faveur

faveur

n.f. [ lat. favor, de favere, favoriser ]
1. Disposition à traiter qqn avec bienveillance, à lui accorder une aide, une préférence ; cette bienveillance elle-même : Il a sollicité la faveur du directeur aide, appui, protection réservé à qqn pour l'avantager
2. Décision indulgente qui avantage qqn : Il a obtenu ce travail par faveur favoritisme ; impartialité honneur, privilège ; discrédit, disgrâce
3. Crédit, popularité que l'on a auprès de qqn, d'un groupe : Ce chanteur a la faveur du public il est très populaire ; estime, respect ; défaveur
4. Vieilli Bande de soie étroite qui sert d'ornement : Un paquet noué d'une faveur bleue ruban
À la faveur de qqch,
en profitant de qqch : Ils se sont enfuis à la faveur de l'obscurité grâce à
En faveur de qqn,
à son profit, à son bénéfice : Je voterai en sa faveur pour lui

faveurs

n.f. pl.
Marques d'amour données par une femme à un homme : Elle lui a accordé, refusé ses faveurs.

FAVEUR

(fa-veur) s. f.
Au sens actif, bienveillance, bonnes grâces, appui donné par un prince, par un personnage puissant, par le public, etc.
Enfin, vous l'emportez, et la faveur du roi Vous élève en un rang qui n'était dû qu'à moi [CORN., Cid, I, 3]
Ma faveur fait ta gloire, et ton pouvoir en vient ; Elle seule t'élève et seule te soutient ; C'est elle qu'on adore et non pas ta personne ; Tu n'as crédit ni rang qu'autant qu'elle t'en donne [ID., Cinna, v, 1]
Songez-y ; vous avez la faveur des soldats [RAC., Mithr. I, 5]
Et qui de ma faveur se voudrait honorer, Si mon hymen prochain ne vous peut assurer ? [ID., Iphig. v, 2]
La faveur du prince n'exclut pas le mérite et ne le suppose pas non plus [LA BRUY., XII]
La faveur prodiguée aux mauvais ouvrages est aussi contraire aux progrès de l'esprit que le déchaînement contre les bons [VOLT., Oreste, Épître.]
Barbabou fut tué roide, et le peuple en fut charmé, parce qu'il était laid et que Rustan était fort joli ; c'est presque toujours ce qui décide de la faveur publique [ID., Blanc et noir.]
Absolument. Il doit tout à la faveur. Hommes, gens de faveur, personnes qui ne doivent leur élévation qu'à la protection. Place, emploi de faveur, place, emploi qu'on accorde à quelqu'un sans qu'il y ait de titres. Trouver faveur auprès de quelqu'un, s'en faire favorablement accueillir. Prendre faveur, s'accréditer. C'est une marchandise qui prendra faveur. Ce livre a pris faveur rapidement. Dans les théâtres, entrée de faveur, entrée gratuite accordée à une personne qui n'y a point de droit. Les entrées de faveur sont supprimées aujourd'hui. Billet de faveur, billet accordé gratuitement pour une seule représentation. Tour de faveur, décision du comité ou du directeur en vertu de laquelle une pièce est jouée avant d'autres reçues antérieurement. Fig. Les faveurs de la fortune, les honneurs, les richesses, etc.
Quand la faveur du ciel ouvre à demi ses bras [CORN., Hor. III, 3]
La guerre a ses faveurs ainsi que ses disgrâces [RAC., Mithr. III, 1]
Le ciel tonne sur nous ; est-ce faveur ou haine ? [VOLT., Sémir. III, 6]
Au sens passif, bienveillance, bonnes grâces, appui reçu par quelqu'un ; crédit, pouvoir qu'on a auprès d'un prince, d'un personnage puissant.
Le duc par sa faveur vous a blessé les yeux [ROTROU, Vencesl. I, 1]
Vous savez que je suis auprès d'elle en quelque espèce de faveur, que j'y ai les accès ouverts.... [MOL., les Am. magn. I, 1]
Quand je serais en faveur, il ne m'aurait pas mieux reçue [SÉV., 158]
Il est bien juste d'avoir tous les dégoûts de la faveur, quand on en a tous les honneurs [MAINTENON, Lett. au card. de Noailles, 6 mai 1698]
À mesure que la faveur et les grands biens se retirent d'un homme, ils laissent voir en lui le ridicule qu'ils couvraient [LA BRUY., VI]
C'est beaucoup tirer de notre ami, si, étant monté en faveur, il est encore un homme de notre connaissance [ID., VIII]
Il y a des gens à qui la faveur arrive comme un accident ; ils en sont les premiers surpris et consternés [ID., ib.]
Êtes-vous en faveur, tout manége est bon, vous ne faites point de fautes, tous les chemins vous mènent au terme [ID., ib.]
La faveur met l'homme au-dessus de ses égaux, et sa chute au-dessous [ID., ib.]
Déjà de ma faveur on adore le bruit [RAC., Brit. v, 3]
