fief

(Mot repris de fiefs)

fief

n.m. [ frq. fehu, bétail ]
1. Dans le système féodal, terre, droit ou revenu qu'un vassal tenait de son seigneur et en échange desquels il devait accomplir le service dû à celui-ci.
2. Zone d'influence prépondérante, secteur réservé : Le fief électoral du maire où il est toujours réélu

fief

(fjɛf)
nom masculin
1. histoire au Moyen Âge, domaine qu'un seigneur confie à qqn avoir un terrain en fief
2. figuré domaine réservé le fief électoral d'un maire

FIEF

(fièf) s. m.
Terme de féodalité. Domaine noble, relevant du seigneur d'un autre domaine, concédé sous condition de foi et hommage et assujetti à certains services et à certaines redevances.
Les biens réservés pour les leudes furent appelés des biens fiscaux, des bénéfices, des honneurs, des fiefs, dans les divers auteurs et dans les divers temps [MONTESQ., Esp. XXX, 16]
Ceux qui ont écrit le livre des fiefs nous apprennent que d'abord les seigneurs purent les ôter à leur volonté ; qu'ensuite ils les assurèrent pour un an, et après les donnèrent pour la vie [ID., ib.]
Celui qui avait le fief avait aussi la justice, qui ne s'exerçait que par des compositions aux parents et des profits au seigneur [ID., ib. 20]
Je ne puis douter que dès ce temps-là [le temps des maires du palais] la plupart des fiefs n'eussent été rendus héréditaires [ID., ib. XXXI, 7]
L'hérédité des fiefs et l'établissement général des arrière-fiefs éteignirent le gouvernement politique et formèrent le gouvernement féodal ; au lieu de cette multitude innombrable de vassaux que les rois avaient eus, ils n'en eurent plus que quelques-uns dont les autres dépendirent [ID., ib. 32]
Fig.
D'ailleurs, si par les biens on prise les personnes, Le théâtre est un fief dont les rentes sont bonnes [CORN., l'Illus. com. V, 5]
Fief servant, se disait d'un fief quelconque pour en indiquer la dépendance à l'égard de celui dont il relevait et qu'on nommait fief dominant. On disait dans le même sens : fief mouvant d'un autre fief. Fief de dignité, celui auquel était attaché, un titre, comme un duché, un comté. Franc-fief, fief possédé par un roturier, avec concession et dispense du roi, contre la règle qui ne permettait pas aux roturiers de tenir des fiefs. Droits de francs-fiefs, taxe de francs-fiefs, droit domanial qui se levait de temps en temps sur les roturiers, possesseurs de terres nobles.
Lui dire de songer à faire payer les francs-fiefs dans son gouvernement [SÉV., 244]
Arrière-fief, fief mouvant d'un autre fief. De son domaine faire son fief, donner en fief une partie de son domaine. Fief suzerain, fief qui ne relevait de personne ou qui ne relevait que de la couronne. Fief de corps ou fief lige, celui dont le vassal était tenu par l'hommage lige. Fief pairie, fief auquel la dignité de pair était attachée. On disait dans le même sens : les grands fiefs.
Il s'est dit aussi de certaines propriétés, autres que les domaines et possédées de la même manière que les fiefs. Le droit de chasse, les essaims d'abeilles pouvaient devenir fiefs.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Le seignur en ki fiu [dans le fief duquel] il maindra [, Lois de Guill. 3]
