flanc

flanc

[ flɑ̃] n.m. [ du frq. ]
1. Chacun des côtés du corps, chez l'homme et chez l'animal : Le chien se couche sur le flanc.
2. Litt. Entrailles maternelles : Elle porte un enfant dans ses flancs.
3. Partie latérale d'une chose : Les flancs d'une montagne
versant : Ils ont attaqué le flanc droit de notre armée
À flanc de,
sur la pente de : Une hôtel construit à flanc de coteau.
Être sur le flanc,
Fam. être alité ; exténué.
Prêter le flanc à,
Litt. donner lieu, s'exposer à qqch de désagréable : Cette déclaration prête le flanc à la moquerie.

FLANC

(flan ; le c ne se lie pas, excepté dans : de flan-k en flanc ; au pluriel, l's se lie : des flan-z allongés) s. m.
Chaque côté du corps, depuis le défaut des côtes jusqu'aux hanches. Le flanc droit. Le flanc gauche.
Se repose la nuit sur l'un et l'autre flanc [RÉGNIER, Sat. V]
Le lion hérisse sa crinière.... il bat ses flancs avec sa longue queue [FÉNEL., Tél. II]
Un dieu qui d'aiguillons pressait leurs flancs poudreux [des chevaux] [RAC., Phèdre, V, 6]
Il a observé que les Tartares de Crimée et de la province de Cuban jusqu'à Astracan, sont de taille médiocre, qu'ils ont les épaules larges, le flanc étroit, les membres nerveux, les yeux noirs et le teint basané [BUFF., Hist. nat. hom. Œuv. t. V, p. 19, dans POUGENS]
Tout me pèse [au malade] et me lasse ; aide-moi, je me meurs ; Tourne-moi sur le flanc, ah ! j'expire ! ô douleurs ! [A. CHÉN., le Malade.]
Par extension.
La voyez-vous passer, la nuée au flanc noir ? [V. HUGO, Orient. 1]
Familièrement. Être sur le flanc, être alité. Voilà trois semaines qu'il est sur le flanc. Terme de manége. On dit qu'un cheval a du flanc quand ses côtes sont amples et bien tournées. On dit qu'il a les flancs cousus, lorsqu'il y a si peu d'épaisseur de l'un à l'autre flanc qu'ils semblent cousus. Battre du flanc ou des flancs, se dit d'un cheval essoufflé. Fig. Se battre les flancs pour quelque chose, s'agiter, se donner beaucoup de mouvement sans succès, métaphore prise du lion qui se bat les flancs de sa queue quand il est irrité.
Je me bats les flancs pour trouver la façon d'être la moins malheureuse qu'il me soit possible ; car, pour le mot d'heureux, il ne me paraît guère fait que pour les romans [VOLT., Lett. Mme du Deffant, 3 oct. 1764]
Le sein, les entrailles.
Mes yeux ont vu son sang Couler à gros bouillons de son généreux flanc [CORN., Cid, II, 9]
Je vois que votre honneur demande tout mon sang, Que tout le mien consiste à vous percer le flanc [ID., Hor. II, 3]
Des victimes vous-même interrogez le flanc [RAC., Iphig. I, 2]
Narbas, on va plonger le couteau dans son flanc [VOLT., Mérope, III, 5]
Barbare, il est trop vrai : viens épuiser mon flanc Du reste infortuné de cet auguste sang [ID., Zaïre, V, 10]
Poétiquement. Le sein d'une mère.
Elle porte en ses flancs un fruit de cet amour [CORN., Sertor. III, 4]
Il mêle avec l'orgueil qu'il a pris dans leur sang La fierté des Nérons qu'il puisa dans mon flanc [RAC., Brit. I, 1]
Ce fils qu'une amazone a porté dans son flanc [ID., Phèdre, I, 3]
Se dit des objets creux et enfoncés.
Et dans les flancs affreux de leurs roches sanglantes Remportent à grands cris ces dépouilles vivantes [VOLT., Henriade, IV]
Soit dans les flancs obscurs des rochers d'Inistore [ARNAULT, Oscar, II, 1]
Côté d'une chose. Le flanc d'un vaisseau.
En août 1773, à Montigny-sur-Braine, bailliage de Châlon, vicomté d'Auxonne, en creusant le puits de la cure, on a trouvé, à trente-trois pieds de profondeur, un arbre couché sur son flanc, dont on n'a pu découvrir l'espèce [BUFF., Addit. théor. terr. Œuv. t. XIII, p. 195, dans POUGENS.]
Des torrents écumeux se précipitent le long des flancs de cette montagne [BERN. DE ST-P., Paul et Virg.]
Terme de géographie. Pente d'une montagne ; la partie comprise entre la cime et le pied. Terme d'architecture. Le côté d'un pavillon par lequel il est joint à un autre corps de bâtiment.
Terme de fortification. Partie du bastion qui est entre la face du bastion et la courtine et qui sert à défendre la courtine, le flanc et la face du bastion opposé. Un flanc bas. Un flanc rasant.
Terme militaire. Le côté d'une troupe, par opposition à son front. Le flanc d'un bataillon.
Il avait chargé le maréchal en flanc [SÉV., 204]
Si, après avoir mis en désordre l'aile gauche qui lui était opposée, il eût pris le reste des ennemis en flanc et eût pénétré jusqu'au centre où était Artaxerce, il y a très grande apparence qu'il aurait remporté une victoire complète [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. IV, p. 163, dans POUGENS]
Les Russes l'avaient-ils prévenu ? sa manœuvre était-elle manquée ? n'aurait-il point mis assez de rapidité dans cette marche, où il s'agissait de dépasser le flanc gauche de Kutusof ? [SÉGUR, Hist. de Nap. IX, 2]
Par le flanc droit, par le flanc gauche, commandement dont on se sert pour ordonner aux soldats d'une troupe de se tourner à droite ou à gauche. On dit dans le même sens : faire par le flanc gauche, par le flanc droit. Marche de flanc, marche d'une armée qui se dirige par le côté qu'un de ses flancs occupe.
Une lettre de Berthier à Kutusof, datée du premier jour de cette marche de flanc, fut à la fois une dernière tentative de paix et peut-être une ruse de guerre [SÉGUR, Hist. de Nap. IX, 1]
Une troupe prête le flanc, quand son flanc, qui est son côté faible, est exposé aux attaques de l'ennemi.
En défilant si près de l'ennemi, il fallait marcher serré pour ne pas lui prêter un flanc trop allongé [SÉGUR, Hist. de Nap. IX, 2]
Fig. Prêter le flanc, donner prise aux attaques de la critique.
Malheur à qui prête le flanc au ridicule [J. J. ROUSS., Hél. II, 17]

