gage


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gage

n.m. [ du frq. waddi ]
1. Dépôt d'un objet mobilier destiné à garantir le paiement d'une dette ; contrat relatif à ce dépôt : Prêteur sur gages. Mettre une bague en gage au crédit municipal.
2. Fig. Tout ce qui représente une garantie, une caution : Donner des gages de sa bonne foi
preuve : Je vous donne ce coffret en gage d'amitié
3. Dans certains jeux, pénitence choisie par les autres joueurs et qu'on doit accomplir lorsqu'on a perdu ou commis une faute.

gages

n.m. pl.
Vieilli Rémunération des domestiques : Réclamer ses gages.
Tueur à gages,
personne payée pour assassiner qqn.

GAGE

(ga-j') s. m.
Dépôt qu'on fait de quelque objet entre les mains d'autrui, pour sûreté d'une dette, d'un emprunt. Un gage suffisant. Prêter sur gages. Emprunter sur gage.
Brancas me demanda hier de bonne foi si je ne voudrais pas prêter sur gages, et m'assura qu'il n'en parlerait point [SÉV., 106]
Il lui a fait mettre en gage ses perles [ID., 400]
L'ordonnance du roi Asychis ne permettait [chez les Égyptiens] d'emprunter qu'à condition d'engager le corps [momie] de son père à celui dont on empruntait ; c'était une impiété et une infamie tout ensemble de ne pas retirer un gage si précieux [BOSSUET, Hist. III, 3]
Je me mettrais en gage en mon besoin urgent. - Sur cette nippe-là vous auriez peu d'argent [REGNARD, Joueur, II, 14]
Elle est d'accord de tout, du temps, des arrérages ; Il ne faut maintenant que lui donner des gages [ID., ib. I, 6]
Sanci, dans cette négociation, dépensa une partie de ses biens ; il mit en gage ses pierreries et, entre autres, ce fameux diamant, nommé le Sanci, qui est à présent à la couronne [VOLT., Henriade, VIII, Variantes.]
Vingt fois pour vous [plaisirs] j'ai mis ma montre en gage [BÉRANG., Grenier.]
Terme de jurisprudence. Contrat de nantissement d'une chose mobilière, par opposition à antichrèse. Fig. Demeurer pour les gages ou pour gage, périr dans une circonstance où d'autres s'échappent. Demeurer pour gages, signifie encore simplement être arrêté dans quelque querelle, pendant que s'échappent les autres qui y avaient participé ; et aussi être pris d'une façon quelconque.
Chacun peut sur un lit Se tenir toujours prêt sans quitter son habit ; Qui ne le sera point restera pour les gages [TH. CORN., D. Bertr. de Cigarr. II, 4]
Demeurer pour gage, se dit aussi d'une chose que l'on a perdue. La presse fut si grande qu'un pan de mon habit y est demeuré pour gage. Laisser pour les gages, pour gage, c'est-à-dire perdre.
Échappé Non pas franc, car pour gage il y laissa sa queue [LA FONT., Fabl. v, 5]
Fig. Donner des gages à un parti, faire une démarche décisive, éclatante, pour être accepté dans un parti.
Par extension, tout meuble ou immeuble qui assure le payement d'une dette. Il a affecté sa maison comme gage de sa dette. Les meubles du locataire sont le gage du propriétaire.
Dans les petits jeux ou jeux de société, objet qu'on dépose quand on s'est trompé, et qu'on ne peut retirer qu'après avoir subi une pénitence. Jouer au gage touché.
Ce que l'on consigne et met en main tierce, pour garantie d'une somme à payer, quand, dans une contestation entre deux ou plusieurs personnes, il est convenu que celle qui sera condamnée payera cette somme. Donner des gages. Rendre les gages.
Autrefois, gage de bataille, ou gage du combat, engagement de combattre manifesté par l'offre d'un gant pour gage, et contracté quand l'ennemi, en ramassant le gant, avait accepté le gage.
Je jette devant toi le gage du combat ; L'oses-tu relever ? [VOLT., Tancr. III, 6]
Le parlement décréta que le cas [duel de Legris et Carrouge] ne requérait pas gage de bataille [ID., Mœurs, 100]
Fig. Tout ce qui est assimilé à un gage comme garantie.
D'une paix mal conçue on m'a faite le gage [CORN., Rodog. III, 3]
Ces lettres de ma foi vous seront de bons gages [ID., Sertor. V, 6]
