formel, elle


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FORMEL, ELLE

(for-mèl, mè-l') adj.
Qui est en forme, et qui par conséquent est exprès, nettement déterminé. Le texte est formel. Un démenti formel. La loi est formelle.
Il n'y a que dans les jugements que se puisse rencontrer la vraie et formelle fausseté ; il se peut néanmoins trouver dans les idées une certaine fausseté matérielle, à savoir lorsqu'elles représentent ce qui n'est rien comme si c'était quelque chose [DESC., Médit. III, 13]
Notre écrit y est formel [PATRU, Plaidoyer 6, dans RICHELET]
On a montré en termes formels que saint Clément exclut tout désir actif et excité ; le peut-on dire ? [BOSSUET, Nouv. myst. X, 14]
Si l'entière permanence [chez les mystiques] exclut la demande [à Dieu], c'est toute demande qu'elle exclut, formelle ou confuse, explicite ou imparfaite, directe ou réfléchie, passive ou active [ID., ib. X, 3]
Terme de philosophie. Qui fait qu'une chose est telle qu'elle est. Une cause formelle.
Dans la notion que nous avons de ces facultés [d'imaginer et de sentir], ou, pour me servir des termes de l'école, dans leur concept formel, elles enferment quelque sorte d'intellection [DESC., Médit. VI, 9]
La couleur, la dureté, la figure, etc. n'appartiennent point à la raison formelle de la cire, c'est-à-dire qu'on peut concevoir tout ce qui se trouve nécessairement dans la cire sans avoir besoin pour cela de penser à elles [ID., Rép. aux 3es object. 13]
Il faut supposer avec l'école que ces intentions et ces actes qu'on nomme virtuels sont la suite d'un acte formel qui subsiste dans son état et dans le branle qu'il a donné à la volonté [BOSSUET, Nouv. myst. X, 5]
Substantivement. Le formel et le matériel. Terme de théologie. Le formel du péché, le défaut de conformité avec la loi, par opposition au matériel du péché, qui est l'acte même.
Qui est en effet (c'est à peu près objectif, au sens moderne de ce mot dans le langage philosophique, différent du sens d'objectif au XVIIe siècle ; ce sens de formel se trouve dans Descartes et dans les philosophes de son école).
Cette vérité [que le néant ne peut rien produire] n'est pas seulement claire et évidente dans les effets qui ont cette réalité que les philosophes appellent actuelle ou formelle, mais aussi dans les idées où l'on considère seulement la réalité qu'ils nomment objective [DESC., Médit. III, 11]
Je comprends fort bien que l'être objectif d'une idée ne peut être produit par un être qui existe seulement en puissance (lequel, à proprement parler, n'est rien), mais seulement par un être formel ou actuel [ID., ib. 19]

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    Cause formel, cause final [ORESME, Thèse de MEUNIER.]
    Differences formeles [ID., ib.]
  • XVe s.
    De art, en tant que s'estent l'œuvre formele, nul ne l'en passoit, tout n'eust-il l'experience ou exercite de la main [CHRIST. DE PISAN, Charles V, III, 11]
  • XVIe s.
    Il accusa et se feit partie formelle contre L. Murena [AMYOT, Cat. d'Ut. 33]
    La division des causes que font les philosophes, en la materielle, formelle, efficiente et finale [PARÉ, Introd. 19]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. et espagn. formal ; ital. formale ; du lat. formalis, de forma, forme.