fourrer

(Mot repris de fourrassiez)

fourrer

v.t. [ du germ. fodr, gaine ]
1. Doubler, garnir intérieurement un vêtement avec de la fourrure ou une matière chaude : Fourrer des gants molletonner
2. Remplir d'une garniture : Il fourre ces chocolats à la menthe.
3. Fam. Introduire qqch dans, sous qqch d'autre, l'y faire pénétrer : Elle fourra ses mains dans ses poches enfoncer, mettre ; retirer, sortir
4. Fam. Mettre, sans attention ou sans soin : Où ai-je fourré mes lunettes ? déposer, poser
5. Fam. Faire entrer qqn sans ménagement quelque part : On l'a fourré en prison jeter
Fourrer qqch dans le crâne ou la tête de qqn,
Fam. lui faire comprendre, croire ou accepter qqch : Ils lui ont fourré dans le crâne d'abandonner ses études ils l'ont persuadé
Fourrer son nez dans qqch,
Fam. s'immiscer indiscrètement dans qqch.

se fourrer

v.pr.
Fam. Se mettre, se placer : Elle s'est fourrée sous les draps.
Ne plus savoir où se fourrer,
Fam. éprouver un vif sentiment de confusion, de honte.

fourrer


Participe passé: fourré
Gérondif: fourrant

Indicatif présent
je fourre
tu fourres
il/elle fourre
nous fourrons
vous fourrez
ils/elles fourrent
Passé simple
je fourrai
tu fourras
il/elle fourra
nous fourrâmes
vous fourrâtes
ils/elles fourrèrent
Imparfait
je fourrais
tu fourrais
il/elle fourrait
nous fourrions
vous fourriez
ils/elles fourraient
Futur
je fourrerai
tu fourreras
il/elle fourrera
nous fourrerons
vous fourrerez
ils/elles fourreront
Conditionnel présent
je fourrerais
tu fourrerais
il/elle fourrerait
nous fourrerions
vous fourreriez
ils/elles fourreraient
Subjonctif imparfait
je fourrasse
tu fourrasses
il/elle fourrât
nous fourrassions
vous fourrassiez
ils/elles fourrassent
Subjonctif présent
je fourre
tu fourres
il/elle fourre
nous fourrions
vous fourriez
ils/elles fourrent
Impératif
fourre (tu)
fourrons (nous)
fourrez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais fourré
tu avais fourré
il/elle avait fourré
nous avions fourré
vous aviez fourré
ils/elles avaient fourré
Futur antérieur
j'aurai fourré
tu auras fourré
il/elle aura fourré
nous aurons fourré
vous aurez fourré
ils/elles auront fourré
Passé composé
j'ai fourré
tu as fourré
il/elle a fourré
nous avons fourré
vous avez fourré
ils/elles ont fourré
Conditionnel passé
j'aurais fourré
tu aurais fourré
il/elle aurait fourré
nous aurions fourré
vous auriez fourré
ils/elles auraient fourré
Passé antérieur
j'eus fourré
tu eus fourré
il/elle eut fourré
nous eûmes fourré
vous eûtes fourré
ils/elles eurent fourré
Subjonctif passé
j'aie fourré
tu aies fourré
il/elle ait fourré
nous ayons fourré
vous ayez fourré
ils/elles aient fourré
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse fourré
tu eusses fourré
il/elle eût fourré
nous eussions fourré
vous eussiez fourré
ils/elles eussent fourré