Vous en aviez déjà sa parole pour gage [ID., Hor. v, 2]
Ces deux grâces me sont un gage de la présence de l'époux [BOSSUET, Lett. Corn. 161]
Ainsi la première victoire fut le gage de beaucoup d'autres [ID., Louis de Bourbon.]
Elle reçut ce dernier gage de son amour [FLÉCHIER, Dauph.]
Je réponds d'une paix jurée entre mes mains, Néron m'en a donné des gages trop certains [RAC., Brit. v, 3]
De votre obéissance elle ne veut qu'un gage [ID., Athal. III, 4]
Vous avez de ses feux un gage solennel [ID., Mithr. II, 1]
Je vous le livre [Télémaque] comme le gage le plus précieux qu'on puisse vous donner de la fidélité des promesses d'Idoménée [FÉN., Tél. X]
Épée que Laërte lui avait donnée comme un gage de sa tendresse [ID., ib. XVI]
Prions ; le jour au jour ne donne point de gage, Et le dernier rayon, en sortant du nuage, Ne nous a pas juré de remonter demain [LAMART., Harm. II, 6]
Gage de l'amour, enfant.
....Et qu'il en [de cet hymen] eut pour gage une jeune princesse [RAC., Iphig. IV, 4]
Ce fils que de sa flamme il me laissa pour gage [ID., Andr. III, 8]
S. m. pl. Ce qu'on paye aux domestiques par an pour leurs services, ainsi dit parce que c'est la somme payée par suite de l'engagement. On ne renvoie pas un domestique sans lui payer ses gages.
S'il se casse quelque chose, je le rabattrai sur vos gages [MOL., l'Avare, III, 1]
....S'il avait quelques deniers comptants, Ne me paierait-il pas mes gages de cinq ans ? [REGNARD, Joueur, III, 7]
Je sers un maître sans bien ; ce qui suppose un valet sans gages [LESAGE, Crisp. riv. de son maître, sc. 2]
Être aux gages de quelqu'un, être payé pour faire l'office de domestique.
Je ne suis pas à ses gages [SÉV., 117]
Il y en a bien d'autres que lui qui ont été aux gages des gens, et puis qui ont eu des gens à leurs gages [MARIVAUX, Pays. parv. 2e part.]
Cet homme ne vole pas ses gages, se dit d'un domestique qui fait bien son service ; et fig. de toute personne qui s'acquitte bien de ce qu'elle a à faire.
Hom ! si vous le payez pour vous faire haïr, Il ne vous vole pas ses gages [FAVART, Soliman II, I, 10]
Dans un sens plus général, être aux gages de quelqu'un, être payé par lui pour certains offices.
Il a, le croirait-on ? des comtes à ses gages, à qui, pour le servir selon ses intérêts, Il fournit équipage et carrosse et laquais [HAUTEROCHE, Bourg. de qualité, v, 3]
Vous supposiez qu'on ne pouvait être bon français sans être à vos gages [FÉN., Dial. des morts mod. Richel. et Mazarin.]
On dit dans un sens analogue : tenir à ses gages.
Les grands [de Rome], pour s'affermir achetant des suffrages, Tiennent pompeusement leurs maîtres [les gens qui votent] à leurs gages [CORN., Cinna, II, 1]
Un faquin orgueilleux qui vous tient à ses gages [BOILEAU, Sat. I]
Familièrement. Casser aux gages, retirer à quelqu'un son emploi, ses appointements.
Et que pour sa paresse il faut casser aux gages [SCARRON, dans LE ROUX, Dict. comique.]
Il se dit aussi d'un supérieur qui retire sa confiance à un inférieur. Il a eu longtemps quelque crédit auprès du ministre ; mais il a été cassé aux gages.
Enfin, pour l'inconnue, elle est cassée aux gages [TH. CORN., Galant doubl. III, 1]
À gages, qui reçoit des gages.
Ce gouverneur n'est pas un homme à gages [J. J. ROUSS., Ém. I]
En mauvaise part. À gages, qui est payé pour faire quelque service peu honorable. Des applaudisseurs à gages.
La Cleveland [maîtresse de Charles II], dont il ne se souciait plus, ne laissait pas de le déshonorer par des inconstances réitérées, par des choix indignes, et le ruinait par des amants à gages [HAMILT., Gramm. 11]
La Fontaine a dit à gage au singulier. Notre souffleur à gage Se gorge de vapeur, s'enfle comme un ballon, Fabl. VI, 3.
Gages se dit quelquefois du salaire d'un capitaine de navire, d'un matelot.
10° Gages se disait autrefois du payement que le roi ordonnait par an aux officiers de sa maison, aux officiers de justice et de finance.

