front


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front

n.m. [ lat. frons, frontis ]
1. Partie avant du crâne des vertébrés allant, chez l'homme, de la racine des cheveux à l'arcade sourcilière : Un front bombé. Humecter le front d'un malade.
2. Litt. Audace, impudence : Il a le front de venir jusqu'ici ! effronterie, insolence
3. Partie supérieure ou face avant de qqch : Le front d'une montagne cime, sommet façade ; arrière, derrière, dos
4. Ligne présentée par une troupe de militaires en ordre de bataille (par opp. à flanc).
5. Dans une guerre, limite avant de la zone de combat ; cette zone de combat elle-même (par opp. à arrière) : Il est parti pour le front.
6. Domaine, secteur dans lequel existent des difficultés ou un blocage : La majorité gouvernementale doit se battre sur tous les fronts. Remous sur le front boursier.
7. Coalition d'organisations politiques ou d'individus : Le Front populaire. Il faut constituer un front contre le sida bloc, union
8. Zone marquant le contact entre deux masses d'air convergentes, différenciées par leur température et leur degré d'humidité : Un front d'air chaud.
Baisser ou courber le front,
Litt. éprouver un sentiment de honte.
De front,
de face, par-devant ; côte à côte sur une même ligne ; en même temps ; d'une manière directe, sans ménagement : Ils ont attaqué de front par-derrière conjointement, simultanément ouvertement, résolument
Faire front,
tenir tête ; faire face : Les manifestants firent front aux forces de l'ordre. Face à ce malheur, nous saurons faire front.
Front de mer,
avenue, promenade en bord de mer.