FOURRER

(fou-ré) v. a.Fourrer, venant de l'ancien français fuere, qui signifiait fourreau, a deux acceptions principales dont les autres dérivent : envelopper, garnir comme d'un fourreau, et mettre comme dans un fourreau.
Garnir, doubler de fourrure. Fourrer un manteau d'hermine.
Terme de monnayage. Couvrir avec des lames d'or et d'argent soudées par les bords un flan qu'on passe ensuite dans les fers pour le monnayer. Fourrer une médaille.
Terme de construction. Garnir de plâtre et de tuileau le dessous des faîtières pour les affermir.
Terme de marine.
Envelopper une corde quelconque de bandes de toile goudronnée et de tresses, ou seulement de tours pressés et serrés de bitord ou de fil caret pour la garantir du frottement [JAL, ]
Donner avec excès, sans discrétion (comme si on garnissait outre mesure de ce qui enveloppe). Elle lui fourre toujours à manger. Cette mère fourre toujours en cachette de l'argent à son fils.
Mettre dans un endroit creux, caché (comme qui dirait mettre dans un fourreau). Fourrez cela dans votre poche. Il aura fourré cela dans un coin.
Fourre-lui encore les cinq cents autres guinées dans sa valise [VOLT., Écoss. V, 1]
Fig. Il a bien fourré de la paille dans ses souliers, il s'est beaucoup enrichi. Fig. et populairement. Fourrer tout dans son ventre, dissiper ce qu'on a en bombances.
Introduire, mettre dans (sens qui dérive du sens précédent). Fourrer son bras dans un trou.
Il laisse fourrer aux grâces Des fleurs sous son capuchon [BÉRANG., Ermite.]
Fig. et familièrement. Fourrer son nez où on n'a que faire, se mêler indiscrètement de quelque chose. On dit de même : fourrer son nez partout. Fourrer en prison, emprisonner.
J'ai une aversion mortelle pour la prison ; je suis malade ; un air enfermé m'aurait tué ; on m'aurait peut-être fourré dans un cachot [VOLT., Lett. d'Argental, avril 1734]
Eh bien, monsieur, si vous aviez été ministre à Constantinople, au lieu de l'être à la Haye, vous auriez donc été fourré aux sept tours ? [ID., Lett. Voronzof, 26 fév. 1769]
Le clergé, remis en train, En prison pourrait peut-être Fourrer l'auteur du Lutrin [BÉRANG., Muse en fuite.]
Fig. Fourrer dans l'esprit, mettre dans l'esprit.
Le diable lui fourrait dans l'esprit ce qu'il y avait de plus sensible [HAMILT., Gramm. 3]
Qu'on me dise qui diable lui a fourré dans la tête de ne plus vouloir prendre leçon de don Bazile ? [BEAUMARCHAIS, Barb. de Sév. III, 1]
Fourrer une chose dans la tête, dans l'esprit de quelqu'un, la lui faire comprendre. On ne peut rien lui fourrer dans la tête. Fourrer dans l'esprit, infatuer d'une chose. Qui a pu lui fourrer cette sotte idée dans l'esprit ? Se fourrer dans la tête, dans l'esprit, s'obstiner, s'infatuer.
Quelle créature il s'était fourrée dans la tête pour en faire sa femme [HAMILT., Gramm. 9]
Introduire quelqu'un dans une maison, dans une administration, l'engager dans une affaire. On l'a fourré dans les compagnies des chemins de fer.
On aurait beaucoup mieux fait de prendre ce parti que d'aller fourrer mal à propos la fille de M. le duc de Luxembourg dans des querelles de comédie [VOLT., Lett. Thiriot, 7 juill. 1760]
Insérer, et surtout insérer mal à propos. Il fourre toujours du latin dans ses discours.
Les protestants, qui fourrent partout, si l'on me permet de parler ainsi, leur synecdoche [au sujet de la communion sous les deux espèces] [BOSSUET, Déf. de la trad. sur la communion, II, 33]
Que Merlin ne fourre pas mon nom à la bagatelle que je lui ai donnée [VOLT., Lett. Damilaville, 2 oct. 1767]
On m'apprend qu'il a fourré une lettre de moi dans le Mercure ; je ne sais si c'est celle dont je vous parle [ID., Lett. d'Argental, 20 juin 1767]
Ce peintre n'a que deux ou trois têtes qui roulent dans la sienne et qu'il fourre partout [DIDER., Salon de 1767, Œuv. t. XIV, p. 109]
10° Se fourrer, v. réfl. Se vêtir de fourrures ou chaudement. Il s'est bien fourré.
Y voit-on des savants en droit, en médecine, Endosser l'écarlate et se fourrer d'hermine ? [BOILEAU, Sat. VIII]
11° Se mettre, se placer.
Ah ! traître que tu es, où t'es-tu donc allé fourrer ? [MOL., Avare, II, 1]
Plus de place, tout de force et de nécessité ; on se fourrait où on pouvait [SAINT-SIMON, 51, 109]
