enivrer

enivrer

[ ɑ̃nivre] v.t.
Rendre ivre : Le vin blanc l'a enivré
griser, soûler : Ce spectacle grandiose l'enivrait de bonheur

s'enivrer

v.pr.
1. Boire jusqu'à l'ivresse : Ils se sont enivrés au calvados
2. Être transporté par l'exaltation : Elle s'est enivrée de ses succès

enivrer

(ɑ̃nivʀe)
verbe transitif
1. rendre ivre Cet alcool l'a enivré.
2. faire ressentir une ivresse due à un sentiment ou une émotion La beauté de cette femme l'enivre.

enivrer


Participe passé: enivré
Gérondif: enivrant

Indicatif présent
j'enivre
tu enivres
il/elle enivre
nous enivrons
vous enivrez
ils/elles enivrent
Passé simple
j'enivrai
tu enivras
il/elle enivra
nous enivrâmes
vous enivrâtes
ils/elles enivrèrent
Imparfait
j'enivrais
tu enivrais
il/elle enivrait
nous enivrions
vous enivriez
ils/elles enivraient
Futur
j'enivrerai
tu enivreras
il/elle enivrera
nous enivrerons
vous enivrerez
ils/elles enivreront
Conditionnel présent
j'enivrerais
tu enivrerais
il/elle enivrerait
nous enivrerions
vous enivreriez
ils/elles enivreraient
Subjonctif imparfait
j'enivrasse
tu enivrasses
il/elle enivrât
nous enivrassions
vous enivrassiez
ils/elles enivrassent
Subjonctif présent
j'enivre
tu enivres
il/elle enivre
nous enivrions
vous enivriez
ils/elles enivrent
Impératif
enivre (tu)
enivrons (nous)
enivrez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais enivré
tu avais enivré
il/elle avait enivré
nous avions enivré
vous aviez enivré
ils/elles avaient enivré
Futur antérieur
j'aurai enivré
tu auras enivré
il/elle aura enivré
nous aurons enivré
vous aurez enivré
ils/elles auront enivré
Passé composé
j'ai enivré
tu as enivré
il/elle a enivré
nous avons enivré
vous avez enivré
ils/elles ont enivré
Conditionnel passé
j'aurais enivré
tu aurais enivré
il/elle aurait enivré
nous aurions enivré
vous auriez enivré
ils/elles auraient enivré
Passé antérieur
j'eus enivré
tu eus enivré
il/elle eut enivré
nous eûmes enivré
vous eûtes enivré
ils/elles eurent enivré
Subjonctif passé
j'aie enivré
tu aies enivré
il/elle ait enivré
nous ayons enivré
vous ayez enivré
ils/elles aient enivré
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse enivré
tu eusses enivré
il/elle eût enivré
nous eussions enivré
vous eussiez enivré
ils/elles eussent enivré

