espérance

(Mot repris de espérances)

espérance

n.f.
1. Sentiment de confiance qui porte à considérer ce que l'on désire comme réalisable : Vivre dans l'espérance d'une limitation de la pollution espoir alors que personne n'y croyait
2. Objet de ce sentiment : Ses enfants sont sa seule espérance espoir
Espérance de vie,
en démographie, durée moyenne de vie dans un groupe humain déterminé.

espérances

n.f. pl.
Vieilli Ce que qqn attend sous forme d'héritage et qui augmentera sa fortune : « Les Grandes Espérances » est un roman de Dickens.

ESPÉRANCE

(è-spé-ran-s') s. f.
Attente d'un bien qu'on désire, et qu'on entrevoit comme probable.
Mon orgueil à ce bruit prendrait quelque espérance [CORN., D. Sanche, IV, 3]
Il mettait l'espérance du succès dans les troupes [BOSSUET, Hist. III, 4]
Il éleva sa maison à de plus hautes espérances [ID., ib. I, 11]
L'espérance enferme ou est elle-même, selon les docteurs, une espèce de désir [ID., Connaiss. III, 6]
Qui ne sait où son rare mérite [d'une princesse] et son éclatante beauté, avantage toujours trompeur, lui firent porter ses espérances ? [ID., Anne de Gonz.]
Nous n'avons jamais qu'un moment à vivre, et nous avons toujours des espérances pour plusieurs années [FLÉCH., Mme d'Aiguillon.]
Cela donna sujet à M. Despréaux de s'étendre sur vos louanges, c'est-à-dire sur les espérances qu'il a conçues de vous ; car vous savez que Cicéron dit que, dans un homme de votre âge, on ne peut guère louer que l'espérance [RAC., Lett. à son fils, XXVI]
J'avais conçu de toi de grandes espérances [FÉN., Tél. XI]
L'espérance trompée accable et décourage [VOLT., Oreste, III, 4]
Le temps viendra sans doute où l'Europe ne sera qu'une grande famille, mais l'espérance a aussi son fanatisme ; serons-nous assez heureux pour que dans un instant le miracle auquel nous devons notre liberté se répète avec éclat dans les deux mondes ? [MIRABEAU, Collection, t. III, 314]
D'une prison sur moi les murs pèsent en vain ; J'ai les ailes de l'espérance [A. CHÉN., la Jeune captive.]
Hélas ! il disait lui-même, d'après Pindare, que l'espérance n'est que le rêve d'un homme qui veille [BARTHÉL., Anach. ch. 61]
Grâce aux amours, bercé par l'espérance, D'un lit plus doux je rêve le duvet [BÉRANG., Dieu des b. gens.]
Mon cœur, lassé de tout, même de l'espérance, N'ira plus de ses vœux importuner le sort [LAMART., Méd. I, 6]
Te dirai-je.... Qu'un instant, comme toi, devant ce ciel immense, J'ai serré dans mes bras la vie et l'espérance, Et qu'ainsi que le tien mon rêve s'est enfui ? [A. DE MUSSET, Lett. à Lamartine]
Je sais ce que la terre engloutit d'espérances, Et, pour y recueillir, ce qu'il y faut semer [ID., ib.]
Par antiphrase.
Grâce aux dieux, mon malheur passe mon espérance [RAC., Andr. v, 5]
De grande espérance, qui fait concevoir une haute idée d'un mérite futur.
Un fils d'une si grande espérance [BOSSUET, Hist. I, 8]
Par extension.
Dans une terre, dont le maître s'est éloigné, on voit un arbre de riche espérance devenir stérile [CHATEAUB., Mart. II, 42]
En espérance, en perspective, en comptant qu'une chose se fera.
Déjà de Titus épouse en espérance [RAC., Bér. I, 1]
Dans l'espérance, en espérant.... Je suis venu, dans l'espérance de vous trouver.
Dans l'espérance que le démon lui avait donnée de.... [PASC., Prov. 11]
Être sans espérance, se dit d'un malade qu'on n'espère plus conserver. Les médecins l'ont condamné, il est sans espérance. Être sans espérance, se dit aussi des personnes qui n'espèrent plus conserver un malade. Notre ami ne passera pas la journée, nous sommes sans espérance. Au plur. Espérances signifie ce que l'on attend au décès de quelque parent. Elle a dix mille écus de rente et des espérances.
Se dit pour la personne ou la chose sur laquelle se fonde l'espérance.
Voilà donc votre roi, votre unique espérance [RAC., Ath. IV, 3]
.... Notre écolier Qui, grimpant sans égard sur un arbre fruitier, Gâtait jusqu'aux boutons, douce et frêle espérance [LA FONT., Fabl. IX, 5]
Je l'aurai fait passer [une jeune fille] chez moi dès son enfance, Et j'en aurai chéri la plus grande espérance [MOL., Éc. des femm. IV, 1]
Celle des trois vertus théologales par laquelle nous espérons posséder Dieu.
Jeu de l'espérance, espèce de jeu de dés.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Qui de morir nen orent esperance [ne s'attendaient pas à mourir] [, Ch. de Rol. CVIII]
  • XIIe s.
    Que tout [j'] i met mon cuer et m'esperance [, Couci, X]
    Mis Deus [mon Dieu], ma force, en lui est ma speranche ; il est mis escudz e ma salveted [, Rois, p. 205]
  • XIIIe s.
    .... et n'avoient esperanche que jamais fussent delivrés [, Chr. de Rains, p. 100]
    L'esperance où tu m'as mis par la promesse de l'avenement ton fil [, Psautier, f° 148]
  • XVe s.
    J'ai esperance que ceux qui le liront.... [COMM., Prol.]
    Folle esperance deçoit l'homme [LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 300]
  • XVIe s.
    L'esperance qu'ils concevoient, que.... [AMYOT, Philop. 18]

