fâché, ée

FÂCHÉ, ÉE

(fâ-ché, chée) part. passé.
Qui ressent un déplaisir permanent contre quelqu'un ou quelque chose.
Je regrette fort le chevalier d'Aidie ; car il était bien fâché contre le genre humain [VOLT., Lett. d'Argental, 4 mai 1761]
Je suis très étonné, monsieur, que vous prétendiez l'avoir fâché ; car c'est le vieillard le moins fâché et le moins fâcheux que j'aie jamais vu [ID., Lett. Foucher, 25 juin 1769]
Je l'ai vu souvent en colère, mais je ne l'ai jamais vu fâché [J. J. ROUSS., Confess. VII]
Peiné, contrarié.
Ce n'est qu'une conjecture, répondis-je ; j'en suis bien fâché [FONTEN., Jug. de Platon.]
On est fâché pour l'honneur de Virgile, d'Horace, d'Ovide, et autres, que le nom de Cicéron ne se trouve pas une seule fois dans leurs ouvrages [DUCLOS, Consid. Mœurs, ch. 3]
Il se dit par une sorte d'ironie en certaines phrases familières. Cela ne vous contente pas ; j'en suis bien fâché. Vous ne voulez pas venir ; j'en suis fâché, mais j'irai sans vous. Populairement. Fâché de la peine, se dit pour demander pardon à quelqu'un d'une peine qu'il veut bien prendre pour nous.
Mes amis, fâché de la peine, Surtout ne tirez pas trop bas [BÉRANG., Vieux caporal.]
Affligé.
Je n'en suis fâchée Que d'avoir vu par là votre vertu tachée [CORN., Nicom. III, 7]
Je fus fâché de [la mort de] l'abbé d'Estrées qui était de mes amis [SAINT-SIMON, 482, 261]