SYNONYME

  • GAGES, APPOINTEMENTS, HONORAIRES. Appointements se dit pour tout ce qui est place, ou qu'on regarde comme tel. Honoraires a lieu pour les maîtres qui enseignent quelque science, et pour ceux à qui on a recours dans l'occasion à l'effet d'obtenir un conseil salutaire, ou quelque autre service que leur doctrine ou leur fonction met à portée de rendre. Gages est d'usage à l'égard des domestiques de particuliers et des gens qui se louent pendant quelque temps au service d'autres personnes, Encycl. VIII, 291. Traitement peut être ajouté à ces trois mots examinés par l'Encyclopédie ; il est synonyme d'appointements et diffère par conséquent de gages et d'honoraires. Il y a en outre une différence qui n'est pas notée, c'est que les appointements, le traitement, les gages sont quelque chose de fixe, tandis que les honoraires s'entendent mieux de ce qui est occasionnel : un prêtre assistant à un service, un médecin, un avocat ont des honoraires ; le prêtre qui dessert une église, le médecin qui est attaché à un hôpital ont un traitement.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Il durra [donnera] wage, e truverad plege [, Lois de Guill. 6]
    Devant iceo que [avant que] [le bétail] seit mis en guage [, ib. 25]
  • XIIe s.
    Donner son gage [, Ronc. p. 13]
    La teste [il] i pert, n'i laissa autre gage [, ib. p. 64]
    Pur ço [cela] s'ala à Turs cele nuit herbergier, E saveir se li reis le voldreit là baisier ; Mais il ne porta là ne maille ne denier ; Ses guages li covint rachater ou laissier ; Ne li reis nel baisa, n'il nes fist desguaigier [, Th. le mart. 117]
  • XIIIe s.
    Par la beneoite mere Dieu, j'ai biaus enfans de mon seigneur, je les meterai en gage et bien trouverai qui me prestera sour aus [eux] [, Chron. de Rains, 158]
    Mais la qeue remest en gages, Dont moult li poise et moult li grieve [, Ren. 1250]
    Cil qui apele par gages de bataille ne pot contremander [BEAUMANOIR, LXIX]
    La tierce maniere de proeve si est par gage de bataille [ID., XXXIX, 4]
    Et cil qui presta sor le gage ne pot avoir son garant de celi qui li bailla en gages [ID., XXV, 23]
    Je dis au roy que Mons. Pierre de Courcenay me devoit quatre cens livres de mes gajes, lesquiex il ne me vouloit paier [JOINV., 253]
    Mestiers fu à l'umain lignaige, Que plus fort de li mist en gaige Souffisant pour li acquiter Vers Dieu qui l'ot fait à s'ymaige [J. DE MEUNG, Tr. 278]
  • XIVe s.
    Se un rent à l'autre son gage ou son depost, non pas de volenté, mais par paour, l'en ne doit pas dire que il face juste operacion fors tant solement par accident [ORESME, Eth. 158]
    Mais il sont pluseurs gens, en che [ce] siecle regnant, Qui ne croient en Dieu, le pere royaumant, Se che n'est sus bon gaige qu'avoir voelent devant [, Baud. de Seb. v, 86]
  • XVe s.
    [Le capitaine apprend à sa garnison que le château est miné] Les compagnons ne furent mie bien assurés de ces paroles ; car nul ne meurt volontiers, puisqu'il peut finer sur autres gages [quand il peut sortir d'embarras autrement] [FROISS., I, I, 326]