ÉTYMOLOGIE

  • Espérant, part. présent d'espérer ; provenç. esperansa ; espagn. esperanza ; ital. speranza.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • ESPÉRANCE. Ajoutez :
  • Terme du calcul des probabilités. Espérance mathématique, produit qu'on obtient en multipliant la valeur d'une chose en unités monétaires par la fraction qui exprime la probabilité mathématique du gain de cette chose.

espérance

ESPÉRANCE. n. f. Action d'espérer ou Résultat de cette action. Espérance prochaine. Espérance éloignée. Espérance trompeuse. Vaine espérance. Espérance bien fondée, mal fondée. Fausse espérance. Avoir l'espérance que... Concevoir des espérances. Ce jeune homme donne de grandes espérances. Il a surpassé, il a passé, il a rempli, il a trompé nos espérances. Il a répondu à nos espérances. Il a été au-delà de nos espérances. Il se flatte, on l'amuse de cette espérance. Se repaître, se nourrir d'espérances. Vivre d'espérance. Mettre son espérance en Dieu. Il est déchu de ses espérances. Perdre toute espérance.

Il se prend quelquefois pour la Personne ou la chose sur laquelle on fonde son espérance. Vous êtes toute mon espérance. C'est là ma seule espérance.

ESPÉRANCES, au pluriel, se dit spécialement des Biens qu'on attend d'un héritage.

ESPÉRANCE désigne aussi l'Une des trois vertus théologales, celle par laquelle nous espérons posséder Dieu, par les mérites de Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST.

esperance

Esperance de bien, Spes.

Certaine esperance, Spes quae in manibus habetur, Spes non dubia.

Faulse esperance, Fallax spes.

Plus grande esperance, Huberior spes.

Ils nous annonçoyent qu'il y avoit grande esperance que Antoine quitteroit, Summam spem nuntiabant fore vt Antonius cederet.

Hautaine esperance, Audax spes.

Petite esperance, Exigua spes, Spes tenuis, Specula.

Fort petite esperance, Pertenuis spes.

Pure et vraye esperance, Mera spes.

