fourche

fourche

n.f. [ lat. furca ]
1. Instrument à deux ou à plusieurs dents, muni d'un long manche, utilisé pour divers travaux, surtout agricoles : Il charge le fumier avec une fourche.
2. Endroit où un chemin, une voie se divise en plusieurs directions : À la fourche, tu tournes à gauche bifurcation, embranchement
3. Partie avant d'un deux-roues, sur le cadre, où se placent la roue avant et le guidon.
4. En Belgique, temps libre dans un horaire de professeur ou d'étudiant.
Passer sous les fourches Caudines (de),
être contraint de subir des conditions très humiliantes.

FOURCHE

(four-ch') s. f.
Instrument à long manche, muni, au bout, de deux, trois, ou un plus grand nombre de dents aiguës, droites ou courbées, et qui sert à remuer le fumier, les fourrages, et même à faire les gerbes. Fourche de bois. Fourche de fer. Fourche de jardinier, fourche en fer, à fourchons recourbés en dedans, et servant à rompre les mottes de terre quand on sème les graines. Fig. et familièrement. Faire quelque chose à la fourche, le faire négligemment, grossièrement.
À peine à ces propos eut-il fermé la bouche, Qu'il entre à l'étourdie un sot fait à la fourche [RÉGNIER, Sat. X]
Passer les chevaux à la fourche, les panser mal, les battre au lieu de les étriller. Être traité à la fourche, être traité avec dureté ou d'une manière humiliante (ces locutions, surtout la dernière, vieillissent). Fig. Prendre une fourche, chasser sans ménagement. S'il osait encore revenir, je prendrais une fourche.
Disposition en forme de fourche, c'est-à-dire disposition d'un objet qui offre deux dents ou divisions.
Que d'un bois fait en fourche on décore mon front [HAUTEROCHE, App. trompeuses, I, 12]
Nous plaçâmes horizontalement dans la fourche de ces piquets une longue perche [CHATEAUBR., Voy. Amér. les Onondagas.]
Fig.
Je me trouvais ainsi [lors du projet de mariage de la duchesse de Berry] dans la fourche fatale de voir dès maintenant, et plus encore dans le règne futur, ce qui m'était le plus contraire, ou ceux à qui j'étais le plus attaché, sur le pinacle ou dans l'abîme [SAINT-SIMON, t. VIII, p. 216, éd. CHÉRUEL.]
Bois fourchu.
On passe dans le col de chaque esclave une fourche de bois de huit à neuf pieds de long ; une cheville de fer rivée ferme la fourche par derrière, de manière que la tête ne puisse pas passer [RAYNAL, Hist. phil. XI, 17]
Terme de marine. Se dit de deux mâts ou mâtereaux réunis vers le sommet pour élever des fardeaux. Autrefois fourche d'arquebuse, bâton garni d'un fer fourchu dont on se servait pour appuyer le mousquet en tirant. Terme de vénerie. Bâton à deux branches auquel on attache le forhu pour faire la curée. Fourche à blaireau, fourchette à deux fortes dents de fer pour arrêter les blaireaux. Faire la fourche, une fourche, se dit d'un chemin, d'une rivière qui se bifurque. Terme de musique. Faire la fourche, disposer, sur un instrument à vent, les doigts, de manière que le doigt du milieu étant levé, l'index et l'annulaire bouchent chacun un trou.
Fourches patibulaires, gibet à plusieurs piliers élevé dans la campagne.
Étienne Pasquier remarque que les fourches patibulaires de Montfaucon ont porté malheur à tous ceux qui s'en sont mêlés [SAINT-FOIX, Ess. Paris, Œuv. t. IV, p. 61, dans POUGENS]
Fourches caudines, défilé long et étroit où l'armée romaine prise par les Samnites ne fut lâchée qu'après avoir passé sous le joug (l'an de Rome 433). Fig. et familièrement. Passer par les Fourches caudines, subir des conditions humiliantes.
Berwick passa, comme ses confrères, sous les Fourches caudines, le jour même de la jonction de son armée pour laquelle il prit l'ordre du duc de Vendôme [SAINT-SIMON, 208, 45]
On dit aussi absolument dans le même sens. Passer sous la fourche.
Terme de pêche. Instrument qui sert à prendre le poisson en l'enferrant.
Longue perche armée d'un demi-cercle au bout, dont les marchands se servent pour mettre et ôter les étalages qu'ils pendent sur le devant de leurs boutiques.
Les deux branches de la mandibule inférieure des oiseaux.
Terme de blason. La queue du lion, lorsqu'elle est divisée en deux.
S. f. plur. Petits abcès qui viennent aux doigts et aux mains des gens de travail.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Ansi l'on fait as forches contre-mont sus lever [pendre au gibet] [, Ronc. p. 197]
    .... Ne crient [ne craint] ne mort ne furkes ne turment [, Th. le mart. 31]
    E si alcuns les volt baillier [protéger les malfaiteurs], od furche e od fer les estut abatre, e vers sei sachier [, Rois, p. 211]
  • XIIIe s.
    Sor un haut mont en un rochier Fet li rois les forches drecier Por Renart pendre le gorpil [, Ren. 11096]
    Une forche tint en ses mains ; Si le feri parmi les rains, Par un pour ne l'a abatu [, ib. 10389]
    Et aussi entendons noz de cix [ceux] qui abatent les fourques et qui despendent les pendus [BEAUMANOIR, XXXI, 17]
    Après rastel n'a mestier fourche [il n'est besoin de fourche] [LEROUX DE LINCY, t. I, p. 73]
  • XIVe s.
    Si dient qu'il seroit à fourques boins pendus, Pour le grant larrecin qui de lui est issus [, Baud. de Seb. x, 678]
  • XVIe s.
    Ilz ont pour la marque de leur monnoye le trident, qui est une fourche à trois fourchons, l'enseigne de Neptune [AMYOT, Thés. 6]
    Le prince de Condé, le premier parti, autheur de l'armée redoutable, fut traitté à la fourche [durement], quand des le commencement on le priva du gouvernement de Picardie [D'AUB., Hist. II, 219]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourguign. forche ; picard, fourque ; Berry, forche ; wallon, foge ; prov. forca ; espagn. horca ; ital. forca ; du lat. furca.