    Ainsi amour me mist en son servaige, Mais pour seurté retint mon cueur en gaige [CH. D'ORL., 1]
    [Maison] Où serviteurs ot en grant habondance Qui gaiges ont excessis sans raison [EUST. DESCH., Admin. de l'ostel du prince.]
    En ladicte bataille estoient mors huyt mil hommes du party dudit duc prenans gages de luy, et autres menues gens assez [COMM, V, 3]
    Je veiz le bonhomme vieil presenter le gage à son filz [le duc de Gueldres et son fils comparaissaient devant le duc de Bourgogne pour un différend qu'ils avaient entre eux] [ID., IV, 1]
    Voulezvous faire un gage [pari] à moi ? Oui, vraiment, dit-il ; quel sera-t-il ? [LOUIS XI, Nouv. XXVII]
    Pensez que le pauvre gentilhomme rendoit bien gage [payait cher] du bon temps qu'il avoit eu en ce jour [ID., ib. LXXII]
    Lesdits capitaines.... casseront des gages d'un quartier ceulz qu'ilz trouveront avoir excedé et delinqué ; et s'ilz y renchéent une autre fois, ilz les casseront du tout et mectront d'autres en leurs lieux [, Ordonn. 6 oct. 1486]
  • XVIe s.
    Il y a deux sortes de gages vif et mort. Vif gage est qui s'acquitte des issues [dont le revenu vient en déduction de la dette], mort-gage, qui de rien ne s'acquitte [dont le revenu est absorbé en pure perte pour le débiteur] [LOYSEL, 483, 484]
    Telle estoit la coustume que celui qui appelloit jettoit un gant pour gage, et l'appellé le levoit, et s'appeloit gage de bataille [BRANT., Sur les duels, p. 17, dans LACURNE]
    Alors du dit combat, l'armée venitienne estoit en bataille.... lesquels Venitiens gardoient les gages [demeuraient simples spectateurs du combat] ; car, s'ils eussent voulu assaillir de leurs costés, les ennemis eussent esté contraints de separer leurs forces en divers lieux [M. DU BELLAY, Mém. liv. II, f° 41, dans LACURNE]
    De gage qui mange, nul ne s'en arrange [LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 131]
    Gager est s'obliger à payer les rentes et redevances dues pour l'année suivante ; si le vassal n'est pas resseant sur le fief, à raison duquel il les doit, il doit donner plege qui y demeure et qui s'oblige de les payer ; de ces deux mots, gage et plege, on a composé celuy de gage-plege [LAURIÈRE, Gloss. du droit fr.]
    L'un l'avoit nourri et avoit pour gages de son amitié la nourriture de son enfance [LA BOÉTIE, Servitude volontaire.]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, voig ; prov. gatge, gatghe, gaje ; espagn. gage ; ital. gaggio ; du bas-latin vadium, wadium, dans les lois barbares. Il y a deux étymologies aussi probables l'une que l'autre : la première latine, vas, vadis, répondant, garant ; bien que le g ou gu réponde ordinairement au w germanique, l'objection n'est pas absolue, car vagina, entre autres, a donné gaîne ; la seconde germanique : goth vadi ; anc. haut-allem. wetti ; frison, ved, gage, caution, promesse. Il est probable que les deux étymologies ont concouru pour former le mot roman.