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Greles ès flancs et larges les costez [, Ch. de Rol. CCXXVII]
  • XIIe s.
    Que mauvais homs vous ait au flanc pendue [la bonne épée Durandal] [, Ronc. p. 105]
    Le cors e le ventrail durement freit [froid] [il] aveit, E de sun mal del flanc achaisenus [maladif] esteit, E pur ço tut adès chaudement se vesteit [, Th. le mart. 155]
  • XIIIe s.
    Diex confonde la mere qu'en [qui en] ses flans la porta [, Berte, LXXVIII]
  • XVIe s.
    Ilz vouloient que leurs gens feissent teste et flanc en tout sens, selon que l'affaire et le besoing s'en presenteroit [AMYOT, Pélop. 40]
    Il feit marcher les siens contre les Lacedaemoniens, qui avoient les flancs desnuez de gens de cheval [ID., Philop. 16]
    La navire capitainesse, pendant que les vagues luy donnerent en flanc, resista aux coups de mer [ID., Pyrrh. 31]
    Ilz se rengerent et se serrerent ensemble au long d'un flanc de rocher umbragé et obscur [ID., Aratus, 25]
    Des granges des quelles la couverture pend jusques à terre et sert de flancq [MONT., I, 237]
    Là où les flancs des bastions se peuvent emboucher ou briser, quand les espaules sont debiles [LA NOUE, 337]
    Plus servit aux assiegez un petit logis pour deux arquebusiers à la fois, que la Mothe avoit fait au bas de la contr'escarpe, ayant pris sa ligne de deffence à fleur de la ruine ; et ainsi l'experience et la necessité leur faisant faire grossierement dès-lors ce que nos plus subtils ingenieux d'aujourd'hui appellent flancs-fichez [D'AUB., Hist. I, 313]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. flanc ; espagn. et portug. flanco ; ital. fianco. Les étymologistes tirent d'ordinaire ce mot du haut allemand lancha, flanc, auquel répond une forme rare, hlancha ; à quoi Diez objecte que la forme flancha, dont on aurait besoin, n'a pas encore été trouvée ; que l'articulation germanique hl ne se rend pas en français par fl, ni en italien par fi (cependant on cite, des Reali di Francia, Fiovo dérivé de Chlodoveus) ; et que les noms germaniques féminins en a gardent d'ordinaire leur genre dans les langues romanes. De là il conclut que l'origine germanique est peu probable, et que l'origine latine l'est davantage. Cette origine est flaccus, mou, faible, avec l'épenthèse de l'n (comme dans ancolie pour acolie) ; la partie molle, faible, ayant été appelée le flanc, comme en allemand die Weiche, la partie molle. Mais, hr se rendant par fr (voy. freux, frime), l'étymologie germanique reste plus probable. C'est du roman que les langues germaniques ont tiré leur Flanke.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    FLANC. Ajoutez :
    Terme de fortification. Angle de flanc, angle formé par un flanc avec la courtine voisine.
    Terme d'artillerie. Dans un canon rayé, flancs d'une rayure, les deux surfaces obliques qui la limitent de chaque côté.
  • Flanc de chargement, le flanc contre lequel appuient les ailettes du projectile lorsqu'on le pousse au fond de l'âme ; flanc de tir, celui contre lequel appuient ces ailettes, lorsque le projectile est lancé par la poudre.

