fendre


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fendre

v.t. [ lat. findere ]
1. Couper dans le sens de la longueur : Il fend du bois pour l'hiver.
2. Provoquer des fentes, des crevasses dans qqch : Le froid fend les rochers crevasser, fissurer, lézarder
3. Litt. Se frayer un passage dans un fluide, une masse : Le yacht fend la mer. Elle a fendu la foule pour venir jusqu'à lui écarter
Fendre l'air,
avancer rapidement.
Fendre le cœur,
causer un vif chagrin.
Geler à pierre fendre,
geler très fort.

se fendre

v.pr.
1. Se crevasser : La terre se fend avec la sécheresse se craqueler, se fissurer
2. Se séparer en fragments : L'ardoise se fend en lames minces se cliver, se diviser
3. En escrime, porter vivement une jambe en avant pour attaquer.
4. Fam. Donner, offrir avec une largesse inhabituelle : Il se fend d'une tournée générale payer
Se fendre la pêche ou, très fam., la gueule,
Fam. rire bruyamment.

fendre


Participe passé: fendu
Gérondif: fendant

Indicatif présent
je fends
tu fends
il/elle fend
nous fendons
vous fendez
ils/elles fendent
Passé simple
je fendis
tu fendis
il/elle fendit
nous fendîmes
vous fendîtes
ils/elles fendirent
Imparfait
je fendais
tu fendais
il/elle fendait
nous fendions
vous fendiez
ils/elles fendaient
Futur
je fendrai
tu fendras
il/elle fendra
nous fendrons
vous fendrez
ils/elles fendront
Conditionnel présent
je fendrais
tu fendrais
il/elle fendrait
nous fendrions
vous fendriez
ils/elles fendraient
Subjonctif imparfait
je fendisse
tu fendisses
il/elle fendît
nous fendissions
vous fendissiez
ils/elles fendissent
Subjonctif présent
je fende
tu fendes
il/elle fende
nous fendions
vous fendiez
ils/elles fendent
Impératif
fends (tu)
fendons (nous)
fendez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais fendu
tu avais fendu
il/elle avait fendu
nous avions fendu
vous aviez fendu
ils/elles avaient fendu
Futur antérieur
j'aurai fendu
tu auras fendu
il/elle aura fendu
nous aurons fendu
vous aurez fendu
ils/elles auront fendu
Passé composé
j'ai fendu
tu as fendu
il/elle a fendu
nous avons fendu
vous avez fendu
ils/elles ont fendu
Conditionnel passé
j'aurais fendu
tu aurais fendu
il/elle aurait fendu
nous aurions fendu
vous auriez fendu
ils/elles auraient fendu
Passé antérieur
j'eus fendu
tu eus fendu
il/elle eut fendu
nous eûmes fendu
vous eûtes fendu
ils/elles eurent fendu
Subjonctif passé
j'aie fendu
tu aies fendu
il/elle ait fendu
nous ayons fendu
vous ayez fendu
ils/elles aient fendu
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse fendu
tu eusses fendu
il/elle eût fendu
nous eussions fendu
vous eussiez fendu
ils/elles eussent fendu

