glas

glas

[ glɑ] n.m. [ du lat. classicum, sonnerie de trompette ]
Tintement de cloches annonçant l'agonie, la mort ou les funérailles de qqn.
Sonner le glas de qqch,
annoncer sa fin : Son arrivée sonne le glas de notre tranquillité.

glas

(glɑ)
nom masculin
sonnerie de cloche annonçant la mort de qqn sonner le glas

GLAS

(glà ; l's se lie : le glâ-z attristant) s. m.
Son d'une cloche qu'on tinte pour annoncer la mort ou l'agonie de quelqu'un.
La plume échappe de sa main ; il [l'athée] écoute avec effroi le glas de la mort [CHATEAUB., Génie, IV, I, 1]
Nul temple n'a gémi dans nos villes ; nul glas N'a passé sur nos fronts criant : hélas ! hélas ! [V. HUGO, Voix, 2]
Par extension.
Quand la cloche des ténèbres Balance ses glas funèbres [LAMART., Harm. II, 1]
De toutes les heures.... Aucune à l'oreille insensible Ne sonne d'un glas plus terrible Que ce dernier coup de minuit [ID., ib. IV, 4]
Se dit des salves d'artillerie tirées aux funérailles d'un souverain ou d'un militaire élevé en grade.

REMARQUE

  • On a dit glais dans le XVIIe siècle, et Richelet le préfère à glas.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    N'out chapelle en la ville où il eüst clochier, Où li glas nen sonnast por le roy essaucier [WACE, dans DU CANGE, classicum.]
    Encontre les reis solt um [on a coutume] faire glas soner, E la processiun encontre els asembler, E dedenz le mustier à grant honur mener [, Th. le mart. 160]
    E à la nue terre se culchant en ses dras, Tant qu'il oeit del saint [cloche] u l'apel u le glas [, ib. 102]
  • XIIIe s.
    Et les cordes corut saisir, Les sains sone de grant aïr à glaz, à treble, à carenon [, Ren. 3341]
    Chlaz [, Trist. II, 80]
  • XIVe s.
    Aucune fois trouveras tu que l'en fet mention de clas ou [au] defaut de la lune ; et sachiez que anciennement, quant la lune failloit, les femmes et les enfans couroient par les villes à bacins et à sonnetes fesans grans sons, et leur sembloit que la lune, qui estoit près de mourir, se resuscitoit à leurs sonnetes ; si apeloient celle feste le clas de la lune [BERCHEURE, f° 2]
    Le consul a fet fere silence en sonnant le clas à ce acoustumé [ID., f° 44, recto]
  • XVe s.
    Et le bon comte de Douglas, Avec qui j'ai mené grant glas [FROISS., Buisson de jeunesse.]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourg. clas ; prov. clas ; ital. chiasso ; du lat. classicum, signal avec la trompette, de classicus, qui est relatif à une classe, à une réunion, de classis, une certaine partie du peuple romain (voy. CLASSE). Le classicum était proprement un signal de trompette pour réunir, rassembler. Le nom de ce signal a passé à une sorte de sonnerie. On trouve aussi glas pour aboiement, grand bruit ; dans le sens d'aboiement, c'est le même que le provençal glat qui a ce sens et tient au verbe glatir (voy. GLAPIR).

glas

GLAS. n. m. Sonnerie d'une cloche qui tinte, annonçant l'agonie ou la mort d'une personne. Sonner le glas. Le glas funèbre. Fig., Sonner le glas d'une institution, d'un régime politique.

glas

Glas, Tu meines grand glas. A Orleans on dit Sonner le glas pour un trespassé. Les Picards dient, Quel glay est-ce la? c'est à dire, Quelle crierie, quel bruit, klaggê, id est, clangor, klaggô, id est, clango, resono, k mutatur in g.

glâs


GLâS, s. m. [Glâ, long.] Le son d'une cloche, pour une persone qui vient d'expirer. "Soner le glâs. = Richelet préfère glais; le Rich. Port. met l'un et l'autre. L'Acad. ne met que glâs, et il parait que l'usage est pour ce dernier.

Traductions

glas

knell, glas

glas

verre

glas

[glɑ] nm
(= sonnerie) → knell
(fig) le glas de qch → the death knell of sth