FRONT

(fron ; le t se lie : un fron-t élevé ; au pluriel, l's se lie : des fron-z élevés) s. m.
Partie de la face qui s'étend de l'origine des cheveux aux sourcils et d'une tempe à l'autre. Un front large. Un front élevé. Il a le front bas.
Aux lauriers immortels qui lui ceignent le front [CORN., Hor. V, 3]
Elle vient, et son front, siége de la candeur, Annonce en rougissant les vertus de son cœur [VOLT., Fanat. I, 1]
Le front est une des grandes parties de la face, et l'une de celles qui contribuent le plus à la beauté de sa forme [BUFF., Hist. nat. hom.]
Son front était pensif, son âme était émue [DUCIS, Abufar, II, 2]
Partout où, le long des chemins, J'ai posé mon front dans mes mains, Et sangloté comme une femme... [A. DE MUSSET, Poésies nouv. Nuit de décembre]
Fig.
Quant aux volontés souveraines De celui qui fait tout et rien qu'avec dessein, Qui les sait que lui seul ? comment lire en son sein ? Aurait-il imprimé sur le front des étoiles Ce que la nuit des temps enferme dans ses voiles ? [LA FONT., Fabl. II, 13]
Quelle Jérusalem nouvelle.... Et porte sur le front une marque immortelle ? [RAC., Athal. III, 7]
Sion a son front dans les cieux [ID., ib. III, 8]
Frotter son front, geste que l'on fait quand on cherche quelque idée.
J'ai beau frotter mon front, j'ai beau mordre mes doigts ; Je ne puis arracher du creux de ma cervelle Que des vers plus forcés que ceux de la Pucelle [BOILEAU, Sat. VII]
Se frapper le front, se dit d'un geste qu'on fait quand on a quelque inspiration ou réminiscence soudaine. Il se frappa le front, en s'écriant : J'y suis. Donner du front contre, se heurter le devant de la tête contre.
Peut-être en ce moment, pour vous épouvanter, Il se soufflettera d'une main mutinée, Se donnera du front contre une cheminée [REGNARD, le Joueur, II, 1]
Dérider le front, ôter du front les rides qui indiquent le sérieux, la préoccupation.
J'aime mieux Arioste et ses fables comiques Que ces auteurs toujours froids et mélancoliques Qui dans leur sombre humeur se croiraient faire affront Si les grâces jamais leur déridaient le front [BOILEAU, Art p. III]
Le front rougit, se dit d'un sentiment de honte qui y fait monter la rougeur.
Son front, nouveau tondu, symbole de candeur, Rougit en approchant d'une honnête pudeur [BOILEAU, Lutr. I]
Combien nos fronts pour elle ont-ils rougi de fois ! [RAC., Iphig. IV, 4]
Je ne suis point de ces femmes hardies Qui, goûtant dans le crime une tranquille paix, Ont su se faire un front qui ne rougit jamais [ID., Phèdre, III, 3]
Fig. N'avoir point de front, n'avoir ni honte, ni pudeur. On dit, dans un sens analogue, endurcir son front.
Elle a endurci son front, elle ne sait plus rougir [BOSSUET, Var. 3]
Le devant de la tête de certains animaux. Le front d'un cheval, d'un bœuf.
Son front large [d'un monstre marin] est armé de cornes menaçantes [RAC., Phèdre, V, 6]
Chez les crustacés, intervalle qui sépare les yeux quand le bord antérieur de la tête ne se prolonge point en rostre. Chez les insectes, partie antérieure et supérieure de la tête, comprise entre la bouche, les antennes, les yeux et l'occiput.
Se dit pour le visage entier. Un front serein. Un front sévère.
Il est vrai, s'agissant d'un secret qui nous touche, On croit que le front parle, au défaut de la bouche [HAUTEROCHE, Nobles de province, III, 1]
Il lit au front de ceux qu'un vain luxe environne Que la fortune vend ce qu'on croit qu'elle donne [LA FONT., Phil. et Bauc.]
Ce front satisfait Dit assez à mes yeux que Porus est défait [RAC., Alex. III, 1]
Je me connais, je sais que, blanchi sous les armes, Ce front triste et sévère a pour vous peu de charmes [VOLT., Mér. I, 3]
Songe à ce bras puissant, vainqueur de tant de rois, à cet aimable front que la gloire couronne [ID., Zaïre, I, 1]
Il verra si mon front soutiendra la couronne [ID., Mérope, I, 3]
La tête, surtout dans le style élevé et les vers.
Chaque mot sur mon front fait dresser mes cheveux [RAC., Phèd. IV, 6]
Je renvoie Hermione, et je mets sur son front, Au lieu de ma couronne, un éternel affront [ID., Andr. III, 7]
Et pourquoi me cacher ? et par quelle injustice Faut-il que sur mon front sa honte rejaillisse ? [ID., Iphig. III, 2]
Fig. Humilier, courber, baisser le front, se dit de l'humiliation, de l'abaissement de la servitude.
