esclavage

esclavage

n.m.
1. Condition d'esclave ; état de ceux qui sont sous une domination tyrannique : La France a aboli l'esclavage en 1848. Peuple qui s'affranchit de l'esclavage.
2. Dépendance étroite de qqn à l'égard de qqch ou de qqn : Il est tombé dans l'esclavage du jeu asservissement, servitude

ESCLAVAGE

(è-skla-va-j') s. m.
État d'esclave dans l'antiquité. L'esclavage chez les Grecs et chez les Romains. Emmener, réduire en esclavage des femmes, des enfants.
On ne croirait jamais que c'eût été la pitié qui eût établi l'esclavage [MONTESQ., Esp. XV, 2]
Je ne vous demande que la liberté d'une jeune esclave de Babylone que vous avez depuis quelques jours ; et je consens de rester en esclavage à sa place, si je n'ai pas le bonheur de guérir le magnifique seigneur Ogul [VOLT., Zadig, 18]
État d'esclave chez les modernes. L'esclavage des nègres.
Le cri pour l'esclavage est le cri du luxe et de la volupté, et non pas celui de l'amour de la félicité publique [MONTESQ., Esp. XV, 9]
L'esclavage est d'ailleurs aussi opposé au droit civil qu'au droit naturel ; quelle loi civile pourrait empêcher un esclave de fuir ? [ID., ib. XV, 2]
Par extension, assujettissement, dépendance. Être en esclavage sous un despote.
Gouverner les peuples contre leur volonté, c'est se rendre très misérable pour avoir le faux honneur de les tenir dans l'esclavage [FÉN., Tél. VIII]
Ce serait mettre les familles dans le plus rigoureux esclavage [ID., ib. XXIII]
L'esclavage politique établi dans le corps de l'État fait que l'on sent peu l'esclavage civil [MONTESQ., Esp. XV, 13]
Dans les climats où les femmes vivent sous un esclavage domestique, il semble que la loi doive permettre aux femmes la répudiation, et aux maris seulement le divorce [ID., ib. XVI, 15]
À peine Jérusalem jouit-elle de quelque ombre de liberté, qu'elle fut déchirée par des guerres civiles, qui la rendirent, sous ses fantômes de rois, beaucoup plus à plaindre qu'elle ne l'avait jamais été dans une si longue suite de différents esclavages [VOLT., Dict. phil. Juifs.]
Fig. Ce qui assujettit, subjugue. L'esclavage des passions.
Je ne hais point la vie et j'en aime l'usage, Mais sans attachement qui sente l'esclavage [CORN., Poly. v, 2]
Je brise avec honneur mon illustre esclavage [ID., Rodog. III, 3]
Il vous dégage des passions.... qui sont les sources de vos péchés.... si vous en aimez l'esclavage [BOURD., Avent, Pénit. 482]
Vous vivez dans l'esclavage du péché et vous y mourrez [ID., 8e dim. après la Pentec. Dominic. t. III, p. 135]
Mais si, par d'autres soins plus dignes de mon âge, Par de profonds respects, par un long esclavage [RAC., Baj. III, 2]
L'esclavage de la rime, la gêne, la contrainte qu'elle impose. Ce qui laisse peu de liberté, de loisir. Cet emploi est lucratif, mais c'est un esclavage.
Terme de gravure. Manière gênée, taille qui n'est point quittée à propos.
Sorte de chaîne, ordinairement ornée de diamants ou de pierres précieuses, qui descend sur la poitrine en demi-cercle, dite ainsi parce qu'on la compare à la chaîne portée par l'esclave.
Il portait un chapeau pointu retroussé d'un gros diamant, et un esclavage de perles et de rubis au lieu de carcan [HAMILTON, Le bélier, au commencement.]
Ancien terme de négoce. Le droit qu'une compagnie de marchands avait seule de vendre et d'acheter certaines marchandises.

REMARQUE

  • M. de Malherbe disait et écrivait esclavitude, et ne pouvait souffrir esclavage ; néanmoins esclavage est beaucoup plus usité que l'autre, [VAUG., Rem. t. II, p. 681, dans POUGENS]

ÉTYMOLOGIE

  • Esclave.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    ESCLAVAGE. - REM. Ajoutez :
    Vaugelas n'aimait pas beaucoup mieux esclavage qu'esclavitude ; car il terminait sa note par ces mots : " Il faut éviter l'un et l'autre, tant qu'il est possible, et je ne suis pas seul de cet avis (Rem. p. 399, de l'éd. in-4° de 1704). " Le puriste s'est trompé sur le sort d'un de ces mots ; esclavage est entré pleinement dans l'usage.

esclavage

ESCLAVAGE. n. m. État, condition d'un esclave. Rude, dur, cruel, perpétuel esclavage. L'esclavage chez les Grecs et les Romains. L'esclavage des nègres. Emmener, réduire en esclavage. L'abolition de l'esclavage.

