four


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four

n.m. [ lat. furnus ]
1. Partie fermée d'une cuisinière ou appareil indépendant et encastrable où l'on fait cuire ou réchauffer les aliments : Il a mis le rôti au four. Un four électrique, à gaz, à micro-ondes.
2. Appareil dans lequel on chauffe une matière en vue de lui faire subir des transformations physiques ou chimiques : Un four de boulanger, de verrier.
3. Fam. Échec d'un spectacle : Ce film a fait un four fiasco [fam.] ; succès
Remarque: Voir petit-four à son ordre alphabétique.
Four à chaux, à ciment,
four vertical et fixe ou horizontal et rotatif pour fabriquer la chaux, le ciment.

FOUR1

(four) s. m.
Ouvrage de maçonnerie rond et voûté, où l'on fait cuire le pain. Chauffer le four.
Chaque jour il allait visiter les fours, goûter le pain, et s'assurer de la régularité de toutes les distributions [SÉGUR, Hist. de Nap. v, 1]
Four banal, four auquel les habitants d'une certaine circonscription étaient obligés d'envoyer cuire leur pain sans pouvoir le faire cuire chez eux. Donner le four trop chaud à du pain, à de la pâtisserie, mettre cuire le pain ou la pâtisserie dans un four trop chauffé. Four de campagne, four portatif. En un autre sens. Four de campagne, ustensile de ménage, espèce de couvercle en tôle, à double rebord, dont l'un, plus creux, emboîte le plat, et dont l'autre reçoit des charbons allumés ; ce couvercle se met sur les casseroles ou plats de cuivre pour les envelopper de chaleur comme dans un four. Pièce de four, gâteau et autre pièce de pâtisserie cuite au four.
Du laitage, quelque pièce de four [J. J. ROUSS., Ém. II]
Petits fours, sorte de petite pâtisserie légère pour desserts, pour soirées, etc. Familièrement. Il y fait chaud comme dans un four, et, absolument, c'est un véritable four, se dit d'un endroit où il fait une très grande chaleur. Il y fait noir comme dans un four, on y voit comme dans un four, se dit d'un lieu très obscur. Elle est grande comme un four, se dit d'une bouche très fendue.
.... En ouvrant la bouche aussi grande qu'un four, à force de bâiller [SCARR., Rom. com. I, 6]
L'endroit où est le four. Aller au four.
Lieux voûtés et ouverts par en haut, où l'on fait cuire la chaux, le plâtre, etc. Four à poulet, endroit clos où l'on entretient une température constante, suffisante pour faire éclore les œufs.
J'ai vu les pyramides et n'en ai point été émerveillé ; j'aime mieux les fours à poulets, dont l'invention est, dit-on, aussi ancienne que les pyramides [VOLT., Déf. de mon oncle, ch. 21]
Coffre en tôle fermé par une porte, placé au-dessus du foyer d'un poêle.
Cul de four, espèce de voûte cintrée en élévation dont le plan est ovale ou circulaire.
Fours à cristaux, cavités tapissées de cristal de roche, dans les Alpes.
Ancien terme de marine.
Petit retranchement fait en arrière de la soute aux poudres, et justement dans les façons qui sont formées par les fourcats, [JAL, ]
Terme de théâtre. Faire four, se disait des comédiens qui refusaient de jouer et renvoyaient les spectateurs quand la recette ne couvrait pas les frais. Aujourd'hui, se dit d'un comédien ou de tout autre qui échoue, d'un livre, d'une entreprise qui ne réussit pas. On dit dans le même sens : C'est un four ; on ne s'attendait pas à un four aussi complet.
Four s'est dit aussi des loges du cintre d'un théâtre, qui ont en effet la forme d'un four.

PROVERBES

  • Vous viendrez cuire à mon four, c'est-à-dire vous aurez besoin de moi, et je me vengerai.
  • Ce n'est pas pour vous que le four chauffe, c'est-à-dire la chose, l'affaire n'est pas pour vous.
    On dit que cette Voisine mettait dans un four tous les petits enfants dont elle faisait avorter ; et M. de Coulanges, comme vous pouvez penser, ne manque pas de dire, en parlant de la Tingry [dame soupçonnée de se faire avorter], que c'était pour elle que le four chauffait [SÉV., 31 janv. 1680]
  • On ne peut pas être à la fois au four et au moulin.