FENDRE

(fan-dr') , je fends, tu fends, il fend, nous fendons, vous fendez, ils fendent ; je fendais ; je fendis ; je fendrai, je fendrais ; fends, fendons ; que je fende, que nous fendions ; que je fendisse ; fendant ; fendu v. a.
Diviser un corps dur ou résistant dans le sens de sa longueur. Fendre du bois. Fendre la tête d'un coup de sabre. Fendre la terre avec une charrue.
Vous écraserez contre terre leurs petits enfants, et vous fendrez le ventre aux femmes grosses [SACI, Rois, IV, VIII, 12]
Je vais te fendre en deux, comme les chevaliers du temps passé fendaient les géants qu'ils rencontraient [LESAGE, Diable boit. ch. 7]
L'archevêque, la bulle à la main, fit massacrer tous les convives ; on fendit le ventre au grand prieur de l'ordre de St-Jean de Jérusalem, et on lui arracha le cœur [VOLT., Mœurs, 130]
L'officier, qui ne peut exercer aucun métier, fut réduit à fendre et à porter le bois du soldat devenu tailleur, drapier, menuisier, ou maçon, ou orfévre, et qui gagnait de quoi subsister [ID., Charles XII, 4]
Ce guerrier franc qui ne voulut jamais permettre que Clovis ôtât du butin général un vase de l'église de Reims, et qui fendit le vase à coups de hache, sans que le chef osât l'en empêcher [ID., Mœurs, 18]
Fig. Fendre la tête à quelqu'un, lui faire aux oreilles un bruit insupportable.
De cent coups de marteau me va fendre la tête [BOILEAU, Sat. VI]
Familièrement. Il me semble qu'on me fend la tête, c'est-à-dire j'éprouve un très violent mal de tête. Fig. Fendre le cœur, exciter la plus vive commisération.
Me lançant un regard qui le cœur me fendit [RÉGNIER, Dial.]
Et son abord charmant fendrait un cœur de roche [DESMARETS, Mirame, IV, 1]
Ma mie, vous me fendez le cœur ! consolez-vous, je vous prie [MOL., Mal. im. I, 9]
Ce discours me fend l'âme, hélas ! mon pauvre maître ! [REGNARD, le Légat. IV, 6]
Fig. Fendre un cheveu en quatre, faire des distinctions, des divisions trop subtiles. C'est vouloir fendre un cheveu en quatre. Cet homme fendrait un cheveu en quatre. Fig. Fendre les pieds, ancienne expression qui signifiait renvoyer un domestique.
Séparer, traverser les parties d'une masse.
Les éclairs fendaient la nue de l'un à l'autre pôle [FÉN., Tél. XVII]
Les rameurs fendaient les ondes écumantes [ID., ib. III]
Asmodée n'avait pas vanté sans raison son agilité ; il fendit l'air comme une flèche décochée avec violence [LESAGE, Diable boit. ch. 3]
De ses deux bras nerveux il fend la mer émue [LAMOTTE, Fabl. v, 9]
Je laissai mon vaisseau fendre le sein de l'onde, Et je restai dans ma maison [VOLT., Ép. XCII]
Fendre le vent, s'échapper au plus vite ; locution qui tombe en désuétude.
La mer du levant Où le vieux Louchali fendit si bien le vent [RÉGNIER, Sat. X]
Rien ne semblait plus sûr qu'un si proche hyménée ; Et, parmi ses apprêts, la nuit d'auparavant, Vous sûtes faire gille et fendîtes le vent [CORN., Suite du Ment. I, 1]
Il a fendu le vent, s'est dit d'un banqueroutier ou d'un fugitif. Par extension. Fendre une foule, la traverser en l'écartant.
Mon cœur à cet objet.... Me fit fendre les rangs.... [ROTROU, Bélis. V, 5]
En quelque endroit que j'aille, il faut fendre la presse D'un peuple d'importuns qui fourmille sans cesse [BOILEAU, Sat. VI]
Il fend les flots du peuple et la troupe craintive [VOLT., Irène, II, 6]
Faire que les parties d'un corps continu se séparent et laissent des intervalles entre elles. La gelée fend les pierres.
Le soleil, qui fend ici la terre et qui brûle les rochers, n'a pu à grand'peine que m'échauffer [VOIT., Lett. 42]
Populairement. Geler à pierre fendre, geler très fort.
Il gelait la semaine passée à pierre fendre [SÉV., 488]
Fig.
Mlle de la Trousse dont la douleur fend les pierres [SÉV., 151]
V. n. Il ne s'emploie que figurément et avec cœur ou tête. Le cœur me fend, c'est-à-dire j'éprouve un vif chagrin, une vive pitié. La tête me fend, c'est-à-dire j'éprouve un embarras extrême à la tête, soit à cause du bruit qu'on fait, soit à cause des occupations qui me surchargent.
Pour moi, la tête me fend, ma cervelle bout du czar Pierre et des tragédies, de trois terres que je gouverne bien ou mal.... [VOLT., Lett. Mme de Fontaine, 11 juin 1761]
Se fendre, v. réfl. Être fendu. Le bois blanc se fend très facilement.
Les matières vitrescibles en se refroidissant ont diminué de volume et se sont par conséquent fendues de distance en distance ; celles qui sont composées de matières calcaires amenées par les eaux se sont fendues par le desséchement [BUFF., Addit. Théor. terr. Œuv. t. XII, p. 449, dans POUGENS]
Il se dit d'une masse dont les parties se séparent et laissent des ouvertures entre elles.
Les enfers vont s'ouvrir et la terre se fend [TRISTAN, Herc. mour. III, 5]
Du soleil la terre embrasée, Faute de pluie et de rosée, Se fendit en plusieurs endroits [SCARRON, Virg. III]
Vers minuit le passage a commencé ; mais les premiers qui s'éloignent du bord avertissent que la glace plie sous eux, qu'elle s'enfonce, qu'ils marchent dans l'eau jusqu'au genou ; et bientôt on entend ce frêle appui se fendre avec des craquements effroyables qui se prolongent au loin comme dans une débâcle [SÉGUR, Hist. de Nap. X, 9]
Par extension, il se dit d'une foule qui s'ouvre.
Qui, voyant venir les Troyens, Se fendant, leur firent passage [SCARRON, Virg. VIII]
Fig.
Mon cœur se fend d'amour et s'ouvre à la pitié [RÉGNIER, Dial.]
Mon cœur à ce discours se fend par la moitié [TRISTAN, Marianne, v, 2]
Il semble que mon cœur veuille se fendre par la moitié [SÉV., 15]
Ah ! quel cœur de rocher et quelle âme assez noire Ne se fendrait en quatre en entendant ces mots ? [REGNARD, Légat. v, 7]
Mes larmes l'arrosent, et mon cœur qui se fend s'échappe vers vous [VOLT., Écoss. IV, 6]
[La beauté que le chrétien adore] Si un seul de ses regards tombait directement sur le cœur de l'homme, il ne pourrait le soutenir, il se fendrait de délices [CHATEAUB., Génie, II, III, 8]
Avec suppression du pronom personnel.
Je vous assure qu'il n'y eut jamais une tristesse pareille à la mienne : et, si j'osais écrire des lettres pitoyables, je dirais des choses qui vous feraient fendre le cœur [VOIT., Lett. 19]
Mme de Longueville fait fendre le cœur [SÉV., 148]
Terme d'escrime. Se fendre, porter la jambe droite en avant en laissant le pied gauche en place.
Populairement. Se fendre, commettre une prodigalité peu ordinaire (locution figurée tirée de l'escrime). Il s'est fendu de cent francs. Je me fendrai de six bouteilles de champagne. Absolument. Quand il s'agit de se fendre, il se fait tirer l'oreille.

