fécond, onde


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FÉCOND, ONDE

(fé-kon, kon-d' ; le d se lie et se prononce comme un t : un fé-kon-t écrivain ; au pluriel, l's se lie : de fé-kon-z écrivains) adj.
Propre à la reproduction, qui peut produire beaucoup.
Les négresses sont fort fécondes et accouchent avec beaucoup de facilité et sans aucun secours [BUFF., Hist. nat. hom. Œuv. t. V, p. 132, dans POUGENS]
On peut dire en général que les grands animaux sont moins féconds que les petits : la baleine, l'éléphant, le rhinocéros, le chameau, le bœuf, le cheval, l'homme, etc. ne produisent qu'un fœtus et très rarement deux [ID., Hist. anim. chap. 9]
Race féconde, race d'animaux qui se fait remarquer dans l'espèce par son abondante multiplication. Plante féconde, plante qui produit beaucoup. Fleur féconde, fleur qui donne du fruit Œuf fécond, œuf dont le germe a été fécondé.
Qui produit abondamment, en parlant de la terre ou de ce qui est comparé à la terre. Des champs féconds. Des terres fécondes. Source féconde, source qui donne de l'eau abondamment. Mine féconde, mine dont les filons sont très productifs. Fig. Source féconde, mine féconde, ce qui produit abondamment. C'est une source féconde d'erreurs. Une mine féconde de beautés de style. Par extension.
Mais, malgré moi, de votre monde, La volupté charme les maux ; Et de la nature féconde L'arbre immense étend ses rameaux [BÉRANG., le Temps.]
Fig. Il se dit de tout ce qui, par comparaison à la terre, produit abondamment.
Son sein [de Rome] fécond en glorieux exploits Produit des citoyens plus puissants que des rois [CORN., Cinna, II, 1]
Et sort d'une maison si féconde en guerriers Qu'ils y prennent naissance au milieu des lauriers [ID., Cid, I, 1]
Et rende notre Espagne en lauriers si féconde [ID., Sertorius, v, 1]
Elle [la nation d'Israël] a été féconde en idoles autant que la terre a été fertile [SACI, Bible, Osée, X, 1]
Un nom qui.... Fait honneur à la France, en grands noms plus féconde Qu'aucun climat de l'univers [LA FONT., Fabl. X, 14]
Ils disent dans leur cœur : il n'y a pas de Dieu ; ils voudraient pouvoir réduire au néant cette source féconde de l'être [BOSSUET, Sermons, Nécess. de travailler à son salut, 1]
La nature de Dieu est féconde, son amour et sa charité l'est aussi ; je dis que sa nature est féconde ; et c'est elle qui donne ce Fils éternel, qui est son image vivante ; mais, si sa fécondité naturelle a fait naître ce divin Fils dans l'éternité, son amour lui en donne d'autres qu'il adopte tous les jours dans le temps [ID., Sermon pour la fête du rosaire]
Chaque siècle est fécond en heureux téméraires [BOILEAU, Ép. I]
Qu'en nobles sentiments il soit toujours fécond [ID., Art p. III]
Aux temps les plus féconds en Phrynés, en Lais, Plus d'une Pénélope honora son pays [ID., Sat. X]
Je nourris dans mon cœur la semence féconde Des vertus dont il doit sanctifier le monde [RAC., Esth. Prol.]
Féconde en agréments divers, La riche fiction est le charme des vers [L. RACINE, la Relig. IV]
Ô jour trop fécond en miracles ! [VOLT., Sémir. IV, 2]
La poésie la plus élégante et la plus facile [celle de l'Arioste], qui orne sans effort la plus féconde imagination dont la nature ait jamais fait présent à aucun homme [ID., Lett. Mme du Deffant, 19 oct. 1759]
La nuit a été féconde en événements [PICARD, Alcade de Molorido, III, 2]
Principe fécond, principe dont on déduit un grand nombre de conséquences. Sujet, matière féconde, sujet, matière qui prête beaucoup à l'imagination de l'artiste, du poëte. On dit de même esprit fécond, imagination féconde. Auteur fécond, auteur qui a beaucoup écrit.
Fécondant. Des pluies fécondes. Les eaux fécondes du Nil.
Soleil dont la lumière et la chaleur féconde Sont l'œil, l'âme, la règle et la splendeur du monde [DUCIS, Abuf. I, 3]

SYNONYME

  • FÉCOND, FERTILE. Étymologiquement fécond est ce qui engendre, donne la naissance, a la vertu d'engendrer, de donner la naissance ; fertile est ce qui porte, et, ici, ce qui porte moisson, production, etc. On voit donc que l'on peut dire sans nuance bien sensible une terre féconde, et une terre fertile, mais on dira une vertu féconde et non une vertu fertile ; car partout où l'idée de force productive intervient, c'est fécond qui doit être employé et non fertile. De même on dira un esprit fécond, parce que cet esprit est représenté comme ayant la vertu de produire ; mais, si on le dit fertile, il faudra ajouter en quoi : fertile en ressources, en inventions, etc. parce que, avec fertile, il faut énoncer ce qui est porté, produit. On trouve la différence entre ces deux mots bien marquée dans cette phrase :
    On a vu ou cru voir les moyens qui la rendent féconde [la terre] ; on a essayé de la rendre fertile en la cultivant [CONDILL., Hist. anc. III, 3]
    Fertile est pour la terre un sens propre ; fécond n'y est qu'une métaphore. On dit d'une femelle qu'elle est féconde, et non pas fertile. Fécond s'applique à l'organisme produisant, fertile à la terre.

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. fecundus, de l'inusité feo, produire (voy. FÉTUS), qui se rapporte au verbe grec qui se traduit par produire, et au sanscrit bhu, être.