goûter

1. goûter

v.t. [ lat. gustare ]
1. Vérifier la saveur d'un aliment, d'une boisson : Le cuisinier goûte la sauce.
2. Litt. Trouver bon ou agréable ; jouir de ; estimer : Elle goûte l'opéra
3. En Belgique, avoir le goût de : Ce vin goûte le bouchon.
v.t. ind. (à, de)
1. Manger ou boire pour la première fois ou en petite quantité : Goûtez à ce potage. Voulez-vous goûter de ce vin ?
2. Fig. Essayer, expérimenter : Il a goûté de la vie de couple
tâter de
v.i.
Faire un léger repas dans l'après-midi : Cet enfant goûte toujours en rentrant de l'école.
Remarque: Ne pas confondre avec goutter.

2. goûter

n.m.
Petit repas que l'on prend dans l'après-midi : Les enfants ont emporté leur goûter au parc.

GOÛTER1

(goû-té) v. a.
Sentir par le sens du goût ce qui est savoureux. Il goûte ce qu'il mange. Absolument. Il avale sans goûter. Se dit aussi des choses dont on ne juge que par l'odorat. Goûtez ce tabac.
Vérifier la saveur d'une chose, en mettant dans la bouche une petite quantité de cette chose. Le cuisinier n'a pas goûté cette sauce.
Fig. Approuver, trouver bon et agréable.
J'écoute la raison, j'en goûte les avis [CORN., Pulch. II, 1]
L'époux goûta quelque peu ces raisons [LA FONT., Rémois.]
L'âne, qui goûtait fort l'autre façon d'aller, Se plaint en son patois.... [ID., Fabl. III, 1]
Ils tâchaient de faire goûter leur gouvernement aux peuples [BOSSUET, Hist. III, 6]
Sa doctrine ne pouvait être goûtée dans un lieu où l'on ne suit que les règles d'une politique mondaine [BOURDAL., Myst. Pass. de J. C. t. I, p. 178]
Le chevalier de Folard espérait faire goûter à ce prince [Charles XII] les nouvelles idées qu'il avait sur la guerre [VOLT., Charles XII, 8]
La comédie est belle et le charme est divin ; Pour moi, j'y goûte fort, car j'aime la nature, Ces héros villageois beaux esprits sous la bure [GILB., Le 18e s.]
Le roi avait de la répugnance à se détacher de Calonne ; il goûtait son travail [MARMONTEL, Mém. XI]
M. Rifador ne paraît pas goûter extrêmement que votre famille vous donne une fête [PICARD, Alc. de Molor. III, 3]
Terme de manége. Goûter la bride, se dit du cheval qui s'accoutume aux effets du mors.
Faire cas de, avoir du goût pour, en parlant des personnes.
Je n'ai pas douté que ce prédicateur ne fût goûté [BOSSUET, Lett. abb. 120]
C'est un avantage rare à un savant d'être goûté par un prince, et, pour tout dire aussi, c'est un avantage rare à un prince de goûter un savant [FONTEN., La Hire.]
Plus M. Fagon vit Mme de Maintenon de près, plus il admira sa vertu et goûta son esprit [Mme DE CAYLUS, Souven. p. 76, dans POUGENS]
Louis XIV goûta le caractère de l'abbé Fleury [MAIRAN, Élog. du card. Fleury.]
Votre frère entre nous goûte fort cette veuve [BOISSY, Deh. tromp. I, 1]
Terme de dévotion. Goûter Dieu, servir Dieu avec amour.
Ils [les actes réduits en formule] ont leur utilité dans ceux qui commencent à goûter Dieu [BOSSUET, Ét. d'orais. v, 23]
Sentir avec plaisir, jouir de.
N'épargnez point mon sang, goûtez sans résistance La douceur de ma perte et de votre vengeance [CORN., Cid, III, 4]
Lieux que j'aimais toujours, ne pourrai-je jamais, Loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais ? [LA FONT., Fabl. XI, 4]
Ainsi est mort le P. Bourgoing ; et voilà qu'étant arrivé à la bienheureuse terre des vivants, il voit et il goûte en la source même combien le Seigneur est doux [BOSSUET, Bourgoing]
Goûter innocemment le peu de biens que la nature nous donne [ID., Duch. d'Orl.]
Par moi Jérusalem goûte un calme profond [RAC., Athal. II, 5]
.... Ces femmes hardies Qui, goûtant dans le crime une tranquille paix.... [ID., Phèd. III, 3]
Je goûtais en tremblant ce funeste plaisir [ID., ib. IV, 6]
Il ne put goûter le fruit de sa victoire [FÉN., Tél. XX]
