espion, onne

ESPION, ONNE

(è-spion, spio-n' ; en vers, de trois syllabes) s. m. et f.
Celui qui se glisse dans le camp ennemi pour surprendre les desseins des chefs. Quand on prend un espion, on le fusille presque toujours. Un espion double, un espion qui sert les deux partis. Fig. Il ne dépense guère en espions, se dit d'un homme fort mal informé des affaires du monde. Fig. et familièrement. Tromper l'espion, tenir un langage, une conduite propre à abuser sur nos desseins ceux qui surveillent nos démarches.
Personne de la police, chargée d'épier la conduite et les projets des personnes en état de suspicion.
J'exerce en cette occasion Un plus noble métier que celui d'espion [MAIRET, Solim. I, 2]
Mme d'Épinette, concubine en titre d'Ondedei et espionne avérée de Mazarin [RETZ, t. II, liv. III, p. 94, dans POUGENS]
Celui, celle qui surveille par intérêt ou par curiosité les actions d'autrui.
Infidèle espionne et mauvaise interprète [TRISTAN, Marianne, v, 1]
Et de tous les emplois le plus lâche aujourd'hui Est d'être l'espion des paroles d'autrui [BOURSAULT, Ésope à la cour, I, 5]
Tous les esclaves des rois et des reines sont autant d'espions de leurs cœurs [VOLT., Zadig, 8]
En bonne part.
Aussitôt M. Colbert, qui avait des espions pour découvrir le mérite caché ou naissant, déterra M. Rolle dans l'extrême obscurité où il vivait [FONTEN., Rolle.]
Merle d'Afrique très rusé.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Ses espions luy avoyent denoncé que Quaresmeprenant, leur anticque ennemy, estoyt en terre descendu [RAB., Pant. IV, 42]
    La roinemere entretenant à sa suitte 26 espions [D'AUB., Hist. II, 177]
    Il sçeut bien les rendre espions doubles, et se servir de ses ennemis [ID., ib. II, 184]
    Cette espionne avertit et pressa son mari et ses compagnons [ID., Hist. II, 60]
    Ce que voyans, les espions de Nicoclès furent abusez [AMYOT, Arat. 7]

ÉTYMOLOGIE

  • Épier ; génev. épion ; espagn. espion ; ital. spione. L'ancienne langue disait espie.