génie

(Mot repris de genie)

génie

n.m. [ lat. genius, divinité tutélaire, puis talent ]
1. Être symbolique qui personnifie une idée abstraite : Le génie de la Liberté.
2. Esprit ou être mythique détenteur de pouvoirs magiques : Un bon, un mauvais génie. Le génie de la lampe d'Aladin.
3. Dans la mythologie gréco-romaine, esprit qui présidait à la destinée d'un être ou d'une collectivité ou qui protégeait un lieu : Génie tutélaire.
4. Disposition, aptitude naturelle à créer des choses d'une qualité exceptionnelle : Le génie d'Einstein. Une femme de génie.
5. Personne douée d'une telle aptitude : Mozart fut un génie phénix [litt.], prodige
6. Ensemble des traits qui caractérisent un groupe, une chose et lui confèrent son originalité : Le génie d'un peuple, d'une langue esprit
7. Ensemble des connaissances et des techniques concernant la conception, la mise en œuvre et les applications de procédés, de dispositifs, de machines propres à un domaine déterminé : Le génie chimique. Le génie rural.
8. Branche de l'armée de terre chargée de l'aménagement des voies de communication et de la gestion du domaine et du matériel militaire.
Avoir le génie de (+ n.),
avoir le talent, le goût, le penchant naturel pour une chose : Elle a le génie des affaires.
Génie civil,
ensemble des techniques concernant les constructions civiles.
Génie génétique,
ensemble des techniques qui permettent de modifier le génome de certains êtres vivants pour leur donner de nouveaux caractères héréditaires ou obtenir des substances utiles.