Avec plaisir, sans doute, il verrait à ses pieds Des sénateurs tremblants les fronts humiliés [VOLT., Brutus, III, 2]
J'en eus [des amis] quand j'étais reine, et le peu qui m'en reste Sous un joug étranger baisse un front abattu [ID., Mérope, V, 4]
Fig. Relever le front, reprendre du courage, de l'audace, de la fermeté.
Ainsi ce peuple esclave, oubliant son devoir, Contre son roi lève un front indocile [VOLT., Sams. II, 1]
Messène après quinze ans de guerres intestines Lève un front moins timide et sort de ses ruines [ID., Mér. I, 1]
Et lorsque l'Italie en secouant ses fers Lève un front menaçant.... [SAURIN, Spartacus, I, 1]
Reine du monde, ô France, ô ma patrie, Soulève enfin ton front cicatrisé [BÉRANG., Enf. de la Fr.]
Le front levé, c'est-à-dire avec assurance, sans craindre aucun reproche.
L'on aime à aller le front levé dans la famille des Pourceaugnac [MOL., Pourc. II, 4]
Quand je vois dans ce temple, aux vertus élevé, L'infâme trahison marcher le front levé [VOLT., Rome sauv. I, 6]
L'impudicité ne marche pas le front levé chez les chrétiens [CHATEAUB., Génie, III, III, 2]
La personne elle-même, dans le langage poétique.
Le front à qui le cœur ne fait point de reproche Souffre aisément son juge et n'en craint point l'approche [ROTR., Bélis. II, 8]
Joint qu'au moindre attentat contre un front couronné C'est être criminel que d'être soupçonné [ID., ib.]
Souvenez-vous qu'il règne, et qu'un front couronné.... [RAC., Andr. IV, 3]
L'air, l'attitude, le langage, les manières, surtout en poésie.
Et reconnaissez-vous au front de vos amis Qu'ils soient prêts à tenir ce qu'ils vous ont promis ? [CORN., Cinna, I, 3]
Mais sachez qu'il n'est point de si cruel trépas, Où d'un front assuré je ne porte mes pas [ID., Poly. IV, 5]
Il s'avance au trépas Avec le même front qu'il donnait les États [ID., Pomp. II, 2]
De quel front soutenir ce fâcheux entretien ? [RAC., Brit. II, 2]
Je verrai le témoin de ma flamme adultère Observer de quel front j'ose aborder son père [ID., Phèd. III, 3]
Ah ! Dieux ! lorsqu'à mes vœux l'ingrat inexorable S'armait d'un œil si fier, d'un front si redoutable.... [ID., ib. IV, 5]
.... Tous les jours.... un homme, un vil esclave D'un front audacieux me dédaigne et me brave [ID., Esth. II, 1]
Il [Harlai] se présente aux Seize, il demande des fers Du front dont il aurait condamné ces pervers [VOLT., Henr. IV]
De quel front, avec quelle assurance, avec quelle intrépidité.
Ceux qui ont vu de quel front il [Charles 1er] a paru dans la salle de Westminster [BOSSUET, Reine d'Angl.]
Les dehors, l'apparence, par opposition aux sentiments du cœur.
Et c'est mal démêler le cœur d'avec le front Que prendre pour sincère un changement si prompt [CORN., Rod. IV, 5]
Impudence, effronterie.
Il a bien le front de m'accuser d'avarice [VAUGEL., Q. C. 467]
A-t-il encor le front de vous parler de moi ? [CORN., Tois. d'or, IV, 2]
Quoi ! vous avez le front de trouver cela beau ? [MOL., Mis. I, 2]
C'est une chose étonnante que vous ayez le front de parler si haut [PASC., Provinc. 13]
Quoi ! vous avez le front de rire, et devant nous ? [REGNARD, Distr. I, 4]
Allons, mon ami, de la tête et du front ; je suis là [PICARD, Duhautcours, III, 7]
De quel front, avec quelle impudence.
De quel front donnerais-je un exemple aujourd'hui, Que mes lois, dès demain, puniraient en autrui ? [CORN., Perthar. II, 3]
De quel front s'en aller le voir et lui parler ? [LA FONT., Faucon.]
Avec quel front osent-ils parler de la loi ? [BOSSUET, Hist. II, 13]
Madame ! et de quel front vous unir à mon sort, Quand je ne cherche plus que la guerre et la mort ? [RAC., Mithr. III, 5]
Que veut-il ? de quel front cet ennemi de Dieu Vient-il infecter l'air qu'on respire en ce lieu ? [ID., Athal. III, 5]
De quel front un Alexandre VI, l'horreur de toute la terre, avait-il osé se dire le vicaire de Dieu ? [VOLT., Mœurs, 128]
Un front d'airain, une extrême impudence. Cet homme a un front d'airain.
J'ai vu que l'impudence est la reine du monde Et qu'il faut, quand on veut y faire son chemin, Aller à la fortune avec un front d'airain [LA CHAUSSÉE, Gouvern. I, 3]
On dit dans le même sens : C'est un front d'airain.
Fig. et dans le langage élevé et poétique. Le haut, le sommet. Cette montagne élève son front jusque dans les nues.