Vous pourriez de Zaïre employer la faveur [VOLT., Zaïre, II, 1]
Absolument. La puissance d'un favori.
On quitte la royauté pour courir après la faveur, de laquelle les Arabes disent que c'est une fille qui tue bien souvent sa propre mère [BALZ., De la cour, 7e disc.]
S'attacher, se dévouer à la faveur, rechercher les personnes puissantes.
Théodote a une plus douce manie ; il aime la faveur éperdument ; mais sa passion a moins d'éclat ; il lui fait des vœux en secret ; il la cultive, il la sert mystérieusement ; il est au guet et à la découverte sur tout ce qui paraît de nouveau avec les livrées de la faveur [LA BRUY., VIII]
Bienfait, octroi gracieux, marque d'amitié, de bienveillance. Il le combla de faveurs.
Encore se faut-il contenter des honneurs de la paix et recevoir à faveur une dignité que le fils du roi d'Espagne a désirée [BALZ., liv. II, lett. 2]
Je hais jusques aux soins dont m'honorent les dieux, Et je m'en vais pleurer leurs faveurs meurtrières [RAC., Phèd. v, 7]
Hélas ! d'où nous viendra cette insigne faveur ? [ID., Athal. III, 7]
Pour obtenir les faveurs du roi, on le flatte [FÉN., Tél. II]
Seigneur, s'il est ainsi, votre faveur est vaine ; Quel indigne soldat voudrait briser sa chaîne, Alors que dans les fers son chef est retenu ? [VOLT., Zaïre, II, 1]
Formule de politesse. Faites-moi la faveur de.... ayez la bonté de... Faites-moi la faveur de recommander mon ami. Dans la franc-maçonnerie, on dit : J'ai la faveur.... au lieu de : J'ai l'honneur d'être, etc.
Au plur. Les bonnes grâces d'une femme.
Souviens-toi.... Que tu me dois ton cœur, que mes faveurs t'attendent [CORN., Cinna, I, 3]
Un amant a fort peu de quoi se satisfaire Des faveurs qu'on lui fait sans dessein de les faire [ID., Ment. I, 2]
Car aux faveurs d'une belle il eut part [LA FONT., F. avare.]
Ils n'ont point de faveurs qu'ils n'aillent divulguer [MOL., Tart. III, 3]
Je ne me fierai point à des propos si doux Qu'un peu de vos faveurs après quoi je soupire Ne vienne m'assurer tout ce qu'ils m'ont pu dire [ID., ib. IV, 5]
Elle aimerait mieux mourir que de faire des faveurs à un homme qu'elle aimerait [SÉV., 135]
Louis XIV, lassé de voltiger et de cueillir des faveurs passagères, se fixa enfin à la Vallière [SAINT-SIMON, 411, 155]
L'on faisait brûler les hommes qui avaient eu les faveurs d'une juive [VOLT., Mœurs 103]
Il ne faut publier ni les faveurs des femmes ni celles des rois [ID., Lett. d'Argenson, 18 mars 1749]
Or est-il qu'Hérodote ne se douta jamais de ce que nous appelons prince, trône et couronne, ni de ce qu'à l'Académie on nomme faveurs des dames et bonheur des sujets [P. L. COUR., Traduct, d'Hérod. Préface]
Les dernières faveurs, les plus grandes marques d'amour qu'une femme puisse donner à un homme ; et, absolument, dans le même sens : Elle lui accorda ses faveurs.
Ils avaient rendez-vous dans les bois le lendemain au lever du soleil pour en venir aux dernières faveurs [CORN., Clit. Argument.]
Se dit aussi au singulier.
On lui faisait toujours quelque faveur [LA FONT., Orais.]
Cette expression faveur, signifiant une bienveillance gratuite qu'on cherche à obtenir du prince ou du public, la galanterie l'a étendue à la complaisance des femmes [VOLT., Dict. phil. Faveur.]
Écoute, une faveur surprise Pourrait-elle éveiller un amoureux souci ? Où le cœur est, les faveurs sont aussi [IMBERT, Jaloux sans amour, II, 2]
Indulgence, par opposition à rigueur, sévérité. Les juges l'ont traité avec faveur On dit dans le même sens : arrêt de faveur ; cas de faveur. Ancien terme de commerce. Jours de faveur, les dix jours que l'ordonnance accordait aux marchands, banquiers et négociants, après l'échéance de leurs lettres de change, pour les faire protester. Mois de faveur, les deux mois de l'année où le collateur d'un bénéfice pouvait le conférer à celui des gradués qu'il en voulait gratifier. Les mois d'avril et d'octobre étaient des mois de faveur. Lettres de faveur, nom qu'on donnait autrefois à des lettres de recommandation.
Lorsqu'avec bon congé du cardinal infant Et lettres de faveur nous partîmes de Flandre [SCARR., Jodelet, I, 1]
Condition favorable, ressource.
Afin que, pour nier en cas de quelque enquête, J'eusse d'un faux-fuyant la faveur toute prête [MOL., Tart. v. 1]