gage

GAGE. n. m. Ce que l'on met entre les mains de quelqu'un pour sûreté d'une dette. Prêter sur gages. Mettre, laisser en gage. Laisser pour gage. Retirer un gage. Donner des gages. Prendre des gages, un gage.

En termes de Droit, Gage vif, Gage-mort ou Mort-gage, Celui qui vient ou ne vient pas en déduction de la dette.

Il se dit, par extension, de Tout objet meuble ou immeuble qui assure le paiement d'une dette. Les meubles qui garnissent une maison louée sont le gage du propriétaire.

Il se dit, à certains petits jeux, des Objets que les joueurs déposent chaque fois qu'ils se trompent, et qu'ils ne peuvent retirer, à la fin du jeu, qu'après avoir subi une pénitence. Donner un gage. Rendre les gages.

Il désigne aussi Ce que l'on consigne, ce que l'on met en main tierce, lorsque, dans une contestation entre deux ou plusieurs personnes, on est convenu que celui qui perdra paiera à l'autre une somme ou quelque autre chose.

Il se dit figurément de Toute sorte de garantie, d'assurance, de preuve, de témoignage. Il m'a laissé un gage de sa foi. Cette alliance devint le gage de la paix. Quel gage plus sûr puis-je désirer de votre amitié que ce que vous avez fait pour moi? Cette lettre est un gage de son amour.

Fig., Donner des gages à un parti. Se lier par quelque acte envers un parti.

Au pluriel il signifie encore Salaire, appointements, et se dit principalement de Ce que l'on donne aux domestiques par an, par mois pour paiement de leurs services. Les gages d'un valet de chambre, d'une cuisinière. Payer les gages des domestiques. Retenir les gages. Gagner de gros gages. Il est aux gages d'un tel. Se mettre aux gages de quelqu'un. Ses gages courent de tel jour.

Casser aux gages, Ôter à quelqu'un son emploi et les appointements qui y sont attachés. En punition de cette faute, il a été cassé aux gages.

Fig. et fam., Cet homme ne vole pas ses gages, Il s'acquitte bien de ce qu'il est chargé de faire.

À gages, s'emploie comme une sorte d'épithète signifiant Qui est gagé, payé pour faire une chose. Un homme à gages. Il se prend quelquefois en mauvaise part. Des applaudisseurs à gages. Des insulteurs à gages.

gage

Gage, m. penac. Ce mot tantost est verbe, et signifie ores soubmettre à gage pour seureté de quelque promesse, Pignori addicere, Selon ce les notaires és conceptions des stipulations disent, Tel promet et gage, et ores acquitter et payer l'amende à laquelle aucun a esté condamné, ou bien sous seureté de gage promettre la payer, Iudicatum soluere, Et ores mettre à gage sur quelque dispute et contrarieté d'opinions, Pignore certare, Comme, je gage à toy que ce que tu dis ne fut onc, dont vient gageure, et ores saisir meubles sur aucun qui luy sont rendus par apres, quand il a satisfaict à ce qu'il devoit, ou à l'amende pecuniaire, Pignoribus captis cogere, coercere: Selon ce est dit gager aucun pour delict, et degast fait és fruicts d'un heritage, mais on en use peu, mais en ceste signification gagerie en vient, au chap. 2. art. 10. des coust. de Par. Il est loisible à un seigneur Censier en la ville et banlieuë de Paris en defaut de payement luy estre fait des droicts de cens dont sont chargez les heritages tenus de luy en censive, de proceder ou faire proceder par voye de simple gagerie sur les biens estans és maisons pour trois années d'arrerages dudit cens et au dessous. Tantost est nom. m. et signifie ores la chose submise, ou mise, ou prinse à gage, Pignus, Ores le loyer qu'on donne pour la besongne, Merces, et en pluriel, tous loyers de service, Comme les gages des gens de guerre, ou officiers et serviteurs, Stipendia, Et ores ce qui est baillé pour signe et marque de la foy donnée et promise faicte entre l'assaillant et le defendeur, d'entrer en camp clos pour combatre, qu'on dit par adjonction, gage de bataille, voyez Gage de combat.

Gage-plege est au pays de Normandie une maniere de jurisdiction, qu'on a aussi jadis appelée le jugement de plaide-gage, Vbi pignoribus interpositis lite certatur, Ainsi Gage-plege semble estre, Cauere pignoribus ac fideiussoribus. Praedibus atque praediis cauere, Liu. lib. 22. Bailler respondant et hypotheque.

Les gages des gensdarmes courent tousjours, Procedunt stipendia militibus.

Assigner gages à aucun sur les deniers de la ville, Stipendium alicui statuere de publico.

Bailler gages ou loyer, Prosequi praemio, Dare mercedem.

Gaigner grand gage de guerre, Magna operae pretia mereri.

Payer les gages, Praemia benemeritis tribuere.

Payer les gages aux gens de guerre, Persoluere stipendium.

Que gagne-il de gages? Quid meret? B. ex Suet.

Retenir les gages des gensdarmes, Fraudare stipendio militum, Fraudare stipendio milites.