Il se dit figurément de l'État d'une personne dominée par quelque passion. L'amour est un esclavage. L'esclavage des passions.

Il se dit encore figurément de Tout ce qui tient dans une sorte d'assujettissement, de dépendance. Cet emploi est lucratif, mais c'est un véritable esclavage.

L'esclavage de la rime, La contrainte qu'elle impose.

esclavage


ESCLAVAGE, s. m. ESCLâVE, s. m. et f. [1re è moy. 2e lon. au 2d.] Esclâve, est celui ou celle qui est sous la puissance actuelle d'un maître. Esclavage est l'état et la condition d'esclâve. "Un jeune esclâve, une vieille esclâve. "Rude, cruel, dur esclavage. = Ils s'emploient élégamment au figuré: "L'esclavage des passions. "L'amour est un esclavage.
   La Royauté n'est rien qu'un brillant esclavage.
       P. Marion. Cromvel.
Il est esclâve de la faveur, de ses intérêts, de ses passions: il fait, il sacrifie tout pour, etc. "Il est esclâve de tous ceux qui peuvent contribuer à sa fortune. "Il est ou il n'est pas esclâve de sa parole; il est, ou il n'est pas exact à la garder. "On est esclâve auprès de ce maître, dans cette maison; on y est à l'atache, on ne peut s'éloigner, ni faire aûtre chôse.
   Rem. Dans le propre, il est substantif; dans le figuré, il s'emploie adjectivement, ou s'il est employé comme substantif, il semble qu'il ne doit être mis que dans le genre masculin. "Si la rime n'est qu'une esclâve, qui ne doit qu'obéir, dit l'Ab. Du Bos, il en coûte bien pour ranger cette esclâve à son devoir. À~ mon avis, un esclâve, et cet esclâve irait mieux en cet endroit. Au figuré, esclâve n'a point de sexe. = Il se dit non seulement des persones, mais des chôses. "Sous le gouvernement féodal, tout était esclâve ou tyran. Anon. Voilà, pour le propre, esclâve employé adjectivement. "C'est une situation triste pour un Général, de songer qu' il n'a autour de lui que des coeurs aliénés, et qu'il ne peut être servi que~ par des brâs esclâves. Linguet.
   Les procès renaissans, les campagnes désertes,
   Qu'une moisson esclave à regret à couvertes.
       Maisonneuve.
"Une moisson esclâve me paroit une heureuse hardiesse, dit un des Auteurs de l'Ann. Lit. Dans le Mercûre, au contraire, on trouve que ce n'est qu'un abus du terme poétique, que précaire était la seule expression juste, mais qu'elle manquait d'harmonie. On peut ajouter, et de noblesse. Si on ne pouvait donc l'employer dans des vers, que restait-il de mieux à dire que moisson esclâve? Le P. Follard avait dit longtemps auparavant.
   Pour retenir esclave un transport téméraire,
   Ma voix, mes yeux ont feint la haine et la colère.
       Thémistocle.
Cette figûre hardie n'est que de la haute poésie.

Synonymes et Contraires

esclavage

nom masculin esclavage
1.  Condition d'esclave.
hilotisme, ilotisme, servage -littéraire: servitude.
2.  Fait d'être dominé.
asservissement, assujettissement, oppression, soumission -littéraire: hilotisme, ilotisme, servage.
3.  Dépendance à l'égard de.
Traductions

esclavage

slavery, bondage, servitudeהשתעבדות (נ), עבדות (נ), שעבוד (ז), שפחות (נ), עַבְדוּת, שִׁעְבּוּד, שְׁפָחוֹת, הִשְׁתַּעְבְּדוּתslavernij, juk, tiranniesklavecoSklavereiδουλεία, σκλαβιάesclavitudescravidãoрабствоschiavitùробствоotroctvíslaveri노예slaveri (ɛsklavaʒ)
nom masculin
état de dépendance

esclavage

[ɛsklavaʒ] nmslavery