fleuri, ie

FLEURI, IE

(fleu-ri, rie) part. passé de fleurir
Couvert de fleurs. Un pommier tout fleuri.
La campagne à présent n'est pas beaucoup fleurie [MOL., Tart. I, 5]
La saison fleurie, le printemps. On dit de même : un hiver fleuri, un hiver où les fleurs persistent.
Afin de venir passer avec nous un de ces hivers tièdes et fleuris qui sont réservés à notre belle Italie [BALZ., lett. 3, liv. II]
Pâques fleuries, le dimanche des Rameaux, qui précède immédiatement celui de Pâques. Terme de blason. Se dit des rosiers et autres plantes chargées de fleurs. Où l'on a mis des fleurs. Une jardinière richement fleurie.
Fig. Route fleurie, chemin fleuri, les moyens faciles, la vie heureuse, etc.
Par les chemins fleuris d'un charmant quiétisme [BOILEAU, Sat. X]
Dieu ne défend pas les routes fleuries, quand elles servent à revenir à lui [CHATEAUB., Génie, I, 1]
Qui est d'une bonne couleur, en parlant du visage, de la peau. Un visage fleuri.
Il a l'oreille rouge et le teint bien fleuri [MOL., Tart. II, 3]
Elle que j'avais laissée si fleurie n'était pas reconnaissable [SÉV., 386]
Qu'est devenu ce teint dont la couleur fleurie Semblait d'ortolans seuls et de bisques nourrie ? [BOILEAU, Sat. III]
L'État n'a point dépéri, Je reviens gras et fleuri [BÉRANG., Ventru.]
Un visage fleuri, se dit quelquefois, par moquerie, d'un visage couvert de boutons (on dit plutôt bourgeonné en ce sens).
En peinture, couleur fleurie, couleur dont tous les tons brillants semblent tenir de l'éclat des fleurs.
Barbe fleurie, barbe blanche.
Non que j'assemble tous les jours Barbe fleurie et les amours [LA FONT., Lettres, XXIII]
Jaspe fleuri, jaspe panaché, jaspe dans lequel le vert domine. S. m. Fleuri, aspect nuancé que présentent certaines billes de bois après avoir été sciées.
Terme de littérature. Rempli d'ornements.
Dont j'aurais tenté la libéralité par une épître dédicatoire bien fleurie [MOL., Préf. des Précieuses.]
Il [d'Urfé] soutint tout cela d'une narration vive et fleurie, de fictions très ingénieuses.... [BOILEAU, Héros de romans, discours.]
J'avoue que le genre fleuri a ses grâces ; mais elles sont déplacées dans les discours où il ne s'agit point d'un jeu d'esprit [FÉN., t. XXI, p. 175]
Le style fleuri ne doit pas être confondu avec le style doux [VOLT., Dict. phil. Fleuri.]
Termes fleuris, termes qui appartiennent au style fleuri.
Permis à vous, monsieur, de trouver ces expressions trop fleuries [P. L. COUR., Lett. I, 34]
Esprit fleuri, esprit remarquable surtout par l'éclat et par l'agrément.
On a dit quelquefois c'est un esprit fleuri, pour signifier un homme qui possède une littérature légère, et dont l'imagination est riante [VOLT., Dict. phil. Fleuri.]
En un sens analogue.
Le liant du duc de Chevreuse, ses vues fleuries, quoique sujettes à se perdre, furent des qualités faites exprès pour plaire à ce jeune prince [le duc de Bourgogne] [SAINT-SIMON, 302, 188]
En musique, contre-point fleuri ou figuré, celui où les parties procèdent par des valeurs et des rhythmes différents.
Terme d'architecture. Roman fleuri, style roman où les corniches, les architraves, etc. sont chargées d'ornements. Le roman fleuri est du dernier âge de l'architecture romane. Gothique fleuri, gothique où les ornements, les découpures sont multipliés à l'excès. Le gothique fleuri appartient au dernier âge de l'architecture ogivale.
Chez ceux qui élèvent des vers à soie, bruyères fleuries, bruyères abondamment chargées de cocons.