J'avais atteint le front des collines prochaines [D'AVRIGNY, Jeanne d'Arc, III, 5]
Pourquoi balancez-vous vos fronts que l'aube essuie, Forêts, qui tressaillez avant l'heure du bruit ? [LAMART., Harm. I, 3]
Étendue que présente le devant de certaines choses. Le front d'un bâtiment.
S'il est vrai, comme on l'assure, qu'il y ait dans Paris seul vingt-quatre mille maisons à front de rue [VAUBAN, Dîme, p. 76]
Terme de fortification. Front d'une place, ce qui est compris entre les deux bastions voisins.
Une forteresse qui montre de tous côtés un front redoutable [BOSSUET, Louis de Bourbon.]
10° La face d'une troupe rangée en ligne. Le front d'un bataillon est le premier rang composé des chefs de file.
Combattre avec les miens au front de la bataille [TRISTAN, Panthée, IV, 3]
Cette phalange était divisée en dix petits corps, dont chacun présentait un front de cinquante hommes sur trente-deux de profondeur [ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. VIII, p. 407, dans POUGENS]
En donnant au corps de bataille moins de front et plus de profondeur [ID., ib. t. I, p. 312]
Le front des Russes n'était plus en face de notre colonne, mais sur notre gauche [SÉGUR, Hist. de Nap. IV, 8]
Passer sur le front d'une troupe, se porter sur le front d'une troupe rangée en bataille. Front de bandière, ligne des étendards et des drapeaux à la tête d'un corps campé. Front de bataille, rang antérieur d'une troupe ou d'une ligne déployée ; quand elle n'est pas déployée, on l'appelle tête de colonne. Marcher en front de bandière, marcher avec tout l'appareil de la guerre.
Les Samoïèdes, les Lapons, les Kamshatkadiens n'ont jamais marché en front de bandière pour détruire leurs voisins [VOLT., Dict. phil. Armes, Armées.]
Faire front, se dit d'une troupe qui, étant de flanc, se tourne de manière à présenter le front. Front ! terme de commandement militaire, pour dire à une troupe de faire face. Terme de marine. Ordre de marche dans lequel tous les vaisseaux d'une armée navale sont rangés sur une ligne perpendiculaire au vent. Former une ligne de front.
11° Terme de perspective. Projection orthographique d'un objet sur le plan parallèle au tableau.
12° De front, loc. adv. Par devant.
Elles s'allaient rencontrer de front l'une l'autre [DESC., Monde, 8]
La choquer hardiment [la fortune], et, sans craindre la mort, Se présenter de front à son plus rude effort [CORN., Médée, I, 5]
Quelque effort que nous fassions pour détourner nos visages de peur que la vérité ne nous éclaire de front [BOSSUET, 2e sermon, dim. de la Passion, 2]
Pendant qu'Adraste l'aurait attaqué de front [FÉN., Tél. XX]
La colonne était attaquée à la fois de front et par les deux flancs [VOLT., Louis XV, 15]
Il [Napoléon] multiplia ses ordres, il outra ses excitations, et il engagea de front une bataille qu'il avait conçue dans un ordre oblique [SÉGUR, Hist. de Nap. VII, 9]
Fig. Sans ménagement, sans prendre des biais.
Je sais ce que tu dis, et n'irai pas, de front, Faire un commandement qu'ils prendraient pour affront [CORN., D. Sanche, II, 1]
Il est certains esprits qu'il faut prendre de biais, Et que, heurtant de front, vous ne gagnez jamais [REGNARD, le Légat. II, 1]
Toute loi qui attaque de front un vice que les mœurs tolèrent est nécessairement bientôt éludée et oubliée [CONDORCET, Maurepas.]
Si l'on n'osa pas les heurter de front [les auteurs du XVIIe siècle].... on les attaqua d'une manière indirecte [CHATEAUBR., Génie, I, I, 1]
13° De front, sur la même ligne.
Les voilà qui voguent de front [SCARR., Virg. V]
Une ville composée d'une rue qui s'appelle la grande, quoique deux carrosses n'y puissent passer de front [MAINTENON, Lett. à Mme de Veilhaut, mai 1692]
Pareils en quelque sorte aux anciens qui avaient l'adresse de mener jusqu'à huit chevaux attelés de front, M. Leibnitz mena de front toutes les sciences [FONTEN., Leibnitz.]
Fig. En même temps. Mener deux affaires de front.
Le christianisme fait marcher de front les mystères de la divinité et les mystères du cœur humain [CHATEAUBR., Génie, II, II, 1]
14° Front à front, loc. adv. Opposé l'un à l'autre, en face l'un de l'autre.
Ces deux hommes [Condé et Turenne], tantôt unis.... tantôt opposés front à front [BOSSUET, Louis de Bourbon.]