Le diable se fourre partout depuis longtemps [VOLT., Lett. la Harpe, 25 fév. 1771]
Fig. Il cherche quelque trou où se fourrer, se dit d'un homme qui cherche quelque emploi, quelque condition. Il est si honteux qu'il ne sait où se fourrer, ou qu'il se fourrerait dans un trou de souris, se dit d'un homme plein de confusion pour quelque chose qu'il a dit ou fait.
12° Fig. S'introduire, s'entremettre.
On s'est imaginé que je me fourrerais étourdiment parmi tout le monde [VOIT., Lett. 28]
Vous êtes un sot de venir vous fourrer où vous n'avez que faire [MOL., Méd. m. lui, I, 2]
Ces gens-là se fourrent partout [HAMILT., Gramm. 11]
Avec ces talents et d'autres plus cachés, utiles à la galanterie, il [la Vauguyon] se fourra chez Mme de Beauvais [SAINT-SIMON, 14, 158]
J'avais peine à concilier cette grande simplicité avec le désir et l'art qu'il avait de se fourrer partout, chez les grands, chez les femmes, chez les dévots, chez les philosophes [J. J. ROUSS., Conf. X]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    L'empereres envoia au soudan por faire pes forrée [, Hist. occid. des croisades, t. I, p. 370]
    Et lor panel tot altresi Estoient de paille fori [, Lai du trot]
    Renart si li forre souvent Autresi con s'il fust à feste [, Ren. 3194]
    Si ot [Vieillesse] d'une chape forrée Abrié et vestu son corps [, la Rose, 398]
  • XIVe s.
    Fourrer la paume [garnir la main, donner de l'argent] [, Ord. des rois de Fr. t. II, p. 225]
  • XVe s.
    Je me doute que ce ne fust pais fourrée ou par crainte [VALLET DE VIRIVILLE, Chronique normande, p. 401]
    ... qu'uns homs soit bien vestus et forrés, Et qui sache faire un petit le grant, On ly dira : sires, passez avant, Pour son habit, et c'est ce qui me tue [EUST. DESCH., Poésies mss. f° 261]
    Du conseil a chascun s'oppinion ; Tuit dient bien ; mais, quant vient au servir, D'executer nul n'y a vision ; Leur consaulx est de fourrée pelice [ID., ib. f° 54]
    Or dea, il ne m'a pas vendu à mon mot, ce a esté au sien : Mais il sera payé au mien, Il luy fault or : on le luy fourre [, Patelin]
  • XVIe s.
    .... Et des abus dont l'Eglise est fourrée, J'en parlerois, mais garde la bourrée [MAROT, II, 52]
    Comme on se fourre souvent aux tables ouvertes des grands [MONT., II, 108]
    Fourrant sa teste dans un nœud courant [ID., III, 152]
    Luy ayant fourré dans son lict Laïs [ID., III, 157]
    Et de peur que ses freres en montant ne feissent bruit, elle la [l'échelle] couvrit et fourra de laine, premier que de la devaller [AMYOT, Pélop. 65]
    Il luy fourra le fer de sa javeline par dedans la visiere de son armet, et le tua [ID., Arist. 34]
    Il desgaina son espée, et se la fourra à soy mesme tout au travers du corps [ID., Anton. 99]
    Il alloit souvent ouvrir et visiter mes coffres, pour veoir si ma mere y auroit rien fourré de friandise et de superfluité [ID., Alex. 40]
    On les faisoit souvenir du passé pour fourrer leur esperance de peur [D'AUB., Hist. III, 59]
    Autres disoient qu'un serment fourré sentoit l'infidelité [ID., ib. 123]
    S'estans transpercez les visages par coups fourrez (comme de ces temps on usoit de ces mots), tous deux tomberent [BRANT., Mandruzzo.]
    Tous les auteurs qu'il a leu sont ou schismatiques ou heretiques formels, ou libertins que j'appelle heretiques fourrés [GARASSE, Recherche des recherches, p. 604, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • L'ancien français fuere, qui signifiait fourreau, enveloppe (voy. FOURREAU) ; de sorte que fourrer est proprement garnir d'une enveloppe, d'un fourreau, sens dont on voit de bons exemples à l'historique de fourrure ; puis, comme un fuere ou fourreau est creux, fourrer a pris le sens de mettre dans, faire pénétrer ; au reste ce sens ne paraît qu'au XVIe siècle ; bourguig. forrai ; provenç. folrar ; espag. forrar ; ital. foderare. Ce mot avait aussi dans l'ancien français le sens de fourrager :
    Nus marcheans nes [ne les] povoit sivre, ne il ne pooient aler fourrer [VILLEH., CLXI]
    En ce sens il vient de fuerre, feurre, foare, paille ; aller en feurre, voulait dire fourrager.

