estimé

estimé, e

adj.
1. Qui a fait l'objet d'une estimation : Le montant estimé des travaux approximatif, évaluatif
2. Qui jouit de l'estime générale : Une comédienne estimée. Un film estimé de tous.

estime

ESTIME. n. f. Opinion favorable que l'on a de quelqu'un, fondée sur la connaissance de son mérite, de ses bonnes qualités, de ses vertus. Avoir, sentir, concevoir, prendre de l'estime, beaucoup d'estime, bien de l'estime pour quelqu'un. Il a l'estime de ses confrères, l'estime générale. J'ai pour lui une estime particulière, la plus haute estime. Je l'ai en grande estime. Honorer quelqu'un de son estime. Acquérir l'estime publique. Il a l'estime et l'affection de tous les gens de bien. Estime de soi- même. On dit de même J'ai beaucoup d'estime pour son mérite, sa conduite inspire beaucoup d'estime.

Il se dit aussi du Cas que l'on fait de certaines choses. Les sciences étaient en grande estime chez ce peuple. On dit ironiquement Un succès d'estime.

En termes de Marine, il se dit du Calcul approximatif que le pilote fait tous les jours de la distance parcourue par le navire, afin de juger à peu près du lieu où l'on est et du chemin qu'on a fait. Ce pilote s'est trompe dans son estime. L'estime qu'il avait faite ne s'est pas trouvée juste. Naviguer à l'estime. On dit aussi ESTIMATION. Il se dit dans ce sens dans le langage courant. À mon estime.

estime

L'estime qu'on a de vertu, Virtutis opinio.

Qui l'a eu en grande estime et authorité, Qui illum secum habuerit magno numero ac loco.

Homme de grand'estime, Pretij magni homo.

Populaire de nulle estime, Vulgus ignobile.

Homme de nulle estime, Leuis homo, Plebeius.

Estre de fort peu d'estime, Minimam authoritatem habere.

Estre en peu d'estime entre les gentils-hommes, Inter nobiles nihili haberi.

Un homme de peu d'estime ou de nulle valeur, Nebulo.

Recouvrer la bonne estime qu'on avoit de nous, Existimationem reconciliare.

Faire estime de quelqu'un, In aliquo numero ponere. Budaeus. ex Cicerone.

Tu ne fais estime que de cestuy-la, Omnia in hoc reponis. B. ex Valer. Maxim.

Dequoy on doit faire estime, Praedicabilis.

Il me sembloit à voir que je cognoissoy en quel estime il estoit envers toy, Nosse locum mihi videbar quem apud te is teneret.