HISTORIQUE

  • Xe s.
    Fendut que tost le volebat [, Fragm. de Val. p. 469]
  • XIe s.
    Donc [il] a tel duel [deuil] pur po [peu] d'ire ne fend [, Ch. de Rol. XXII]
  • XIIe s.
    D'un chef en l'autre [il] lui a frait et fendu [l'escu] [, Ronc. p. 61]
    Pourtant peüst mes cuers [mon cœur pourrait] de dolor fendre [, Couci, v]
  • XIIIe s.
    Lanfroi, qui le bois soloit vendre, Un chesne ot conmencié à fendre [, Ren. 10282]
    Et Renart s'est acheminez, Et s'en vait par le bois fendant [, ib. 339]
    Or avint ainsi que je trouvai un gamboison d'estoupes à un Sarrasin, je tournai le fendu [le côté ouvert] devers moy, et fis escu du gamboison, qui m'ot grant mestier [JOINV., 228]
  • XVe s.
    Adonc descendit Philippe de l'eschafaud où il avoit presché et s'en vint, fendant le marché, jusques à son hostel [FROISS., II, II, 176]
    Ouvrez vos yeulx, fendés vos testes, Oyez nos sciences honnestes, Puisque l'heure y est disposée [COQUILLART, les Droits nouveaux.]
  • XVIe s.
    Mercure fend le vuyde de l'aer, descend legierement en terre, et.... [RAB., Pant. Nouv. prol. 4]
    Nous veismes Ouy dire : il avoyt la gueulle fendue jusques aux oreilles [ID., ib. V, 31]
    La terre fend, et parmi ses fendaces La grand lueur jusqu'aux regions basses A penetré [MAROT, IV, 70]
    Du bruit des voix tout l'air fendoit [ID., IV, 291]
    Le chartier ne laissa pas pour ses prieres de chasser les chevaux, de maniere que les autres enfants se fendirent pour le laisser passer [AMYOT, Alc. 3]
    Il fendit incontinent et entr'ouvrit l'endroit de la bataille des ennemis, où il donna [ID., Cor. 12]
    ....Cratesiclea, en l'embrassant et baisant, sentit que le cueur luy soublevoit et fendoit de regret et de douleur [ID., Agis et Cléom. 52]
    Geler à pierre fendante [COTGRAVE, ]
    Je ne veulx ny debattre avecques un nuissier de porte, miserable incogneu, ny faire fendre en adoration les presses où je passe [MONT., IV, 28]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourguig. l'abre se foint ; provenç fendre ; espagn. hender ; portug. fender ; ital. fendere ; du lat. findere ; sanscrit, bhid, fendre.

fendre

FENDRE. v. tr. Diviser en long. Fendre un arbre. Fendre du bois. Fendre en deux. Fendre avec des coins, avec une cognée. Fendre la peau légèrement.

Fig. et fam., Fendre la tête à quelqu'un, L'incommoder en faisant un grand bruit. Ils me fendent la tête avec leurs cris. On dit de même : Ce bruit, ce tapage me fend la tête.