Trop heureux si bientôt la faveur d'un divorce Me soulageait d'un joug qu'on m'imposa par force ! [RAC., Brit. II, 2]
Il soulevait encor sa main appesantie, Et, marquant à son bras la place de son cœur, Semblait d'un coup plus sûr implorer la faveur [RAC., Mithr. V, 4]
Ruban uni et très étroit. Nouer un paquet avec une faveur.
On appelait autrefois faveurs, des rubans, des gants, des boucles, des nœuds d'épée, donnés par une dame [VOLT., Dict. phil. Faveur.]
En faveur de, loc. prép. En considération de.
Adieu, ma très chère belle, je vous dirai donc que je vous aime, sans crainte de vous ennuyer, puisque vous le souffrez, en faveur de mon style ; vous faites grâce à mon cœur en faveur de mon esprit, n'est-ce pas justement cela ? [SÉV., 443]
Au profit, à l'avantage. Il a fait un testament en faveur de son neveu.
Les Grecs jugèrent en faveur d'Ulysse [FÉN., Tél. XIX.]
C'est la question que l'auteur suppose sans preuve décidée en sa faveur [BOSSUET, Var. 2e instr. § 83]
Dans l'intérêt de, pour la cause de.
C'est trop m'importuner en faveur d'un sujet [CORN., Nicom. III, 2]
Il écrivit au sénat en faveur des chrétiens [BOSSUET, Hist. I, 10]
La Grèce en ma faveur est trop inquiétée [RAC., Andr. I, 2]
Tout lui parle, madame, en faveur d'Agrippine [ID., Brit. I, 1]
Sait-il en sa faveur jusqu'où va votre estime ? [ID., Mithr. II, 1]
Ce que les dieux ont fait en votre faveur [FÉN., Tél. IV]
L'Épire aussitôt se déclara en faveur de Cassandre [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. VII, p. 129, dans POUGENS]
Prévenir en faveur de quelqu'un, de quelque chose, en donner d'avance une opinion avantageuse. Cette conduite prévient en sa faveur.
Un petit nombre d'amis prévenus en votre faveur [MASS., Avent, Jugem.]
À la faveur de, loc. prép. Au moyen, à l'aide de.
À la faveur de la nuit il s'était sauvé en nageant [FÉN., Tél. VIII]
À la faveur de cet orage il leur échappa [ID., ib. XVII]
Sous la faveur de, même sens.
Marchons sous la faveur des ombres de la nuit [CORN., Illus. com. III, 7]
Corneille a dit, avec le même sens, en faveur de, qui n'est pas usité, ou du moins qui l'est avec un sens tout contraire : Jusques en Belle-Cour je vous ai reconduit, Pour voir une maîtresse en faveur de la nuit, Suite du Ment. IV, 4.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    [Ceux] ki esgardent com li blandiement de cest siecle sunt decivable, ki ses favors tienent à persecutions [, Job, p. 462]
  • XIVe s.
    Et sembloit bien à Tarquinius que il avoit plus grant faveur en la court que devant [BERCHEURE, f° 22, verso.]
    Ne soit.... Amours, ne faveur, ne haïne, Ne chose au monde qui t'encline à faire riens de desloial [MACHAUT, p. 107]
  • XVe s.
    En faveur du roy son nepveu [JUVÉNAL DES URSINS, Charles VI, 1380]
    Se le roy sa faveur donnoit à celui qui le mieux boiroit, Comte ou marquis il me feroit [BASSELIN, I]
  • XVIe s.
    Desquels [preux] chacune [dame] a voulu recevoir Une faveur qu'elle fait apparoistre, à fin que mieux on la puisse congnoistre [ST-GELAIS, 17]
    Un moulin à la faveur duquel il s'estoit approché [MONT., I, 49]
    Les faveurs et disgraces de la fortune [ID., I, 67]
    Il void venir Roquemoret bien couvert de pennaches et de faveurs d'une roine [D'AUB., Hist. II, 466]
    Il leva ses blocus pour s'aller camper à la faveur de Valanciennes [ID., ib. II, 471]
    ....Son artillerie fut de 16 canons de batterie, le tout esquipé et paié, non à la faveur mais à la crainte, qui lors valloit bien autant [ID., ib. III, 5]
    Les premiers bons services qu'il leur avoit faits, lui apportoient plus de faveur que les dernieres imputations ne lui causoient de defaveur [AMYOT, Cor. 61]
    Il semble que celuy qui porte sur le visage les faveurs de la nature imprimées en une rare et excellente beauté, ayt quelque legitime puissance sur nous.... [CHARRON, Sagesse, I, 6]
    Aller reconnoistre l'armée de l'ennemi, leur contenance, ordre de bataille et forme de marcher, voire essayer d'entamer quelqu'un de ses escadrons, si quelqu'un de sa portée s'emancipoit de quitter la faveur [protection] des bataillons [SULLY, Mém. t. I, p. 418, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. et espagn. favor ; ital. favore ; du lat. favorem, de favere, favoriser, tenant au radical sanscrit pû, purifier.