    Teres et fiez, tant com vos en vuldrez [, Ch. de Rol. v]
    À lui lais-je mes honors et mes fieus [, ib. XXIII]
    Et à mei [qu'il] vienne reconoistre son feu [, ib. CLXXXIX]
  • XIIe s.
    E quant en barunie de lui granz fius tenez, Jugement en sa curt e dreit i sufferrez [, Th. le mart. 45]
  • XIIIe s.
    Li vileins dit par repruvier, Qu'amur de seignur n'est pas fieuz [MARIE, Éliduc.]
    Li per furent sage et jugerent par droit que li rois Phelippes pooit et devoit le fief saisir, que li rois Jehans devoit tenir de lui [, Chr. de Rains, p. 133]
    Il sont aucun fief c'on apele fiés abregiés [fiefs dans lesquels il est dû des services limités] [BEAUMANOIR, XXVIII, 7]
    Tuit li home de la conté, qui tienent de fief, ont en lor fiés hautes justices et basses [ID., LVIII, 1]
    S'eles [les femmes] tienent fief, eles doivent cel meisme service que uns hons devroit [ID., XXIX, 19]
    Se hons de poesté maint en franc fief, il est demenés comme gentix hons [ID., XXX, 44]
    Et le conte de Champaingne vendi au roy parmi [pour] quarante mil livres les fiez ci après nommés [JOINV., 204]
  • XVe s.
    Si lui donna le jeune roi quatre cents marcs d'esterlins de rente heritablement, à tenir de lui en fief, et à payer chacun an en la ville de Bruges [Édouard III à Jean de Hainaut] [FROISS., I, I, 27]
  • XVIe s.
    Il lui respondit que ouy, en arriere-fief ; mais qu'en proche fief, il tenoit de M. de Vielleville [CARLOIX, V, 30]
    En fiefs abonnés [dont les droits casuels sont remplacés par une rente ou redevance annuelle] vendus, ne sont dus quints ni requints [LOYSEL, 574]
    Les droits dus par le vassal à son seigneur se paient selon la coustume du fief servant ; mais la foi et hommage se doivent faire en la forme du fief dominant [ID., 594]
    En fief de danger, le vassal qui s'en met en jouissance sans le congé de son seigneur, perd son fief, et c'est pour cela qu'il est dit fief de danger [ID., 646]
    Qui fief nie ou fief rogne, fief perd [LAURIÈRE, Gloss. du droit fr.]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. feu, fieu ; espagn. et portug. feudo ; ital. fio, feudo ; bas-lat. feudum, feodum ; du germanique : lombard, fader-fium, bien paternel ; anglo-sax. feoh, bétail ; anc. haut allem. fihu, fehu, troupeau ; goth. faihu, biens, avoir ; anc. frison, fia, troupeau et avoir ; allem. mod. Vieh, bétail (comp. le latin pecus, et voy. PÉCORE). Feudum, feodum est formé de l'allemand avec l'épenthèse d'un d servant à la prononciation, et venant probablement de la transformation de l'h ; ce d est passé dans féodal, féodalité, feudataire, feudiste. Le sens primitif de fief est donc biens, avoir ; sens déterminé ensuite par l'usage à signifier une espèce particulière de possession.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    FIEF.
    Ajoutez :
  • Fig.
    Le théâtre est un fief dont les rentes sont bonnes [CORN., Illus. V, 5]
  • Plain fief, s'est dit pour fief direct.
    Quant au fief de la Motteprevoy, dont ledit sieur de la Chesnaux vous a parlé.... il est sans doute consolidé à sa dite terre et est devenu un plain-fief au lieu d'un arrière-fief [, Lettres, etc. de Colbert, VII, p. 7]