GÉNIE

(jé-nie) s. m.
Terme du polythéisme. Esprit ou démon bon ou mauvais qui présidait à la destinée de chaque homme. On jurait par son génie. Le jour de la naissance on offrait un sacrifice au génie. Le mois de décembre était cher aux génies [à cause des repas des saturnales]. On racontait que le mauvais génie de Brutus lui avait apparu la veille de la bataille de Philippes.
Pour la dernière fois il faut que je vous nie Ce qu'exige de moi votre mauvais génie [MAIRET, Sophon. IV, 5]
Mon génie étonné tremble devant le sien [RAC., Brit. II, 2]
Ton génie alarmé te parle par ma bouche [VOLT., M. de César, III, 5]
C'est la loi, dit Topaze, chaque homme a ses deux génies ; c'est Platon qui l'a dit le premier, et d'autres l'ont répété ensuite ; tu vois que rien n'est plus véritable ; moi qui te parle, je suis ton bon génie, et ma charge était de veiller auprès de toi jusqu'au dernier moment de ta vie, je m'en suis fidèlement acquitté [ID., le Blanc et le Noir.]
Et toi, Ébène, avec tes quatre ailes noires, tu es sans doute mon mauvais génie ? [ID., ib.]
Il y avait des génies mâles et des génies femelles ; les génies des dames s'appelaient, chez les Romains, des petites Junons ; on avait encore le plaisir de voir croître son génie ; dans l'enfance c'était une espèce de Cupidon avec des ailes ; dans la vieillesse, il portait une longue barbe ; quelquefois c'était un serpent [ID., Dict. phil. Génie]
Le génie de Socrate, dit aussi démon (voy. DÉMON), voix qui se faisait entendre à lui pour le détourner de ce qu'il avait résolu, et non pour l'exhorter à rien entreprendre.
Vous le savez, amis ; souvent, dès ma jeunesse, Un génie inconnu m'inspira la sagesse [LAMART., Mort. de Socr.]
Fig. Le bon génie, le mauvais génie de quelqu'un, la personne qui, par ses exemples ou ses conseils ou ses actions, exerce une influence heureuse ou funeste sur la destinée de quelqu'un.
Il assure que vous êtes son bon génie [SÉV., 570]
Fig. Un bon génie, une circonstance favorable.
Voyez qu'un bon génie à propos nous l'envoie [CORN., Hor. I, 1]
Il se disait aussi des esprits ou démons qui présidaient à de certains lieux, à des villes, etc. Le génie du lieu. Le génie de Rome. Génie tutélaire.
L'un avait vu le génie de l'empire ou de la ville, l'autre celui de Mars et de Saturne ; les génies des quatre éléments s'étaient manifestés à plusieurs philosophes ; plus d'un sage avait vu son propre génie, tout cela d'abord en songe, mais les songes étaient les symboles de la vérité [VOLT., Dict. phil. Génie.]
Par extension. Le génie de la France, l'ange tutélaire de la France. Fig. Le génie de la peinture, de la musique, le génie qu'on imagine comme présidant à chacun de ces arts.
Par extension, dans la féerie, nom donné aux différents esprits que recélaient les éléments, les bois, les montagnes, etc. Évoquer les génies.
À peine eut-elle commencé à frotter cette lampe, qu'en un instant, en présence de son fils, un génie hideux et d'une grandeur gigantesque s'éleva et parut devant elle et lui dit d'une voix tonnante : Que veux-tu ? me voici prêt à t'obéir comme ton esclave et de tous ceux qui ont la lampe à la main, moi avec les autres esclaves de la lampe [GALLAND, Mille et une Nuits, Lampe merveilleuse]
Invoquons la faveur de ces puissants génies à qui des bois sacrés les nymphes sont unies [C. DELAV., Paria, II, 6]
L'Alhambra ! l'Alhambra, palais que les génies Ont doré comme un rêve et rempli d'harmonies, Forteresse aux créneaux festonnés et croulants [V. HUGO, Orient. XXX]
Terme d'iconologie. Figures allégoriques d'enfants ou d'hommes ailés, qui, selon les attributs qu'on leur donne, représentent les vertus, les arts, les passions, etc.
Fig. Talent inné, disposition naturelle à certaines choses (sens qui fut un néologisme dans la latinité et qui vient des qualités brillantes qu'on attribuait aux génies).
Il est bon de s'accommoder à son sujet ; mais il est encore meilleur de s'accommoder à son génie [LA FONT., Psyché, I, p. 88]
Les mêmes degrés se rencontrent entre les génies qu'entre les conditions [PASC., dans COUSIN]
Son génie à la géométrie commença à paraître lorsqu'il n'avait encore que douze ans [Mme PÉRIER, Vie de Pascal.]
Ce n'était pas seulement la guerre qui lui donnait de l'éclat ; son grand génie embrassait tout, l'antique comme le moderne, l'histoire, la philosophie, la théologie la plus sublime, et les arts avec les sciences [BOSSUET, Louis de Bourbon.]
Le génie de la princesse palatine se trouva également propre aux divertissements et aux affaires [ID., Anne de Gonz.]
Ce qui rend sa modération plus digne de nos louanges, c'est la force de son génie né pour l'action, et la vigueur qui, durant cinq ans, lui fit dévouer sa tête aux fureurs civiles [ID., le Tellier.]
Dans ces fatales conjonctures il fallait à un ministre étranger un homme d'un ferme génie qui.... [ID., ib.]