L'esperance s'escoule et se passe, Fluit spes.

En esperance d'avoir tout le pillage et la despoüille ils passent outre le fleuve, In spem vniuersae praedae traiiciunt flumen.

L'esperance que les juges donnans leurs opinions par ballotes, et non de bouche, pouvoyent avoir que leur opinion en seroit incognuë, etc. Latebrae tabellae.

Si l'esperance n'est plus laquelle nous avions quand nous nous en allions, Si ea spes non est quae nos proficiscentes prosequebatur.

¶ Contre mon esperance, Ex insperato, Ex inopinato, Praeter spem, Praeter opinionem.

Sans grande esperance, Diffidenter.

¶ Selon mon esperance, Pro spe.

Sous cette esperance ils ont commencé cela, Hac illi spe hoc incoeperunt.

Veu la grande esperance que j'ay, il n'est rien advenu, Pro spe nihil contigit.

¶ Abuser aucun de son esperance, Fallere spem alicuius.

Accroistre l'esperance d'aucun, Inflare spem alicuius, Augere spem alicuius.

Nous nous appuirons sur cette esperance que tu nous donnes, Spe qua iubes nitemur.

Avoir esperance, Sperare, Teneri spe.

Avoir esperance de deux costez, Vtrinque spe vti, Duplici spe niti.

Avoir bonne esperance, Animo bono esse, Animo confidere, Certo confidere.

Ils avoient esperance d'aller jusques en Afrique, In Africam spem extenderant.

Avoir toute son esperance en quelqu'un, Omnia in aliquo reponere, Omnem spem in aliquem conferre.

N'avoir point d'esperance, Spe carere.

N'avoir aucune esperance d'aide d'aucun, Ab aliquo desperare.

N'avoir aucune esperance de pouvoir fuir, Fugam desperare.

N'avoir plus d'esperance de vie, Vitae spem omnem abiicere, Fugae spe destitui.

¶ J'ay grande esperance, Magna me spes tenet.

Qui a tres-bonne esperance, Praeditus spe optima.

Le reste a esperance, Residet reliquis spes.

Qui n'a point d'esperance, Expes, Insperans, Sine spe.

¶ De qui on a grande esperance, Eximia spe adolescens, Spei ingentis adolescens.

De qui on n'a point d'esperance, Desperatus.

On a esperance en ta vertu, Residet spes in virtute tua.

On a esperance de luy, In spe est.

¶ Il y a quelque esperance, Subest spes.

Il y a esperance que finablement il le pourra faire, Spes est et hunc aliquando tandem posse.

Il y a esperance de recouvrer argent, Spes de argento.

Il y a plus d'esperance que d'argent, Plura ponuntur in spe, quam in pecuniis.

Il n'y a nulle esperance, Nihil est spei.

Il n'y a plus d'esperance en toy, Spes nulla reliqua in te est.

Il n'y a point d'esperance de pouvoir recouvrer argent, Quod sperem de argento nihil est.

Il n'y avoit esperance ne d'un costé ne d'autre, Neutro inclinata spe.

Il n'y avoit plus d'esperance de pouvoir rien parfaire, Res erat abscissa.

Si je voy qu'il y ait esperance, Si spem videro.

¶ On avoit esperance, In spem ventum erat.

Auquel seul y avoit autant d'esperance et fiance qu'en tout le demeurant, In quo instar omnium auxiliorum erat.

D'autant qu'ils avoient plus d'esperance, Quo propius spem venerant.

S'il y avoit quelque peu d'esperance que puissions eschapper, Si vlla spes salutis nostrae subesset.

¶ A fin qu'ils n'eussent aucune esperance de fuir, Ne qua spes in fuga relinqueretur.

Il y a eu grande esperance qu'il ne seroit point puny pour ses autres fautes, Spem maximam reliquorum peccatorum nactus est.

Nous avons esperance, Inest nobis spes.

¶ N'ayant aucune esperance, Ab omni spe derelictus, Desperans.