REMARQUE

  • Four dans le sens de chute complète au théâtre : Rochefort, dans ses Souvenirs d'un vaudevilliste, à l'article THÉAULON, attribue l'origine de cette expression à ce que cet auteur comique avait voulu faire éclore des poulets dans des fours à la manière des anciens Egyptiens, et que son père, s'étant chargé de surveiller l'opération, n'avait réussi qu'à avoir des œufs durs. C'est depuis cet incident burlesque, ajoute-t-il, que les auteurs disent qu'une pièce fait four quand elle éprouve une chute complète. Cette origine n'est pas exacte, puisque l'expression dans le sens ancien est antérieure à Théaulon. Il est possible qu'elle ait été remise à la mode depuis quelques années et avec un sens nouveau, qui peut avoir été déterminé par le four de Théaulon, mais c'est ailleurs qu'il faut en chercher l'explication : les comédiens, refusant de jouer et renvoyant les spectateurs, c'est là le sens primitif, faisaient four, c'est-à-dire rendaient la salle aussi noire qu'un four.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Les treis enfanz tout en un forn ardent [, Ch. de Rol. CCXXIV]
  • XIIIe s.
    Fours, quant il vient en pris, doit estre prisiés en le [la] maniere que nos deismes dessus des edefices ; car c'est edefices [BEAUMAN., XXVII, 21]
  • XIVe s.
    [Il] Mina moult fierement le mur anciseour [ancien], Qu'un trou y fist plus grant que la gueule d'un four [, Guesclin. 20215]
    Le four du cors [clibanus corporis], c'est l'estomac [H. DE MONDEVILLE, f° 84]
  • XVe s.
    Et descendoit si grant chaleur du ciel, que proprement il estoit avis à ceux qui estoient en leurs armures, qu'ils fussent en un four [FROISS., III, IV, 20]
    Au four et au moulin oyt l'en les nouvelles [LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 197]
    J'ai veu qu'il pleuvoit et gresloit et faisoit noir comme en ung four, que le pouvre homme venoit tout à pié, affin qu'il ne fust aperceu [, Les 15 joyes du mariage, p. 124]
    Les fous à estas elever, Les saiges laisser en destour, Les vaillans mettre au cul du four, Faire inimisté et deraison.... [EUST. DESCH., Comment le roi aura juste maison.]
  • XVIe s.
    Cet effort inutile à ce qu'il pensoit, lui donna ce qu'il n'esperoit point, assavoir les fours que les nostres faisoient pour faire sauter la contr'escarpe et le logement qui estoit dessus [D'AUB., Hist. I, 245]
    Four de reverberation.... fours secrets des philosophes, œuf des philosophes, cornue.... [PARÉ, t. III, p. 638]
    À faire la gueule d'un four sont trois pierres necessaires [RABEL., IV, Prologue.]
    La bonne femme ne sercheroyt jamais sa fille au four, si elle n'y eust esté paravant elle-mesmes [PALSGR., p. 708]
    Pensez que, s'il y a rompture, vous serez [Marguerite de Valois] la premiere qui en portera la paste au four et qui en aura plus de dommage [, Lett. de Louis XII, t. I, p. 195, dans LACURNE]
    À pauvres gens la paste gele au four [LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 197]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourguign. for ; normand, foui (Orne) ; provenç. forn ; espagn. horno ; ital. forno ; du latin furnus, que les étymologistes rapprochent de formus, chaud, du grec et du sanscrit gharma.

FOUR2

(four) s. m.
Anciennement, nom, à Paris, de lieux servant à enfermer les gens sans aveu qui battaient le pavé et qui, une fois enfermés, étaient enrôlés de force : ces fours, de l'invention de M. d'Argenson, étaient en très grand nombre.
Je me donne au diable, il me prend envie de faire un four de notre appartement ; autant de gens qu'il y viendra, je vous les enrôle [DANCOURT, la Gazette, sc. 1]

ÉTYMOLOGIE

  • Four est ici l'analogue de four dans Four-l'Évêque, Four-aux-Dames. Ces fours étaient des prisons annexées à certains tribunaux ; le nom en vient de forum, tribunal.

four

FOUR. n. m. Ouvrage de maçonnerie voûté en rond, avec une seule ouverture par-devant, et dans lequel on fait cuire, grâce à la chaleur concentrée, le pain, la pâtisserie, etc. Le four d'un boulanger, d'un pâtissier. La bouche, la gueule du four. Mettre le pain au four. Chauffer le four. Faire sécher des fruits au four. Des raisins cuits au four.