fief

FIEF. n. m. Domaine noble dont le possesseur, appelé Vassal, devait l'hommage et ordinairement aussi quelque redevance, quelque service, etc., au seigneur, au possesseur d'un autre domaine. On l'a dit également de Certaines autres choses et de certains droits, qui étaient possédés de la même manière. Fief de la couronne. Fief de l'Empire. Tenir un office, un droit de chasse en fief.

Il s'emploie aujourd'hui, par extension, pour désigner, au propre et au figuré, le Domaine où quelqu'un est maître, s'est érigé en maître. Ce département est le fief de tel député. Un fief électoral. L'égyptologie est le fief de ce savant.

fief

Fief, ou chose tenuë noblement. Praedium beneficiarium, Clientelaris res, Fundus clientelaris, Praedium clientelare. Bud. Il vient de ce mot Feld, Allemant, qui signifie champ, et non pas de cestuy Latin, Fides, ou Fidelitas, voyez Ban.

Fief de haubert est le fief pour le service duquel le feudataire est tenu faire un homme d'armes. Cette appellation est usitée au seul païs de Normandie, où l'on l'appelle aussi fief de plein chevalier, ou plein fief de chevalier.

Fief noble se dit, combien que l'adjonction de noble ne soit necessaire à exprimer l'estat, nature, et condition du fief, mais dautant que tous fiefs et heritages tenus en fief, sont dits estre tenus noblement, et les rotures roturierement. Aussi les cognoissances et marques du fief sont trois par excellence, assçavoir, Justice, Censive, et Fiefs mouvans de luy. Selon ce on dit franc Aleu, auquel y a Justice, Censive, ou Fiefs mouvans de luy se partir, comme fief noble, et où il n'y a Justice Censive, ne Fiefs mouvans, se partir roturierement.

Une seigneurie dont il se meut beaucoup de beaux fiefs, ou dont plusieurs beaux fiefs sont tenus et mouvans, Praedium multis et magnis clientelis late patens. Bud.

Heritages tenus en fief, Patrimonium gentilitium. B. Praedia quae fide, clientela atque obsequio stipulatis, ac promissis, a praediorum istiusmodi dominis alicui conceduntur.

Le fief dominant, Praedium superius. Bud. Praedium beneficiarium. praecipuum.

Le seigneur du fief, Patronus possessionis clientelaris. B.

Demander commission ou confiscation de fief, Lege agere commissoria in clientem, Legem exercere commissoriam in beneficiarium. Bud.

Fief confisqué par felonnie, Praedium ob noxam datum lege commissoria.

Confiscation de fief, Commissi poena. B.

Proces en matiere de confiscation de fief, Iudicium commissae clientelae. Bud.

Perdre ou confisquer son fief par felonnie, Committere ob perfidiam benificiarium praedium. B.

Fief, ou Arriere-fief ouvert, est dit celuy, où nul vassal se presente à faire hommage, et payer les debvoirs, et droicts deubs au seigneur feodal, et est dit ouvert, parce que par faute d'homme, droicts et debvoirs non faits et non payez, entrée et ouverture est faicte à la main mise du seigneur feodal, Praedium beneficiarium, quod in causam caducariam cecidit. B.

Par la coustume, homme aagé de vingt ans est reputé majeur pour porter hommage de son fief, Moribus nostris adolescens viginti annorum factus commissoriam personam habere existimatur, et ad aetatis annos commissoriae peruenisse. B.

Relever un fief, Faire la foy et hommage d'un fief, Applicare se ad aliquem, vt fundi acquisiti patronum, et fidem ei dare, et ab eo accipere. Bud.

Saisir et mettre un fief en la main du Roy, confortative de celle du seigneur feodal, Un confortemain, Manus regiae iniectio in praedium clientelare manum patroni corroborans. B.

Le seigneur feudal qui reclame son fief par saisie, ou autrement, Vindex clientelae. Bud.

Gens cognoissans les coustumes et charges des fiefs, et autres heritages, Praediatores homines. B.

fief


FIEF, s. masc. FIEFFÉ, ou FIÉFÉ, ÉE, adj. FIEFFER, ou FIÉFER, v. act. [Fièf: monos. fiéfé, fé-e, fiéfé: 1re è moy. au 1er, é fermé aux aûtres, 2e é fermé aux trois derniers, long au fém.] Fief, domaine noble. Fieffer, bailler en fief. = Fiéfé, au propre, se dit d'un Oficier dépendant d'un fief. "Sergent fiéfé. — Au figuré (st. famil.) "Fripon, ivrogne fiéfé; coquette fiéfée: qui l'est au suprême degré.

Synonymes et Contraires

fief

nom masculin fief
Secteur de compétence.
Traductions

fief

מעוז (ז)

fief

feudo

fief

feudo

fief

fief

fief

Lehen

fief

[fjɛf] nm
(HISTOIRE)fief
(fig) [parti] → stronghold
son fief électoral → his electoral heartland