N'ayant aucune esperance de pouvoir, etc. Praedamnata spe dimicandi aequo campo.

¶ Bailler esperance, Spem iniicere, Ostendere vel Ostentare spem.

¶ Concevoir esperance de pouvoir estre Roy, Spem alicuius Regni concipere.

Commettre son esperance sur l'heur ou malheur du lieu, et à la fortune, Delegare spes suas fortunae loci.

¶ Dechoir de son esperance, Decidere spe.

Esperance defaut, Ad irritum cadit spes, Deficit spes, Deserit spes.

Delaisser son esperance, Deserere spem.

Diminuer l'esperance, Extenuare spem.

Donner esperance, Afferre spem, Dare, Facere, Subiicere, Inferre, Obiicere, Praebere, Offerre, Proponere spem.

Donner esperance de pouvoir passer, Spem transitionis praebere.

Les lettres nous donnent esperance, Adducunt nos in spem literae.

Quelle esperance me donnes-tu? Quam in spem me vocas? Quam spem mihi affers?

¶ Entrer en esperance, Ingredi spem.

J'entre en esperance que tu viendras bien tost, In spem venio appropinquare tuum aduentum.

Entretenir une esperance, Spem alere.

Estre privé de son esperance, Orbari spe.

Estre frustré de son esperance, Decidere de spe.

Estre en une incertaine esperance et attente, Pendere spe atque expectatione obscura.

Leur esperance est, ou git en cela, Consistit spes illorum in ea re.

Il est abusé de son esperance, Fallit eum spes, Spes eum frustratur.

Esmouvoir aux autres une esperance et attente de soy, Concitare sui expectationem.

¶ Jetter hors d'esperance, Deturbate spe, vel ex spe.

Estre induit à l'esperance, Induci in spem.

¶ Mettre en esperance, Erigere ad spem, vel in spem, Ad spem vel in spem vertere, Ostendere, vel Ostentare spem alicuius rei, Expectationem dare.

Mettre ou asseoir son esperance sur quelqu'un, Constituere spem in aliquo.

Mettre l'esperance de sa vie en une fuite, Mandare vitam suam fugae et solitudini.

Mettre son esperance en aucun, Spem suam in aliquo reponere.

Mettre toute son esperance en ses amis et en la faveur des juges, Rationes suas omnes ad fidem necessitudinum suarum, ambitumque forensem conferre.

Mettre hors d'esperance, Depellere de spe.

Estre mis hors d'esperance, Deiici spe, Perdere spem.

Ces choses monstrent plus d'esperance que de crainte, Plus habent spei haec quam timoris.

¶ Oster toute esperance, Eripere spem, Adimere spem, Spem auferre, Praecidere vel incidere spem alicui.

Esperance ostée, Spes sublata, aut erepta.

¶ Poulser à esperance, Impellere in spem.

L'esperance se perd, Spes abit vel inueterascit.

¶ Toute esperance perduë, Praedamnata spe.

Toute esperance perduë et roignée, Omni spe scissa.

Toutes esperances et richesses sont perduës, Omnes spes atque opes conciderunt.

Il veint soudainement un rayon d'esperance de pouvoir recouvrer Sardine, Sardiniae recipiendae repentina spes affulsit.

Esperance est faillie ou perduë, Extincta est spes, Euasit spes.

Prendre esperance, Captare auram.

¶ Reprendre esperance, Redintegrare spem.

Retarder esperance, Spem remorari.

Rompre l'esperance de quelqu'un, Alicui praecidere spem.

¶ Surmonter l'esperance qu'on a de nous, Spem superare.

¶ Je tire cela en bonne esperance, Id quidem mihi in optima spe pono.

Tourner toute son esperance de l'amendement de la Repub. en la fiance d'aucun, Conuertere spem melioris status Reipub. in fidem alicuius.

Qui se sont laissez aller, et sont tombez ou tournez en une folle esperance, Ad spem inanem pacis deuoluti.

