fronde

1. fronde

n.f. [ lat. funda ]
1. Arme de jet constituée d'une pièce de matière souple (comme le cuir), dans laquelle est placé le projectile et que l'on fait tournoyer à l'aide de lanières tenues à la main.
2. Lance-pierre.

2. fronde

n.f. [ de fronder ]
Sout. Révolte d'un groupe contre les institutions, la société, l'autorité : Un esprit de fronde règne au sein du gouvernement rébellion
La Fronde,
soulèvement contre Anne d'Autriche et Mazarin en France, de 1648 à 1653.

3. fronde

n.f. [ lat. frons, frondis, feuillage ]
Feuille des fougères.

fronde

(fʀɔ͂d)
nom féminin
petite arme qui sert à lancer des pierres se battre à la fronde

FRONDE1

(fron-d') s. f.
Arme à jet, consistant en un fond de cuir suspendu par deux cordes ; on met dans la poche de cuir une pierre ou une balle de plomb, à laquelle on communique un mouvement très rapide en la faisant tourner ; puis on lâche une des cordes, et la balle s'échappe par la tangente avec toute la vitesse acquise ; l'art du frondeur consiste à lâcher la corde quand cette vitesse est la plus grande, et que la balle est dans la direction convenable.
Si adroits à jeter des pierres avec la fronde, qu'ils auraient pu même frapper un cheveu, sans que la pierre qu'ils auraient jetée se fût tant soit peu détournée de part ou d'autre [SACI, Bible, Juges, XX, 16]
Ainsi David remporta la victoire sur le Philistin avec une fronde et une pierre [ID., ib. Rois, I, XVII, 50]
La fronde lançait les pierres avec tant de raideur, que ni bouclier, ni casque n'en pouvaient soutenir l'impétuosité [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. XI, 1re part. p. 384, dans POUGENS.]
Pierres de fronde, pierres travaillées pour être lancées par la fronde, qu'on trouve dans les habitations lacustres anté-historiques et chez quelques peuples sauvages actuels.
Les pierres taillées nommées pierres de fronde ont une forme sphérique ou discoïde présentant une rainure dans leur partie moyenne plus ou moins profonde [MARCEL DE SERRES, Comptes rendus, Acad. des sc. t. LIII, p. 1124]
Terme de chirurgie. Bandage à quatre chefs, ainsi appelé parce qu'il a la forme d'une fronde.
Nom du parti qui s'insurgea contre Mazarin et la cour pendant la minorité de Louis XIV ; en ce sens on met une majuscule : la guerre de la Fronde.
Il en est [des diables] de lourdauds, de hargneux et de mornes ; Il en est d'enjoués, il en est de grondants, De danseurs sur la corde et d'arracheurs de dents ; Il en est de village, il en est de grand monde ; Il en est à la mode, il en est à la Fronde [TH. CORN., Feint astrologue, V, 6]
Les romans de Scarron n'ont point troublé le monde ; Chapelain ne fit point la guerre de la Fronde [VOLT., Épît. 100]
Tout cela part, dit-on, du collége Mazarin ; il faudra que nous disions comme du temps de la Fronde : point de Mazarin [ID., Lett. Damilaville, 4 juin 1767]
Il s'est dit, au pluriel, des mouvements que la Fronde avait excités.
Vous me faites plaisir de me mander tout le détail de vos frondes [PASC., Lett. à Périer, 1661]

REMARQUE

  • Au XVIIe siècle quelques-uns disaient encore fonde, qui jadis avait été seul usité, et qui est la forme correcte :
    Lygdame cependant, cet homme incomparable à lancer de la fonde un plomb inévitable [BRÉBEUF, Pharsale, III]
    Chifflet, Gramm. p. 33, se contente de remarquer que fronde est meilleur que fonde.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Prist sun bastun al puin, e sa funde ; e eslist cinc beles pierres de la riviere [, Rois, p. 66]
  • XIIIe s.
    Et si avoit vilains qui à nostre gent jettoient des pierres en grans fondes, qui moult merveilleusement lor grevoient [H. DE VALENC., XXXIV]
  • XVe s.
    Ils prirent le varlet, et lui pendirent les lettres au cou, et le mirent tout en un mont en la fonde d'un engin, et puis le renvoyerent dedans Auberoche [FROISS., I, I, 228]
  • XVIe s.
    Les paysans retirez [dans Sancerre assiégée] qui se servoient principallement de fondes, d'où vint que les assiegeans les nommerent les harquebuses de Sancerre [D'AUB., Hist. Il, 41]
    Fronde [PARÉ, IX, 2e disc.]