flanc

FLANC. n. m. Chacune des parties latérales du corps de l'homme ou des animaux, qui est depuis le défaut des côtes jusqu'aux hanches. Le flanc droit. Le flanc gauche. Il eut le flanc percé d'un coup de flèche.

Pour les Quadrupèdes, il se dit de la Partie qui va de la patte d'avant à la patte d'arrière. Les flancs d'un cheval. Presser les flancs de sa monture. Le lion se bat les flancs avec sa queue. Un cheval qui bat du flanc.

Fig. et fam., Être sur le flanc, Être très fatigué.

Fig. et fam., Se battre les flancs. Voyez BATTRE.

Il désigne par extension le Ventre, ou la partie du ventre qui est comprise entre les deux flancs. Le fils que ses flancs ont porté. Le flanc qui l'a conçu.

Il se dit, par analogie, du Côté de diverses choses. Le flanc d'un vaisseau. Le flanc, les flancs d'une montagne; en termes de Fortification : Le flanc d'un bastion. Un flanc bas. Un flanc rasant; en termes de Guerre : Le flanc d'un bataillon, d'un escadron. Les flancs d'une colonne, d'une armée. Une marche de flanc. Couvrir le flanc d'un bataillon. Prêter le flanc à l'ennemi. Découvrir le flanc. Attaquer l'ennemi par le flanc. Une attaque de flanc, Une attaque sur le flanc, contre le flanc de l'ennemi, Prendre les ennemis de flanc.

Par le flanc droit, par le flanc gauche. Termes de commandement militaire dont on se sert pour ordonner aux soldats d'une troupe de se tourner chacun à droite ou à gauche.

Fig., Prêter le flanc, Donner prise sur soi. Prêter le flanc à la critique, au ridicule.

Tirer au flanc, Terme d'argot militaire, S'épargner, par de petites ruses, une corvée ou un ouvrage.

Bat-flanc, Pièce de bois suspendue qui sépare les chevaux à l'écurie.

flanc

Flanc, m. c'est Costé, Latus, Il est emprunté de l'Italien Fianco, et flancs en pluriel, Ilia.

Feru par le flanc, Ab latere ictus.

Qui a mal és flancs, Iliosus.

flanc


FLANC, s. m. [Le c ne se prononce que dans le discours soutenu, lorsque le mot suivant comence par une voyelle.] 1°. Dans le sens litéral, c'est la partie de l'animal, qui est depuis le défaut des côtes jusqu'aux hanches. "Il eut le flanc percé d'une flèche. "Cheval, qui bat du flanc. "Le lion se bat les flancs avec sa queûe. — En parlant des femmes, relativement aux enfans qu'elles ont porté dans leur sein, on dit aussi les flancs, mais seulement dans le style noble. = 2°. Par extension, Flanc se dit de diverses chôses. "Le flanc d'un vaisseau, d'un bastion, d'un bataillon. "Prêter, découvrir, montrer le flanc aux énemis. "Prendre, attaquer en flanc.
   On dit, en style proverbial, se batre les flancs, (n°. 1°.) faire des éforts. "L'Av. Gén. S'est batu les flancs pour faire un grand étalage de rhétorique sur cette nuit funeste. — Prêter le flanc. "Cette arme du ridicule, si redoutée de nos Philosophes, parce qu'ils y prêtent si fort les flancs. L'Ab. Royou. On dit ordinairement le flanc au singulier.

Traductions

flanc

Flanke, Seiteflank, side, aspectflank, kant, , zijde, zijkantאגף (ז), דופן (ז), ירך (ז), כסל (ז), צד (ז), צלע (נ), דֹּפֶן, יָרֵךְ, כֶּסֶלkantbanda, cantó, costatsideflankocostado, ladosivusíðafianco, lato, pendice, pendicicosta, latusbok, stronabanda, costado, flanco, ladoбокflank, kant, sidabok측면 (flɑ̃)
nom masculin
1. côté du corps se coucher sur le flanc
2. côté le flanc de la montagne

flanc

[flɑ̃] nm
(du corps)side
prêter le flanc à (fig) → to lay o.s. open to
[montagne] → side
à flanc de colline → on the hillside
(MILITAIRE)flank