¶ Je vaincray ton esperance, Vincam opinionem tuam.

espérance


ESPÉRANCE, s. f. ESPÉRER, v. act. et n. [1re è moy. 2e é fer. 3e lon. au 1er, é fer. au 2d.] Ces deux mots expriment l'atente d'un bien qu'on desire et qu'on croit qui arrivera. "Espérer une succession, une meilleûre fortune. "L'espérance d'une meilleure fortune, d'une succession. Avoir espérance, se nourrir d'espérance. Vivre d'espérance, ou en espérance. Mettre son espérance en Dieu; espérer en Dieu. Perdre espérance, ou l'espérance, ou toute espérance. * Jeune Prince de grandes espérances. L'usage est pour le singulier, de grande espérance. Avec le v. doner, on met le pluriel, qui donait de grandes espérances.
   I. REM. 1°. Espérance a un sens actif: il se dit de celui, qui espère et non pas de celui de qui ou en qui l'on espère. C'est donc un latinisme que de traduire, comme a fait M. d'Alembert. "Si quos spes me, si quos propinquus sanguis... movebat. "Ceux que les liens du sang et mes espérances m'ont attaché. Il fallait dire, ceux, qui fondaient sur moi des espérances. Journ. de Litt. Mes espérances, ne peut s'entendre que de celui, qui parle, et non de ceux, dont il parle. Si l'expression était française, il faudrait dire, en parlant de ceux-ci, les espérances en moi, qui a un tout aûtre sens que mes espérances.
   2°. Espérance, régit de devant les verbes comme devant les noms. "L'espérance de réussir le soutient dans ses travaux. Avec ce régime pourtant, espoir vaut mieux.
   3°. Espérance, se dit quelquefois des persones, pour, sujet d'espérance, comme consolation, terreur. "Dieu est notre espérance. "Il est l'espérance et la consolation de sa famille. "Il est la terreur de ses Énemis.
   II. Espérer, est quelquefois neutre, et il régit en et de. Avec le 2d régime il est actif. "Espérer en Dieu. "J'espère en vous; en votre Justice. "J'espère tout de votre bonté. "On espérait de lui de grandes chôses. = Il régit aussi ordinairement l'infinitif sans préposition. "J'espère gagner mon procès, et non pas de gagner. J'espère revenir et non pas de revenir. Corn. Acad. Cependant quand espérer est à l'infinitif, il faut mettre de devant l'infinitif, qui suit. "Puis-je espérer de l'obtenir. Ibid.
   2°. Il ne faut pas confondre espérer avec atendre, et les employer indiféremment l'un à la place de l'aûtre, comme on fait assez mal à propos, dans les Provinces méridionales sur tout, où l'on dit: * Je vous esperais, pour je vous atendais, et ce qui est pis encôre; * Il s'espère tous les jours, pour, on atend tous les jours son arrivée. Mde de B... dit (Hist. d'Angl.) on espérait à toute heure le passage du Roi. Atendait, était là le mot propre, le seul qu'il falut employer. = Espérer, renfermer l'incertitude de la chôse même, atendre ne désigne que l'incertitude du temps, où une chôse assurée arrivera. "J'espère que vous viendrez: j'atends que vous veniez. = Il semble aussi que ce qu'on espère, soit plus une grâce ou une faveur, et que ce qu'on atend soit plus une chôse de devoir et d'obligation. Ainsi nous espérons des réponses favorables à nos demandes, et nous en atendons de convenables à nos propositions. GIR. synon. Voy. ATTENDRE. Suivant M. l'Ab. Roubaud, on espère un bien incertain, et l'on attend une chôse ou nécessaire, ou probable: on espère ce qui peut arriver: on attend ce qui doit arriver. Nous espérons de la bonté divine des grâces, ce qui peut être refusé: nous attendons de la Justice divine le prix de nos oeuvres, ce qui est dû. L' espérance nait du desir, et la crainte la contrebalance: l'attente nait de l'opinion, et elle peut