escrimer

(Mot repris de escrimons)

s'escrimer

v.pr.
1. (sur) Faire tous les efforts possibles pour réussir à : Les testeurs se sont escrimés sur le nouveau jeu vidéo pour qu'il sorte avant Noël s'acharner
2. (à) S'appliquer à faire qqch avec plus ou moins de succès : Nous nous escrimons à lui faire comprendre que ce n'est pas possible s'échiner à, s'évertuer à

escrimer

(sɛskʀime)
verbe pronominal

+ inf essayer avec effort de Elle s'escrime à lui démontrer qu'il a tort.

ESCRIMER

(è-skri-mé) v. n.
S'exercer à faire des armes. Faire le coup d'épée.
Avoir escrimé dans quelques combats particuliers n'est point du tout une preuve sûre qu'on a véritablement de la valeur [ST-FOIX, Ess. Paris, Œuvres, t. III, p. 220, dans POUGENS]
Par extension et familièrement. Agiter, mouvoir comme on fait avec un fleuret.
Puis escrima de l'encensoir [SCARRON, Virg. v.]
Faire tous ses efforts.
Mais si bien il escrimera Que de tout à bout il viendra [SCARRON, Virg. 1]
Familièrement. Disputer contre quelqu'un sur une matière d'érudition, de science, etc. Il y a plaisir à voir deux savants escrimer l'un contre l'autre.
S'escrimer, v. réfl.Terme familier. Se battre. Il s'escrimait de sa canne et parait les coups de balai.
L'un s'escrimait du bec, l'autre jouait des pattes [LA FONT., Fabl. XII, 2]
Fig. S'escrimer des pieds et des mains, faire les plus grands efforts.
Car chacun s'escrimait et des pieds et des mains [RÉGNIER, Sat. X]
Se disputer.
Laissons-les donc entre eux s'escrimer en repos [BOILEAU, Art p. III]
S'exercer, s'appliquer à.
S'il s'est heureusement escrimé du pinceau [SCARRON, Jodelet ou Le maître valet, I, 1]
Tel que vous me voyez, je m'en escrime [de poésie] un peu [MOL., Préc. 10]
Populairement. S'escrimer des mâchoires ou de la mâchoire, s'escrimer des dents, bien manger.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Et escremissent cil bacheler legier, Lancent et gitent por lor cor essaier [, Ronc. p. 6]
  • XVe s.
    ....Il, qui estoit tout nu et depourvu, et ne portoit fors un coutel, espoir [à peu près] de deux pieds de long, trait le coutel et commence à estremir [FROISS., III, IV, 28]
  • XVIe s.
    Nous ne serons jamais bons amis que nous n'ayons un peu escrimé ensemble [LANOUE, 564]
    Le regiment de M. d'Yvoy s'escrima encor mieux [au pillage] que les deux autres [ID., 575]
    Je luy appris à tourner les talons en dedans, à escrimer des deux bras [les balancer], à s'amonceler le ventre [D'AUB., Conf. II, 1]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. escrimir, escremir ; catal. esgrimar ; espagn. et portug. esgrimir ; ital. schermire ; du germanique : anc. haut allem. skirm, skerm, bouclier, défense. Comp. ESCARMOUCHE.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    ESCRIMER. Ajoutez :
    S'escrimer d'un mot, en user à tort et à travers.
    Or pour maintenant ne se dit point ; ce mot est la cheville ordinaire des vieux poëtes français ; surtout du Bellay s'en est fort escrimé [MALH., Lexique, éd. L. Lalanne.]

escrimer

ESCRIMER. v. intr. Faire de l'escrime. Ces deux hommes escriment tous les jours l'un contre l'autre.

Il signifie, figurément et familièrement, Disputer l'un contre l'autre sur quelque matière d'érudition, de science. Ils sont tous deux fort savants, il y a plaisir à les voir escrimer l'un contre l'autre. Dans ces deux sens il vieillit.

Fig., S'escrimer à faire quelque chose, S'appliquer, peiner à le faire. Il s'escrime du matin au soir à faire des vers. S'escrimer des pieds et des mains pour grimper en quelque endroit.

Traductions

escrimer

fence

escrimer

esgrimir