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Entre les ieuz mult [il] ot large le front [, Ch. de Rol. XCII]
  • XIIe s.
    Et vos [votre] douz front qui plus est clair que glace [, Couci, X]
  • XIIIe s.
    Quand vient en mai, que l'on dit as lons jours, Que Franc de France repairent de roi court [de la cour du roi], Regnauz repaire devant au premier front [, Romancero, p. 49]
    De Constantinoble, qui tenoit trois liues devers la terre de front, ne pooit li os [l'armée] ataindre que l'une des portes [VILLEH., LXXIV]
    Einsi furent les batailles longuement front à front [ID., LXXXII]
    Li dus de Venise ot fait ses nes [navires] et ses vaissiaux ordener tout d'un front [ID., LXXVII]
    Contraire chose sont celes qui tout droit, front à front, sont l'une contre l'autre, si comme est froit contre chaut [BRUN. LATINI, Trésor, p. 535]
    Cil qui i faut [qui est éhonté] est apelez sans vergoigne et sanz front [ID., ib. p. 273]
    Et li frons de la maison doit estre contre midi [ID., ib. p. 176]
  • XIVe s.
    Tellement fu li mur par sa force [du chevalier] minez Que deux hommes de front y fussent bien entrez [, Guesclin 20218]
  • XVe s.
    ....Il tient son front Par devant eulx, comme orgueilleux et fiers [EUST. DESCH., f° 234, dans LACURNE]
  • XVIe s.
    Pour entreprendre de marcher front à front avecques ces gents là [MONT., I, 155]
    Les hommes d'armes qui faisoient front en l'armée de Tigranes [ID., II, 94]
    Les Romains furent contraints de venir au combat tout de front par païs uny et plain [AMYOT, Pyrrhus, 46]
    Autrement, comme pourrois-je ny ayec quel front me trouver en la compagnie des autres honestes dames quand.... [ID., Agis et Cléom. 19]
    Le roi de Navarre se revolte et celebre son changement en une procession generale à fin d'estouffer les hontes secrettes et reproches domestiques par le front d'un acte public [D'AUB., Hist. I, 130]
    Il fit de sa file son front [ID., ib. I, 149]
    Les assiegez leur laisserent gagner le front de la breche [ID., ib. I, 184]
    S'il y avoit jardin derriere le manoir, et terre qui n'eust point front avec les dits survivans, leur est tenu bailler quatre pieds de voyes, pour eschange d'autre heritage [, Nouv. coust. gén. t. I, p. 394]
    Nul ne peut faire bastir et edifier maison ou autre edifice sur front de rue sans prendre alignement de la justice [, ib. t. II, p. 1028]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. front ; espagn. frente ; portug. et ital. fronte ; du latin frontem ; sansc. bhruva ; gaélique, a-bhra ; bas-bret. a-brant ; angl. brow.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    FRONT. Ajoutez :
    15° De front, de face, sans présenter le corps de côté.
    On m'a conduit au second par un escalier à demi rompu et si étroit qu'à peine y pouvais-je passer de front [LETOURNEUR, Trad. de Clarisse Harlowe, t. VII, p. 608]
    16° En termes de travaux d'art, front de taille, la face du terrain, là où s'arrête le foncement.
    L'aération s'obtiendra, comme au Saint-Gothard, par l'injection d'air comprimé jusqu'au front de taille.... [en cas d'irruption des eaux] on séparera ce front de taille du reste de la galerie par une sorte de carapace à cloisons hermétiques [H. DE PARVILLE, Journ. offic. 17 août 1875, p. 6891]
  • Front d'attaque, la face par laquelle on commence le creusement d'un tunnel, d'un puits, etc.
    Le front d'attaque, dans chacun de ces chantiers, présente une section de 6 à 7 mètres carrés [, le Soleil, 18 août 1875]
  • 17° Front large, nom d'une espèce de phascolome, dont la chair est excellente.
    Deux espèces [de phascolomes] au moins vivent aussi bien l'une que l'autre dans notre pays, le wombat et le front large [, Journ. offic. 29 oct. 1876, p. 7764, 3e col.]