Je sens de jour en jour dépérir mon génie [BOILEAU, Épît. VIII]
Mais pourtant on a vu le vin et le hasard Inspirer quelquefois une muse grossière, Et fournir sans génie un couplet à Linière [ID., Art p. II]
Il avait du génie pour la musique [HAMILT., Gramm. 8]
Ceux en qui on remarque le génie de la guerre [FÉN., Tél. XI]
Nous n'avons fait aucun tort aux beaux-arts ni aux hommes qui ont un vrai génie pour les cultiver [ID., ib. XXII]
La perfection consisterait à savoir assortir toujours son style à la matière qu'on traite ; mais qui peut être le maître de son habitude et ployer son génie à son gré ? [VOLT., Dict. phil. Genre.]
Que la reine, en ces lieux, brillants de sa splendeur, De son puissant génie imprime la grandeur [ID., Sémir. I, 1]
Le Poussin, déjà grand peintre avant d'avoir vu de bons tableaux, avait le génie de la peinture ; Lulli, qui ne vit aucun bon musicien en France, avait le génie de la musique [ID., Dict. phil. Génie.]
En mauvaise part. Avoir le génie du mal, de la destruction. Son génie le porte à mal faire. De génie, se dit d'un travail inspiré par la propre invention de l'auteur, et quelquefois en s'écartant des règles communes.
Je sens que mon esprit travaille de génie [BOILEAU, Sat. VII]
Ses vers [de Boileau], forts et harmonieux, faits de génie, quoique travaillés avec art, pleins de traits et de poésie, seront lus encore quand la langue aura vieilli [LA BRUY., Disc. à l'Acad. fr.]
Il [le peintre] ne travaillerait plus de génie [FÉN., Tél. XXII]
Il est vrai qu'il n'y a que ce morceau qui soit de génie, et que le reste n'est que de travail et d'érudition ; mais on doit être fort obligé à un homme tel que lui, quand il veut bien, pour l'utilité publique, faire quelque chose qui ne soit pas de génie [FONTEN., Leibnitz.]
C'est le défaut de tous les écrivains qui n'écrivent point de génie, mais par imitation [VAUVENARGUES, Dialog. Isocrate, Démosthènes.]
Particulièrement, aptitude spéciale dépassant la mesure commune soit dans les lettres et les beaux-arts (concevoir et exprimer), soit dans les sciences et la philosophie (inventer, induire, déduire, systématiser), soit dans l'action telle que celle de l'homme d'État, du militaire, etc.
Le génie et les grands talents manquent souvent, quelquefois aussi les seules occasions ; tels peuvent être loués de ce qu'ils ont fait ; et tels, de ce qu'ils auraient fait [LA BRUY., II]
Tel, aux premiers accès d'une sainte manie, Mon esprit alarmé redoute du génie L'assaut victorieux [J. B. ROUSS., Ode au Comte de Luc.]
Ajoutons que le génie dans la force même de l'âge n'est pas de toutes les heures, et que surtout il craint les approches de la vieillesse [D'OLIVET, Hist. Acad. t. II, p. 384, dans POUGENS]
Ce terme de génie semble devoir désigner non pas indistinctement les grands talents, mais ceux dans lesquels il entre de l'invention [VOLT., Dict. phil. Génie.]
C'est le caractère du vrai génie de répandre la fécondité sur un sujet stérile, et de varier ce qui semble uniforme [ID., Vie de Molière.]
Le génie n'est autre chose qu'une grande aptitude à la patience [BUFF., Disc. de réception à l'Acad.]
Il voit, comme l'a dit un grand homme, les abstraits dans les concrets, les concrets dans les abstraits ; Voilà le génie [BONNET, Ess. analyt. âme, ch. 16]
Je ne demande point.... Ni même, vœu plus doux ! que la main d'Uranie Embellisse mon front des palmes du génie [A. CHÉN., Ép. I]
Le génie inspire le besoin de la gloire [STAËL, Corinne, XVI, 1]
Je ne sais quelle force involontaire précipite le génie dans le malheur [ID., ib. XIII, 4]
Le génie ne cherche point à combattre ce qui est dans l'essence des choses ; sa supériorité consiste, au contraire, à la deviner [ID., ib. VIII, 3]
Parmi les causes d'accroissement de la population, il ne faut pas compter pour peu le repos de Napoléon ; depuis que ce grand homme est là où son rare génie l'a conduit, trois millions de jeunes gens seraient morts pour sa gloire, qui ont femme et enfants maintenant [P. L. COUR., Lettre v.]
Et comment concevoir que Ninus, un héros.... Par un noir parricide ait souillé son génie ? [BRIFFAUT, Ninus II, I, 1]
Mais quoi ! tandis que le génie Te ravit si loin de nos yeux, Les lâches clameurs de l'envie Te suivent jusque dans les cieux [LAMART., Méd. I, 19]
Les siècles sont à toi, le monde est ta patrie ; Quand nous ne sommes plus, notre ombre a des autels, Où le juste avenir prépare à ton génie Des honneurs immortels [ID., Méd. I, 14]
Homme de génie.
L'homme de génie est connu de la postérité ; l'homme en est ignoré [DIDEROT, Claude et Nér. I, 102]
Une des plus fortes passions est l'amour de la vérité dans l'homme de génie [LAPLACE, Expos. v, 4]
Fig. Ce qui inspire comme fait le génie.
Ils reçurent du ciel un cœur tel que le nôtre ; Ce cœur fut leur génie ; il fut leur Apollon, Et leur docte fontaine et leur sacré vallon [A. CHÉN., Ép. I]