faveur

FAVEUR. n. f. Marque d'une bienveillante attention ou d'une préférence particulière. Faveur signalée, extraordinaire, singulière. Faites-moi la faveur de... Combler quelqu'un de faveurs. Recevoir une faveur. Les faveurs du ciel, de la fortune.

En termes de Théâtre, Billet de faveur, Billet accordé gratuitement pour une seule représentation. Entrée de faveur, Entrée gratuite accordée à une personne qui n'aurait point le droit de l'exiger. Suspendre les entrées de faveur. Tour de faveur, Décision du comité ou du directeur qui fait passer la représentation d'une pièce avant celle d'autres ouvrages qui la précèdent dans l'ordre de réception. Il a obtenu un tour de faveur. Sa pièce eut un tour de faveur. L'expression Tour de faveur s'applique encore à Toutes les choses qu'on fait passer avant leur tour.

Il se dit particulièrement des Marques de préférence qu'une femme donne à un homme. Il n'a jamais obtenu d'elle la moindre faveur. Les dernières faveurs, Les plus grandes marques d'amour qu'une femme puisse donner à un homme. Il l'abandonna après en avoir obtenu les dernières faveurs. On dit, quelquefois par ellipse dans le même sens : Elle lui a accordé ses faveurs.

Il se dit encore, particulièrement, de la Bienveillance, des bonnes grâces d'un personnage puissant, du public. Briguer la faveur du peuple. Il obtint un moment la faveur publique. Absolument, Il doit tout à la faveur, et rien au mérite. C'est la faveur qui l'a placé où il est.

Il se dit également du Crédit, du pouvoir qu'on a auprès d'un grand personnage, dont on est aimé, préféré. Sa faveur est grande auprès du ministre. Sa faveur diminue. Sa faveur augmente tous les jours. Abuser de sa faveur. Il est en faveur, en grande faveur. Les personnes en faveur.

Prendre faveur, S'accréditer. Cette opinion prend faveur.

Place, emploi de faveur, Traitement de faveur, Avancement de faveur, Place, emploi, etc., qu'on accorde aux personnes qu'on veut favoriser.