fourrer

FOURRER. v. tr. Introduire, faire entrer, placer en quelque endroit, mettre parmi d'autres choses. Fourrer la main dans sa poche. Fourrer son bras dans un trou. Cette étoffe, cette tapisserie est toute perdue, il y a des trous à y fourrer la main. Il s'est fourré une écharde, une épine dans le doigt. Il aura fourré cela dans un coin. Où s'est-il donc fourré? Se fourrer sous un lit. Il est familier.

Fig. et fam., Où me suis-je fourré? Dans quel embarras me suis-je mis? Dans quel piège suis-je tombé? On dit aussi Se fourrer jusqu'au cou dans une mauvaise affaire.

Fig. et fam., Fourrer son nez où l'on n'a que faire, Se mêler indiscrètement de quelque chose. On dit dans un sens analogue Fourrer son nez partout.

Fig. et fam., Chercher quelque trou à se fourrer, où se fourrer, se dit de Celui qui cherche quelque emploi, quelque condition, et qui a peine à en trouver.

Fig. et fam., Ne savoir où se fourrer, Ne savoir où se cacher, ne savoir comment se dérober à la confusion qu'on éprouve. Il est si honteux de ce qu'il vient de dire, qu'il ne sait où se fourrer.

Fig. et fam., Fourrer quelque chose dans l'esprit, dans la tête de quelqu'un, Parvenir à lui faire comprendre quelque chose. Il est si sot, qu'on ne saurait lui rien fourrer dans la tête, dans l'esprit. On eut bien de la peine à lui fourrer dans la tête qu'il fallait... Cela signifie aussi Faire croire une chose à quelqu'un, la lui persuader. Qui a pu lui fourrer cette absurde idée dans l'esprit? Vous vous fourrez dans la tête mille chimères, mille choses qui ne sont pas. Une idée, une erreur, etc., qui s'est fourrée dans l'esprit, dans la tête de quelqu'un.

Il signifie, par extension, Donner avec excès et sans réflexion. Elle gâte cet enfant, elle lui fourre des sucreries à le rendre malade.

Fig. et fam., S'en fourrer jusque-là, se dit de Quelqu'un qui prend, avec avidité et excès, de la nourriture, du plaisir, etc.

Il signifie aussi figurément et familièrement Insérer hors de propos. Fourrer un tas de digressions dans un récit. Il a fait un livre où il a fourré tout ce qu'il savait.

Il signifie en outre Garnir, doubler de peau avec le poil. Fourrer une robe de martre. Fourrer d'hermine. Fourrer de petit-gris. Gants fourrés. Manteau fourré.

Chat fourré se dit par plaisanterie des Magistrats revêtus de leur hermine.

Le participe passé s'emploie comme adjectif dans les locutions suivantes :

Langues fourrées, Langues de boeuf, de porc, de mouton, recouvertes d'une autre peau que la leur, et avec laquelle on les fait cuire.

Pain fourré, bonbon fourré, Pain, bonbon garni intérieurement de quelque autre comestible.

Médaille, pièce de monnaie fourrée, Médaille, pièce de monnaie dont le dessus est d'or ou d'argent, et le dedans d'un métal inférieur. Cette pièce d'or, d'argent est fourrée.

Botte de paille, botte de foin fourrée, Botte dans laquelle, parmi de bonne paille ou de bon foin, on a mêlé de la paille ou du foin de moindre qualité.

En termes d'Escrime, Coup fourré. Voyez COUP.

Fig. et fam., Paix fourrée, Fausse paix, faite de mauvaise foi par les deux parties, chacune ayant intention de la rompre, lorsqu'elle le croira utile à ses intérêts.

Pays fourré, Pays rempli de bois, de haies, etc. L'armée se trouvait dans un pays fourré.

Bois fourré, Bois qui est fort garni de broussailles et d'épines. Voyez FOURRÉ, nom.

fourrer

Fourrer, voyez s'il vient point de Ferre.

Fourrer ou jetter dedans, Insinuare.

Se fourrer en quelque lieu secretement, Se aliquo immergere.

Je me fourre en cette espece, In eam speciem me penetro.

Se fourrer dedans bien avant, Inferre sese et introdare. Bud. ex Cicerone.

Se fourrer és biens d'aucun, Facere impetum in bona alicuius. B. ex Cicer.

S'y fourrer jusques aux oreilles, Ingurgitare se. B. ex Cicer.

Cestuy s'est venu fourrer en la meslée, combien qu'il n'en fust pas, Hic liti se obtulit. B. ex Vlp.

