fleuve

fleuve

n.m. [ lat. fluvius ]
1. Cours d'eau qui aboutit à la mer : La Loire est le plus long fleuve français.
2. Fig. Masse en mouvement : Un fleuve de lave torrent
3. (Employé en appos., avec ou sans trait d'union) Se dit de ce qui dure très longtemps, qui semble sans fin : Un discours fleuve. Des romans-fleuves.

FLEUVE

(fleu-v') s. m.
Grand cours d'eau auquel plusieurs rivières servent d'affluents et qui conserve ordinairement son nom jusqu'à la mer.
De même que ces fleuves tant vantés demeurent sans nom et sans gloire, mêlés dans l'Océan avec les rivières les plus inconnues [BOSSUET, Duch. d'Orl.]
Ce n'est pas s'opposer à un fleuve que de faire des levées, que d'élever des quais sur ses rives, pour empêcher qu'il ne déborde et ne perde ses eaux dans la campagne [ID., Sermons, Vêture, Mlle de Bouillon, 1]
Ainsi commençait une vie dont les suites devaient être si glorieuses, semblables à ces fleuves qui s'étendent à mesure qu'ils s'éloignent de leur source et qui portent enfin partout où ils coulent la commodité et l'abondance [FLÉCHIER, Turenne.]
Les fleuves se font presque toujours leur lit [FONTEN., Guglielmini.]
Des fleuves d'une largeur immense, tels que l'Amazone, la Plata, l'Orénoque, roulant à grands flots leurs vagues écumantes et se débordant en toute liberté, semblent menacer la terre d'un envahissement et faire effort pour l'occuper tout entière [BUFF., Ois. t. XIV, p. 42, dans POUGENS]
Les plus grands fleuves de l'Europe sont le Volga qui a environ 650 lieues de cours depuis Reschow jusqu'à Astracan sur la mer Caspienne ; le Danube dont le cours est d'environ 450 lieues depuis les montagnes de Suisse jusqu'à la mer Noire ; le Don.... [ID., Hist. nat. Preuv. Théorie terr. Œuv. t. II, p. 66, dans POUGENS.]
Tous les fleuves diminuent de jour en jour, parce que tous les jours les montagnes s'abaissent [ID., ib. p. 156]
Il y a dans l'ancien continent environ quatre cent trente fleuves qui tombent immédiatement dans l'Océan ou dans la Méditerranée et la mer Noire [ID., ib. p. 27]
C'est autour de leurs faîtes [des montagnes] que s'assemblent les nuages et les neiges, qui de là se répandant sans cesse, forment tous les fleuves et toutes les fontaines, dont on a si longtemps et si faussement attribué la source à la mer [VOLT., Physique, Singul. de la nat. 10]
Les cantons les plus riches de Hollande ont continuellement le spectacle effrayant de fleuves suspendus à vingt et trente pieds au-dessus du sol [CUVIER, Rév. p. 160]
Pour la première fois les eaux de ce fleuve moscovite [le Borysthène] allaient porter une armée française et réfléchir nos armes victorieuses [SÉGUR, Hist. de Nap. VI, 1]
Il se dit quelquefois, en poésie, pour désigner une rivière quelconque, pourvu cependant que cette rivière soit donnée dans le moment comme grande.
Fig. Ce qui abonde et coule comme fait un fleuve.
Songe aux fleuves de sang où ton bras s'est baigné [CORN., Cinna, IV, 2]
Je te plongerai dans un fleuve de délices [FÉNEL., Tél. IV]
Un fleuve d'éloquence, de poésie, une éloquence, une poésie qui coule avec l'abondance et la grandeur d'un fleuve.
Poétiquement. Le fleuve de la vie, le cours de la vie.
On ne jette point l'ancre dans le fleuve de la vie [BERN. DE ST-PIERRE, Chaum. ind.]
Il nous faut, dans son cours, Remonter flots à flots le long fleuve des jours [LAMART., Méd. I, 28]
Le fleuve de l'éternité, le temps considéré dans son mouvement éternel.
Ce n'est qu'en remontant le fleuve de l'éternité que je puis essayer de parvenir à sa source [VOLT., Princip. d'action, chap. 3]
Terme de mythologie. Divinité qui préside à un fleuve. Les attributs d'un fleuve.
Absente, quand le fleuve a reçu nos présents, Elle n'a point offert les vœux que notre zèle Adresse chaque jour à ses flots bienfaisants [C. DELAV., Paria, II, 6]
Familièrement. Ruisseler comme un fleuve, dégoutter d'eau, de pluie. Terme de sculpture, de peinture ou de théâtre. Personnage allégorique représentant la divinité d'un fleuve et revêtu d'un costume de convention, surtout dans les anciens ballets, dont les sujets étaient le plus souvent mythologiques.
Dans des chaconnes et gavottes, J'ai vu des Fleuves sautillants ; J'ai vu danser deux Matelottes, Trois Jeux, six Plaisirs et deux Vents [PANARD, Description de l'opéra.]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    De tote vertut fait à esgardeir li fluives del oevre, se il vient purs fors de la fontaine de la pense [pensée] [, Job, p. 447]
  • XIIIe s.
    De l'autre part, ce m'est avis, Court uns flueves de pa radis, Qui Eufrates est apelés [, Fl. et Bl. v. 2007]
  • XVIe s.
    On dit en françois trois FFF mauvais voisins, fleuve, fort, frere [DES ACCORDS, Bigarr. p. 159, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. fluvi ; ital. fluvio ; du lat. fluvius, de fluere, couler. L'ancien français avait aussi flum qui représente le latin flumen.

fleuve

FLEUVE. n. m. Grand cours d'eau qui d'ordinaire porte ses eaux et conserve son nom jusqu'à la mer. Fleuve profond, rapide, impétueux. Fleuve navigable. Le bord, la rive d'un fleuve. Les eaux d'un fleuve. Le courant du fleuve. Le canal, le lit, le cours d'un fleuve. L'embouchure d'un fleuve. Traverser, passer un fleuve à gué.

