forfaire


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forfaire

v.t. ind. [ de fors, hors de, et faire ] (à)
Litt. Manquer gravement à des obligations morales impérieuses : Elle a forfait à son devoir faillir à ; respecter, suivre

forfaire


Participe passé: forfait

Indicatif présent
Passé simple
Imparfait
Futur
Conditionnel présent
Subjonctif imparfait
Subjonctif présent
Impératif
Plus-que-parfait
j'avais forfait
tu avais forfait
il/elle avait forfait
nous avions forfait
vous aviez forfait
ils/elles avaient forfait
Futur antérieur
j'aurai forfait
tu auras forfait
il/elle aura forfait
nous aurons forfait
vous aurez forfait
ils/elles auront forfait
Passé composé
j'ai forfait
tu as forfait
il/elle a forfait
nous avons forfait
vous avez forfait
ils/elles ont forfait
Conditionnel passé
j'aurais forfait
tu aurais forfait
il/elle aurait forfait
nous aurions forfait
vous auriez forfait
ils/elles auraient forfait
Passé antérieur
j'eus forfait
tu eus forfait
il/elle eut forfait
nous eûmes forfait
vous eûtes forfait
ils/elles eurent forfait
Subjonctif passé
j'aie forfait
tu aies forfait
il/elle ait forfait
nous ayons forfait
vous ayez forfait
ils/elles aient forfait
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse forfait
tu eusses forfait
il/elle eût forfait
nous eussions forfait
vous eussiez forfait
ils/elles eussent forfait

FORFAIRE

(for-fê-r') , je forfais, nous forfaisons, vous forfaites, ils forfont ; je forfaisais ; je forfis ; je forferai ; je forferais ; forfais, forfaisons, forfaites, qu'ils forfassent ; que je forfasse ; que je forfisse ; forfaisant ; forfait.
V. n. Faire quelque chose contre le devoir, contre l'honneur. Un juge ne doit pas forfaire. Forfaire à l'honneur, commettre un acte qui déshonore. Particulièrement, forfaire à son honneur, se dit d'une fille ou d'une femme qui se laisse séduire.
Je lui passerais mon épée au travers du corps, à elle et au galant, si elle avait forfait à son honneur [MOL., George D. I, 4]
V. a. Perdre par un forfait.
Louis [de Bavière] prononce que le roi de France [Philippe de Valois] a forfait la protection de l'empire [VOLT., Mœurs, 75]

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Forfait fust u duble [il serait condamné à une amende double] de ce que altre fust forfait [, Lois de Guill. 2]
    La traïson [il] jurat, s'en est forfait [, Ch. de Rol. XLV]
    Que que [quoique] Rolanz à Guenelon forfist [, ib. CCLXXIX]
  • XIIe s.
    Nus cops de lance.... N'i forferra [n'entamera l'armure] vaillissant un boton [, Ronc. p. 51]
    Car je forfis en bone intention [, Couci, X]
    Et que cil nel conperent [payent] qui rien n'i unt mesfait, E portent la colée [le coup] de ce qu'autre a forfait [, Th. le mart. 83]
    Pur ce esguard par raisun, e bien l'os afichier Que, se li clers forfait à perdre sun mestier, Face le sis prelaz en sa chartre lancier [, ib. 31]
  • XIIIe s.
    Ensi conmença la guerre, et forfist qui forfaire pot par terre et par mer [VILLEH., XCV]
    Il forfont lour faces [ils altèrent leurs figures], qu'il apiergent as homes junant [afin de paraître jeûnant aux hommes] [DU CANGE, Gloss. fr.]
    Sunt en terre establi li juge, Por estre deffense et refuge à cel cui li monde forfet [, la Rose, 5485]
    Qui art meson à essient, il doit estre pendus, et forfet tout le sien en la maniere que nous avons dit dessus [BEAUMANOIR, XXX, 9]
  • XVe s.
    Si leur [aux moines de Cîteaux] tourna à grand contraire, quoique le comte de Boukinghen fist faire un ban, que sur la terre nul ne forfesist à l'abbaye ni de feu ni d'autre chose [FROISS., II, II, 69]
    Celle garda tres mal son mariage [la première femme de Charles le Bel] et se forfit [ID., I, I, 49]
    L'autre raison si estoit que, s'il fut ainsi que li comte de Monfort y eust aucun droit, si l'avoit-il forfait par deux raisons [ID., I, I, 154]
  • XVIe s.
    Autant comme il se povoit faire, Sans la loy chretienne forfaire [MAROT, IV, 196]
    Malheur sur moy si j'ay forfait ; et si j'ay justement fait, encore ne leveray je point la teste [CALV., Instit. 616]
    Celle qui a forfait à son honneur et violé sa virginité, est enterrée toute vive [AMYOT, Numa, 18]
    Thessalus a deferé et defere Alcibiades d'avoir forfeit contre les desses Cerès et Proserpine [ID., Alc. 41]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. forsfar, forfar, forfaire ; anc. ital. forfare ; du bas-latin forisfacere, mot à mot faire hors, agir en dehors de ce qui est permis, compromettre, offenser, nuire ; de foris, hors, et facere, faire.

