enferrer

(Mot repris de enferreront)

s'enferrer

v.pr.
1. Se jeter sur l'épée de son adversaire.
2. Fig. Se prendre à son propre piège, à sa propre machination : L'accusée s'est enferrée dans ses explications s'empêtrer, s'enfoncer ; se dépêtrer, se sortir de

enferrer

(sɑ̃feʀe)
verbe pronominal
tomber dans son propre piège s'enferrer dans des explications compliquées

ENFERRER

(an-fè-ré) v. a.
Enfoncer le fer d'une arme dans le corps de quelqu'un. Enferrer son adversaire.
Placer les coins de fer dans les joints des blocs d'ardoise.
S'enferrer, v. réfl. Se percer de l'épée de son adversaire. Il s'est enferré lui-même. Ils se sont enferrés l'un l'autre.
Quand elle s'enferrerait d'elle-même par désespoir, en voyant son frère l'épée à la main [CORN., Ex. d'Hor.]
Fig. S'embrouiller, se prendre à ses propres paroles, à ses propres piéges, se compromettre.
Courage, s'il se peut enferrer tout de bon, Nous nous ôtons du pied une fâcheuse épine [MOL., l'Ét. III, 2]
Laval se garda bien de s'enferrer dans aucune particularité d'occasion ou de date [SAINT-SIMON, 463, 29]
Il vaut mieux, interrompit Pompée en s'enferrant de lui-même, faire transporter ici vos coffres [LESAGE, Guzm. d'Alfar. IV, 1]
Je me suis enferré de dépit [BEAUMARCH., Barbier, III, 2]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Qui lor veïst d'une part et d'autre haubiers roller, glaives enfierer [garnir de fer les lances], pourpoins et cuiries [cuirasses] et escus enarmer [, Chr. de R. p. 76]
  • XIVe s.
    Il disoit aux Englois : alez-moi escoutant ; Si tost que vous irez les François enferrant, Et qu'il seront poussé puissamment en boutant [, Guesclin. 12349]
  • XVe s.
    Là fut le connestable de France enclos et pris de eux, et tiré en une chambre et enferré [enchaîné] de trois paires de fers [FROISS., II, III, 63]
  • XVIe s.
    Avecques telz dardz, on premier coup il enferra le physetere sur le front [RAB., Pant. IV, 36]
    Il s'en fallut bien peu qu'il ne s'enferrast en ces pauz [pieux] fichés [AMYOT, Pompée, 89]
    Bien aviser de vous garder d'estre enferré, en contractant inconsiderement avec un mauvais vendeur [O. DE SERRES, 9]
    Aussi estant enyvré de cette intention violente, on s'embarrasse, on s'enferre.... [CHARRON, Sagesse, II, 2]

ÉTYMOLOGIE

  • En 1, et fer.

enferrer

ENFERRER. v. tr. Percer avec la pointe d'une épée, d'une baïonnette, etc. Enferrer son ennemi. Il s'est enferré lui-même. Ils se sont enferrés l'un l'autre.

S'ENFERRER signifie, figurément et familièrement, S'engager imprudemment par ses paroles ou ses actions dans une voie d'où on ne peut plus se dégager. Cette affaire où il s'est enferré a causé sa perte. Laissez-les parler, ils s'enferreront d'eux-mêmes.

enferrer

Enferrer, C'est mettre quelqu'un en lyens de fer, chaines, manotes ou autres, Ferreis vinculis praepedire. C'est aussi percer quelqu'un de glaive, dont il demeure comme attaché et arresté par le fer du glaive. Au 3. livre d'Amad. chap. 5. Comment respondit-il? ne voyez vous pas ce diable qui vous a cuidé enferrer. Selon ce on dit, Il s'est enferré, In gladium incurrit, Prolapsus est.

Enferrer aucun par les pieds et par les mains, In manicis et compedibus aliquem tenere.

Estre enferré, Nexum inire. Bud. ex Liu.

enferrer


ENFERRER, v. act. [Anfêré: 2e ê ouv. et lon. r forte, 3eé fer.] Percer avec une épée, une pique, etc. "Enferrer son énemi. "Il s'est enferré lui-même. = Au fig. s'enferrer, c'est dans un discours, dans une interrogatoire, dire ou avouer des chôses, qui font contre nous; se nuire à soi-même par ses paroles ou sa conduite.

Synonymes et Contraires

enferrer (s')

verbe pronominal enferrer (s')
Traductions

enferrer

aan de haak slaan, doorsteken, in de val lopen