fanfaron, onne

FANFARON, ONNE

(fan-fa-ron, ro-n') adj.
Qui sonne la fanfare sur lui-même, qui exagère sa bravoure. Il est brave et fanfaron en même temps. En général, qui se vante trop, qui veut passer pour valoir plus qu'il ne vaut en effet. Il parle beaucoup de son mérite, il est fanfaron.
Ces petits messieurs sont fanfarons ; ils ont trop peu d'esprit pour s'apercevoir qu'on les raille, et trop bonne opinion d'eux-mêmes pour ne pas croire qu'on les aime [DANCOURT, Été des coquettes, sc. 8]
D'accord, mais il a l'air un peu trop fanfaron [DESTOUCHES, Homm. sing. III, 3]
Particulièrement, qui affecte une bravoure qu'il n'a pas.
Mais qui pourrait souffrir un âne fanfaron ? [LA FONT., Fabl. II, 9]
Il se dit des choses.
Il publia cependant des relations fanfaronnes de cette expédition [ANQUETIL, Ligue, t. III, p. 81]
S. m. et f. Celui, celle qui se vante outre mesure de succès réels ou imaginaires.
Le fanfaron travaille à ce qu'on dise de lui qu'il a bien fait [LA BRUY., II]
Je ne sais si je n'en ai point fait en quelques endroits un fanfaron ; mais il est certain que c'était un héros [VOLT., Œdipe, 5e lettre.]
Du cerf prêt à forcer l'enceinte, Chasseur, tu fais le fanfaron [BÉRANG., Double chasse.]
Celui qui se vante de qualités, d'un mérite qu'il n'a pas.
C'est un fanfaron de vertu, de doctrine et d'éloquence [BALZ., Lett. à Conrart, 28 avril 1653]
Il ne s'est point passé d'année que quel qu'un de ces faux généreux et de ces francs fanfarons d'amitié ne m'ait manqué de parole [SCARR., Lett. Œuv. t. I, p. 231, dans POUGENS]
Ce ne sont point fanfarons de vertu [MOL., Tart. I, 6]
Le maréchal de Villars, fanfaron des qualités mêmes qu'il avait, traversant un jour la place dans un carrosse brillant, chargé de pages et de laquais, voulut tirer pour sa vanité quelque profit de son désintéressement [DUCLOS, Mém. Régence, Œuv. t. VI, p. 40, dans POUGENS]
Un fanfaron de vice, celui qui se vante d'être plus vicieux qu'il ne l'est en effet.
Savez-vous, dit-il [Louis XIV], ce que c'est que mon neveu [le duc d'Orléans] ? c'est un fanfaron de crimes [DUCLOS, Règne de Louis XIV, Œuvr. t. v, p. 39]
Particulièrement. Celui, celle qui fait parade de courage sans en avoir. Ce n'est qu'un fanfaron.
Vous n'êtes qu'une fanfaronne, lui dit don Carlos [SCARR., Rom. com. I, 9]
Fanfaron s'est dit pour ce que nous appelons aujourd'hui un muscadin.
Quand un jeune frisé, relevé de moustache.... Ce fanfaron chez elle [une dame] eut de moi connaissance [RÉGNIER, Sat. VIII]

ÉTYMOLOGIE

  • Fanfare ; espagn. fanfarron ; portug. fanfarrão ; ital. fanfano. Il y a dans l'espagnol farfante, fanfaron, dans le portugais farfalhar, faire le fanfaron, que les étymologistes tirent de l'arabe farfar, mal dire, être trompeur. Mais il n'est pas sûr que fanfaron et farfante soient le même mot.