ENIVRER

(an-ni-vré, an prononcé comme dans antérieur ; quelques-uns disent é-ni-vré ; mais cette prononciation est contre l'usage et fautive) v. a.
Causer l'ivresse. Un verre de vin l'enivre.
Du sommeil et du vin les vapeurs les enivrent [DELILLE, Énéide, IX]
Absolument. Certains vins enivrent très vite. La fumée de tabac enivre. Faire boire jusqu'à l'ivresse. Ses camarades l'enivrèrent.
On les invita à monter sur les vaisseaux, on les enivra, on les mit aux fers, on leva l'ancre, et l'on tira le canon sur tout ce qui restait d'Indiens au rivage [RAYNAL, Hist. phil. XVIII, 21]
Fig. Faire pour ainsi dire boire ce qui cause une ivresse morale. Enivrer quelqu'un de louanges.
Elle n'a point trouvé la pompe et la mollesse Dont la cour des Tarquins enivra sa jeunesse [VOLT., Brutus, I, 2]
C'est moi qui, les regards attachés sur les siens, L'enivrai du poison de nos longs entretiens [DUCIS, Othello. III, 5]
Il se dit aussi des choses qui causent une ivresse morale.
Sotte présomption, vous m'enivrez sans boire [RÉGNIER, Sat. XI]
Il est d'autres erreurs dont l'aimable poison D'un charme bien plus doux enivre la raison [BOILEAU, Sat. IV]
Qu'heureux est le mortel qui, du monde ignoré, Vit content de soi-même en un coin retiré, Que l'amour de ce rien qu'on nomme renommée N'a jamais enivré d'une vaine fumée ! [ID., Épît. VI]
Tu avais un peu négligé mes préceptes quand la trop grande prospérité enivra ton cœur [FÉN., Dial. des morts anc. XXIV]
L'amour, la gloire, le génie Ont trop enivré mes beaux jours [BÉRANGER, M. Stuart.]
Absolument. La prospérité enivre.
L'Amour alors près de nos mères, Faisant chorus, battait des mains, Rapprochait les cœurs et les verres, Enivrait avec tous les vins [BÉRANG., Trinquons.]
S'enivrer, v. réfl. Se mettre en état d'ivresse. Ce malheureux s'enivre en secret.
Ayant bu du vin, il s'enivra, et parut nu dans sa tente [SACI, Bible, Genèse, IX, 21]
Il hante la taverne et souvent il s'enivre [LA FONT., Fabl. XII, 19]
Le grand s'enivre de meilleur vin que l'homme du peuple : seule différence que la crapule laisse entre les conditions les plus disproportionnées, entre le seigneur et l'estafier [LA BRUY., IX.]
Fig.
L'homme faible et léger.... S'enivre de faveur comme on le fait de vin [TRISTAN, Panthée, III, 5]
Je n'aime point à m'enivrer d'écriture [SÉV., 224]
Je l'ai vu vers le temple où son hymen s'apprête S'enivrer en marchant du plaisir de la voir [RAC., Andr. v, 2]
Rends-lui compte du sang dont tu t'es enivrée [ID., Athal. v, 5]
Il s'enivre à vos yeux de l'encens des humains [VOLT., Brut. III, 7]
C'était [Julien] un avocat qui pouvait s'enivrer de sa cause [ID., Philos. v, 413]
Les femmes surtout s'enivrèrent et du livre et de l'auteur [J. J. ROUSS., Conf. X]
L'imprudente Didon tendrement le caresse, Le tient sur ses genoux, entre ses bras le presse, S'enivre de sa vue [DELILLE, Énéide, I]
Bien qu'il ait besoin d'un avenir indéfini, il s'enivre du présent [STAËL, Corinne, VIII, 2]
Enivrons-nous de poésie, Nos cœurs n'en aimeront que mieux [BÉRANGER, les Sciences.]
Familièrement. Il s'enivre de son vin, c'est-à-dire il a trop bonne opinion de lui-même, il s'entête de ses propres idées.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    ....Servir as feluns.... est ses saetes de sanc juste enivrer [, Th. le mart. 89]
    E out cumanded à ses humes qu'il guetassent quant Amon fut enivrez, e, quant il leur dirreit, oceissent Amon [, Rois, p. 166]
    N'ai beu ne vin ne el [autre chose], par unt [par quoi] l'um se poisse enivrer [, ib. 4]
  • XIIIe s.
    C'est [l'amour] la soif qui tousjours est ivre, Yvresce qui de soif s'enyvre [, la Rose, 4324]
    Trop sunt à grant meschief livré Cuer qui d'Amors sunt enivré [, ib. 4630]
    Qui bien veut amor descrivre, Amors est et male et bone ; Le plus mesurable enivre, Et le plus sage embricone [rend fou] [, Hist. littér. de la Fr. t. XXIII, p. 753]
    Cist henas [coupe] est li galices [calice] à qui sainz esperiz [le Saint Esprit] ennivre ses feels de s'amor [, Psautier, f° 30]
  • XIVe s.
    Et la biauté qui a mon cuer ravi, Et le plaisir enyvré de folour, Le dous regart qui me mist en errour.... [MACHAUT, p. 56]
    Qui s'enyvre, il se desnourrist, Car tout le foie se pourrist [J. BRUYANT, dans Ménagier, t. II, p. 14]
  • XVIe s.
    Vous n'oyez que cris, et d'enfants suppliciez, et de maistres enyvrez en leur cholere [MONT., I, 183]
    Ny le drap enyvré des eaux du Gobelin [RONS., 801]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. enieurar, eniurar ; du latin inebriare, de in, et ebrius, ivre.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    ENIVRER. Ajoutez :
    Arbre à enivrer, la coque du Levant, quelques phyllanthus [BAILLON, Dict. de bot. p. 247]

enivrer

ENIVRER. v. tr. Rendre ivre. On le dit proprement des Boissons. Il l'a enivré. Ils le firent tant boire qu'ils l'enivrèrent. Il est aisé à enivrer. Le vin, la bière enivre. Cet homme s'enivre tous les jours. Il s'est enivré à ce repas.

Il se dit par extension, de Certaines autres choses qui causent un étourdissement, un trouble de la raison, semblable à celui qu'on éprouve dans l'ivresse. La fumée enivre. Les vapeurs d'un pressoir, certaines odeurs enivrent.

Il se dit aussi figurément dans le sens de Enorgueillir. Les louanges, les flatteries dont ils l'enivrent. La prospérité enivre. S'enivrer des éloges qu'on reçoit. S'enivrer d'espérance. S'enivrer de la bonne opinion de soi-même. Enivré de sa fortune, de son succès.

Synonymes et Contraires

enivrer

verbe enivrer
1.  Mettre en état d'ivresse.
griser -familier: soûler.
dégriser, désenivrer, dessoûler.
2.  Remplir d'exaltation.
dégriser, désenivrer.

enivrer (s')

verbe pronominal enivrer (s')
Traductions

enivrer

intoxicate

enivrer

מסטל (פיעל), שיכר (פיעל), שִׁכֵּר

enivrer

betrinken

enivrer

imbriacare