Fig., Fendre le coeur, Exciter une très vive compassion. Ce spectacle était à fendre le coeur, me fendait le coeur.

Il signifie par analogie Traverser avec effort un corps, une masse quelconque en en séparant les parties. Un navire qui fend l'eau, qui fend les vagues. Fendre l'eau en nageant. Un oiseau qui fend l'air. Fendre la foule.

Il signifie encore Faire que les parties d'un corps continu se séparent et laissent des intervalles entre elles. La trop grande sécheresse fend la terre. La gelée fend les pierres. Il a gelé à pierre fendre.

SE FENDRE signifie S'entrouvrir, se gercer. La glace se fendit sous ses pieds. Cette plaque de marbre s'est fendue en plusieurs endroits. Une muraille qui commence à se fendre. Les lèvres se fendent par le grand froid. Un fruit qui se fend parce qu'il est trop mûr.

En termes d'Escrime, il signifie Écarter les jambes de manière à porter en avant un pied loin de l'autre. Fendez-vous.

Le participe passé s'emploie comme adjectif, surtout dans les phrases suivantes :

Des yeux bien fendus, Des yeux grands et un peu longs.

Par exagération et par plaisanterie, Avoir la bouche fendue jusqu'aux oreilles, Avoir une bouche fort grande.

Ce cheval a les naseaux bien fendus, Il a les narines fort ouvertes.

Être bien fendu, se dit d'un Homme qui a les cuisses et les jambes longues.

fendre

Fendre, Findere.

Fendre et entailler, Execare.

Fendre et couper la terre bien menu, Diffindere minute humum.

Fendre la presse, et passer parmi les gens de la garde d'un Roy, Dimouere, perfrangereque custodias.

Fendre par la moitié, Diffindere medium.

Se fendre et crevasser, Rimas agere.

Le bois ne se peut fendre, Lignum secures respuit.

L'arbre se fend, Dehiscit arbor.

Porreau qui se fend en pieces, Sectile porrum, aut Sectiuum porrum.

La terre se fend de chaleur, Terra aestibus hiat.

Les cornes du pied d'une beste qui ne sont point fendues, Vngulae indiuisae.

Fendu, Scissus, Hiulcus, Fissus.

Fendu en deux, Bifidus.

Fendu et entr'ouvert avec un coing, Discuneatus.

Fendu en plusieurs parties, Multifidus.

Fendu, ou aisé à fendre, Fissilis.

Synonymes et Contraires

fendre

verbe fendre
1.  Couper une matière solide.
2.  Produire des fentes sur une surface.

fendre (se)

verbe pronominal fendre (se)
Traductions

fendre

spalten, bersten, zerspringensplit, cleave, slit, rend, crackdoorklieven, klieven, kloven, splijten, (doen) splijten, hakken, barsten, splitsenביקע (פיעל), ביתר (פיעל), בקע (פ'), סדק (פ'), פילח (פיעל), קרע (פ'), שיסע (פיעל), שִׁסֵּעַ, בִּקֵּעַ, סָדַק, קָרַעbarsclivellar, esberlar, esqueixar, esquerdar, estellar, fendirspalte, revne, splittefendirajar, hender, agrietar, dividirfendere, spaccare, schiantare, scoscendere, spaccarsifender, partir, rachar, dividir, quebrarklyva, dela upp, sprickaيَتَصَدَّعُ, يُقَسِّمُprasknout, rozštípnout (se)διαιρώ, ραγίζωmurtua, pilkkoanapuknuti, raskoliti割る, 割れる금이 가다, (...으로) 쪼개다splitte, sprekkepęknąć, rozłupaćраскалывать, треснутьแตกร้าว, แยกayırmak, çatlamaklàm rạn nứt, vỡ分岔, 破裂 (fɑ̃dʀ)
verbe transitif
1. couper dans la longueur fendre une bûche
2. faire une ouverture, une cassure dans qqch Le gel a fendu la pierre.
3. figuré faire de la peine Cela me fend le cœur.

fendre

[fɑ̃dʀ] vt
[+ bois] → to split
[+ pierre] → to crack
geler à pierre fendre
Il gèle à pierre fendre → It's freezing hard.
(fig) fendre les airs → to cut through the air
fendre l'eau → to cut through the water
fendre le cœur de qn → to break sb's heart [fɑ̃dʀ]
vpr/pass [pierre, bois] → to crack
vpr/réfl
se fendre de [+ obole, somme] → to fork out; [+ sourire] → to crack
Il aurait pu se fendre d'un sourire → He could have cracked a smile.