exil

exil

[ egzil] n.m. [ lat. exsilium, bannissement ]
1. Mesure qui consiste à expulser qqn de son pays avec interdiction d'y revenir ; état qui en résulte : Condamnation à l'exil bannissement, expatriation
2. Obligation de vivre hors d'un lieu que l'on aime, loin de ceux que l'on aime : Cette promotion le contraint à un exil à Paris.
3. Lieu où réside une personne exilée : Revenir d'exil.

EXIL

(è-gzil) s. m.
Expulsion hors de la patrie. Le bannissement est infamant et l'exil ne l'est pas.
Suivre en tous lieux, seigneur, l'exil de votre femme [CORN., Sertor. III, 4]
L'exil des Tarquins même ensanglanta nos terres ; Et nos premiers consuls nous ont coûté des guerres [ID., Cinna, II, 1]
Qui tous deux de l'exil rappelés par moi-même [RAC., Brit. III, 3]
L'exil me délivra des plus séditieux [ID., ib. IV, 2]
Quel temps à mon exil, quel lieu prescrivez-vous ? [ID., Phèd. IV, 2]
La cour fut inexorable sous Tibère comme auparavant ; il [Ovide] mourut dans son exil la quatrième année du règne de cet empereur, âgé d'environ soixante ans [ROLLIN, Hist. anc. XXV, I, 2, 2]
L'exil est un supplice d'autant plus rigoureux pour un Athénien, qu'il ne retrouve nulle part les agréments de sa patrie [BARTHÉL., Anach. ch. 19]
L'exil est quelquefois, pour les caractères vifs et sensibles, un supplice beaucoup plus cruel que la mort [STAËL, Corinne, XIV, 3]
Exil volontaire, action de quitter volontairement le pays où l'on est accoutumé de vivre.
Je m'impose à moi-même un exil volontaire [ROTR., Vencesl. II, 2]
Par extension, tout séjour hors du lieu où l'on voudrait être. La ville où nous sommes est pour nous un lieu d'exil. Vivre loin de vous est un exil pour moi.
Salut, champs que j'aimais et vous douce verdure, Et vous, riant exil des bois [GILB., Adieux à la vie.]
Dans le langage mystique. La terre est un lieu d'exil.
Qu'il est difficile de regarder comme un exil une terre de délices ! [MASS., Car. Dang. des prosp.]
Et n'accuse point l'heure Qui te ramène à Dieu ! Soit qu'il naisse ou qu'il meure, Il faut que l'homme pleure Ou l'exil ou l'adieu [LAMART., Harm. IV, 5]

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Qui tei a mort, France a mis en exill [, Ch. de Rol. CCVII]
  • XIIe s.
    C'est la chose pur quei m'estuet [il me faut] essil suffrir [, Th. le mart. 57]
    .... Si erent mis En eixil fors [hors] de lur païs [BENOIT, I, 557]
    ....E l'eissil [ravage] et la rapine Que fait la gent ultremarine [ID., dans RAYNOUARD, Lexiq.]
  • XIIIe s.
    Que, quant plus tost definera, Plus tost en paradis ira, Quant il lerra [laissera] l'essil present [, la Rose, 5040]
    Tex maniere d'usages c'est essil [dégât], et nus essius [dégât] ne doit estre soufers [BEAUMANOIR, XXIV, 7]
  • XIVe s.
    Il s'enfuirent en une ville, pour illecques demourer en exil [BERCHEURE, f° 21, verso.]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. essil, ravage, destruction ; du latin exilium, dont l'étymologie est douteuse, à cause de la forme parallèle exsul, exsulare ; on a indiqué exsilire, qui n'explique point exsulare ; quant à exsulare, on a proposé ex solo, hors du sol, ou, en prenant en considération con-sul, in-sula, un thème sul qui serait voisin de solium, siége. Dans l'ancienne langue, exil avait le sens de ravage, destruction plus souvent que celui de bannissement. Palsgrave, p. 60, dit (au XVIe siècle) qu'on prononçait euzil.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • EXIL. Ajoutez :
  • XVe s.
    Rigueur le transmit en exil Et luy frappa au cul la pelle, Nonobstant qu'il dist : j'en appelle [VILLON, dans Romania, avril 1873, p. 216]

exil

EXIL. n. m. État de celui que l'autorité force à vivre hors de sa patrie. Envoyer en exil. Aller en exil. Être en exil. Lieu d'exil. Il est revenu, il a été rappelé d'exil, de l'exil, de son exil. Fig., La terre est pour l'homme un lieu d'exil, la vie est un temps d'exil.

Exil volontaire se dit de l'Action de quitter le pays où l'on est accoutumé de vivre, soit parce qu'on n'y est pas en sûreté, soit parce qu'on n'y peut plus vivre. Il évita les poursuites par un exil volontaire. Ce grand homme s'imposa un exil volontaire.

Il se dit, par extension, de Tout séjour dans un lieu qui n'est pas celui où l'on voudrait être, de tout éloignement qui prive de certains agréments qu'on regrette. Vivre ainsi loin de vous est une sorte d'exil, est un exil, un véritable exil pour moi.

exil

Exil, Exilium.

Envoyer en exil, In exilium agere.

exil


EXIL, s. m EXILÉ, s. m. EXILER, v. act. [Ègzil, zilé, : 1re è moy. 3e é fer.] Exil a la même signification que bannissement, mais il n'a pas le même emploi. Celui-ci est une condamnation faite en Justice; l'autre est une peine imposée par le Souverain. Dites en de même d'exilé et banni; de bannir et d'exiler. Voyez Bannir, Bannissement. "Envoyer, aller, être en exil. "Être rapelé de son exil. "Un exilé, les exilés. "On l'a exilé de la Cour, du Royaume, etc. "Il est exilé en Bretagne, en Auvergne, à Quimper, à Billon, etc.
   EXIL se dit figurément d' un lieu moins agréable que celui où l'on est acoutumé de demeurer. "Pour les gens de la Cour, la Province est un lieu d'exil, un vrai exil.

Synonymes et Contraires

exil

nom masculin exil
2.  Fait d'être mis à l'écart.
Traductions

exil

exileגולה (נ), גלות (נ), הגליה (נ), הַגְלָיָה, גּוֹלָה, גָּלוּתballingschap, verblijf buiten zijn vertrouwde streek, verbanningballingskap, bannelingskapExilεξορίαekziloexilio, destierroeksiil, maapagumaanpakoszámkivetésesilioexílioexilизгнание, ссылкаsürgünنَفْيexileksilegzil追放망명eksilzesłanieexilการลี้ภัยlưu vong流放流亡 (ɛgzil)
nom masculin
fait de devoir quitter son pays

exil

[ɛgzil] nmexile
en exil → in exile