front

FRONT. n. m. Partie du visage qui est comprise entre la racine des cheveux et les sourcils. Large front. Front élevé. Front bas. Avoir des rides au front, sur le front. Se faire une bosse au front. Être marqué sur le front, au front. Dérider son front.

Il se dit, par extension, pour Tout le visage. Un front serein. Un front sévère. On lit sur son front ce qu'il pense. La rougeur qui couvrait leur front.

Il se dit aussi du Devant de la tête de quelques animaux. Le front d'un cheval, d'un boeuf, d'un éléphant, etc. Un cheval qui a une étoile au milieu du front.

Il désigne aussi la Tête, surtout en poésie et dans le style élevé. Courber son front. Humilier son front. Lever, relever le front. Il ne s'emploie guère que dans ces sortes de phrases, pour exprimer l'humiliation, l'abaissement, la servitude, ou la fierté, la révolte, etc.

Il marche le front levé, il peut marcher le front levé, Il n'a pas à craindre de reproches.

Il signifie au figuré Trop grande hardiesse, impudence. Aura-t-il le front de soutenir ce qu'il dit? C'est avoir bien du front. De quel front ose-t-il se présenter devant vous?

Fig., Un front d'airain. Voyez AIRAIN.

FRONT se dit poétiquement pour Cime, sommet. Ces rochers qui cachent leur front dans les nues.

Il signifie encore figurément, en termes d'Architecture, Face d'une construction. Le front d'un bâtiment. Le front d'un palais. Le front d'une fortification.

FRONT désigne encore figurément, en termes militaires, spécialement en termes de Guerre, la Ligne des troupes qui sont devant l'ennemi. Le front d'une armée. Le front ennemi s'étend de tel point à tel autre. Les troupes du front, Les troupes de première ligne. Le front a avancé, a reculé sur tels ou tels points. Le front s'est immobilisé. Aller au front; Être sur le front, au front; Percer, rompre, désorganiser le front, Aller, être sur le théâtre des opérations et y prendre part.

Passer sur le front d'une troupe, Passer devant le front d'une troupe rangée en bataille.

Faire front se dit d'une Troupe qui était par le flanc et dont les hommes se tournent de manière à présenter le front. Par ellipse, en termes de Commandement, Halte, front.

Front de bandière. Voyez BANDIÈRE.

DE FRONT, loc. adv. Par-devant. Attaquer l'ennemi de front. Fig., Heurter de front les préjugés, Les attaquer sans ménagement.

DE FRONT signifie aussi Côte à côte. Un défilé où il ne peut passer que deux hommes de front. Cette rue est assez large pour que deux voitures y puissent passer de front. Ils marchaient tous trois de front. Fig., Faire marcher, mener deux affaires, deux intrigues de front, S'occuper de deux affaires, de deux intrigues en même temps.

front

Le Front, Frons frontis.

Petit front et court, Breuis frons.

Eschauffer le front à quelqu'un, Calefacere aliquem.

Estendre son front, et oster les rides, Exporrigere frontem.

Parler d'un front estendu, d'une face joyeuse, Porrectiore fronte loqui.

Qui a grand front, Fronto.

Qui a deux frons, Bifrons.