Gage de combat, C'est ce que les deux futurs combatans jettent à terre et relevent reciproquement, puis les baillent à garder à un tiers pour asseurance d'entrer au combat en camp clos au jour accordé: c'estoit communément le gantelet que lesdits combatans jettoyent pour gages s'ils se trouvoyent armez lors dudit ject de gage, et s'ils n'estoyent armez, ils jettoyent le gand de la main droicte. Au 2. livre d'Amad. Lors jetta un gand, voila, dit-il, mon gage, recevez-le pour vostre frere, si de tant il vous veut advouer qu'il accepte le combat que vous luy avez moyenné. Adonc la damoiselle print le gand, puis defermant d'alentour de sa teste un fermeillet d'or, dit au roy, Sire, pour mon frere absent, j'ay accepté le combat de luy contre ce chevalier, en tesmoignage duquel, vous retiendrez s'il vous plaist ces deux gages, lesquels elle luy bailla. Toutesfois en l'ordonnance du Roy Philippes le Bel faicte touchant les gages de batailles et combats, il n'est faicte mention de la dicte ceremonie du relief et bail en garde desdits gages. Tel gage est plus usitéement appelé gaige de bataille que gaige de combat, comme appert par ladite ordonnance. Aussi est ce champ de bataille ce qui est dit Camp clos, et le combat d'entre deux defiez est bataille. Et l'Espagnol par ce nom Lid entend aussi bien la bataille rangée de deux armées, comme celle du camp clos entre deux combatans, et appelle aussi Gaje ce que les deffiez jettent. Au Romance de Payo Rodriguez et de Ruy Paës, Dieron luegosus gajes, y en el campo entrado auiam, Pignus vel sponsio singularis certaminis, id fit manicula militari in medium proiecta, sponsione lacessendo dimicationis decretoriae, B.

¶ Le gage qu'on met en jeu, Pignus.

Gage sur lequel on nous accroist quelque chose, et proprement de choses mobiliaires, Pignus.

Qui a gage et hypotheque, Creditor pigneratitius.

Bailler en gage, Ponere pignori, Pignora dare, Pignerare, Dare pignori.

Bailler gage en main sequestre sur quelque different qu'on a, Deponere aliquid.

Desgager un gage, Repignerare.

Laisser son gage et ne le retirer point, Deserere pignus.

Mettre en gage son manteau, Ponere vel deponere pallium aut aliquid aliud.

Prendre gage, Pignus capere, Pignerari.

Prendre gage des deniers communs de la ville, Stipendium accipere de publico.

Qui prend gage d'aucun, Pignerator.

Choses appartenantes au faict des gages et hypotheques, Res pigneratitia.

