final, ale

FINAL, ALE

(fi-nal, na-l') adj.
Qui finit, qui est à la fin. État final. Compte final. La syllabe finale d'un mot. La mesure finale d'un air. Point final, le point qui termine une phrase et qui marque un sens complet. Populairement. En fin finale, finalement, enfin.
Terme de théologie. Qui dure jusqu'à la fin de la vie. Impénitence finale. Familièrement. Mourir dans l'impénitence finale, garder, contre les avis, une opinion qu'on s'est formée.
Il est vrai que je meurs dans l'impénitence finale sur les testaments ; mais aussi je meurs dans le respect et dans la reconnaissance finale avec laquelle j'ai l'honneur d'être [VOLT., Lett. Mme d'Aiguillon, 16 oct. 1771]
Cause finale, le but qu'on se propose.
La gloire de Dieu doit être la cause finale de toutes nos actions [, Dict. de l'Acad.]
Particulièrement, dans le langage de la philosophie, cause finale, la fin, la destination dernière des choses et, par conséquent, l'objet pour lequel elles sont faites.
Newton croyait aux causes finales ; j'ose y croire comme lui ; car enfin la lumière sert à nos yeux, et nos yeux semblent faits pour elle [VOLT., Lett. Dionis, 18 janv. 1775]
J'avoue qu'une raison tirée des causes finales n'établira ni ne détruira jamais un système en physique [BUFF., Animaux, Syst. de la génération.]
La nature est bien éloignée de s'assujettir à des causer finales dans la composition des êtres [ID., Cochon.]
Quelques partisans des causes finales ont imaginé que la lune avait été donnée à la terre pour l'éclairer pendant les nuits [LAPLACE, Exp. IV, 5]
La doctrine des causes finales, celle qui prétend assigner l'objet spécial que la divinité s'est proposé dans la création de chaque être.
S. f. La dernière syllabe d'un mot. La finale est longue, brève. La dernière partie d'un son.
[Les pétrels damiers] faisant entendre leur voix aigre et enrouée, dont la finale a quelque chose du cri du goëland [BUFF., Ois. t. XVII, p. 445, dans POUGENS]
Terme de musique. La principale corde du mode, sur laquelle un morceau doit finir ; on l'appelle aussi tonique. Terme de plain-chant. Note sur laquelle se termine une antienne, une hymne ou un autre morceau. Terme de danse. La cinquième et dernière figure du quadrille ordinaire. Cette figure se compose ainsi : 1° Les deux couples vis-à-vis traversent et retraversent en pas de galop (8 mesures) ; 2° ils font en avant quatre et en arrière, même pas (4 mesures) ; 3° en avant quatre et en arrière en changeant de dames (4 mesures) ; 4° chaîne des dames (8 mesures) ; 5° et 6° on recommence les 2° et 3° (8 mesures) ; 7° pour finis grand rond en pas de galop. - La finale se dansait différemment il y a trente ans. On commençait par un chassez-croisez exécuté par les deux couples vis-à-vis ; après quoi on dansait la figure de l'été ; cela se répétait quatre fois ; pour finir on faisait un chassez-huit. Final fait au masculin pluriel finals : sons finals.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Chascune ars a une finel chose qui adresce ses oevres [BRUN. LATINI, Trésor, p. 257]
  • XIVe s.
    Richesses ne sont pas le bien final, lequel l'en quiert pour lui meisme [ORESME, Eth. VI (10).]
  • XVe s.
    Et repondit [le comte de Flandre] que.... il envoyeroit à Tournay par son conseil hastivement reponse finale [FROISS., II, II, 150]
    Et repeurent, pour fin finalle, De ce qui estoit appresté [VILLON, la Repue de Montfaucon.]
  • XVIe s.
    La destruction finale de Carthage [AMYOT, Caton, 53]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. et espagn. final ; ital. finale ; du latin finalis, de finis, fin (voy. FIN 1).

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • FINAL. Ajoutez : - REM. à la fin de l'article FINAL, il est dit que le pluriel masculin est finals. Cependant on trouve aussi finaux :
    Les phénomènes finaux [S. DE LUCA, Acad. des sc. Comptes rend. t. LXXXIII, p. 513]