front


FRONT, s m. FRONTAL, FRONTEAU, s. m. [Fron, frontal, fronto: 1re long. 2e dout. au sing. du dern. long. au plur. fronteaux.] Front est, 1°. la partie du visage, qui est depuis la racine des cheveux jusqu'aux sourcils. "Avoir des rides au front ou sur le front. = Il se prend quelque-fois pour tout le visage. "On lit, on voit sur son front, etc. = 2°. Il se dit du devant de la tête de quelques animaux. "Le front d'un cheval, d'un boeuf, d'un éléphant. = 3°. Figurément; audace, impudence. "Aurez-vous le front d'assurer un pareil mensonge? — De quel front Virgile osait-il vous dire, etc. Font.N' avoir point de front, n'avoir ni honte, ni pudeur. — Il a un front d'airain, ou c'est un front d'airain; il ne rougit de rien. Toutes ces expressions, et sur-tout la dernière, sont du haut style, comme du style familier. = 4°. Front se dit des chôses, quand on parle d'une armée, d'une troupe, d'un bâtiment. L'armée présentait un grand front. "Ce bataillon avoit tant de front. "Il faisoit front de tous côtés. "Le front d'un bâtiment, d'un bastion.
   DE FRONT, adv. Par devant. "Ataquer l'énemi de front. "Il se présente, pour ainsi dire, de front au péril. Vertot. "La fausse grandeur est farouche... elle se cache, et ne se montre pas de front. = Tout-à-la-fois et en même tems: "Leibnitz mena de front toutes les sciences. "Loin de séparer les deux méthodes, celles de l'expérience et du raisonement, on ne peut aporter trop de soin à les mener de front, et à les unir perpétuellement. Ann. Lit. "Le talent râre de combiner les évènemens politiques avec les succès guerriers, de les enchaîner avec adresse, et de les faire marcher, pour ainsi dire, de front. Ibid. "L'embârras de faire marcher de front une intrigue et des caractères. Mercûre. = Les uns disent choquer, les aûtres, heurter de front, ouvertement. "Heurtant de front tout ce qui fait aujourd'hui l'admiration des hommes, je ne puis m'attendre qu'à un blâme universel. J. J. Rousseau. — M. l'Abé Guénée dit, choquer de front, mais heurter vaut mieux, et il est plus usité. = L'Acad. ne met ni choquer, ni heurter de front, ni mener ou faire marcher de front, ni se présenter, ou se montrer de front. Ce n'est pas à dire pourtant que ces expressions ne soient d'usage, et qu'on ne puisse s'en servir. C'est qu'il est impossible qu'on n'omette de tems en tems quelques articles, même intéressans; et qu'on ne pense jamais à tout.
   REM. Front, pour air, est poétique.
   Ah! je n'en doute pas, et ce front satisfait
   Dit assez à mes yeux que Porus est défait.
       Rac. Alex.
"Le sort me verra, d'un front toujours égal recevoir ses bienfaits et braver ses rigueurs. Jér. Dél. — On dirait, en prose, cet air satisfait, d'un air toujours égal. = À~ front découvert, est aussi plutôt du style soutenu, que du familier.
   Mais en ce siècle à la révolte ouvert,
   L'impiété marche à front découvert.
Lever un front orgueilleux, est aussi une expression poétique ou oratoire.
   De vils mortels jusqu'au plus haut des cieux
   Osent lever un front audacieux.
       Rouss.
FRONTAL et FRONTEAU ont la même signification, mais ils n'ont pas le même emploi. Ils signifient tous deux, un bandeau qu'on met sur le front: mais le 1er se dit d'un remède pour apaiser le mal de tête; et d'une corde à plusieurs noeuds, dont on serre le front d'un homme, pour le forcer d'avouer quelque chôse. Le 2d se dit d'un bandeau sur lequel était écrit le nom de Dieu, ou quelque passage de l'Écriture Sainte, que les Juifs avaient acoutumé de porter sur le front; de cette partie de la têtière, qui passe au-dessus des yeux du cheval; et encôre du morceau de drap noir, dont on couvre le front d'un cheval, quand on l'enharnache de deuil. = Dans ces deux derniers sens, on dit aussi frontail.

Synonymes et Contraires

front

nom masculin front
1.  Partie antérieure d'un objet.
2.  Coalition de partis.
Traductions

front

Stirn, Front, Vorderseiteforehead, front, battlefront, frontage, brow, face, effronteryvoorhoofd, front, gevel, voorzijde, voorkantחזית (נ), מצח (ז), פדחת (נ), שטח לחימה (ז), מֵצַח, פַּדַּחַתvoorkopfrontpandefronto, fruntofrenteotsafrontefronspanne, forsidetesta, frente, fronte, vanguardapannaalıncái trán, tránμέτωποлобجَبْهَةčeločelo이마czołoหน้าผาก前额 (fʀɔ̃)
nom masculin
1. partie du visage qui est au-dessus des yeux avoir le front tout ridé
2. résister à faire front à ses parents
3.
a. de face se heurter de front
b. figuré en même temps mener deux carrières de front
4. lieu de bataille partir au front
5. lieu en bord de mer

front

[fʀɔ̃] nm
(ANATOMIE)forehead
(MILITAIRE)front
(MÉTÉO)front
(POLITIQUE)front
(= aplomb) avoir le front de faire → to have the effrontery to do
(autres locutions) de front (= de face) [se heurter] → head-on (= côte à côte) [rouler, marcher] → together (two or three abreast)
Les cyclistes roulaient à quatre de front sur une route de campagne → The cyclists were riding four abreast along a country road.
faire front à → to face up to