Enfin ma gloire est pure, et je la puis goûter [VOLT., Sémiram. III, 3]
J'ai goûté la vengeance de consoler le roi de Prusse, et cela me suffit [ID., Lett. d'Argental, 10 déc. 1757]
Je sais qu'il ne faut pas trop goûter la félicité en présence des malheureux [ID., Dial. 3e.]
S'il est une petite ville au monde où l'on goûte la douceur de la vie dans un commerce agréable et sûr, c'est Chambéri [J. J. ROUSS., Confess. V]
Il faut l'amour ou la religion pour goûter la nature [STAËL, Corinne, XVIII, 2]
Par antiphrase.
Je veux qu'un noir chagrin à pas lents me consume, Qu'il me fasse à longs traits goûter son amertume [CORN., Suréna, I, 3]
Dieu lui fit goûter [à Moïse] les opprobres de Jésus-Christ ; il les goûta encore davantage dans sa fuite précipitée et dans son exil de quarante ans [BOSSUET, Hist. II, 3]
V. n. Boire ou manger quelque peu d'une chose dont on n'a pas encore bu ou mangé. Quand voulez-vous goûter à notre vin ? Cette volaille est excellente ; goûtez-y. Il se dit aussi des choses dont on ne juge que par l'odorat. J'ai goûté à votre tabac. Fig. Essayer, tâter, faire l'épreuve de.
Tibère lui dit : Et toi, Galba, tu goûteras un jour de l'empire [PERROT D'ABLANCOURT, Tacite, Annales, VI, 11]
Tout ce que peuvent faire ces misérables amoureux des grandeurs humaines, c'est de goûter tellement de la vie qu'ils ne songent point à la mort [BOSSUET, Gornay.]
Vous aimez la joie, le repos, le plaisir ; croyez-moi, j'ai goûté de tous, il n'y a de joie, de repos, de plaisir qu'à servir Dieu [MAINTENON, Avis à la duch. de Bourg. Lett. t. III, p. 202, dans POUGENS.]
Il n'eut pas plus tôt entendu les discours de ce philosophe, et goûté de cette philosophie qui mène à la vertu, qu'il sentit son âme enflammée d'amour pour elle [ROLLIN, Traité des Ét. liv. v, 3e part. ch. 2]
Dans le style biblique, goûter de la mort, mourir.
Élie et Énoch sont deux personnages bien importants dans l'antiquité ; ils sont tous deux les seuls qui n'aient point goûté de la mort, et qui aient été transportés hors du monde [VOLT., Dict. phil. Élie et Énoch.]
Se goûter, v. réfl. Avoir du goût l'un pour l'autre.
Les hommes ne se goûtent qu'à peine les uns les autres, n'ont qu'une faible pente à s'approuver réciproquement [LA BRUY., XII]
Dès nos premières entrevues, nous voir, nous goûter, nous chérir, désirer de nous voir encore, en fut l'effet simultané [MARMONTEL, Mém. X]
Se goûter soi-même, avoir du goût pour soi-même, se laisser aller à l'amour-propre.
Combien Calvin se goûtait-il lui-même quand il élève si haut sa frugalité, ses continuels travaux ! [BOSSUET, Var. IX]
Être goûté. Le vin se goûte mieux quand on mange.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Peneans sui [je suis pénitent], n'est pas raisons Que gost [que je goûte] de vin ne de poisson [, Grég. le Grand, p. 89]
    Hé Dex ! ce dist li rois, qui gostas à la cene.... [, Sax. XX]
  • XIIIe s.
    Que tout cil ki mort gousteront En la fin resçusiteront, Et si oront le jugement [GUI DE CAMBRAI, Barl. et Jos. p. 51]
  • XVIe s.
    [Ulysse] s'il eust gousté à la couppe circeïenne, De sa doulce terre ancienne Il n'eust regousté les plaisirs [DU BELLAY, III, 9, recto.]
    On me faisoit gouster la science par une volonté non forcée et de mon propre desir [MONT., I, 195]
    Temoings tant de nations qui n'ont encore gousté aulcun usage des vestements [ID., II, 162]
    Quand il eut demouré quelque temps auprès de luy, il commencea à cognoistre et gouster la bonté de son naturel [AMYOT, Lyc. 16]
    Un roy de Pont, pour gouster de ce brouet noir, achepta expressement un cuisinier lacedaemonien [ID., ib. 21]
    Ilz ne s'estuvoient ny ne soignoient jamais, sinon à certains jours de l'année, que l'on leur faisoit un petit gouster de cette doulceur [ID., ib. 34]