estime


ESTIME, s. f. ESTIMER, v. act. [1re è moy. 3e e muet au 1er, é fer. au 2d.] I. Estime est, 1°. le câs, l'état qu'on fait d'une persone, de son mérite, de sa vertu. "Avoir de l'estime pour quelqu'un. "Être en estime dans une Société: être dans l'estime de tout le monde, dans une estime générale. "Avoir l'estime des gens de bien. "Être perdu d'estime et de réputation. Acad.
   Rem. 1°. Ce mot n'a point de pluriel. On dit à plusieurs persones, comme à une seule, votre estime, et non pas vos estimes.
   2°. Vaugelas prétendait qu'estime avait le sens tantôt actif et tantôt passif, et que mon estime signifie également bien, que j'estime; et que je suis estimé. Th. Corn. n'est pas de ce sentiment, et avec raison. Estime, dit-il, est un mot qui aproche de considération; et comme on ne saurait dire, sa considération diminue, pour dire, la considération qu'on a pour lui, on ne peut pas dire non plus, son estime diminûe, dans le même sens qu'on dit, sa réputation diminûe. — On ne faisait pas aûtrefois cette distinction, et l'on employait estime dans le sens de gloire, honneur. "Non content de l'estime d'être un des plus brâves hommes de France, il a voulu avoir encôre celle d'écrire et de parler mieux que persone. Voiture. — Mallebranche dit, dans le même sens, de Sénèque, que: "Cet Auteur a beaucoup d' estime dans le monde, pour dire qu'il est beaucoup estimé. — Et P. Corneille.
   Et vous ne deviez pas enveloper d'un crime
   Ce que votre victoire ajoute à votre estime.
       Nicom.
C. à. d. à l'estime qu'on fait de vous, à votre réputation. — Pluche a encôre dit, dans ce siècle: "La haute estime où nous les plaçons ne nous ôte pas la liberté d'apercevoir leurs méprises. — Tout cela est contre l'usage actuel, et même contre le génie et l'analogie de la langue. = On dit pourtant, être en estime, pour, être estimé. Et nous en avons donné un exemple. "Tous les métiers, jusqu'aux moindres, étaient en estime chez les Êgyptiens. Mais, dans cette phrâse, estime a le sens actif, et se raporte aux Égyptiens qui estimaient tous les métiers, et non pas aux métiers qui étaient estimés par les Égyptiens. C'est comme si l'on disait: étaient dans l'estime des Égyptiens.
   3°. Faire estime de, pour estimer, est une expression surannée. Voltaire a critiqué, avec raison ce vers de Corneille dans Nicomède.
   Et vous offenseriez l'estime qu'elle en fait.
   On trouve fréquemment cette expression dans nos anciens Auteurs, mais elle n'est plus d'usage.
   4°. Quand on écrit à des persones au-dessus de soi, on ne doit point se servir du mot d'estime tout seul, dit le P. Bouhours; mais quand il est joint à d'aûtres termes, il peut être employé, même à l'égard des Princes et des Rois. — L'usage a bien changé sur cet article. Aujourd'hui il n'est aucun terme qui pût faire passer le mot d' estime, quand on écrit à ses supérieurs. Il est aussi surané que celui de vénération.
   Estime, en termes de Marine, se dit du calcul que l'on fait tous les jours du sillage du vaisseau, afin de juger à peu près du lieu où l'on est, et du chemin qu'on a fait.
   II. Estimer est 1°. priser quelque chôse en déterminer la valeur. Estimer des meubles, une terre, une maison. "Cette Charge a été estimée tant, ou à tant. = 2°. Faire câs de... "On estime beaucoup cet homme. "Il se fait estimer par-tout, de tout le monde. "Il est généralement estimé. "On estime son mérite:~ sa vertu, etc. = 3°. Croire, penser, présumer. Il régit que et l'Indicatif, et quand la phrâse est négative avec le Subjonctif~. "J'estime que cela est; j'estime qu'il pourrait le faire: je n'estime pas qu'il le puisse. — Avec ce régime il est neutre, mais avec le régime des noms il est actif. "On estime cette place imprenable. Alors il régit toujours un Adjectif.
   Rem. Du temps de Bouhours, il y avait des personnes, qui ne pouvaient soufrir, estimer, dans le sens de croire. Cependant les meilleurs Auteurs s'en étaient servi, et depuis lors on s'en sert encôre sans dificulté. Cet illustre critique remarque fort bien qu'il ne parait pas tout à fait aussi afirmatif et aussi fort que croire.
   Quand on emploie estimer en ce sens, il ne faut pas trop l'éloigner de son régime.
   Estime, qui voudra la mort épouvantable,
dit Matthieu dans un quatrain. On est arrêté en lisant ce vers, et l'on ne sait si le sens est, qui voudra estime la mort, qui est épouvantable; ou bien, estime, croie que la mort est épouvantable. Ce dernier sens est celui de l'Auteur. On le devine bien: mais il ne faut rien laisser à deviner.

Traductions

estimé

אהוב (ת), מוערך (ת), משוער (ת), נערץ (ת), נַעֲרָץ, אָהוּב, מָעֳרָךְ, מְשֹׁעָר

estimé

geacht

estimé

reputable