fuste

FUSTE

(fu-st') s. f.
Terme de marine vieilli. Long bâtiment qui va à voiles et à rames.

HISTORIQUE

  • XVe s.
    Tout prirent ce que emporter purent, et au navire [flotte] qui y estoit, c'est à savoir quatre fustes, deux galées, une galiote et deux naves, bouterent le feu [, Boucic. II, 16]
  • XVIe s.
    Il ne tiroit pas beaucoup d'eau comme estant fait à la mode de la mer de Levant en fuste et à trait carré [D'AUB., Hist. II, 301]

ÉTYMOLOGIE

  • Bas-lat. fusta, merrain et aussi fuste, de fust ou fût (voy. FÛT).

fuste

FUSTE. n. f. T. de Marine. Il s'est dit d'une Sorte de bâtiment long et de bas bord qui se manoeuvrait à voiles et à rames.

fuste

Fuste, f. penacut. Est une espece de vaisseau de bas bord à rames, moitoyen entre le brigantin et la galiote, plus grand que celuy là, et moindre que ceste-cy. Car elle est de seize à dixhuict bancs de chaque costé, à deux avirons et rameurs pour banc, Biremis, dikroton, Bien que Jul. Pollux descrive le dikroton un peu d'autre sorte, Cic. lib. 5. epist. ad. Atic. ep. 11. et lib. 16. ep. 4. Hirtius de bell. Alexandr. lib. 1. Et par ce que c'est un vaisseau de cours, dont les corsaires Mores et Turcs usent ordinairement, on le peut rendre par muoparôn, qui est vaisseau pyratique, comme ont dit Nonius, Sallust. lib. 3. histor. Cic. Verrina 6. et lib. 3. de Republ. l'Italien et l'Espagnol dient Legno maritimo, Pour un vaisseau de mer, de telle façon, et Horace od. 1. dit Trabem cypriam, pro nauigio, Car auparavant l'invention de la fabrication des vaisseaux de Navigation, on faisoit des barques de troncs de gros arbres, pour passer de la rive d'un fleuve à l'autre (Nonius Marcellus) comme on en void encore és vallées d'aucuns pays montagneux qui sont couruës ou de torrents ou de petits fleuves, à cause dequoy les Grec appellent telles barques à façon d'auge, monoxulous, et les Latins Lintres, Mais Pline li. 6. chap. 23. accouple les deux ensemble, disant Monoxylae lintres, En aucunes contrées de ce Royaume on les appelle Caravenes, de Carina, Latin. A quoy rapporte ce que Valer. li. 1. Argonaut. dit Caua pinus, et Virg. li. 1. Georgic. Tunc aluos fluuij primum sensere cauatas. Et peu apres, Cauat arbore lintres. Et cela estoit tellement ainsi, que mesme aucuns Indiens (à la relation de Herodote liv. 3.) faissans leurs demeures és endroits marescageux des rivieres faisoyent au premier leurs petits bateaux du tuyau des gros roseaux qui croissoyent en ce pays là, servant un canon d'entre deux noeuds d'iceux pour une telle barquette. Ce que Pline liv. 16. chap. 36. neantmoins mescroit. Si dit-il toutesfois que le roseau Indique est de la grandeur et grosseur d'un arbre. Les Grecs d'un nom general appellent tous vaisseaux de navigation skaphôs, de ce verbe Grec skaptô, qui vaut autant que le Latin Excauo, creuser. Et la quille de tels vaisseaux, que les Latins appellent Carina, pour avoir esté, ainsi que dit est, la premiere en usage pour flotter sur l'eau, demeure encore (non pas creusée comme elle souloit, ains solide) pour fondement de tous vaisseaux de navigation, servant ce qu'on y fabrique dessus pour le creux (id est alueo) Qu'on faisoit anciennement au tronc d'un gros arbre à nager, sans autre structure sur iceluy. Le mot Alueus des Latins le declaire assez. Propert. lib. 3. Aut quidnam fracta gaudes Neptune carina? Portabat sanctos alueus ille viros.