Non, l'amour, l'amitié, la sublime harmonie, Tous ces dons précieux n'ont qu'un même génie : Même souffle anima le poëte charmant, L'ami religieux et le parfait amant [ID., ib.]
Joint à des épithètes défavorables il exprime le peu de génie, de capacité qu'a une personne. Génie borné. Petit génie. Pauvre génie. Génie médiocre.
Dans son génie étroit il est toujours captif, Pour lui Phébus est sourd et Pégase est rétif [BOILEAU, Art p. I]
On le dit aussi en ce sens, par modestie, en parlant de soi-même.
Je mesure mon vol à mon faible génie [BOILEAU, Disc. au roi.]
Ami, je n'irai plus ravir si loin de moi, Dans les secrets de Dieu, ces comment, ces pourquoi, Ni du risible effort de mon faible génie, Aider péniblement la sagesse infinie [LAMART., Méd. I, 20]
Personne de génie. Un beau génie. Ce génie fut la lumière de son siècle.
Il ne fallait qu'ouvrir l'entrée des affaires à un génie si perçant, pour l'introduire bien avant dans les secrets de la politique [BOSSUET, le Tellier.]
Sitôt que d'Apollon un génie inspiré Trouve loin du vulgaire un chemin ignoré, En cent lieux contre lui les cabales s'amassent [BOILEAU, Épît. VII]
Il se peut que plusieurs personnes jouent mieux aux échecs que l'inventeur de ce jeu, et qu'ils lui gagnassent les grains de blé que le roi des Indes voulait lui donner ; mais cet inventeur était un génie, et ceux qui le gagneraient peuvent ne pas l'être [VOLT., Dict. phil. Génie.]
Roger Bacon fut un des génies les plus surprenants que la nature ait produits, et un des hommes les plus malheureux [DIDEROT, Opin. des anc. philos. (scolastiques).]
Les génies les plus pénétrants, les plus profonds, ne se distinguent des autres hommes que parce qu'ils emploient un plus petit nombre de milieux [BONNET, Ess. psychol. ch. 80]
Ironiquement.
Et jamais comme nous en bonne compagnie On ne voit chez les grands souper votre génie [GILB., Apologie.]
Avec une épithète défavorable, il se dit d'un homme de peu d'esprit, de peu de portée.
Je suis facile à tromper, moi ; je suis le plus pauvre génie du monde [LESAGE, Crisp. riv. de son maître, sc. 19]
C'est un bourgeois fort simple, un petit génie [ID., ib. sc. 2]
Que les petits génies se tiennent dans les bornes étroites de l'imitation, sans oser les franchir, à la bonne heure [ID., Diable boît. ch. 14]
Familièrement. Ce n'est pas un génie, se dit d'une personne qui a peu d'imagination, peu d'intelligence.
Fig. Caractère propre et distinctif de personnes.
Il est vrai que du ciel la prudence infinie Départ à chaque peuple un différent génie [CORN., Cinna, II, 1]
....Enfin, Burrhus, Néron découvre son génie ; Cette férocité que tu croyais fléchir. De tes faibles liens est prête à s'affranchir [RAC., Brit. III, 2]
Quelques vérités qui flattaient le génie de la nation [HAMILT., Gramm. 7]
Il n'est pas moins important d'étudier avec soin les mœurs des peuples, leur génie, leurs loix, leurs usages, leurs coutumes [ROLLIN, Hist. anc. Préf.]
Caractère propre et distinctif de choses.
Il est malaisé de vous définir le livre ; vous en connaissez le génie [BOSSUET, Lett. 174]
Durant la captivité et ensuite par le commerce qu'il fallut avoir avec les Chaldéens, les Juifs apprirent la langue chaldaïque, fort approchante de la leur et qui avait presque le même génie [ID., Hist. I, 8]
On appelle génie d'une langue son aptitude à dire de la manière la plus courte et la plus harmonieuse ce que les autres langues expriment moins heureusement [VOLT., Dict. phil. Langues.]
Le génie de la langue française sera plus fait pour la conversation, parce que sa marche, nécessairement simple et régulière, ne gênera jamais l'esprit.... le style lapidaire sera plus dans le génie de la langue latine [ID., ib. Génie.]
D'après l'athée, la nature est une langue dont les barbarismes forment seuls l'essence et le génie [CHATEAUBR., Génie, I, VI, 4]
Le Nouveau Testament change le génie de la peinture [ID., Génie, III, I, 4]
Terme de médecine. Caractère des affections régnantes. Génie inflammatoire. Génie bilieux.
Terme de guerre. L'art de l'attaque et de la défense des places, des postes, etc. École d'artillerie et du génie. L'arme du génie.
S'il se rencontrait des obstacles imprévus dans la carrière du génie, peut-être pourrais-je tourner mes idées d'un autre côté [P. L. COUR., Lett. I, 5]
Absolument. Le génie, le corps des troupes de cette arme. Un officier du génie. Génie militaire, se dit souvent aussi par opposition au corps des ingénieurs civils qu'on nomme le génie civil.
Le génie civil, l'art des constructions civiles. Le corps d'ingénieurs chargé de ces constructions.
10° Génie maritime, l'art de construire les vaisseaux. Corps d'officiers institué pour appliquer les hautes sciences à l'architecture navale.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Bertrand Duguesclin fut un genie de ce caractere [, Mém. s. du G. ch. 1er]