ÉTYMOLOGIE

  • Norm. gouté, et aussi goutu, savoureux : voilà un fruit bien goûté ; provenç. et portug. gostar ; espagn. gustar ; ital. gustare ; du latin gustare (voy. GOÛT).

GOÛTER2

(goû-té) v. n.
Faire un léger repas entre le dîner et le souper, ou entre le déjeuner et le dîner.
On goûtait dans un cabaret hors la ville [J. J. ROUSS., Confess. VI]
Apportez à goûter à ces enfants, façon de parler bourgeoise [DE CAILLIÈRES, 1690]
Goûter n'a plus rien que le purisme condamne.

ÉTYMOLOGIE

  • C'est goûter 1 pris absolument pour manger un peu. On trouve estre gousté pour avoir mangé : XIVe s.
    D'un seul pain de froment qu'il ont, digner [dîner] se veulent ; En hiaume boivent l'aigue ; quant sont enqui gousté.... [, Girart de Ross. v. 7970]

GOÛTER3

(goû-té ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : des goû-té-z excellents) s. m.
Léger repas qu'on fait entre le dîner et le souper, ou le déjeuner et le dîner.
Des jouets, des bonbons, son goûter [J. J. ROUSS., Em. II]
C'est près de là qu'est située cette petite métairie de Saint-Thomas, où je lisais Virgile à l'ombre des arbres fleuris qui entouraient vos ruches d'abeilles, et où je faisais de leur miel des goûters si délicieux [MARMONTEL, Mém. I]
Donnez-lui des confitures pour son goûter, façon de parler bourgeoise [DE CAILLIÈRES, 1690]
Goûter n'a plus rien de bourgeois.

goûter

GOÛTER. v. tr. Exercer le sens du goût sur ce qui a de la saveur. Il goûte bien ce qu'il mange. Boire du vin lentement, afin de le mieux goûter. Il avale sans goûter.

Il signifie, particulièrement, Examiner, vérifier la saveur, la qualité d'une chose, en mettant dans la bouche une petite partie, une petite quantité de cette chose. Le cuisinier n'a pas goûté cette sauce. Goûter du sucre. Ce courtier goûte bien le vin, les vins. On dit aussi, dans la même acception, Goûter à. Goûtez à ce vin, à ce plat.

Par extension, GOÛTER DE signifie Boire ou manger une chose pour la première fois. Voulez-vous goûter de notre vin? Goûtez de cette volaille, elle est excellente.

Il signifie figurément Faire une chose pour la première fois, l'expérimenter. Il a goûté du métier. C'est un homme qui veut goûter de tous les plaisirs. Ce peuple goûte de la liberté.

Il signifie au figuré Approuver, trouver bon, agréable. Je n'ai pu lui faire goûter vos raisons. Le public goûte peu ces sortes d'ouvrages. Son avis ne fut point goûté.

Il se dit de même en parlant des Personnes. Je n'ai jamais goûté cet homme-là. Je n'ai jamais pu goûter ses manières, son ton, son esprit. Elle goûte beaucoup votre société. Un acteur fort goûté.

Il signifie aussi Sentir agréablement quelque chose, en jouir. Goûter la fraîcheur du matin. Goûter les douceurs du sommeil. Goûter les plaisirs de la table. Goûter le repos. Après tant de troubles le pays goûtait un calme profond.