Il se dit encore par opposition à Rigueur, à sévérité. Les juges le traitèrent avec faveur. Je ne demande point de faveur, mais justice. On a dit dans le même sens : C'est un arrêt de faveur.

Il est aussi le nom d'une Sorte de ruban étroit et très léger. Une faveur bleue, rose. Border quelque chose avec de la faveur. Nouer avec une faveur, avec de la faveur.

EN FAVEUR DE, loc. prép. En considération d'une chose passée, en vue d'une chose à venir, en considération de quelqu'un. On lui pardonna en faveur des belles actions qu'il avait faites. Il a déclaré un tel son héritier en faveur de ce mariage.

Il signifie aussi À l'avantage, au profit de. Il a fait son testament, il a testé en faveur d'un tel, en faveur d'un ami. Le jugement est en votre faveur. Je lui parlerai en votre faveur. Ce prince fit beaucoup en faveur des sciences et des arts.

Prévenir en faveur de quelqu'un, de quelque chose, En donner d'avance une opinion avantageuse. Cette conduite prévient en sa faveur. Il a su les prévenir en ma faveur. Ce que vous dites me prévient en faveur de votre méthode.

À LA FAVEUR DE, loc. prép. Par le moyen, par l'aide de. Il s'est sauvé à la faveur de la nuit. Il ne s'est dérobé aux recherches de la police qu'à la faveur de son déguisement.

faveur

Faveur, et support, Fauor.

Faveur de peuple, Aura.

Faveur qu'on porte au peuple, Popularitas.

Garde de faire chose quelconque en faveur d'aucun, Caue quicquam habeat momenti gratia.

Gaigner la faveur du peuple, Facere plebem suam.

Qui a la faveur d'aucun, Gratiosus.

Porter faveur et suyvre le party d'aucun, Fauere.

Prester faveur, Adesse animo.

Il pria la dame luy donner une Faveur pour porter au combat. Elle luy bailla pour faveur un taffetas gris qu'elle portoit sur sa teste contre le hasle du soleil, et luy mist elle mesmes en escharpe sur son harnois.

Il s'en est allé avec faveur de tout le monde, Secunda voluntate hominum exiit.

Les faveurs ou affections des juges, Forensis aura, Gratia forensis, Iudicantium studia. B.

Craindre la faveur des juges, Metuere ab ambitu forensi. B.

Gens qui n'ont point de faveur ou de credit envers les juges, Homines parum in foro gratiosi. B.

N'avoir pas la faveur des juges comme sa partie adverse, Inferiorem esse gratia, opibusque forensibus. B.

Les faveurs des personnes qui sont lez la personne du Roy, Suffragationes aulicae potentiae. B.

Un prisonnier qui est eschappé par la faveur des grands Seigneurs, Reus potentiae patrocinio crimini et poenae exemptus. B.

Faire les choses en justice, par faveur, ou autrement que vertueusement et selon Dieu, Iustitiae decus, aut potentiae aut opulentiae prostituere. B.

Laisser passer par faveur, Gratiose conniuere. B. ex Iustin.

Qui porte faveur à aucun et le supporte, Fautor.

A qui on porte grande faveur, Fauorabilis.

Par faveur, Gratiose, Per gratiam.

Pour acquerir faveur, Fauorabiliter.