être exempte de desir et de crainte. "Le vrai chrétien espère la sainte mort qu'il désire et qu'il craint de ne pas obtenir. Le Philosophe (dit qu'il) attend la mort sans la désirer ni la craindre. Synonymes Français. = Enfin atendre régit les persones et les chôses; espérer ne régit que les chôses en régime direct (à l'accusatif.) Mde de Sévigné a dit, il est vrai. "Je lis, je me promène, je vous espère; et elle a dit très-bien; mais c'est par Ellipse. Je vous espère, signifie là, je m' ocupe de l'espérance de vous voir bientôt. Il ne signifie pas, je vous atends, car elle n'atendait pas encore sa fille.
   3°. Espérer, régit quelquefois la prép. à. "Mandez-moi bien des nouvelles de M. le Chevalier. J'espère au changement de climat, à la vertu des eaux, et plus encôre à la douceur consolante d'être avec vous et avec sa famille. Sév. "Malheureûse, mon Dieu, de n'avoir pas mis en vous mon unique espérance, et d' avoir pu espérer à la vanité et au mensonge. Mascar. — L'Acad. ne met d'exemple que de la prép. en.
   4°. Le que après espérer régit le futur, quand la phrâse est afirmative, et le subjonctif, quand elle est négative ou interrogative. "J'espère que vous le ferez: je n'espère pas que vous le fassiez. Espériez vous que je le fisse? — * On lit dans le Mercûre sur l'Éloge de M. Le Maréchal du Muy: "Quelles que soient la force et l'évidence de ces Réflexions, il ne faut pas espérer qu'on les verra adoptées dans les Cours. Il faut dire qu'on les voie, etc. — Dans le sens interrogatif, on peut mettre assez indiféremment le futur ou le subjonctif; Espérez-vous que je le fasse, ou que je le ferai? Espérait-il que je vinsse ou que je viendrais lui demander pardon? Mais dans le sens négatif il faut toujours mettre le subjonctif.
   5°. Espérer, se raportant au passé ou au présent est un anglicisme. Les Anglais disent: j'espere que vous ne l'avez pas dit; j'espère que vous en êtes persuadé. Mde de Sévigné et Malebranche ont employé cette façon de parler. "J'espère que Pauline se porte bien, puisque vous ne m'en parlez pas. Sév. "L'erreur des Libertins et des Hérétiques vient... de ce qu'ils espèrent que les vérités de la foi se peuvent conoître avec évidence. Espérer n'était pas là le terme propre: l'Auteur devait dire: pensent ou croient que, etc. Espérer, ne porte à l'esprit que l'idée d'une chôse futûre. Pour les choses présentes on dit croire, penser, se flater que. "Je crois que Pauline se porte bien. "Je me flatte que vous en êtes persuadé. "J' aime à penser que vous le croyez et non pas j'espère que vous le croyez. — Cet anglicisme est aujourd'hui à la mode: mais en France les modes ne dûrent pas. Voy. ESPOIR, Rem. n°. 2°.
   6°. J'espère, termine quelquefois la phrâse, et se dit pour, je l'espère; mais c'est seulement dans le style familier. "Je me flate que la méprise sera détruite sans retour: mais voici une dernière raison, qui n'y laissera plus lieu, j'espère. LINGUET. C'est comme s'il y avait, à ce que j'espère.

Synonymes et Contraires

espérance

nom féminin espérance
Confiance en l'avenir.
crainte, découragement, défiance, désespoir, inquiétude -littéraire: désespérance.
Traductions

espérance

Hoffnung, Zuversichthope, expectationhoop, uitzicht, verwachtingייחול (ז), מקווה (ז), תוחלת (נ), תקווה (נ), תּוֹחֶלֶת, תִּקְוָהesperançahåbesperoesperanzavonsperanzaspeshåpnadziejaesperançaförhoppning, förväntan, hoppumut (ɛspeʀɑ̃s)
nom féminin
1. espoir Ils ont gagné le match contre toute espérance.
2. durée moyenne de la vie d'un être humain

espérance

[ɛspeʀɑ̃s] nfhope
espérance de vie → life expectancy