GOÛTER, intransitif, signifie Manger légèrement entre le déjeuner et le dîner. Donnez à goûter à ces enfants. Inviter des amis à goûter.

goûter

GOÛTER. n. m. Petit repas, légère collation qu'on fait entre le déjeuner et le dîner. On lui a donné des confitures et des fruits pour son goûter.

gouter


GOUTER, v. act. et n. et s. m. [Gouté; 2e é fer. l'ou est long devant l'e muet, il goûte, il goûtera. L'Acad. met l'acc. circ. sur cet ou à l'infinitif, où il est bref. Cet accent y fut mis lorsque l'on suprima l's; car on écrivait anciènement gouster. Plusieurs et l'Acad. elle-même ont conservé sans nécessité cet acc. circ. dans plusieurs mots: on ne doit plus l'employer que sur les syllabes longues.] Il y a de la diférence pour le sens entre gouter actif, trouver bon; et gouter à neutre, essayer à manger d'une chôse, goutez-y. M. Gilbert n'a pas fait cette distinction dans sa Sat. du 18e Siècle.
   La comédie est belle et le drame est divin.
   Pour moi, j'y goûte fort; car j'aime la natûre.
Il falait, dans le sens de l'Auteur, je le goûte fort: mais il y aurait eu une syllabe de trop. = Dans le 1er sens, il régit de ou à; goutez de cette sausse, de ce tabac. "Voulez vous gouter de notre vin, à notre vin. "Ce n'est que pour en gouter, pour y gouter. Dans cette acception, il se dit aussi activement. "goutez cette sauce, goutez bien ce tabac.
   GOUTÉ, se dit des persones comme des chôses. "Ce prédicateur est fort gouté. "Cette pièce est universellement goutée.
   Partout également gouté;
   Et cependant point d'airs, nulle fatuité.      Bart.

gouter


GOUTER, s. m. Petit repâs qu'on fait entre le dîner et le souper.

Synonymes et Contraires

goûter

nom masculin goûter
Petit repas de l'après-midi.

goûter

verbe transitif goûter
1.  Apprécier l'agrément de.
2.  Juger favorablement.

goûter

verbe transitif indirect goûter
1.  Prendre d'un aliment, d'une boisson.
2.  Faire l'expérience de.
Traductions

goûter

(gute)
verbe transitif
manger ou boire qqch en petitequantité goûter une sauce goûter à un plat

goûter


verbe intransitif
prendre un petit repas dansl'après-midi goûter à quatre heures

goûter

schmecken, Imbiß, kosten, genießen, goutieren, Teetaste, tea, snack, sampleproeven, smaken, avondeten, een lichte maaltijd gebruiken om 16 uur, genieten (van), hapje, kennis maken (met), waarderen, genietenארוחת ארבע (נ), טעם (פ'), סעודת מנחה (נ), פת מנחה (ז), תה מנחה (ז), טָעַםdegustar, probar, merienda, oncesmaistaa, teeвкушать, полдникassaggiare, gustare, merenda, provare, شَايsvačinamiddagsmadκολατσιόužina夕食저녁식사teherbatkacháteชาçaybữa ăn nhẹ下午茶вкус (gute)
nom masculin
petit repas pris dansl'après-midi prendre un goûter

goûter

[gute]
vt
(= essayer) → to taste
Goûte donc ce fromage: tu verras comme il est bon! → Taste this cheese: you'll see how nice it is!, Have a taste of this cheese: you'll see how nice it is!
faire goûter qch à qn → to give sb sth to taste
(soutenu) (= apprécier) ne goûter guère
un auteur dont je ne goûte guère les œuvres → a writer whose works are not at all to my taste
vi
(= prendre une collation en fin d'après-midi) → to have an afternoon snack
Les enfants goûtent généralement vers quatre heures → The children usually have a snack around 4 o'clock.
(= prendre de) goûter à → to taste, to sample
goûter de → to have a taste of
nm → (afternoon) tea
goûter d'enfants → children's tea
goûter d'anniversaire → children's birthday party