ÉTYMOLOGIE

  • Berry, fonde ; provenç. fonda, fronda ; catal. fona ; espagn. honda ; portug. funda ; ital. fionda ; du latin funda. On remarquera dans fronde l'épenthèse d'une r qui ne paraît pas remonter plus haut que le XVIe siècle, bien qu'elle soit plus ancienne dans le provençal. Pour l'explication du sens de Fronde, guerre durant la minorité de Louis XIV, voy. FRONDER à la remarque. Funda est de même radical que le grec signifiant, fronde, l's disparaissant comme dans fallere, par rapport au grec ; les étymologistes rattachent le grec au sanscrit spand, s'agiter.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    1. FRONDE. - ÉTYM. Ajoutez : L'r épenthétique, si tardive en français, est venue d'abord en provençal, probablement d'après l'italien, où fromba, la fronde, se rattache à frombolo, bruit semblable à celui que font les pigeons en s'envolant.

FRONDE2

(fron-d') s. f.
Terme de botanique. Nom qu'on donne généralement aux expansions membraneuses des acotylédones. Les fougères ont des frondes et non des feuilles, en langage technique ; mais beaucoup d'auteurs disent simplement des feuilles.

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. frons, frondis, feuillage.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    2. FRONDE. Ajoutez :
    Terme de forestier.
    Fronde, la pousse des feuilles au printemps [VERNIER, le Temps, 4 juillet 1876, feuilleton, 1re page, 4e col.]
    Dans le langage général, branche garnie de feuilles.
    Un arbre la voilait presque de ses frondes qui touchaient la terre [Mme DE GASPARIN, Vesper, 2e éd. Paris, 1862]
    Les haies poussaient des frondes [ID., ib.]
    Autour de nous, rien n'a changé ; les hommes restent les mêmes ; les mêmes habitudes vont béquillant du même pas ; la jeune séve pousse les mêmes frondes ; aujourd'hui ressemble à hier [ID., Camille.]

fronde

FRONDE. n. f. Instrument, fait de corde ou de cuir, avec lequel on lance des pierres, des balles, etc. David tue Goliath d'un coup de fronde. Les anciens avaient dans leurs troupes des gens armés de frondes. Faire tourner une fronde.

Par extension, il se dit d'un Jouet d'enfant composé d'un caoutchouc et d'une petite fourche.

Par extension, Un esprit de fronde, un vent de fronde, Un esprit de critique et d'opposition. Il soufflait alors un vent de fronde.

Cette locution a fait appeler Fronde la Rébellion des ennemis de Mazarin sous la minorité de Louis XIV.

fronde


FRONDE, s. f. FRONDER, verbe act. FRONDEUR, s. m. [1re lon. 2e. e muet au 1er, é fer au 2d. — Sans considérer l'étymologie de ce nom, qui vient du latin funda, où il n'y a point d'r, il faut dire fronde, et non pas fonde, comme ont dit aûtrefois des Auteurs estimables de leur tems pour le langage.] Fronde est un tissu de corde, avec lequel on jète des pierres. "Les anciens avaient dans leurs troupes, des frondeurs, des gens armés de frondes. = Fronder, au propre, jeter des pierres avec une fronde. "Fronder des pierres. — V. n. "Ces petits garçons s'amusent à fronder. = Par extension, il se dit de tout ce qu'on jète avec violence. "Il lui fronda une assiète à la tête. = Au figuré, blâmer, critiquer hautement. "On a frondé sa harangue. "Je suis le premier à fronder les ridicules de la Cour. Mol. "Dès qu'il eut ouvert la bouche, tout le monde le fronda. = C'est aussi parler contre le gouvernement. Dans ce sens, il est neut. "Il ne fait que fronder tout le jour. "C'est un des plus grands frondeurs que je conaisse. "Nous vivons dans un siècle frondeur et sistématique, où l'esprit ne s'exerce qu'aux dépends de la raison. Ann. Litt.Fronder et Frondeur, au figuré, datent de la Minorité de Louis XIV. Ils sont du style familier.

Synonymes et Contraires

fronde

nom féminin fronde
Traductions

fronde

בליסטרא (נ), מקלעת (נ), קלע (ז), קֶלַע

fronde

svingoĵetilo

fronde

投石器

fronde

honda

fronde

[fʀɔ̃d] nf
(= arme) → sling
(= révolte) → rebellion