faveur


FAVEUR, s. f. [fa-veur.] 1°. Grâce, bienfait. "Grande faveur. "Comble de faveur. "Faites-moi la faveur d'accepter ce petit présent. "Je teindrai cela à faveur. = 2°. Bonnes grâces du Prince, d'un Seigneur, du Public. "La faveur des Grands est une chôse fort inconstante. "Briguer, gagner la faveur du peuple.
   Rem. 1°. Il semble que ce mot a un sens actif: sa faveur, se dit de celui qui favorise, et non de celui qui est favorisé. Quand on veut exprimer ce dernier sens, qui est passif, il faut employer le mot de crédit, ou si l'on veut se servir de celui de faveur, il faut employer la prép. de, et le nom de celui dont on est favorisé. Le P. Rapin dit de Tite-Live, qu'il sacrifia.... ses prétentions, les établissemens qu'il pouvoit espérer de sa faveur, etc. Il falait, ce me semble: de la faveur de l'Empereur, etc. Mme. de Genlis a dit aussi, la faveur d'un courtisan, pour, la faveur du Calice. L'Académie dit, sa faveur augmente, sa faveur diminûe. Mais malgré une si grande autorité, je crois qu'on ne dit pas régulièrement, sa faveur, de celui qui est favorisé — Corneille a mieux dit, à mon avis. {B224a~}
   Enfin vous l'emportez, et la faveur du Roi
   Vous élève en un rang qui n'étoit dû qu'à moi.
Avec en ou dans, il a le sens passif. "Il est en faveur, ou dans la faveur.
   2°. M. Duclos comparant crédit et faveur, dit que ce qui distingue ces deux termes, c'est la fin que l'on se propose en réclamant la puissance. Obtenir un service pour un aûtre, c'est crédit: l'obtenir pour soi-même, ce n'est que faveur. = Quelquefois on personifie la faveur. "Gens atachés à la faveur, aux favoris. = On apèle gens de faveur, ceux qui ne doivent leur élévation qu'à la faveur.
   3°. Il faut éviter de se servir de ce mot au pluriel, quand on parle d'une femme. "J'ai oui dire à un Prédicateur, dans un Sermon, dailleurs bien pensé et bien écrit. "Pour partager les faveurs de Magdelaine, il faut imiter sa pénitence. Outre l'irrégularité de ce régime, cette phrâse présente un sens peu honête. Il falait dire; pour partager les faveurs dont Dieu combla Magdelaine, etc.
   FAVEUR se dit aussi pour recomandation; lettres de faveur; trouver faveur auprès d'une persone puissante: — Par oposition à rigueur de justice. "Je ne demande point faveur, mais justice. — Pour crédit, en parlant des chôses: cette marchandises, cette opinion, ce livre prend faveur.
   En faveur et à la faveur, adv. régissent l'un et l'aûtre le génitif: en faveur d'un tel, à la faveur de la nuit. Le 1er se dit des persones, et se combine avec les pronoms possessifs, en sa faveur, en ma faveur, et non pas, en faveur de lui, de moi? le 2d ne se dit que des chôses, et ne peut point s'unir avec les pronoms. = Ces deux adverbes ont dailleurs des sens diférens. En faveur, signifie, ou en considération de... "On lui a pardoné en faveur des belles actions qu'il a faites; ou, à l'avantage, au profit de... "Il a testé en faveur d'un étranger, au préjudice de ses plus proches parens. "Louis XIV a beaucoup fait en faveur des Sciences et des Arts. À~ la faveur, veut dire, par le moyen, par l'aide de... "Il se sauva à la faveur de la nuit.

faveur

*FAVEUR, etc. Rem. 1°. Ligne 14: "La faveur du calice; lisez du Calife.

Synonymes et Contraires

faveur

nom féminin faveur
1.  Littéraire. Attitude bienveillante.
aide, appui, bienveillance, bonté, protection -familier: piston -littéraire: gracieuseté.
2.  Décision qui avantage quelqu'un.
3.  Popularité dont jouit quelqu'un.
considération, renom, renommée, sympathie, vogue -familier: cote -littéraire: crédit.
défaveur, discrédit -littéraire: déconsidération, disgrâce.
Traductions

faveur

favor, favourfavoreGunst, Gefallenfavorرِضاًpřízeňtjenesteεύνοιαsuosiousluga賛成호의instemmingtjenesteprzysługafavorблагосклонностьtjänstความชื่นชอบyardımsự quý mến宠爱 (favœʀ)
nom féminin
1. aide Je peux te demander une faveur ?
2. au profit de témoigner en faveur de qqn une mesure en faveur de l'emploi
3. fait d'apprécier qqn Cet artiste a la faveur du public.

faveur

[favœʀ]
nf
favour (Grande-Bretagne), favor (USA)
J'ai une faveur à te demander → I've got a favour to ask you.
traitement de faveur → preferential treatment
(dans les locutions suivantes) à la faveur de [+ nuit] → under cover of (= grâce à) → thanks to
en faveur de → in favour of (Grande-Bretagne), in favor of (USA) faveurs
nfpl
s'attirer les faveurs de qn → to find favour with sb (Grande-Bretagne), to find favor with sb (USA)