gage


GAGE, s. m. GAGER, v. a. et n. GAGEUR, EûSE, s. m. et f. GAGEURE, s. f. [Gaje, , jeur, jeû-ze, jûre: 2e e muet au 1er, é fer. au 2d, lon. aux 3 derniers.] Gage, est, 1°. ce qu'on met entre les mains de quelqu'un, pour sûreté d'une dette. "Mettre en gage, prendre en gage. Doner, laisser, prendre des gages. Préter sur gages. = 2°. Assurance, preuve: "Gage de l'amitié, de la fidélité. = 3°. Ce que l'on dépôse en main tierce, pour être doné à celui en faveur de qui est la vérité ou la justice, dans une contestation privée. "Mettons des gages entre les mains de quelqu'un. = 4°. Au pluriel, Salaire des domestiques. "Gâgner de gros gages. Être aux gages de, etc. = 5°. Le payement que le Roi done aux Oficiers de sa Maison, de Justice, de Finance, etc.
   Rem. Du tems de Th. Corneille, il y avait des Dames, qui faisaient ce mot fém. et disaient, en parlant d' un domestique, je lui done de grosses gages. Il y a peut-être des persones dans les Provinces, qui le disent encôre, et qu'il faut avertir de dire de grôs gages.
   Être aux gages de... n'est pas du beau style. Rousseau l'a employé au fig. mais c'est dans un style demi-marotique. Il dit de la raison.
   C'est un sophiste qui nous joue,
   Un vil complaisant, qui se loue
   À~ tous les fous de l'univers,
   Qui, s'habillant du nom de sages,
   La tiènent sans cesse à leurs gages,
   Pour autoriser leurs travers.
   Laisser en gage, et laisser pour gage, ont des sens diférens. L'un se dit, quand on veut retirer dans la suite le gage, en payant la somme empruntée; l'autre, quand on abandone le gage. "L'homme à qui est cet habit, me l'a laissé pour gage, à cause qu'il n'a pas pu me payer l'avance que je lui en ai faite. Mariv. — On dit, en ce sens, dans le st. badin ou moqueur, demeurer pour les gages. "C'en sera une bien dure (nécessité) de demeurer en Provence pour les gages, quand vous verrez partir M. de Senneterre pour Paris. Sév. = On le dit aussi de ceux, qui ont été tués ou pris en quelque combat, d'où les autres se sont sauvés; et moins sérieusement, de ceux qui sont retenus dans un cabaret pour payer pour eux, et pour les autres qui se sont échapés. "Ils sont demeurés pour les gages. = Être cassé aux gages, (st. prov.) c'est être renvoyé, disgracié, privé d'un emploi.
   GAGER, 1°. Parier, convenir avec quelqu'un sur une contestation, que celui des deux qui sera condamné payera à l'autre une telle somme. Il est actif. "Je gagerais vingt pistoles, que, etc. ou neutre: je gage que cela est. "Gager avec ou contre quelqu'un. = On dit proverbialement, je gage ma vie, ou ma tête à couper, et quelquefois on répond: c'est la gageure d'un fou. = Il régit de et l'infinitif, ou la conjonction que avec l'indicatif: Je gage de le faire, ou que je le ferai. Mme. de Sév. l'emploie fort plaisamment. "Vous voudriez que Pauline fût parfaite. Avoit-elle gagé de l'être au sortir du couvent? = 2°. Doner des gages. "Je l'ai gagé pour cela.
   GAGEUR, GAGEûSE, celui, celle qui gage, ou qui est dans l'habitude de gager souvent. "Le Gageur, la Gageûse. C'est un grand gageur, une grande gageûse.
   GAGEûRE, est 1°. Promesse que les persones, qui gagent, se font réciproquement de payer ce dont elles conviènent. Faire une gageure. Faire gageure, ou la gageure que, etc. Perdre une gageure ou la gageure. = 2°. La chose gagée. "Voilà la gageûre que je vous dois: Payez-moi ma gageûre. = Soutenir la gageûre, c'est persévérer dans une entreprise, dans une opinion où l'on s'est engagé. Cette expression n'est que du st. fam. "On ne croit pas que la place (de Philisbourg) dure long-tems. Le Gouverneur, et celui qui comandoit à sa place étant pris et mort, on espère que persone ne voudra soutenir une si mauvaise gageure. SÉV. Cela est excellent dans une lettre, mais dans un sermon, l' expression est trop familière. "À~ l'exception de deux ou trois malheureux, qui sont regardés comme les héros du libertinage, pour avoir soutenu, dit-on, la gageûre jusqu' au bout.... tous les autres comunément n'ont-ils pas eu recours aux remèdes de l'Église. La Rue. Voy. GâGNER.

Synonymes et Contraires

gage

nom masculin gage
Ce qui représente une garantie.
Traductions

gage

pledge, forfeit, security, deposit, gage, guarantee, tokenחבולה (נ), משכון (ז), עבוט (ז), עירבון (ז), ערובה (נ), פיקדון (ז), חֲבוּלָה, עֲרֻבָּה, עֵרָבוֹן, מִשְׁכּוּן, עֲבוֹטbewijs, gage, loon, onderpand, teken, pand, fichezástava, žetonPfand, Gage, Zeichenpegno, penitenza, buonoقَسِيمَةtegnτεκμήριοvalemerkkiznamenしるし표시oblatżetonfichaжетонpollettสิ่งที่ใช้เป็นสัญลักษณ์nişanbiên lai, phiếu, thẻ đổi hàng代币 (gaʒ)
nom masculin
1. ce qu'on donne à qqn en attendant de payer sadette laisser un bijou en gage
2. preuve Sa présence est un gage d'amitié.
3. petite punition donnée au perdant, dans unjeu Tu as un gage !

gage

[gaʒ]
nm
(dans un jeu)forfeit
recevoir un gage → to pay a forfeit
(= garantie) → security
mettre en gage → to pawn
laisser en gage → to leave as security
(fig) [fidélité, amour, bonne volonté] → token gages
nmpl
(= salaire) → wages
(= garantie) → guarantee sg