fourchu, ue

FOURCHU, UE

(four-chu, chue) adj.
Qui fait la fourche.
Le mont Parnasse est fourchu ; tu te mettras sur une des pointes et moi sur l'autre, et nous considérerons ce que nous voudrons tout à loisir [D'ABLANC., Lucien, Caron ou le contemplateur]
Ils [des faiseurs de romans] nous découvrent la grande époque dans laquelle les marsouins nos aïeux devinrent hommes, et comment leur queue fourchue se changea en cuisses et en jambes ; c'est là le grand service que Telliamed a rendu depuis peu au genre humain [VOLT., Lett. Faugères, 3 mai 1776]
Arbre fourchu, arbre qui se bifurque. Faire l'arbre fourchu, se poser la tête en bas et les pieds en haut écartés l'un de l'autre. Arbre fourchu, nom donné autrefois à certaines poésies où des vers très petits venaient périodiquement après d'autres plus grands.
Menton fourchu, menton qui offre un léger sillon au centre.
Chemin fourchu, chemin qui aboutit à un ou plusieurs chemins.
Pied fourchu, pied fendu des animaux ruminants.
Ces animaux [les lamas], si utiles et même si nécessaires dans le pays qu'ils habitent, ne coûtent ni entretien ni nourriture ; comme ils ont le pied fourchu, il n'est pas nécessaire de les ferrer [BUFF., Quadrup. t. VI, p. 59, dans POUGENS]
Quelqu'un qui voit seulement la piste d'un pied fourchu, peut en conclure que l'animal qui a laissé cette empreinte ruminait [CUV., Révol. p. 105]
Les pieds fourchus, tout le bétail qui a le pied fendu comme bœufs, moutons, etc. ou, dans un sens plus général, tous les animaux qui ruminent.
Les bœufs, les béliers, les chèvres, les gazelles, les bubales, les chevrotains, le lama, la vigogne, la girafe, l'élan, le renne, les cerfs, les daims, les chevreuils, etc. sont tous des pieds fourchus et composent en tout un nombre d'environ quarante espèces [BUFF., Quadrup. t. VII, p. 27]
Pied fourchu, pied attribué par la mythologie aux sylvains, et, par imitation, au diable. Fig. Il a le pied fourchu, se dit d'un homme méchant, dangereux, mécréant. J'ai reconnu le pied fourchu, j'ai deviné ses mauvaises intentions.

HISTORIQUE

  • XVe s.
    Le beau nez ne grand ne petiz, Ces petictes joinctes oreilles, Menton fourchu, cler vis traictis, Et ces belles levres vermeilles [VILLON, Regrets de la belle Haulmyère.]
  • XVIe s.
    Quand un esclave avoit failly, ilz luy faisoient porter sur ses espaules un bois fourchu [AMYOT, Cor. 38]
    L'urine sort grandement deliée, fourchue, ou de travers [PARÉ, XVI, 24]

ÉTYMOLOGIE

  • Fourche ; Berry, forchu.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    FOURCHU. Ajoutez :
    S. f. La fourchue, la queue fourchue, sorte de papillon.