fardé, ée

FARDÉ, ÉE

(far-dé, dée) part. passé.
Enduit de fard. Visage fardé.

PROVERBE

    Temps pommelé et femme fardée ne sont pas de longue durée.
Fig. À quoi on a donné un faux lustre.
Lui, qui connaît sa dupe et qui veut en jouir, Par cent dehors fardés a l'art de l'éblouir [MOL., Tart. I, 2]
Il se dit des ornements faux ou affectés du langage, du style.
L'un n'est point trop fardé, mais sa muse est trop nue [BOILEAU, Art p. I]
Ce style contraint et fardé, qui règne dans presque tous les livres qu'on fait depuis cinquante ans, est la marque des esprits faux et porte un caractère de servitude que je déteste [VOLT., Lett. Thiriot, 11 sept. 1735]
Dissimulé, trompeur, en parlant de personnes.
Vous perdez Amarante, et cet ami fardé Se saisit finement d'un bien si mal gardé [CORN., la Suiv. I, 6]
Il se dit de ce qu'on déguise pour ne pas déplaire.
Ne vouloir pas entendre ces sortes de vérités, ou ne les vouloir entendre que déguisées, que fardées, qu'affaiblies et diminuées [BOURDAL., 4e dim. après Pâq. Dominic. t. II, p. 133]