futur, ure

FUTUR, URE

(fu-tur, tu-r') adj.
Qui sera. Le temps futur.
Que direz-vous, races futures, Si quelquefois un vrai discours Vous récite les aventures De nos abominables jours ? [MALH., II, 4]
Grâces aux immortels, l'effort de mon courage Et ma grandeur future ont mis Rome en ombrage [CORN., Nicom. II, 3]
Le passé n'a point vu d'éternelles amours, Et les siècles futurs n'en doivent point attendre [SAINT-ÉVREMOND, dans RICHELET]
Et déjà vous croyez dans vos rimes obscures Aux Saumaises futurs préparer des tortures [BOILEAU, Sat. IX]
Que de Britannicus la disgrâce future Des amis de son père excita le murmure [RAC., Brit. IV, 2]
Et ton nom paraîtra dans la race future Aux plus cruels tyrans une cruelle injure [ID., ib. V, 6]
Choses futures, tout ce qui peut arriver.
L'homme est assurément trop infirme pour pouvoir juger sainement de la suite des choses futures [PASC., Lett. à Mme Périer, 17 oct. 1651]
Ancien terme de chancellerie. Examen à futur, enquête qui se faisait en vertu de lettres de chancellerie.
Terme de pratique. Le futur mariage, le mariage dont on dresse le contrat. On dit également : les futurs époux, les futurs conjoints, les deux personnes qui contractent ensemble pour se marier ensuite. On dit de même : le futur époux, la future épouse, son futur époux, sa future épouse, etc. Substantivement, les futurs, le futur, la future.
Mettez-vous donc d'accord, et d'un jugement mûr Voyez à convenir entre vous du futur [MOL., F. sav. V, 3]
Sa sœur, votre future, et qui, par parenthèse, Vous donnera tout lieu d'enrager à votre aise [DESTOUCHES, Phil. mar. I, 2]
Oui, cousine, oui, maîtresse, oui, charmante future, et tout ce qui m'est le plus cher dans le monde [MARIVAUX, Pays. parv. 2e part.]
On dit aussi dans le langage ordinaire : son gendre futur ; son beau-père futur ; sa belle-mère future, etc.
Ton beau-père futur vide son coffre-fort [BOILEAU, Sat. X]
Terme de jurisprudence. Épouser par paroles de futur, se dit pour fiancer ; à la différence d'épouser par paroles de présent.
S. m. Ce qui sera.
Il y en a qui ne prennent rien à cœur, qui se donnent à qui est présent et n'ont du futur aucune inquiétude [BOSSUET, Pensées détachées, 1]
Ce qui passe a été et sera, et passe du prétérit au futur par un présent imperceptible qu'on ne peut jamais assigner [FÉN., Exist. II, 2, Éternité.]
Son dédain [de la duchesse d'Orléans] ferma son esprit à toute vue d'un futur que l'âge et la santé du roi montraient fort éloigné [SAINT-SIMON, 270, 142]
Je ne viens point traîner dans vos riants asiles Les regrets du passé, les songes du futur [LAMART., Méd. II, 15]
Terme de grammaire. Temps du verbe qui exprime une action, un état qui seront. Le présent, le passé et le futur. Futur actif. Futur passif. Le futur du participe, ou, adjectivement, le participe futur. Futur simple, futur formé par la seule terminaison. Amabo en latin, aimerai en français sont des futurs simples. Futur composé, futur formé avec un verbe auxiliaire, comme je dois partir. En grec moderne, en allemand, en anglais, le futur est composé. Futur antérieur, ou futur passé, temps qui exprime une action à venir qui doit précéder une autre action également à venir, par exemple : J'aurai fini quand il arrivera. Futur prochain, celui qui exprime une action future, mais très voisine : Je vais sortir. Terme de grammaire latine. Futur périphrastique, temps composé avec le participe futur en rus ou en dus et le verbe sum. Paulo-post-futur, voy. ce mot à son rang.
Terme de logique. Futur contingent, ce qui peut arriver ou n'arriver pas.
Il parle de tout ce qu'on aurait pu faire, de tout ce qui pourrait arriver ; c'est le recueil des futurs contingents [VOLT., Mél. hist. Exam. du test. d'Albéroni.]

SYNONYME

  • FUTUR, AVENIR. Le futur est ce qui sera ; l'avenir est ce qui adviendra. Ces deux sens se confondent dans l'usage presque toujours : les siècles à venir ou les siècles futurs ne présentent pas d'autre nuance que celle qui est dans la notion même d'être ou de venir. Il n'y a que dans la langue du droit où futur ne peut être remplacé par à venir : les futurs conjoints. On dirait cependant l'héritier à venir aussi bien que le futur héritier.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Une feme esposa un home par futur ; elle oït dire que il estoit trop cruel et par devant un hermite fist vœu [, Liv. de just. 193]
    N'onc preterit present n'i fu ; Et si vous redi que li fuTurs n'i aura jamès presence, Tant est d'estable permanence [, la Rose, 20222]
  • XVIe s.
    Compete à nostre cour seule d'accorder commissions d'enquestes à futur avant procès [, Coust. gén. t. II, p. 47]
    À nostre mode ce n'est jamais fait [la reconnaissance pour les dons] ; le receu ne se met plus en compte ; on n'aime la liberalité que future [MONT., IV, 10]

ÉTYMOLOGIE

  • Prov. futur ; esp. et ital. futuro ; du latin futurus, participe du radical qui est dans fui, je fus (voy. FUS).

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    FUTUR. Ajoutez :
    A futur, dans le temps futur, à l'avenir.
    Ce que je conteste, c'est le droit de supprimer, à futur, des associations qui ne seraient pas établies en fraude [, Journ. offic. 9 mars 1872 p. 1670, 3e col.]