fini, ie

FINI, IE

(fi-ni, nie) part. passé de finir
Qui est à sa fin.
Et l'on verra peut-être avant ce jour fini Ma passion vengée et votre orgueil puni [CORN., Méd. II, 3]
Et ce soir destiné pour la cérémonie Fera voir pleinement si ma haine est finie [ID., Rod. IV, 1]
Vous vous disiez à vous-même que, certains engagements rompus, que, certaines bienséances finies, vous mettriez tout de bon ordre à votre conscience [MASS., Carême, Samar.]
Je verrai donc mes maux ou comblés ou finis [VOLT., Sémir. I, 6]
Tout est fini, les choses sont dans un état tel, qu'il n'y a plus rien à y changer.
Ou plutôt cet hymen me servira de loi : S'il s'achève, il suffit, tout est fini pour moi [RAC., Iphig. II, 1]
Voilà qui est fini, toute hésitation a cessé.
Voilà qui est fini, madame, vous me déterminez [MARIV., Sec. surpr. de l'am. I, 7]
Familièrement. Un homme fini, un homme qui n'a plus rien à attendre de l'avenir, dont la santé est détruite, dont le crédit est ruiné, dont l'esprit ne produira plus rien.
Terme d'arts. Soigneusement terminé. Ce tableau est bien fini. Des pièces bien finies. Chez les sculpteurs, marbre fini, celui qui est terminé avec le petit ciseau et la râpe. Il se dit aussi des œuvres littéraires. Cet auteur travaille vite, et ses ouvrages ne sont pas assez finis.
Terme de manége. Se dit d'un cheval complétement dressé. Dans le parler vulgaire. Qui atteint le plus haut degré, qui possède une qualité au plus haut degré. C'est un acteur fini ; et plus souvent, en mauvaise part : c'est un voleur fini, un gueux fini.
Qui a des bornes, qui n'est pas sans fin ou sans bornes.
Il est clair que tout corps est fini, nous en voyons et nous en touchons les bornes certaines [BOSSUET, Lib. arb. 4]
Satisfaire une âme dont les désirs ne sont pas finis et qui ne se peut reposer qu'en Dieu [ID., Sermons, 3e dim. après Pâq. Provid. préambule.]
Il est sujet à l'ignorance comme toutes les intelligences finies [MONTESQ., Espr. I, 4]
Si le monde est fini, s'il y a du vide, la matière n'existe donc pas nécessairement [VOLT., Phil. Newt. I, 1]
Une chose finie est une chose qui a des bornes ; une chose infinie n'est que cette même chose finie à laquelle nous ôtons ces termes et ces bornes [BUFF., Ess. arith. mor.]
Terme de mathématique. Grandeur finie, celle qui a des bornes. Progression finie, celle qui n'est composée que d'un certain nombre de termes. Nombre fini, celui dont on peut exprimer la valeur.
Terme de grammaire. Sens fini, se dit par opposition à sens suspendu. Modes finis, et plutôt modes définis, modes du verbe qui indiquent personne, nombre et temps, par opposition à l'infinitif et au participe, qu'on appelle modes indéfinis. L'indicatif est un mode fini.
S. m. Le fini, ce qui a des bornes.
Dans la vue de ces infinis, tous les finis sont égaux [PASC., Pens. t. I, p. 261, édit. LAHURE.]
Le fini est-il, dans votre esprit, autre chose que l'image de quelque mesure bornée ? l'infini est-il autre chose que l'image de cette même mesure que vous prolongez sans trouver fin ? [VOLT., Dict. phil. Imagin.]
L'idée de l'infini ne peut venir que du fini ; c'est ici [dans les espèces vivantes] un infini de succession, un infini géométrique ; chaque individu est une unité, plusieurs individus font un nombre fini, et l'espèce est le nombre infini [BUFF., Hist. anim. Œuvres, ch. 2, t. III, p. 38, dans POUGENS.]
Entre le fini et l'infini, la distance est toujours infinie, et il n'y a que l'être existant par soi dont la perfection soit absolue [BONNET, Œuv. mél. t. XVIII, p. 197, dans POUGENS]
Terme d'arts. La qualité d'un ouvrage terminé avec soin. Ce travail est d'un beau fini. Cela manque de fini.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    FINI. Ajoutez :
    En termes de turf, être fini, se dit d'un cheval à bout de force.
    En bas de la côte, Bar-le-Duc était fini [, Journ. offic. 30 mai 1872, p. 3564, 1re col.]