forfaire

FORFAIRE. v. intr. Agir contre le devoir. Il ne se dit guère qu'en termes de Jurisprudence et en parlant d'une Faute grave commise dans l'exercice de fonctions publiques. Si un juge vient à forfaire.

Forfaire à son honneur se dit également d'une Fille ou d'une femme qui se laisse séduire. Elle a forfait à son honneur; ou d'un Homme qui a manqué gravement à ses devoirs. Il a forfait à l'honneur.

forfaire

Forfaire, act. penac. Composé de for, particule qui empire la signification du mot auquel elle adhere, et de faire ainsi signifie mal faire, delinquer, comme, Il a forfaict, Scelus patrauit, deliquit, peccauit, Mais on y adjouste quelquefois un nom regi par luy, et signifie violer, contaminer, Il a forfaict son honneur, son mariage, Nomen, nuptias contaminauit, Il a forfaict son serment, Iusiurandum violauit, Mais forfaire son fief, sa terre, sa vie, son bien, signifie perdre ou mettre en pure perte son fief, sa terre, sa vie, et les confisquer, Ainsi est dit le vassal forfaire son fief, quand par felonnie et meschef par luy commis, il est confisqué et acquis au seigneur feodal, Selon laquelle signification forfaicture se prend aussi pour confiscation, comme en l'arrest de la Cour de Parlement de Paris rangé sous le LX. chap. de la jurisdiction de la Prevosté des marchans et eschevinage de Paris: Et ce sur peine de forfaicture dudit bois, c. de confiscation, voyez Forfaire.

forfaire


FORFAIRE, v. n. FORFAIT, s. m. [Forfère, , 2e è moy. long au 1er.] Le verbe est moins usité et moins noble que le substantif. Celui-là ne se dit qu'au Palais, pour prévariquer. "Un Juge qui vient à forfaire; et dans cette phrâse, forfaire un fief, le rendre confiscable de droit au profit du Seigneur, et dans cette expression du style familier: forfaire à son honeur, en parlant d'une fille ou d'une femme, qui s'est laissé séduire. = Forfait est du beau style, pour signifier un crime odieux. "Il a été puni pour ses forfaits. Voy. FAûTE.
   Mais s'ils sont malheureux, s'ils soufrent, s'ils périssent,
   Ce n'est qu'à leurs forfaits que ces malheurs sont dûs.      Le Franc.
FORFAIT est aussi, dans le style simple, un marché, par lequel un homme s'oblige de faire une chose à un certain prix, à perte ou à gain. "Faire un forfait avec un Architecte. "Traiter à forfait, prendre à forfait.
   REM. Forfaire n'a que l'infinitif et les temps composés: il a forfait, il avait, il eut, il aurait forfait, etc.

Traductions