ÉTYMOLOGIE

  • Prov. genh, geinh, gienh, ginh ; cat. geni, giny ; esp. et ital. genio ; du lat. genius, génie, démon favorable. Génie est moderne en français ; la forme ancienne aurait été très voisine de celle du provençal, l'accent en latin étant sur ge.

GÉNIE

.... GÉNIE, suffixe .... GÉNIE, suffixe
qui répond au mot grec, production, et qui, dans les termes didactiques, se joint à d'autres mots avec le sens de production, par exemple : hétérogénie, etc.

génie

GÉNIE. n. m. L'esprit ou le démon, soit bon, soit mauvais, qui, selon l'opinion des anciens, accompagnait les hommes depuis leur naissance jusqu'à leur mort. Bon génie. Mauvais génie. Le génie de Socrate. Génie familier. C'est votre bon génie qui vous a inspiré ce dessein. Poussé d'un mauvais génie. Je ne sais quel malin génie me poursuit.

Fig., Le bon génie, le mauvais génie de quelqu'un, La personne qui par ses conseils ou ses exemples exerce sur lui une bonne ou une mauvaise influence. Cet homme fut son mauvais génie. Sa soeur fut son bon génie.

Il se dit aussi des Esprits ou démons qui, selon l'opinion des anciens, présidaient à de certains lieux, à des villes, etc. Le génie du lieu. Le génie de Rome, du peuple romain. Génie tutélaire.

Le génie de la peinture, de la poésie, de la musique, etc., Le génie qu'on suppose présider à chacun de ces arts.

Il se dit également des Gnomes, des sylphes, des ondins et autres personnages fantastiques, qu'on trouve dans les traditions populaires et dans les contes de fées. Évoquer les génies. Il crut entendre la voix d'un génie. Un génie lui apparut.

Il se dit, en termes de Poésie, de Sculpture et de Peinture, des Êtres allégoriques représentant les arts, la science, l'industrie, une idée abstraite. Le génie de la Liberté. Il se dit, par extension, des Figures pour lesquelles on représente ces êtres. Le génie de la Bastille.

Il signifie encore Talent, disposition naturelle, aptitude pour une chose. Suivre son génie. S'abandonner à son génie. Forcer son génie. Avoir du génie pour les affaires, pour la poésie. Avoir le génie de la peinture, de la musique, etc. Le génie de la guerre. On le dit quelquefois en mauvaise part. Avoir le génie du mal, de la destruction.

Il se dit, particulièrement, de cette Qualité des esprits supérieurs qui les rend capables de créer, d'inventer, d'entreprendre des choses extraordinaires, etc.; et, dans ce sens, on l'emploie souvent absolument. C'est un homme de génie. Cet homme a du génie. L'essor, le feu, l'enthousiasme du génie. Les écarts du génie. L'ascendant du génie. Étouffer le génie naissant. Être dépourvu de génie. Génie universel. Il est doué d'un génie supérieur. Il a une grande supériorité de génie. Son génie sut maîtriser la fortune. Le génie d'Homère, de Raphaël, de Racine, de Descartes.

Il se joint quelquefois à des épithètes défavorables pour exprimer Le peu de génie ou de capacité d'une personne. Génie étroit, borné Pauvre génie. Petit génie. Génie médiocre.

Il se dit également de Celui qui a du génie. Cet homme est un beau génie, un génie supérieur. Les grands génies qui ont fait la gloire de ce règne.

Il signifie aussi Caractère propre et distinctif. Le génie d'une nation, d'un peuple. Chaque peuple a son génie. Le génie de la langue française est la clarté.

Il signifie encore Art de fortifier, d'attaquer, de défendre une place, un camp, un poste. Le génie militaire.

