exagéré, ée

EXAGÉRÉ, ÉE

(è-gza-jé-ré, rée) adj.
Qui porte le caractère de l'exagération.
S'il y a des peuples qui aiment les expressions exagérées, ce n'est pas parce qu'elles sont fausses, c'est parce qu'elles les remuent ; mais rien n'empêche d'allier l'exactitude avec la force ; le style est donc susceptible d'une beauté réelle [CONDILLAC, Art d'écr. II, 15]
Si l'on considère le nombre des traits qui caractérisent un personnage comique, on peut dire que la comédie est une imitation exagérée [MARMONTEL, Élém. de litt. t. VI, p. 142, dans POUGENS]
S. m. Ce qui porte le caractère de l'exagération.
Quelle différence mettez-vous donc entre le romanesque et l'exagéré ? [DIDEROT, Salon de 1767, Œuvres, t. XV, p. 150, dans POUGENS.]
Dont les sentiments ne gardent pas la juste mesure, en parlant des personnes.
Je la trouvai susceptible, exagérée, défiante ; voilà les suites amères de l'infortune [GENLIS, Théât. d'éduc Ennem. génér. II, 3]
S. m. Celui qui a des opinions outrées, violentes, surtout en politique.
Terme de beaux-arts. Qui n'est pas soumis aux justes proportions.
Il ne faut pas mettre la nature exagérée à côté de la nature vraie sous peine de contradiction [DIDEROT, Pensées sur la peinture, Œuvres, t. XV, p. 187, dans POUGENS.]