fourche

FOURCHE. n. f. Instrument qui consiste en un long manche de bois terminé par deux ou trois branches ou pointes de bois, de fer, qui vont en s'écartant. Fourche de bois. Fourche de fer. Fourche d'étable. Fourche à faner.

Il se dit aussi de Tout ce qui a la forme ou rappelle la forme de cet instrument; du Gibet à plusieurs piliers, appelé Fourches patibulaires, qu'on élevait dans la campagne; d'une Chose qui se divise en deux ou trois par l'extrémité. La fourche d'un arbre; Un chemin qui fait la fourche, qui bifurque; d'un Passage de plus en plus étroit. Les Fourches Caudines. Fig., Passer sous les Fourches Caudines, Subir des conditions humiliantes. Etc.

Il se dit aussi, en termes d'Arts, de la Pièce constituée par deux barres d'acier creux entre lesquelles tourne la roue d'une bicyclette.

Il se dit encore de la Tige qui relie un tramway à un fil électrique placé en l'air.

fourche

Une Fourche, Furca.

Une fourche où on cloüoit les brigans, Furca.

Toute chose faite à la façon d'une fourche, pour soustenir quelque chose, Furca.

fourche

Faire passer sous la fourche, Mittere sub iugum.

Passer sous la fourche, Sub iugum abire.

Quand la langue fourche, Titubare.

Rengées qui fourchoyent, Obliqui ordines.

fourché

Fourché, Bisulcus.

fourche

Une fourche à trois pointes, Fuscina.

fourche


FOURCHE, s. fém. FOURCHER, v. n. [2e e muet au 1er, é fermé au second.] Fourche, instrument de bois ou de fer, avec deux ou trois branches ou pointes. "Fourche d'étable, fourche à faner. "Chasser à coups de fourche. = Fourches patibulaires. Voy. PATIBULAIRE. = À~ la fourche, adv. Négligemment, ou grossièrement.
   FOURCHER, se séparer en deux ou trois, en manière de fourche. "Ces arbres fourchent; chemin qui fourche. — Figurém. famille, qui n'a point fourché; qui n'a fait qu'une seule branche. = "La langue lui a fourché: il a dit un mot pour l'aûtre. = Se fourcher. "Ces cheveux se fourchent, commencent à se fourcher. = Fourché, adj. "Avoir les cheveux fourchés. "Animaux qui ont les pieds fourchés, ou fendus.

Synonymes et Contraires

fourche

nom féminin fourche
Endroit où une voie se divise.
Traductions

fourche

gaffel, greep, hooivork, riek, broek], kruis [lichaam, tussenuur, tweesprong, vork, vork [fiets]pitchfork, fork, crotchדוקרן (ז), מזלג (ז), מלגז (ז), קלשון (ז), מַזְלֵג, קִלְּשׁוֹן, מַלְגֵּזforkegoHeugabelвилыforcaвилица포크gaffel (fuʀʃ)
nom féminin
1. instrument à pointes ramasser du foin avec une fourche
2. endroit où une route se divise prendre à gauche à la fourche

fourche

[fuʀʃ] nf
(= outil) → pitchfork
[bicyclette] → fork