fronder

(Mot repris de fronderais)

fronder

v.t. [ de 1. fronde ]
Sout. Critiquer, railler une personne détenant un pouvoir, une autorité : L'opposition fronde le gouvernement attaquer ; défendre

fronder


Participe passé: frondé
Gérondif: frondant

Indicatif présent
je fronde
tu frondes
il/elle fronde
nous frondons
vous frondez
ils/elles frondent
Passé simple
je frondai
tu frondas
il/elle fronda
nous frondâmes
vous frondâtes
ils/elles frondèrent
Imparfait
je frondais
tu frondais
il/elle frondait
nous frondions
vous frondiez
ils/elles frondaient
Futur
je fronderai
tu fronderas
il/elle frondera
nous fronderons
vous fronderez
ils/elles fronderont
Conditionnel présent
je fronderais
tu fronderais
il/elle fronderait
nous fronderions
vous fronderiez
ils/elles fronderaient
Subjonctif imparfait
je frondasse
tu frondasses
il/elle frondât
nous frondassions
vous frondassiez
ils/elles frondassent
Subjonctif présent
je fronde
tu frondes
il/elle fronde
nous frondions
vous frondiez
ils/elles frondent
Impératif
fronde (tu)
frondons (nous)
frondez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais frondé
tu avais frondé
il/elle avait frondé
nous avions frondé
vous aviez frondé
ils/elles avaient frondé
Futur antérieur
j'aurai frondé
tu auras frondé
il/elle aura frondé
nous aurons frondé
vous aurez frondé
ils/elles auront frondé
Passé composé
j'ai frondé
tu as frondé
il/elle a frondé
nous avons frondé
vous avez frondé
ils/elles ont frondé
Conditionnel passé
j'aurais frondé
tu aurais frondé
il/elle aurait frondé
nous aurions frondé
vous auriez frondé
ils/elles auraient frondé
Passé antérieur
j'eus frondé
tu eus frondé
il/elle eut frondé
nous eûmes frondé
vous eûtes frondé
ils/elles eurent frondé
Subjonctif passé
j'aie frondé
tu aies frondé
il/elle ait frondé
nous ayons frondé
vous ayez frondé
ils/elles aient frondé
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse frondé
tu eusses frondé
il/elle eût frondé
nous eussions frondé
vous eussiez frondé
ils/elles eussent frondé

FRONDER

(fron-dé) v. a.
Lancer avec la fronde.
Chacun d'eux avait une fronde, Non pas pour fronder des arrêts, Mais des pierres, cailloux et grès [SCARR., Virg. V]
Absolument.
Bachaumont s'avisa de dire un jour que le parlement faisait comme les écoliers qui frondent dans les fossés de Paris, qui se séparent dès qu'ils voient le lieutenant civil, et qui se rassemblent dès qu'il ne paraît plus [RETZ, II, 385]
Sur les bords bienheureux du Tibre Vous trouverez un peuple libre, Et qui fronde en diable et demi, Quand il lui vient quelque ennemi [SCARRON, Virg. v.]
Par extension. Il lui fronda une assiette à la tête. Fronder quelque chose ou quelqu'un, le frapper avec une chose lancée.
Rincy, méprisant la soupe de village, entame un pain, le trouve dur et trop rassis, en fronde un abricotier voisin [SCARR., Lett. Œuvres, t. I, p. 210, dans POUGENS]
Absolument, s'est dit, sous la minorité de Louis XIV, pour prendre part aux intrigues, aux luttes de la Fronde. Par extension.
L'art de fronder et bouleverser les États, est d'ébranler les coutumes établies, en sondant jusque dans leur source, pour marquer leur défaut de justice [PASC., Du vrai bien, 4, éd. FAUGÈRE.]
Faire le mécontent, le critique à l'égard de choses ou de personnes.
Bien des gens ont frondé cette comédie [MOL., Préf. de l'École des femmes]
Il ne se soucie pas qu'on fronde ses pièces, pourvu qu'il y vienne du monde [ID., Critique, 7]
À mon ordinaire, je frondai cette dépense [SÉV., 317]
La grandeur d'âme ne consiste point à fronder ceux qui ont l'autorité en main [MAINTENON, Lett. à Mme de Caylus. 14 déc. 1716]
Je te redisais les mêmes paroles qu'il m'a dites lorsque j'ai voulu fronder sa conduite [BARON, Homm. à bonn. fort. I, 12]
De nos vaines témérités Vos vers sont la fidèle histoire ; On peut fronder les vanités Quand on est au sein de la gloire [VOLT., Lett. au roi de Pr. 24 janv. 1747]
J'aime à fronder les préjugés gothiques, Et les cordons de toutes les couleurs [BÉRANG., Nouv. Diog.]
Absolument.
On a frondé rudement contre M. de Saint-Malo [SÉV., 239]
Chacun fronde sur sa dépense [DESTOUCHES, Diss. III, 6]
C'est un homme qui passe sa vie à fronder, se dit d'un homme qui montre une humeur morose, qui désapprouve, blâme tout.

REMARQUE

  • Fronder, dans le sens de faire la guerre de la Fronde, et puis de blâmer, vient du mot, rapporté plus haut, de Bachaumont. Quelques jours après, le même Bachaumont, entendant opiner quelques-uns de messieurs du parlement en faveur du ministère, se souvenant de sa comparaison, dit qu'il allait fronder cet avis. Ces mots ayant été reçus avec approbation par ces conseillers, et employés ensuite heureusement en vers par M. de Marigny, on appela frondeurs ceux qui étaient contraires au ministre et au ministère.

ÉTYMOLOGIE

  • Fronde ; provenç. fondeiar.

fronder

FRONDER. v. intr. Lancer des pierres, des balles avec une fronde. Des enfants qui s'amusent à fronder.

Il ne s'emploie guère aujourd'hui qu'au sens figuré et signifie Parler et agir avec un esprit de fronde. C'est un homme qui passe sa vie à fronder.

Par extension, il s'emploie transitivement pour signifier Critiquer, blâmer. Fronder le gouvernement. Fronder les travers du temps, les ridicules de la société.