Il sert aussi à désigner la Partie d'un fourneau autour de laquelle circule la flamme du foyer et où l'on fait cuire les viandes, les pâtisseries.

Pièce de four, Gâteau ou autre pièce de pâtisserie qui se cuit au four.

Petits fours, Sorte de pâtisserie légère qu'on sert soit à la fin d'un repas, soit au cours d'une matinée, d'une soirée, etc.

Four de campagne, Espèce de four portatif, fait ordinairement de cuivre rouge.

Four électrique, Appareil employé dans les laboratoires pour chauffer à haute température par un courant électrique. On le dit aussi d'un Appareil analogue utilisé pour la cuisine.

Four crématoire. Voyez CRÉMATOIRE.

Fam., Il y fait chaud comme dans un four, se dit d'un Lieu où il fait extrêmement chaud. Il y fait noir comme dans un four, se dit d'un Lieu très obscur.

Fig. et fam., Ce n'est pas pour vous que le four chauffe, Ce n'est pas pour vous que telle chose est préparée.

Il se prenait aussi pour le Lieu où était le four et où se rendaient ceux qui voulaient cuire. Aller au four. Revenir du four.

Il se dit également des Lieux voûtés et ouverts par en haut, où l'on fait cuire la chaux, le plâtre, la brique, la tuile, etc. Four à chaux, à plâtre, à brique. Four de verrerie.

Fam., Faire four, se dit d'une Pièce de théâtre, d'un livre qui n'obtient aucun succès; d'une Entreprise qui échoue et aussi d'une Personne qui ne réussit pas. Sa pièce fit four; elle fit un four complet. C'est un four noir. Cet auteur a plusieurs fours à son actif. Il est familier.

four

Four, m. Est ce lieu voulté et clos de toutes parts, horsmis en l'emboucheure, où on cuict le pain, patisserie, tartes, et choses semblables, Furnus, Clibanus. Mais en fait de vaisseaux de mer, Four est une grande piece de bois qui est entée dans la joincture ou encoigneure de la prouë venant de poincte en eslargissant sur les deux flancs du navire, bien environ le huictiéme de la longueur de ladite navire, lequel four renforce le vaisseau par le devant. Et n'en met on que un és navires moyens, et deux és plus grands, voyez Courbes.

Un petit four de terre, ou cloche sous lequel on fait cuyre poires ou autres choses, Testus huius testus.

Pain cuit au four, Furnaceus panis.

Four à ban, ou bannal, ou bannier, est celuy auquel les subjets et estrangers sont tenus d'aller cuyre, Furnus indictitius.

Four à chaulx, Calcaria, calcariae. Par corruption de langage on prononce communéement Four chauld, voyez Chaufour.

Four à verrier, Furnus vitrearius.

four


FOUR, s. m. [Monosyllabe: on prononce l'r finale.] Lieu voûté en rond avec une seule ouvertûre par devant, où l'on fait cuire le pain, la pâtisserie. = Pièce de four, gâteau, tourte, etc. on ne le dit point du pain. = Four se dit aussi du lieu où est le four à cuir du pain. Aller au four, revenir du four. = Il se dit encôre des lieux voutés et ouverts par en haut, où l'on fait cuire la chaux, la brique, le plâtre. = Lieu où l'on cache ceux qu'on enrôle par force.
   On dit, proverbialement, d'un lieu où il fait extrêmement chaud, qu'il y fait chaud comme dans un four, et d'un lieu fort obscur, qu'il y fait noir comme dans un four. Voy. CHAUFER.

Synonymes et Contraires

four

nom masculin four
1.  Familier. Échec d'un spectacle.
2.  Lieu très chaud.
-familier: glacière.
Traductions

four

Backofen, Herd, Ofen, Backraum, Backröhreoven, kiln, furnace, stoveoven, kachel, fiasco, flop, bakovenחרבון (ז), כור (ז), תנור (ז), תַּנּוּר, כּוּרforntrouba, pecovnbakujo, fornohorno, estufa, pasteluunicaminusovn, stekeovnforno, fogãoпечьkamin, spis, ugnφούρνοςforno, fornaceفُرْنٌpećnicaオーブン오븐piekarnikเตาอบfırın烤箱 (fuʀ)
nom masculin
appareil dans lequel on fait cuireqqch cuire un poulet au four

four

[fuʀ] nm
[cuisine] → oven
allant au four → ovenproof
[potier] → kiln
(THÉÂTRE) (= échec) → flop
four à micro-ondes [mikʀoɔ̃d] nmmicrowave oven