporter les biens pour debte, Pignora auferre.

Emporter et racler à quelqu'un quelque lopin de ses biens, Destringere et abradere aliquid bonis alicuius.

Vous l'emporterez, et vous le livreray pour tel pris qu'il vous plaira, Quanti voles, auferes.

Il emporte autant que plusieurs, et est aussi empeschant, Cedit pro pluribus.

Cela fait et emporte beaucoup en toutes choses, Plurimum ad omnia momenti est in hoc positum.

Ils dient que ce mot, Voluptas, emporte deux choses, ou il a deux especes subjectes à luy, Huic verbo, Voluptatis, duas res subiiciunt.

L'opinion la plus douce et la plus humaine l'emporta, Vicit sententia lenior.

Oubli a emporté cela, Abstulit hanc rem obliuio.

Estre emporté du banquet, Auferri de conuiuio.

Estre emporté entre les mains, Auferri inter manus.

Emporté et mort de maladie, Absumptus morbo.

emporter


EMPORTER, v. a. [Anporté] 1°. Enlever, ôter d'un lieu. Porter dehors. "Il a fait emporter ses meubles. "Emportez ce livre. = 2°. Entraîner, arracher. * Les courans emportèrent le vaisseau. "Le cârrosse emporta la borne. "Le vent a emporté mon chapeau. "La rivière a emporté les ponts, les chaussées. = 3°. Ôter. "Remède qui emporte la fièvre. "Le jus de citron emporte les taches. = 4°. Fig., en parlant des passions, jeter dans quelque excès blâmable. "La colère, la douleur l'a emporté aux plus horribles excès. "Se laisser emporter à la vengeance, à l'amour du plaisir. — S'emporter, se fâcher violemment. "Il s'emporte pour rien. "Il s'est emporté contre moi, je ne sais pas pourquoi. = 5°. Gâgner, obtenir. "Il a tant de crédit, qu'il emporte tout ce qu'il veut. = 6°. Avoir le dessus. "Virgile et Horace l'emportent sur tous les Poètes Latins. = 7°. Emporter, entraîner par une suite nécessaire. "Ce principe avoué emporte une telle conséquence. "Souvent la forme emporte le fond. "Cette espèce de société n' emportoit point d'engagement durable. Rayn. = 8°. Emporter la balance, prévaloir. — Emporter une place, s'en rendre maître en peu de temps. — On dit d'une râillerie atroce, qu' elle emporte la pièce: — On dit aussi des promesses et des menaces frivoles, autant en emporte le vent.
   REM. 1°. Emporter, Remporter, Raporter (syn.) On dit toujours, remporter la victoire, et non pas emporter: mais on dit, au contraire, emporter, et non pas remporter le butin. Mén. Bouh. Corn. — Selon l'Acad. dans la dern. édition de son Dict., on disait également raporter, ou remporter de la gloire, de l'honeur, du profit de quelque chôse. (Remporter paraissait meilleur à La Touche). Dans les autres éditions, au mot Raporter, elle ne done que ces deux exemples. "Il en a raporté beaucoup de gloire: il n' en a raporté que de la honte. Au mot Prix, elle ne dit que remporter, et ne parle point d'emporter.
   2°. EMPORTER se dit, dans le propre et dans le fig. "Il a emporté cette caisse. "La colère l' a emporté; la fureur l'emportoit au delà des bornes. La diférence qu'il y a dans ces deux sens, c'est que dans le propre, la persone est le sujet, (le nominatif) et la chôse, le régime (le cas); c'est tout le contraire dans le figuré.
   3°. On dit, l'emporter sur, ou l'emporter tout seul et sans régime. Dans cette expression, le pronom indéclinable l' est nécessaire, comme dans le céder, et on ne doit pas le retrancher. "Vous l'emportez sur moi, je l'avoue sans peine. "Le plaisir de lui être utile l'emporta sur la douleur de le quiter. Volt.Fontenelle dit, l'emporter par-dessus, ce qui n'est pas si bien. "On me met, dit Séneque, avec un Poète badin: cela veut dire que le Poète l'emporte bien par dessus moi. — "Le plus habile l'emporte à la longue.
   Enfin vous l'emportez, et la faveur du Roi
   Vous élève en un rang qui n'étoit dû qu'à moi.
       Le Cid.
4°. S'emporter, se mettre en colère, régit la prép. contre, des persones, et quelquefois la prép. à des chôses. "Il s'emporta contre ce Prince aux plus grossières injures. Prévot. Ce dernier régime est peu usité. = * Bossuet se sert de s'emporter, pour signifier autre chôse que la colère. "Les gens de guerre s'emportent jusqu'à vendre l'Empire au plus ofrant. — Ce verbe n'est pas d'usage en ce sens. S'emporter et emportement, quand ils sont seuls et employés absolument, ne se disent que de la colère.
   5°. Être emporté régit la prép. par. M. Thomas, usant des privilèges des Poètes, y substitue la prép. de.
   Ne crains pas qu'emporté d'un zèle téméraire,
   Le mensonge flateur profane mes accens.
En prôse, on dirait, emporté par un zèle téméraire.
   6°. Se laisser emporter régit la prép. à plutot que par. Se laisser emporter à la colère, est mieux que par la colère.

