enquinauder

ENQUINAUDER

(an-ki-nô-dé) v. a.
Rendre quinaud, enjôler.
Mais s'il n'eut ces mots sur la langue, Il les eut dans le cœur, il me persuada, à tort, à droit me demanda Du doux, du tendre et semblables sornettes, Petits mots, jargons d'amourettes, Confits au miel ; bref il m'enquinauda [LA FONT., Poésies mêlées, XLVI]
Elle avait été si fêtée par tout le pays, elle avait été si honnête et si polie, que je fus enquinaudé [VOLT., Lett. d'Argental, 2 oct. 1765]

ÉTYMOLOGIE

  • En 1, et quinaud. On a dit que, dans le passage cité plus haut de la Fontaine où il s'agit de Lulli qui lui demande un opéra, enquinauder signifiait faire prendre à quelqu'un le style de Quinault, le célèbre auteur, et que de là enquinauder avait pris le sens de tromper. Mais il y a, bien avant Quinault, l'expression faire quinaud, qui veut dire tromper ; cela tranche la question. Toutefois il paraît bien que la Fontaine a joué en même temps sur le nom de Quinault.