Se fourrer en un proces où il va de l'honneur et des biens, où au danger de perdre honneur et chevance, et dont on ne se pourra pas retirer quand on voudra, In nassam litis caput temere inserere, Capite et fortunis in causam penitus insinuare, Cum periculo facultatum et existimationis penitus in causam se demittere, nec inde pedem referre posse. B.

Fourrer robbes, Pelliculare vestes. B. ex Col. phroorion, locus munitus dicitur. Hinc fourrure, pellis in veste, siue quod nos contra hyemem et frigus muniat, siue quod vestem ipsam munitam reddat. phroéin munire nos, fourrer dicimus.

Robbe fourrée, Pelliculata vestis, Vestis pellita.

fourrer


FOURRER, v. act. [Fou-ré: r forte; 2e é fer. Devant l'e muet~, ou est long: il foûrre; foûrrera.] Mettre en quelque endroit parmi d'aûtre chôses. "Fourrez ces livres avec les aûtres. "Fourrez cela dans l'armoire. "Il lui a fourré son épée dans le ventre. = 2°. Insérer hors de propôs. "Il foûrre toujours des Proverbes dans son discours. = 3°. Fourrer dans l'esprit, dans la tête de... "On eut de la peine à lui fourrer dans la tête que, etc. "Vous vous fourrez dans l'esprit mille chimères. = 4°. Introduire. "Qui l'a fourré dans cette maison, dans cette afaire. "Il se foûrre par tout. On ne le dit que pour blàmer. Proverbialement, il fourre son nez par tout. "Pourquoi vient-il fourrer son nez où il n'a que faire?
   FOURRER, garnir de fourrûre. "Fourrer une robe de martre, d'hermine, etc. Se fourrer, se bien fourrer, se garnir d'habits bien chauds.
   FOURRÉ, ÉE, adj. Pays fourré, garni de bois, de haies. = Coups fourrés, au propre, coups donés et reçus en même tems; au figuré, mauvais ofices réciproques. — Coup fourré, au singulier, mauvais ofice caché, dont on ne se défie pas. = Paix fourrée, paix, reconciliation feinte. = En style proverbial, homme fourré de malice, fort malicieux. "Inocent fourré de malice; homme qui paraît simple, et qui est fin et malicieux.
   Rem. Fourrer n'est suportable que dans le style très-familier, ou critique ou comique. On le voit avec peine employé dans des matières grâves et sérieûses. "Je crois avoir fourré ici de quoi vous doner conaissance du point historique. Leibnitz. "On vouloit empêcher les livres apocriphes de se fourrer parmi les canoniques. Id. "Gratien en foûrre un assez grand nombre dans son Décret. Anon. "Lope de Vega s'abandone trop à son esprit, et foûrre ses imaginations par-tout. P. Rapin. — Cette expression jûre avec le ton sérieux de ces ouvrages.

Synonymes et Contraires

fourrer

verbe transitif fourrer
1.  Familier. Introduire quelque chose dans.
2.  Familier. Mettre quelque part.
-familier: caser, coller, ficher -populaire: foutre.
3.  Garnir d'une doublure.

fourrer (se)

verbe pronominal fourrer (se)
Familier. Se mettre quelque part.
Traductions

fourrer

einrücken, einsetzen, füllen, inserieren, schieben, stecken, stopfen, hineinlegen, hineinstecken, hineintunstuff, insert, push along, put away, put in, shove, stow, enclose, filled, hide, introduce, plated, slide, stick, stuck, stuffed, fuck, screw, cramindoen, inleggen, inschuiven, instoppen, inzetten, opvullen, schuiven, vullen, voeren, steken (in), stoppen (in)תחב (פ'), תָּחַבinsitempènyer arossegant, fer lliscarskubbeenmeti, enŝovi, farĉi, ŝovihacer deslizar, hacer resbalar, mechar, meter habilmente, rellenartyöntääempurrar, empurrar para o fundo, rechearficcare, imbottire (fuʀe)
verbe transitif
1. mettre à l'intérieur de qqch fourrer un gâteau avec de la crème
2. mettre à l'intérieur de qqch, sans ordre fourrer ses affaires dans un sac

fourrer

[fuʀe] vt (= mettre) → to stick >, to put
Où est-ce que tu as fourré mon passeport? → Where have you put my passport?, What have you done with my passport?
fourrer qch dans → to stick > sth into
fourrer ses mains dans ses poches → to stick one's hands in one's pockets [fuʀe] vpr/vi
se fourrer dans [+ une mauvaise situation] → to land o.s. in
se fourrer sous → to get under