Synonymes et Contraires

emporter

verbe emporter
1.  Prendre quelque chose avec soi.
2.  Enlever de façon violente.
3.  Causer la mort de quelqu'un.
exterminer, supprimer, tuer -littéraire: enlever.
4. 
L'emporter sur quelqu'un.

emporter (s')

Traductions

emporter

take away, take out, carry off, bring from, carry away, dominate, drag away, emporter, remove, winלקח (פ'), סחף (פ'), שטף (פ'), סָחַף, לָקַחmeenemen, (met zich) meenemen, (met zich) meesleuren, meeslepen, veroveren, wegrukken, wegnemen, wegspoelen, spoelen, weghalenmitnehmen, fortfahren, wegnehmenforpreni, kunprenillevar, llevarse, quitarasportare, travolgere, portare viaيَأْخُذُodebratfjerneαφαιρώviedäoduzeti運び去る제거하다fjernezabraćlevarзабиратьta bortเอาออกไปçıkarmakmang đi拿走 (ɑ̃pɔʀte)
verbe transitif
1. prendre avec soi emporter un sac
2. enlever avec force L'ouragan a tout emporté.
3. être supérieur, vaincre l'emporter sur son adversaire

emporter

[ɑ̃pɔʀte] vt
(avec soi) [+ objets, vêtements] → to take, to take with one
N'emportez que le strict nécessaire → Only take the bare minimum.
boissons à emporter → take-away drinks
plats à emporter → take-away meals
(en dérobant ou enlevant) → to take, to take with one
(= emmener) [+ blessés, voyageurs] → to take away
que le diable vous emporte! → to hell with you!
(= entraîner) [rivière, courant] → to sweep away, to sweep along
(= arracher) → to tear off
(MILITAIRE) [+ position] → to take
[+ avantage, approbation] → to win
(causer la mort de) la maladie qui l'a emporté → the illness which took him from us
(autres locutions) l'emporter (= être victorieux) → to win (= avoir le dessus) → to have the upper hand (= être préférable) → to prevail
la raison l'emporte
Le ministre souhaite vivement que la raison l'emporte et que l'on parvienne à un accord → The minister fervently wishes that sense will prevail and that an agreement should be reached.
l'emporter sur [combattant, équipe] → to get the better of, to get the upper hand of; [méthode, système] → to prevail over [ɑ̃pɔʀte] vpr/vi (= se mettre en colère) → to lose one's temper, to fly into a rage
Je m'emporte facilement et finis souvent par le regretter → I'm quick to lose my temper and I'm often sorry afterwards.