gangrène

gangrène

n.f. [ gr. gangraina, pourriture ]
1. Mort et putréfaction des tissus d'un membre du corps, dues à une infection ou à un arrêt circulatoire.
2. Fig., litt. Mal insidieux qui menace d'envahir la société : La gangrène de la corruption.

gangrène

(gɑ̃gʀɛn)
nom féminin
médecine destruction des tissus du corps avoir la gangrène

GANGRÈNE

(gan-grè-n' ; l'Académie dit qu'on prononce kan-grè-ne ; c'est une prononciation ancienne, la plus reçue au XVIIe siècle : il faut prononcer cangrène, disent Marg. Buffet, Observ. p. 134, et Chifflet, Gramm. p. 227. Cette prononciation, qui était suggérée par le désir d'éviter deux syllabes commençant consécutivement par g, n'a plus l'usage pour elle, quoi qu'en dise l'Académie ; les médecins, qui sont ceux qui se servent le plus de ce mot, ne disent que gan-grè-ne) s. f.
Terme de médecine. Destruction complète de la vie dans une partie du corps, avec conservation de la réaction vitale dans les parties contiguës.
M. de la Rochefoucauld est fort en peine de la blessure de M. Marsillac ; il craint que son malheur ne lui donne la gangrène [SÉV., 150]
Gangrène sénile, gangrène qui affecte les extrémités chez les vieillards, et qui est due à des obstructions partielles dans les artères.
Les jambes [de Louis XIV] s'enflèrent ; la gangrène commença à se manifester [VOLT., Siècle de Louis XIV, 28]
Gangrène du poumon, maladie fébrile très grave où il y a une gangrène partielle du poumon et des crachats d'une extrême fétidité.
Fig. Doctrines pernicieuses, corruption des mœurs.
Le discours des hérétiques gagne comme la gangrène [BOSSUET, Var. 15]
Il n'est point de gangrène si contagieuse que l'hérésie ; elle gagne sans cesse et se répand [BOURD., Pensées, t. I, p. 254]
À quoi servirait ce que nous venons d'écrire, si l'on ne guérissait quelques lecteurs de la gangrène du fanatisme ? [VOLT., Philosophie, Hist. établ. christ.]
Maladie des arbres qui détruit l'écorce et le bois.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Gangrene est une disposition qui tend à la mortification de la partie blessée [PARÉ, X, 11]
    [Amour de soi] Peste de l'homme, ennemy capital de sagesse, vraye gangrene et corruption de l'ame [CHARRON, Sagesse, II, 1]
    Le desreiglé desir d'en avoir [des richesses] est une gangrene en nostre ame [ID., ib. 22]

ÉTYMOLOGIE

  • Espagn. gangrena ; ital. cancrena, cangrena ; du latin gangraena, qui vient d'un terme grec.

gangrène

GANGRÈNE. n. f. T. de Médecine. Mortification locale des tissus.

Gangrène gazeuse ou foudroyante, Complication de certaines plaies, surtout des plaies de guerre, caractérisée par la mortification des tissus et la production de gaz, dont la marche est rapide et aboutit souvent à la mort.

GANGRÈNE se dit figurément, en parlant des Doctrines pernicieuses, de la corruption des moeurs, etc.

gangrène


GANGRèNE, s. f. [Quelques Auteurs écrivent comme on prononce cangrène. Le Rich. Port. renvoie du 1er au 2d. = Vaugelas voulait qu'on écrivît gangreine, et qu'on prononçât cangrène: mais l'i était là fort inutile: on l'a suprimé.] Au propre, mortification totale de quelque partie du corps: "Avoir la gangrène. "La gangrène s'est mise à sa plaie, etc. = Au figuré, erreur, désordre, qui peuvent s'acroitre et avoir des suites fâcheûses. "C'est fait des lois, si pour arrêter cette gangrène vous n'employez le fer et le feu.

Traductions

gangrène

gangrene

gangrène

אכלת (נ), מק (ז), נמק (ז), רקבובית (נ), נֶמֶק, אַכֶּלֶת, מַק

gangrène

gangreen, bederf

gangrène

Brand, Gangrän

gangrène

cancrena

gangrène

Гангрена

gangrène

壞疽

gangrène

Gangréna

gangrène

Kallbrand

gangrène

[gɑ̃gʀɛn] nf
(MÉDECINE)gangrene
(fig) (= effet) → corruption (= cause) → corrupting influence