estropié, ée


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ESTROPIÉ, ÉE

(è-stro-pi-é, ée) part. passé.
Qui a perdu un membre ou qui l'a hors de service. Estropié par une chute.
Il déterrait les soldats estropiés dans la tranchée [HAMILT., Gramm. 3]
On n'est pas tant estropié quand on l'est du bras ou des jambes, que quand on l'est de la bourse [D'ABLANCOURT, Apophth. dans RICHELET]
Par extension.
[Le lion] Peut à peine rugir, par l'âge estropié [LA FONT., Fabl. III, 14]
Terme d'entomologie. Se dit des papillons de jour, qui dans l'état de repos ont, par la disposition de leurs ailes, l'apparence d'insectes à ailes luxées. Terme de pêche. Se dit d'une morue qui n'est pas entière.
Fig. Qui n'a pas de développement, d'ampleur.
Un tissu d'énigmes leur serait une lecture divertissante, et c'est une perte pour eux que ce style estropié qui les enlève soit rare [LA BRUY., I]
Quelle différence de ce plaisir estropié, si je puis parler de la sorte, à celui que le même air ferait éprouver, s'il était chanté dans le goût et l'esprit qui lui conviennent [D'ALEMB., Harm. des lang. Œuvres, t. III, p. 118, dans POUGENS.]
Altéré dans sa forme, en parlant des mots, des phrases.
Expression estropiée [PATRU, Plaid. 8, dans RICHELET]
Ils [certains visiteurs] fatiguent plus les portes des maisons à coups de marteau que les vents et les tempêtes ; si l'on allait examiner la liste de tous les portiers, on y trouverait chaque jour leur nom estropié de mille manières en caractères suisses [MONTESQ., Lett. pers. 87]
Concevez, monsieur, huit pages sans points ni virgules, des mots estropiés, transposés.... [P. L. COUR., I, 94]
Substantivement.
L'estropié marcha, l'aveugle ouvrit les yeux [BOILEAU, Sat. XI]
Ce sont des estropiés hors d'état de gagner leur vie [MAINTENON, Lett. à l'abbé Gobelin, 8 mars 1684]
M. de Noailles fit l'estropié du rhumatisme et le joua longtemps [SAINT-SIMON, 29, 78]