Il se dit, en termes de Mythologie, des Divinités qui président aux fleuves, et qu'on représente ordinairement sous la figure de vieillards à longue barbe couchés sur des roseaux, appuyés sur une urne, la tête ceinte d'une couronne de joncs. Le peintre, le sculpteur a donné à ce fleuve des formes colossales. Les attributs d'un fleuve. Fig., Une barbe de fleuve, Une barbe longue et bien fournie.

fleuve

Fleuve ou riviere, Fluuius, Amnis, Flumen.

Fleuve couvert d'arbres, Obumbratus amnis.

Fleuve triste, Amnis seuerus.

Un fleuve qui a beaucoup de guez par lesquels on peut passer à pied, Vadosus amnis.

Fleuve qui coule bellement, Tardus incessu fluuius.

Fleuve qui est desbordé, Amnis superfusus.

Le fleuve est espandu et desbordé sur la terre, Innatat terrae fluuius.

Fleuve qui porte bateaux, Nauigabile flumen, vel patiens nauium flumen.

Fleuve sur lequel on ne sçauroit naviger, Fluuius innauigabilis.

Le fleuve coule par devant, Praenatat amnis.

Le fleuve Tibris coule tout à bas de la vallée, Infima valle perfluit Tibris.

Il y a un fleuve coulant entredeux, Flumen interuenit.

Fleuves qui coulent par grande impetuosité comme un torrent, Flumina torrentia.

Fleuves desquels on ne sçait la source, Flumina latebrosa.

Les fleuves ont retardé et arresté leur cours, Requierunt flumina cursus suos.

Le bord d'un fleuve, lac, fontaine, et semblables, Labrum, Ripa, Margo.

Trempé au fleuve, Fluuiatus.

Passer son ost outre le fleuve, Copias flumen traducere.

fleûve


FLEûVE, s. m. [1re lon. 2ee muet.] Grande rivière. "Fleûve profond, rapide, etc. "Le bord, la rive, le cours, le canal, le lit, le courant, l'embouchûre d'un fleuve.
   REM. 1°. Rivière: Fleûve. Le 1er se dit des grandes et des petites rivières; le 2d ne se dit que des grandes, si ce n'est qu'on parle du Dieu de la rivière; car alors on dit fleûve. Ménage fait encore remarquer que rivière n'est pas poétique, (il entend parler de la haute poésie) et que fleûve n'est pas du discours familier.
   2°. Quelques-un établissent cette distinction entre fleûve et rivière, que le 1er ne se dit que des rivières qui se jettent immédiatement dans la mer, et l'autre de celles qui ont leur embouchure dans d'autres rivières. La Saone est une rivière; le Rhône est un fleûve. — Mais il est des rivières qui se jètent dans la mer, qui méritent à peine le nom de ruisseau. Telle est l'Huveaune à Marseille. La distinction de Ménage est donc plus juste, et il faut s'y tenir.
   3°. Les fleûves, qui sont du genre masculin, exigent du, de l'(c. à. d. l'art. défini) ceux du genre féminin la prép. de. (ou l'art. indéfini.) "On dit les rives du Tibre, du Tage, du Danube, du Rhône, etc. et les rives de Seine, de Loire, de Marne, etc. Mén. — Mr. Brossete était du même avis, et il représenta à Boileau, qui avoit dit:
   De Stix et d'Achéron peindre les noirs torrens;
que du Stix, de l'Achéron serait plus régulier. Mais Boileau, qui avait dit, dans un aûtre endroit.
   Quel plaisir de te suivre aux rives du scamandre.
soutînt toujours que de Stix et d'Achéron était plus poétique, jusqu'à reprocher à Mr. Brossete qu'il avait l'oreille un peu prosaïque, et à traiter cette manière, qu'il avait préférée, d'un de ces agrémens, qui sont des mystères qu'Apollon n'enseigne qu' à ceux, qui sont véritablement initiés dans son art. Il me semble qu'il n'y a pas là grand mystère. = La Monnoie justifie Boileau sur ce que Stix et Achéron sont regardés comme des Dieux, que Stix est femelle en grec et en latin et aûtres semblables raisons. Il troûve même que rives de Scamandre a quelque chôse de plus noble et de plus poétique que, du Scamandre, et Boileau en éfet avait traité cette dernière version de faûte d'impression. La Monnoie nous renvoie d'ailleurs à l'oreille, qui est d'une grande autorité en cette matière, et il ajoute que qui l' a bonne peut et doit la consulter. Fort bien! mais plus une oreille sera bonne et exercée, plus elle sera choquée de ce qui est contre l'usage.
   M. MARIN pense qu'on dit toujours les rives de la Seine, de la Loire, etc. et non pas de Seine, de Loire, etc.

Synonymes et Contraires

fleuve

nom masculin fleuve
Littéraire. Ce qui coule abondamment.
Traductions

fleuve

Fluß, Strom, Flüsse, Strömeriverrivier, stroom, vloed, grote rivierיובל (ז), נהר (ז), נָהָרrivierрекаriuřekaflodποταμός, ποτάμιriverego, riveroríojõgijokirijekafolyósungaivatnfiumeflumen, fluviusupėupeelv, flodrzekariofluviu, râu, rîuрекаriekarekaрекаflod, älv, flöde, strömmtonehir, ırmakрічкаنَهْرแม่น้ำdòng sông河流 (flœv)
nom masculin
large cours d'eau

fleuve

[flœv] nmriver
roman-fleuve → saga
discours-fleuve → interminable speech