Par extension, il se dit du Corps des officiers des soldats qui font l'application de cet art. Il est entré dans le génie. Officier du génie. Les troupes du génie. On dit aussi Génie maritime, génie civil pour désigner l'Ensemble des Ingénieurs de la marine et des Ingénieurs civils.

genie

Genie, m. penac. Genius. Est le naturel et inclination d'un chacun.

génie


GÉNIE, s. m. [1re é fer. 2e lon. 3e e muet.] 1°. C'était chez les anciens ce qu'ange est parmi nous. On disait: bon ou mauvais génie. Le génie de Socrate. Poussé par son mauvais génie, etc. On dit encôre par un reste de langage païen: le génie de la France, l'ange tutelaire de la France; le génîe de la Peintûre, de la Poésie, de la Musique; le génie qu'on supôse présider à chacun de ses Arts. = 2°. Talent de l'esprit. "Avoir du génie pour les afaires, pour la poésie, etc. suivre ou forcer son génie, etc. "Le génie de la philosophie a ses écarts comme celui du Poète. Les Helv. — "Qu'on reconoisse en lui plutôt leur génie et leur caractère, (des anciens orateurs) que leurs pensées et leurs expressions. D'Aguess. = Génie, talent. (Synon.) Le 1er parait plus intérieur, et tenir un peu de l'esprit inventif: le 2d semble être plus extérieur, et tenir d'avantage d'une exécution brillante. On a le génie de la Poésie et de la Peintûre: on a le talent de parler et de déclamer. "Tel qui a du génie pour composer n'a point de talent pour débiter. GIR. Synon. = 3°. Génie, se prend quelquefois pour la persone qui a du génie: mais on ne peut l'employer dans toutes les ocasions où l'on emploierait le nom de la persone. On dira bien: cet homme est un beau, un grand génie; un génie supérieur: les productions de ce grand génie ont illustré sa nation, etc. mais je ne crois pas qu'on doive dire avec M. de Wailly, parlant de Corneille, et donant un nouveau tour à une phrâse de Racine, que: "Deux jours après la mort de ce grand génie, le Roi lui envoya des marques de sa libéralité. Qu'est-ce que la mort d'un génie, et un génie qui reçoit des libéralités? Voy. ÂME. Voy. LUI. = Travailler de génie, c'est faire quelque chôse de sa propre invention. "Cette gêne et ce travail servile éteindraient tout le feu de son imagination: il ne travailleroit plus de génie TÉLÉM. "Pour réussir en quelque genre que ce soit, l'on doit étudier son talent et le suivre; en un mot travailler de génie. ANON. = 4°. Le génie d'une Langue est le caractère propre et distinctif de cette langue = 5°. Génie, est aussi l'art de fortifier, d'ataquer et de défendre les places, les postes, les camps; et l'exercice de cet art; et le corps des militaires, qui l' exercent, des Ingénieurs. "Il est, il s'est mis dans le génie.

Synonymes et Contraires

génie

nom masculin génie
1.  Être surnaturel.
2.  Talent hors du commun.
3.  Personne très douée.
cerveau, gloire, prodige, reine, roi, virtuose -familier: aigle, as, cacique, champion, crack -littéraire: lumière, phénix.
Traductions

génie

Genius, Genie, Geist, Koryphäegenius, spirit, angel, demon, embodiment, engineer, sapper, djinn, ethosgenie, beschermgeest, genius, aanleg, aard, ingenieurswezen, karakter, talent, zinnebeeldגאון (ז), גאונות (נ), גאוניות (נ), הנדסה (נ), מהנדסות (נ), עילוי (ז), גָּאוֹן, גְּאוֹנוּת, גְּאוֹנִיּוּת, עִלּוּי, הַנְדָּסָהgenifeo, geniogenionerous, nerogênio, génioμηχανικό, μεγαλοφυΐαgenio, estro, ingegneriaгенийعَبْقَرِيّgéniusgenigenij天才천재genigeniuszgeniอัจฉริยบุคคลdahithiên tài天才工程 (ʒeni)
nom masculin
1. très grandes capacités de création,d'invention Ce musicien a du génie.
2. personne qui a de grandes capacités d'invention Cet homme est un génie.

génie

[ʒeni] nm
(= personne) → genius
(= qualité) → genius
avoir du génie → to have genius
(MILITAIRE) le génie → the Engineers pl
[langue] → distinctive nature, essence
génie civil nmcivil engineering
génie génétique nmgenetic engineering