exorbitant, ante

EXORBITANT, ANTE

(è-gzor-bi-tan, tan-t') adj.
Qui sort des limites ; qui dépasse de beaucoup la juste mesure.
Rien n'est plus contraire à la nature que le partage inégal des biens, l'opulence exorbitante des uns et la pauvreté affreuse des autres [FÉN., t. XXII, p. 362]
Malgré cette dépense exorbitante que vous faites [HAMILT., Gramm. 6]
Vingt mille écus ! le legs serait exorbitant [REGNARD, Légat. II, 6]
Il a quelquefois donné aux pauvres des sommes exorbitantes pour un particulier d'une fortune si modique [MAIRAN, Éloges, Lemery.]
On avait attaché au consulat un pouvoir exorbitant [MONTESQ., Esp. XI, 14]
Un bénéfice exorbitant surmonte tous les obstacles [RAYNAL, Hist. phil. VIII, 34]
On dit exorbitant de.
Au lieu de priviléges exorbitants du droit commun, nous leur laisserions [aux Anglais] le droit commun du commerce [D'ARGENSON, Mém. t. III, p. 78]
Quant à l'action pénale exorbitante du droit commun, exclusive de la preuve [BERVILLE, Du droit de plainte en mat. de diffamation]
Fig. Qui blesse les convenances, la morale, la règle.
C'est une action exorbitante [MOL., Mal. imag. III, 6]
Une thèse qu'un bachelier breton se préparait à soutenir, où il y avait des propositions moins exorbitantes, à la vérité, que celles du collége de Clermont, mais qui étaient contraires aux libertés de l'Église gallicane [RAC., Hist. Port-Royal, 2e part.]

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Propositions qu'ils [les stoïciens] appellent eux-mesmes paradoxes, c'est à dire estranges opinions, advouans eulx-mesmes facilement qu'elles sont estranges et exorbitantes [AMYOT, Communes conceptions, 4]
    Privilege par luy produit, exhorbitant neantmoins du sort commun de la justice [PASQUIER, Rech. p. 868, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. exorbitare, dévier, sortir de l'ornière, de ex, hors, et orbita, ornière (voy. ORBITE).

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • EXORBITANT. Ajoutez : - REM. Voici un autre exemple de exorbitant de :
    Le seigneur justicier, en exigeant des redevances ou des services exorbitants de la coutume légitime, abusait non-seulement, comme le féodal, de sa puissance de fait, mais encore.... [CHAMPIONNIÈRE, De la propriété des eaux courantes, p. 520]